Mairie de Dol. Document non daté
Stevan pour la première classe, Morault père pour la deuxième ; en conséquence nous vous invitons à faire publier la rentrée pour lundi prochain...
[Dans la journée du 5 novembre, la nouvelle de l'arrivée de l'armée vendéenne se répand dans toutes les campagnes environnantes, les autorités fuient en emportant les archives, pendant que les habitants de Carfantain, Baguer-Morvan et hlpiniac viennent à la prison délivrer les détenus aux cris de : Vive le roi.
Ce n'est qu'à la lin du mois, après le second passage de l'armée des rebelles, retour de Granville, que toutes les autorités réintègrent leurs foyers.]
A Dol, après la bataille, Guillot de Folleville assistait les malades, que mon père assistait aussi à la Chaussée. — « Monsieur le recteur, dit mon père, en voyant celui qui avait été le recteur de Notre-Dame, sa paroisse, que faites-vous ici? Est-ce que vous vous dites encore évêque? » — « Oui, et qui vous a dit que je ne le suis pas? » — « Qui me l'a dit, mais une bulle du Pape! une bulle du 31 juillet de cette année, qui est connue en Dol. Ah! ne continuez pas à profaner les sacrements. Si les Vendéens viennent à savoir comme vous les trompez, ils vous tueront. » — « Mon pauvre Lecarlatte, que voulez-vous que je fasse? » — « Vous sauver! restez ici, entrez chez nous, je vais vous cacher, je vous ferai passer en Angleterre, près de notre excellent évêque, près de nos prêtres ! »
Guillot pleure, mon père est ému. Il attend. — « Tenez, Pierre, je m'abandonne à mon malheureux sort, je vous laisse ma voiture. Ne me trahissez pas. Adieu ! » et il disparaît. La voiture laissée dans notre cour fit croire que mon père avait fait évader le prêtre Guillot, que le district aurait voulu livrer à la guillotine; et mon père, cité à la barre de la commune de Dol, eut été guillotiné sans la fermeté de son caractère et
l'appui de quelques démocrates, ses voisins, qui attestèrent que le calotin Guillot n'était point resté chez lui *.
Registre de la municipalité 2.
8 nivôse an II (28 décembre 1793). — Le citoyen Cousin a dit <pie le citoyen Penault, curé de cette commune, se trouvant dans l'obligation d'abdiquer ses fonctions de prêtre avant le duodi de la seconde décade prochaine (1er janvier 1794). conformément au décret delà Convention rendu à cet égard3, il serait à propos de connaître avant ce terme l'intention du général de la commune pour éviter les mécontentements qui pourraient se manifester lors de l'abdication de ce curé, avec d'autant plus de raison qu'il s'est concilié par son civisme et ses vertus l'estime de ses concitoyens depuis qu'il exerce en cette ville ses fonctions: en conséquence, ledit citoyen Cousin propose qu'il soit délibéré à ce sujet séance tenante.
Le conseil a arrêté que les citoyens de cette commune seront invités à s'assembler demain en plus grand nombre possible, aux deux heures après midi, dans l'église paroissiale ci-devant dite cathédrale, pour leur être annoncé que dimanche prochain (5 janvier, vieux style, il y aura une seconde réunion générale de la commune pour délibérer sur l'acceptation ou non acceptation d'un curé à la charge de la commune.
Aujourd'hui. 9e jour du mois de nivôse, Tan IIe de la République française, une et indivisible, deux heures de l'aprèsmidi, les citoyens de la commune de Dol assemblés en l'église paroissiale, ci-devant cathédrale, en vertu d'une bannie faite le matin de ce jour par le tambour, en exécution de l'arrêté pris le jour d'hier par le conseil :
1. Essai historique sur les monuments de Dol. par l'abbé Lecarlatte, ancien recteur de La Fresnays, celui qui a mis des notes sur le manuscrit Juhel, du presbytère de Dol.
2. Ce registre va du 17 frimaire an II (7 décembre 1793) au 1er pluviôse an III (20 janvier 1795).