Arch. départ., L, 2 V
? octobre. — L'assemblée, après avoir examiné le mémoire déposé le 1er de ce mois, par M. Lemercier, maire, Juhel, procureur de la commune, relatif à l'institution des Sœurs ci-devant dites de la Sagesse et à leur utilité dans le pays, l'a adopté et a arrêté qu'il serait incessamment servi un autant au directoire du district.
A cet endroit, le sieur Talion, premier officier municipal, s'oppose au nom de la loi, qui porte que toutes personnes chargées de l'éducation publique doivent prêter le serment, et comme ces filles, dites de la Sagesse, ont été fondées en cette ville à ce titre et qu'elles n'ont point voulu se soumettre à ladite loi, disant qu'elles ne connaissent aucune loi émanée de l'Assemblée nationale, quoi qu'invitation leur faite le 13 juin de vouloir s'y conformer, ce qu'elles ont refusé net, et ont signé sur le registre folio 5, en conséquence il demande que ces filles subissent le même sort que toutes celles réfractaires à ladite loi viennent d'éprouver.
Le conseil général, répondant aux raisons de M. Talion, qui, seul dans l'assemblée s'oppose à l'envoi du mémoire au directoire du district de Dol, dont le président est venu le réclamer lui-même, déclare qu'on ne les conservera pas comme maîtresses d'école mais comme filles secourables aux malades pauvres.
Directoire du district.
3 octobre 1792. — Quant aux soeurs de la Sagesse établies à Dol, elles étaient autrefois occupées de l'instruction de la jeunesse et de porter des secours aux personnes malades de la ville et des campagnes, leur refus opiniâtre de se conformer aux lois de l'Etat ne leur permet plus de s'occuper du premier objet de leur institution, elles ne peuvent donc s'occuper que du second. En conséquence, le conseil général, d'après l'avis du conseil général de la commune de Dol, estime qu'elles peuvent être utilement employées comme filles hospitalières au secours des malades qui sont reçus aux hôpitaux de cette
ville et que les fonds qui leur étaient assignés soient réunis aux hospices
Dol, 11 octobre 1792, Fan Ier de la Répub.
Le directoire du district au département.
Nous recevons ce jour, citoyens, votre lettre du 8 avec l'arrêté par vous pris en conséquence de la loi du 26 août dernier relative aux ecclésiastiques insermentés. Vous nous informez que le délai leur accordé est expiré et que nous avions à nous conformer à cette loi et à votre arrêté, nous y satisfaisons.
Liste des prêtres insermentés :
Le sieur Pitel, ex-chanoine de Dol, fit le serment d'allégence : depuis ce temps il réside à Dol et à Saint-Servan, il est âgé de plus de 60 ans.
Le sieur Delaunay, ex-dominicain, n'a fait aucune espèce de serment, il réside à Dol, est âgé de plus de 60 ans.
Les sieurs Berthe, ex-prieur des Carmes f, réside à Baguer- Morvan, près Dol. Saint-Flour, ex-prieur de la Vieuville, réside à Carfantain, le sieur Delfosse demeure avec lui. Ces trois derniers ont fait le serment devant nous conformément aux dernières lois.
Nous n'en connaissons pas d'autres bien qu'il puisse y en avoir de cachés suivant les présomptions populaires. Nous attendrons vos ordres pour agir contre les uns ou les autres des cinq prêtres dont nous vous faisons connaître l'état.
11 octobre. — [Le directoire du district est avisé qu'on a saisi, à Jersey, 100 fusils et 4 canons à la disposition des prêtres émigrés et déportés à l'île de Jersey, et qui se disposaient à faire descente sur nos côtes. — Fermentation sourde de la part de la population contre le bataillon du régiment d'Angoulême, bien que désarmé pour son incivisme.]
1. Décédé à Dol, rue de la Constitution, ci-devant rue Ceinte, le 25 avril 1793.
Dol, 13 octobre 1792.
Le directoire du district de Dol à celui de Saint-Malo.
Nous ne pouvons que souhaiter bon voyage et bien du plaisir au sieur Hercé, ci-devant évêque, et à son cher frère mille fois pire que lui. Nous n'avons pas connaissance qu'ils aient été poursuivis pour ancien délit ni décrétés, si ce n'est avant le décret d'amnistie que l'évêque fut poursuivi très languissamment par notre tribunal à raison d'une lettre prétendue pastorale où il prêchait pieusement le fanatisme et la désobéissance à la loi. Nous ne connaissons rien qui puisse l'empêcher d'aller convertir les hérétiques d'Angleterre, nous ne vous en sommes pas moins obligés, etc..
Registre de la municipalité.
18 octobre. — Messieurs les régents actuels du collège cesseront de ce jour leurs fonctions attendu le défaut de sujets qui se présentent pour l'éducation.
21 octobre 1792. — [Réouverture solennelle des cours du collège.]
29 octobre. — Lettre pastorale imprimée du citoyen-évêque métropolitain du Nord-Ouest datée de Rennes, le 13 de ce mois, envoyée au conseil général de la commune par le citoyen Penault, curé de cette ville, ce jour, laquelle porte entre autres choses que mardi 10 de ce mois, à 10 h. 1/2 du matin, il sera célébré dans l'église cathédrale de Rennes un service solennel pour les citoyens français morts depuis le commencement de la guerre pour la défense de la patrie, et qu'il invite les citoyens-curés des campagnes et des autres villes du département à célébrer dans leurs églises respectives un service dans les mêmes intentions.
Au procureur syndic du district de Dot.
Cormeray, canton de Pontorson, district d'Avranches, département de la Manche, 10 novembre 1793.
J'ai été instruit, citoyen, de la pénurie d'ecclésiastiques de votre district, je pourrais pour le plus grand bien de la religion et de la patrie quitter mon pays natal et sacrifier mes goûts et mes intérêts particuliers au service du vôtre. Je suis âgé de vingt-neuf ans, citoyen, et j'ai du courage et quelques talents. Avec ces facultés, je ne redoute ni le travail ni la méchanceté de nos ennemis.
Si sur vos représentations, citoyen, l'assemblée électorale
de votre district me nommait curé, je vous prie de me faire
passer une note de l'étendue de la paroisse, de la population,
de la position de la paroisse. Sur cet envoi je ferai prompte-
ment diligence pour prendre possession légale de la cure
nonobstant la réclamation de mon évêque et de mon pays que
je n'abandonnerais jamais si la religion et la patrie périclitant
ne me l'ordonnaient.
Votre concitoyen,