‹ Le clef des grands mystèresChapitre 43 sur 123 · LES FANTÔMES FLUIDIQUES ET LEURS MYSTÈRES · texte numérisé non relu

LES FANTÔMES FLUIDIQUES ET LEURS MYSTÈRES

aient existé, et des démons ne seraient pas si facilement les dupes de nos myslificalions.

Comme tous les catholiques, nous croyons à Texistence des esprits de ténèbres ; mais nous savons aussi que la puissance divine leur a donné les ténèbres pour prison éternelle, et que le Rédempteur a vu Satan tomber du ciel comme la foudre. Si les démons nous tentent, c'est par la complicité volontaire de nos passions mauvaises , et il ne leur est pas permis d'affronter Tempire de Dieu et de troubler, par des manifestations niaises et inutiles, Tordre éternel de la nature.

Les caractères et signatures diaboliques qui se produisent à rinsu des médium ne sont évidenunent pas les preuves d'un pacte tacite ou formel entre ces malades et les intelligence de rabîme. Ces signes ont servi de tout temps à exprimer le vertige astral et sont restés à Tétat de mirage dans les reflets de la lumière dévoyée. La nature aussi a ses réminiscences et nous envoie les mêmes signes à propos des mêmes idées. 11 n'y a rien dans tout cela de surnaturel ni d'infernal.

« Comment voulez-vous que j'admette », nous disait le curé Charvoz, premier vivaire de Vintras, « que Satan » ose imprimer ses hideux stigmates sur des espèces » consacrées et devenues le corps même de Jésus-Christ? » — Nous déclarâmes aussitôt qu'il nous était également impossible de Ûous prononcer en faveur d'un pareil blasphème; et pourtant, comme nous l'avons démontré dans nos feuilletons 4u journal Y Estafette j les signes imprimés eo caractères sanglants sur les hosties de Vintras, consacrées régulièrement par Charvoz, étaient ceux qui, dans

la ma^ie noii^c, sont absolument reconnus pour les signalurcs des dénions.

Les érritures astrales sont souvent ridicules ou obscènes. Les prétendus esprits interrogés sur les plus grands mystères de la nature répondent souvent par un mot grossier devenu, dit-on, héroïque une fois dans la bouche militaire de Cambronne. Les dessins que tracent les crayons abandonnés à eux-mêmes reproduisent souvent aussi c& priapées informes que le pâle voyou, [loiur nous senirde Texpn^ssion pittoresque d'Auguste Barbier, ébauche en sifllant le long des grands murs de Paris, preuve nouvelle de ce que nous avons avancé, c'est-à-dire que res|»ril ne préside en aucune manière à ces manifestations et tpi'il sennl souverainement absurde surtout d'y l'econnailre l'intervcnlion des esprits ilégagés de la matière.

Le jésuite Paul Saufidius, (|ui a écrit sur les mœurs el coutumes des Japonais, raconte une anecdote fort remarquable. Une troupe de pèlerins japonais, traversant uu jour un désert, vit venir à elle une bande de spectres dont le nombre était (*gid à ^'<'lni des pèlcTins, et qui marchait du mênic pas. (]es spectres, dilVormes d'abord et semblables à des larves, prenaient en approchant toutes les a[>|>aren(fs du corps humain. Bientôt ils rencontrèrent les pèlerins et se mêlèrent à eux, glissant en silence entre leurs rangs : alors les Japonais se virent doubles, chaque fantôme étant devenu l'image parfaite et comme le mirage de chaque pèlerin. Les Japonais eflhiyés se proslernèrent, et le bonze qui les conduisait se mit à ju'ier pour eux avec de grandes contorsions et de grands cris. . Lorsque les pèlerins se relevèrent, Jes fantômes avaieni

Page 1