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LES FANTÔMES FLUIDIQUES ET LEURS MYSTÈRES. 2A

disparu, et la troupe dévote put continuer libi*ement son chemin. Ce phénomène, que nous ne révoquons pas en doute, présente les doubles caraetères d'un mirape et d'une projection soudaine de larves astrales, oecasioimés par la chaleur de Tatmosphère et Tépuisement fanatique des i>èlerins.

Le docteur Brierre de Boismont , dans son curieux Traité des hallucinations ^ raconte qu'un homme parfaitement sensé, et qui n'avait jamais eu de visions, fut tounnenté un matin par un cauchemar des | Jus pénibles. H voyait dans sa chambre un singe monstrueux, horrible à voir, qui lui grinçait les dénis et s<ï livrait aux plus hideuses contorsions. 11 s'éveille en sursaut, il était grand jour; il saute à bas du lit, et reste terrifié en voyant réellement présent l'aflrcux objet de son rcve. Le singe était là iKirfaitement semblable ù celui du cauchemar, aussi absunle, aussi épouvantable, et faisant les mêmes grimaces. Le personnage (»n question ne pouvait en croire SCS yeux ; il resta près d'une demi-heure immobile, observant ce singulier {phénomène et se demandant s'il avait la fièvre chaude ou s'il devenait fou. Il s'appro<*ha enfin du fantastique animal fK)ur le toucher, et l'apparition B*évanouit.

Cornélius Gemma, dans son Histoire critique universelle^ raconte qu'en 454, dans Tîle de (Candie, le fantôme de Moïse appanit à des Juifs au bord de la mer; il avait au front ses cornes lumineuses, à la main sa verirc loudroyante, et les invitait à le suivre en leur montrant du doigt l'horizon du côté de la Terre sainte. La nouvelle de ce prodige se répandit, et les Israélites en foule se pré-

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eipifèrent vers le rivage. Tons virent ou prétendirent voir la merveilleuse apparition : ils étaient au nombre de vingt mille, au dire du chroniqueur, que nous soupçonnons ici d'exagérer un peu. Aussitôt les têtes s'échauiTent, les imaginations s'exaltent ; on croit à un miracle plus éclatant que ne le fut autrefois le passage de la mer Rouge. Les Juifs se forment en colonne serrée et prennent leur course vers la mer; les derniers poussaient les premiers avc(^ frénésie : on croyait voir le prétendu Moïse marcher sur l'eau. O fut un épouvantable désastre : presque toute celte nniltitude se nova, et rhallucination ne s'éteignit ipiavcc la vie du plus grand nombre de ces malheureux visionnaires.

La pensée humaine crée ce qu'elle imagine ; les fantômes de la superstition projettent leur difformité réelle dans la limiicre astrale et vivent des terreui^s môme qui les enlîmtent. Ce géant noir qui étend ses ailes <!e rorienl a Toccidcnt |)0ur cacher la lumière îiu monde, ce monstre qui dévore les amcs, celte elTrayante divinité de Tijinorance et de la peur, le diable, en un mot, est encu^J^ pour une inïmcnsc multitude d'enfants de tous les àfiCSi une affreuse réalité. Dans notre Dogme et Rituel de lt\ haute macjie^ nous Tavons représenté comme l'ombre de Dieu , et en disant cela nous avons caché encore la moitié de notre pensée : Dieu est la lumière sans ombn\ Le diable n'est que l'ombre du fantôme de Dieu!

Le fantôme «le Dieu! cette dernière idole de la terre: ce spe(»trc anthro|)omorplic qui s(» rend malicieusenienl invisible; cette personnification linie de Tinfini; cet invisible qu'on ne peut voir sans mourir, sans mourir du

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