‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 2)Chapitre 30 sur 98 · Mairie de Dol · texte numérisé non relu

Mairie de Dol

veniez à mon secours; ayez donc l'obligeance, je vous en supplie, de prendre en considération la situation où je me trouve depuis la Saint-Pierre, je suis domicilié d'ici et je ne puis rien toucher que je ne certifie avoir acquitté à Dol les contributions qui m'incombent et ces contributions ne le peuvent être que sur les deniers qui me rentreront de l'acquit de mes mandats, après quoi je vous supplierai de me faire expédier un certificat en forme de mon traitement comme chanoine et grand chantre de la cathédrale de Dol et d'y faire joindre un certificat qui prouve le payement de mes contributions.

Je vous offre les vœux que je fais pour votre prospérité et l'assurance de la respectueuse considération à laquelle j'ai l'honneur d'être, Messieurs,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

Louis-Alexandre Lrnormant.

Le directoire du district à M. Cadenne, lieutenant de la gendarmerie nationale en résidence à Dol.

Dol, 27 janvier 1792.

D'après les ordres donnés par le directoire du district de Dol aux ci-devant prêtres et régents de notre collège de se retirer chez eux et de cesser d'exercer toute espèce d'instruction, faute à eux d'avoir fait le serment ordonné à tous fonctionnaires publics, le sr Lacroix, principal, également ses régents, se retirèrent conformément à l'arrêté du département du 16 juin et depuis ce moment nous avions toujours cru que s'ils étaient revenus à Dol, ce n'avait été que momentanément; mais depuis plusieurs jours nous avons été informés que le sr Lacroix demeurait actuellement ici et qu'il logeait chez les religieuses bénédictines de cette ville, que tous les jours il était fêté par les aristocrates auxquels on dit qu'il administre les sacrements secrètement: nous vous prions de prendre sur ces faits tous les renseignements que votre zèle pour le bien public vous suggérera et de faire votre visite dans la maison

destinée au logement da directeur desdites religieuses, ou partout ailleurs où vous pourriez connaître la retraite du sr Lacroix. Si vous le rencontrez, nous vous prions, Monsieur, en exécution de l'arrêté ci-devant daté et de celui du 14 décembre dernier de le faire sortir de suite de la ville et faubourg et de lui dire de notre part que si désormais il y est trouvé, il y sera saisi comme citoyen révolté contre les lois et puni comme tel.

Dol, 31 janvier 1792.

Le directoire du district à M. l'abbé de Hercè, à Mayenne.

Nous avons l'honneur, M. l'abbé, de vous faire passer une copie de l'arrêté du département dllle-et-Vilaine, du 29 décembre dernier, vous y apprendrez que pour pouvoir parvenir au règlement définitif de votre traitement, pour les années 1790-1791, vous devez nous donner tous les renseignements positifs sur la consistance des biens dont vous jouissiez, les lieux de leur situation, district et département, enfin nous mettre à lieu de connaître la vraie valeur de vos ci-devant bénéfices.

Registre de la municipalité.

7 février. — A été donné lecture d'une requête tendant à faire replacer au collège de cette ville les anciens principal et régents, laquelle requête l'assemblée après avoir entendu M. le procureur de la commune, a arrêté d'adresser au département ■ .

28 février. — A été remontré par M. le procureur de la commune que le sieur Guillot, curé de cette ville, est absent depuis longtemps et qu'il est absolument nécessaire qu'il revienne en cette ville pour y reprendre ses fonctions pastorales, pourquoi il requiert qu'il lui soit écrit qu'il ait à reprendre

1. Déjà, le 6 décembre, même requête avait été adressée à la municipalité.

136 MARS !7'.rj

ses fonctions, sans quoi messieurs du directoire du district

seront prévenus de son absence.

[Arrêté pris dans ce sens.J

Nantes, 4 mars 1792.

reçue le 6.

Messieurs.

Je viens réclamer votre justice, votre clémence et le bon droit de l'humanité souffrante pour un homme que votre receveur, par son retard, a réduit à la dernière misère. Je veux parler de M. l'abbé Le Normant. ci-devant chanoine et dignitaire de Dol, que j'ai retiré chez moi parce qu'il mourait de faim. Il lui est dû suivant les mandats que son procureur fondé à Dol a dans les mains, toute l'année 1791 et le premier quartier de 1792. ce qui a paru ici inconcevable à tous les corps administratifs de cette ville avec qui j'en ai conféré. Je vous supplie donc en grâce, messieurs, de prier M. votre receveur de liquider de suite les mandats de M. l'abbé Le Normant. afin de m'éviter un voyage coûteux dans ce pays-là.

M. de la Blanchardière ne peut absolument pas avoir aucune raison légitime qui autorise un retard aussi long. Dans ce département, ainsi que dans tous les autres, les fonds pour le payement des quartiers des pensionnaires de la Nation est fait d'avance; et comment le département pourrait-il délivrer des mandats s'il n'était bien sûr qu'il y a dans les caisses des districts de son arrondissement de quoi les liquider de suite (en tout événement du déficit de la caisse) par le receveur, de présenter son bordereau au district et le district au département pour que ce dernier y pourvoie de suite.

De plus, l'Assemblée Nationale a regardé cette [dette] si sacrée, que pour empêcher le moindre retard concernant les pensions du clergé, elle a rendu trois décrets, l'un du 30 novembre 1790. art. 4, 5, 6, et autre, des 6 et 11 août, même année, et un troisième, bien expressif, du 12 juillet 1790, art. 7 du titre 3.

Je viens de tenter à me faire payer dans ce département; mon oncle a été débouté. Il en est résulté une délibération qui le renvoie devant vous, messieurs, et que je vais vous faire passer.

MAKS 1792

Je vous réitère la prière, messieurs, de vouloir bien faire liquider les mandats de mon oncle que la misère écrase. Vous épargnerez des démarches coûteuses et très pénibles à un père de famille, un bon citoyen, un zélé patriote, en le dispensant d'un voyage qui dérangerait cruellement ses occupations particulières.

J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, messieurs, votre très humble et obéissant serviteur.

Messol, homme de loi, maison Tuai, rue du Milieu, place Feydeau, n° 4. à Nantes1.

Dol, 18 mars 1792.

A M. l'abbé Lissilioux, à Saint-Malo.

Monsieur et cher abbé,

Je profite d'une occasion favorable pour vous écrire et savoir des nouvelles de votre santé et de celle du cher abbé Collet. Nous avons été jusqu'à présent assez tranquilles, mais je crains que l'espèce de paix dont nous jouissons ne s'évanouisse bientôt. Le 1er avril il y aura ici une assemblée d'électeurs qui nous donneront un intrus, et comme toutes les églises, à l'exception de la cathédrale, sont fermées, tout exercice de religion va cesser dans la ville, les volontaires voudront traîner et les prêtres et le peuple à la messe; de là que de troubles et de vexations ! Les papiers publics annoncent la mort de l'empereur, on pense ici que cette mort va encore reculer les affaires des émigrés; je les crois bien à plaindre; marquez-moi ce que vous en savez. Les assignats perdent ici 30 pour 100. combien perdent-ils à Saint-Malo! Nous sommes assez mal payés, on n'envoie jamais une somme suffisante pour acquitter chaque trimestre; ainsi il reste toujours de l'arriéré qu'on n'acquitte

1. Mairie de Dol. — Est-ce bien cet ancien chanoine de Dol qui périt dans les noyades de Nantes le 15 novembre 1793, comme le dit M. Trévaux : Histoire de la persécution en Bretagne. I, p. 484?

point : on fait monter cet arriéré à 125.000 livres J'aurais envie de faire un tour à Saint-Malo après Pâques; je vous prie de vous informer si je pourrais me loger chez M. Marie, où j'étais l'an passé, car je ne veux pas remettre le pied à Saint- Servan, c'est une odieuse patrie que j'abjure. Tout le monde vante la conduite des Malouins, ils se sont distingués par l'humanité et l'hospitalité qu'ils ont exercées envers ceux qu'une aveugle fureur persécutait, tandis que les habitants de Saint- Servan n'ont montré que de la barbarie et de la brutalité.

Si vous avez quelque chose de neuf, n'oubliez pas, s'il vous plaît, de m'en faire part. Marquez-moi le nom de la demoiselle chez qui vous demeurez, pour que je vous y adresse mes lettres.

J'ai l'honneur d'être, avec un sincère attachement et respect, Monsieur et cher abbé, votre très humble et obéissant

serviteur '.

***(Pitel)2.

Registre de la municipalité.

20 mars. — Requête de M. de tiercé «... tendante à ce que chacun des deux termes restants de sa contribution patriotique soit réduit à i, 200 livres, au lieu de trois mille, somme à laquelle il avait été taxé par la municipalité » — [Sa demande est accordée.]

30 mars. — Le traitement du sieur Deslouches, comme chanoine de Dol, a été réglé par arrêté du directoire du département du 3 septembre 1791 à la somme de 1,730 liv. 14 s. 11 d.

2 avril. — A été exposé par le sieur Talion, officier municipal, qu'il est venu à sa connaissance que le sieur Guillot, ci-devant curé de cette paroisse, se proposait de faire communier les enfants depuis l'âge de 8 ans et au-dessus mercredi

Page 1