Mairie de Dol
2. Voir première partie, page 209, les trois arrêtés des consuls du 7 nivôse an VIII.
exercent dans ma commune, un court et pressant avis. L'un d'eux m'a fait la réponse ci-jointe (qui. je crois, est le résultat de l'avis des trois), où il prétend que la lettre du ministre de la police ne le concerne point : 1° parce qu'il est muni d'une carte de sûreté du général en chef Brune, qui l'autorise à exercer son culte sans conditions préalables; 2° parce que l'exercice libre de ce culte est le résultat de conditions qui ont dû avoir lieu lors de la pacification des départements de l'Ouest; 3° parce qu'il n'a jamais été déporté ; 4° parce qu'il est tranquille, etc. Vous recevrez annexé à la présente l'état nominatif de ces trois prêtres que vous demandez; j'attends que vous me traciez la conduite que j'aurai à tenir ultérieurement à leur égard.
Je crains que cette matière, agitée de nouveau, trouble la profonde et parfaite tranquillité dont jouissent nos contrées. Je ne sais à quelle source le gouvernement puise les renseignements qui déterminent de pareilles mesures, mais, suivant moi, la politique demandait d'en retarder l'exécution ou de ne l'exiger que partiellement. On aurait pu la terminer par nos départements, à une époque plus reculée. Cette promesse ne renferme rien dont tout être raisonnable et tant soit peu éclairé ne doive sentir la justice et la modération, mais la teinte des passions du fanatisme et de l'esprit de parti est-elle suffisamment effacée pour que les prêtres se portent à donner ce gage de leur soumission ? Si le gouvernement devait l'exiger, n'était-ce pas au moment et comme une condition de leur retour? 11 eut été infiniment plus sage de s'y opposer tout d'abord que de procurer au peuple que momentanément, une jouissance dont il est avide, pour la lui ravir presqu'aussitôt. Il me semble que c'est le vrai moyen de l'indisposer et de l'exaspérer; je vois les ennemis du gouvernement de toutes les livrées sourire à cette mesure dont ils attendent des résultats favorables à leurs projets. J'espère que la sagesse du gouvernement, éclairée par vos lumières et celles du préfet, saura les prévenir.
Etat des Prêtres insermentés.
Delaunay, ci-devant ex-supérieur du ci-devant séminaire de Dol.
Veron, ex-curé de Garfantain.
Dumargaro, ex-chanoine de Dol.
Ces trois prêtres sont munis de cartes de sûreté, du général en chef Brune, qui leur permettent d'exercer le culte catholiques dans toutes les villes et villages, etc.
Ils prétendent que ces cartes, dont l'acceptation et l'usage sont une soumission à la constitution et au gouvernement, doivent être regardées comme des autorisations suffisantes qui les dispensent de toute autre formalité pour l'exercice du culte catholique ■ .
Dol, 2 pluviôse an IX (22 janvier 1801).
Le maire au citoyen préfet de Rennes.
La très grande majorité des habitants de cette ville et commune, en vertu de l'arrêté des consuls du 7 nivôse an VIII, réclame pour l'exercice du culte la ci-devant cathédrale qui y servait à l'époque du 1er jour de l'an II, et pour en avoir une plus libre disposition ces habitants désirent que nous fassions dans le local de la maison commune les publications décadaires qui jusqu'ici se sont faites dans la ci-devant cathédrale.
14 messidor (3 juillet 1801).
Le maire au citoyen préfet.
[Lettre en réponse à la circulaire du préfet en date du 4 messidor, concernant la police des cultes; « les prêtres exerçant à Dol, quoique insoumis, se conforment aux lois visées par ladite circulaire et font bien, etc.] »
1. Ces trois prêtres refusaient de souscrire à tout acte de soumission aux lois rie l'Etat, conformément aux instructions des douze évêques réunis à Londres. — 5° partie, Appendice.
... Il existait en cette commune avant la Révolution un bureau de bienfaisance connu sous le nom de Marmite dont les fonds fournis par les ex-évêques, chapitre et séminaire de Dol montaient année commune à 1,000 livres et dans les années de disette à 1,200 ou même 1,500 livres; cet acte de bienfaisance consistait à distribuer deux fois par semaine, à environ quarante pauvres de la commune une livre de pain, un morceau de viande, de la soupe et aux infirmes des médicaments et du linge.
A ce bureau était affecté une maison dite de la Sagesse, occupée par des sœurs grises, chargées de la distribution de ces secours.
Au commencement de la Révolution, la régie s'empara de cette maison et l'administration municipale la désigna ensuite pour maison d'éducation et un instituteur en est encore en possession.
Après la suppression de ces secours, les plus nécessiteux furent admis à l'hospice civil qui a toujours continué et qui augmenterait ses bienfaits si ses faibles revenus le lui permettaient.
Le gouvernement ayant réintégré dans leurs biens les bureaux de bienfaisance, cette maison appartient incontestablement à l'hospice.
Confiants dans votre justice et humanité, nous nous adressons à vous, citoyen sous-préfet, bien persuadés que vous voudrez bien appuyer la réclamation que nous faisons de cette maison pour l'hospice1.
5 fructidor an IX (19 août 1801).
Etat nominatif des prêtres résidant dans la commune de Bol.
Dumargaro, Hyppolite, 41 ans, natif de Baguer-Pican. Veron, Guillaume, 70 ans, des environs de Lamballe.
1. Mairie de Dol. — Sans date ni signature. — Doit être antérieure à un arrêté du préfet du 5 ventôse qui cède cette maison à l'hospice.
Pinel, François, 56 ans, de Dol.
Delaunay, Pierre. 70 ans, de Quédillac.
Marie. Vincent, 39 ans, de Sceaux près Paris ' .
Saint-Malo, 19 brumaire an X '10 décembre 1801) -'.
Le sous-préfet de V arrondissement de Saint-Malo au maire
de Dol.
Citoyen maire,
Le préfet vient de me prévenir qu'il a reçu un arrêté du ministre de la police portant que le nom de Gault, ex-chanoine de Dol, est définitivement rayé de la liste des émigrés. Veuillez le lui faire savoir et lui faire dire qu'il n'obtiendra cet arrêté qu'après qu'il aura fait devant moi et souscrit la promesse de fidélité à la Constitution.
J'ai l'honneur de vous saluer.
Pour le sous-préfet,
(Illisible.)
Saint-Malo, le 25 nivôse an X (15 janvier 1802) 3.
Le sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Malo au maire
de Dol.
Citoyen maire,
Le préfet m'annonce qu'il a reçu un arrêté portant que les
noms ci-après :
Anne Lenormant. ex-conventuel \ . n . n.u n i • • de Dol,
Gilles Deric, ex-grand-vicaire )
sont définitivement rayés de la liste des émigrés.
Veuillez, en les prévenant, etc.
Salut et fraternité.
Boullet.
1, 2, 3. Mairie de Dol.
Saint-Malo, 25 pluviôse an X (14 février 1802) *
Le sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Malo au maire
de Dol.
Citoyen maire,
Le préfet m'annonce qu'il a reçu des arrêtés portant que les noms qui suivent sont définitivement rayés de la liste des émigrés :
De Hercé, Urbain-René, ex-évêque
De Hercé, François, ex-vicaire-général
Demargaro, ex-chanoine
Desmot, ex-curé de Carfantain ) de Dol.
Josseaume, Jean, prêtre [
Josseaume, ex-sous-diacre 1
Sougé, ex-chanoine '
Veuillez en prévenir ces ecclésiastiques et leur faire part en même temps des formalités préalables qu'ils ont à remplir et que vous trouverez référées dans mes précédentes lettres.
Salut et fraternité.
BoULLET.
Dol, 29 pluviôse an X.
Le maire de Dol au citoyen sous-préfet de Saint-Malo.
Le conseil municipal, dans sa session actuelle, m'a invité de faire sonner la cloche trois fois le jour pour indiquer les heures du travail et de la réfection, sans caractère de culte ni d' Angélus, mais uniquement pour la commodité du public. Dites-moi, je vous prie, si je puis me rendre à ce vœu sans blesser les lois.