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l'on abreuvait jadis les chevaux en temps de siège lorsque Dol était place de guerre. Ces caves ont été comblées et l'on a fait un puits de cette fontaine, lors de la bâtisse de l'ex-évêché, il y a 48 à 50 ans.
Art. 5. — La ville percevait des octrois sur les vins, cidres et poirés des débitants de quinze à seize communes environnantes ; elle les affermait au moins trois mille francs par an, soit en principal 60,000 fr.
Art. 6. — Les pauvres de la commune de Dol, outre la maison destinée à l'usage de la marmite où l'on distribuait le bouillon tous les jours, jouissaient d'une rente de six cents francs par an (un pieux évêque de Dol avait fait cette fondation) ; il existait à Dol la fondation des Sœurs grises dites de la Sagesse, qui instruisaient les enfants de leur sexe et portaient les remèdes et les secours à domicile. Elles recevaient quatre cents francs par la caisse du clergé, fondation en partie faite par un digne ecclésiastique recteur de Carfantain, l'un des anciens faubourgs de Dol. Les deux maisons ont été réunies à l'hospice; mais les revenus sont anéantis. La ville de Dol a perdu privativement pour ce seul objet destiné au soulagement de ses pauvres mille francs de rente, sans y comprendre les deux maisons, soit en capital. . . . 20,000 fr.
Notes historiques. — L'auteur ecclésiastique de Bretagne donne Carfantain pour faubourg de Dol. Il y a apparence que la ville s'étendait autrefois jusqu'à la Rousse que d'anciens titres nomment d'ailleurs Ville-Viel, ce qui veut dire vieille ville. Dans le temps de la féodalité il existait un bailliage de Ville-Viel dont les droits se percevaient sur les terres de la Rousse; ce bailliage dépendait de l'ex-seigneurie de Châteaud'Assy.
Art. 7. — Le collège de Dol ayant été incendié en partie par une réquisition de troupes de lex-Basse-Bretagne qui y logea en l'an II, cet événement détermina l'administration départementale dllle-et-Vilaine à mettre les restes de cette maison en vente avec les jardins. Cet établissement magnifique, digne du pieux évêque qui l'érigea, le dota et qui en fit présent à la ville, appartenait à Dol. Cinq mille francs de rentes en dépen-
daient, le tout a été vendu au profit de l'Etat. Cette perte présente pour la ville de Dol, sans y comprendre la privation de l'éducation publique que des parents sont obligés de procurer à leurs enfants, à trente, quarante et cinquante kilomètres loin de chez eux, monte à six mille francs de rente, en capital. 120,000 fr.
Notes historiques. — A la place de ce collège était autrefois une chapelle au milieu d'un champ ou cimetière qu'on nommait Saint-James et qui avait servi au temps de M. James, évêque de Dol, vivant en quatorze cent quelques, pour l'inhumation des pestiférés.
Art. 8. — 11 existait à Dol une halle sur toute l'étendue de laquelle était un assez vaste appartement qui servait de salle de délibérations à la maison de ville et d'auditoire. A cette salle était jointe une chambre du conseil. Par un arrêté que prit un représentant du peuple en l'an II. sur le vœu prononcé de quelques habitants, il ordonna que ce bâtiment serait détruit, sous le spécieux prétexte qu'il obstruait la grande rue, et donna en échange à la ville l'ex-église Notre-Dame, qui était regardée comme désormais ne pouvoir ni ne devoir plus servir au culte. De tous temps, la ville de Dol s'était servi de cet édifice pour ses assemblées politiques et en avait la possession immémoriale. L'évêque entretenait seulement la couverture en tant que halle à blé, aussi percevait-il le jour de marché le droit de coutume, tant pour indemnité de cette charge que pour celle de l'entretien des pavés publics où se tenaient les marchés; mais le corps de ville, qui y tenait ses séances, en avait les clefs et la possession de droit et de fait. On peut estimer le loyer de cette grande salle de la maison de ville, avec la chambre du conseil y attenant, cent cinquante francs au minimum, soit en capital 3,000 fr.
Art 9. — Le loyer de la boucherie est également une perte pour la ville: sa destruction avec les halles lui cause un grand préjudice. Elle affermait seulement la boucherie au commencement de la Révolution huit cents francs, soit en capital 16,000 fr.
Art. 10. — Dans le corps de ville de Dol étaient deux charges
de maire, lune d'élection et l'autre en titre. Le possesseur de cette dernière gérait deux années, et celui d'élection, qu'on nommait triennal ou électif, n'en gérait qu'une. Des habitants zélés pour le bien public achetèrent cette charge au nom de la ville en 1778. ère ancienne; par ce moyen, la ville se trouvait aux droits de ce maire, qui recevait tous les ans du gouvernement l'intérêt du montant de la finance, et acquittait certains droits qu'on nommait Poulet. L'intérêt devait être de deux cents francs par an. La ville aux droits du maire en titre a donc essuyé par la Révolution cette, perte qui présente un capital de 4,000 fr.
Art. 11. — Autrefois existaient deux paroisses en la ville de Dol, Notre-Dame et le Crucifix. Toutes les deux avaient leur maison presbytérale et leur jardin : ces propriétés ont été vendues au profit du gouvernement. L'évêché de Dol ayant été supprimé, la maison de l'évêque devait remplacer naturellement le presbytère de la ville et. quoique décoré du nom de Palais épiscopal, elle n'était au fond que le premier des presbytères du diocèse. Sous ce point de vue, qui est le seul vrai, cette maison doit rentrer dans la classe de tous les autres presbytères, et, conformément au Concordat, être remise à la commune pour servir de logement aux curé et vicaires avec toutes ses dépendances. 11 est étonnant, d'après cette loi formelle, que le domaine s'en soit emparé. En attendant la décision du gouvernement sur cette affaire, la commune est forcée de payer provisoirement le loyer d'une maison au curé de Dol, ce à quoi elle ne serait pas tenue si on lui avait remis dans le temps cette maison de l'évêché, comme on le devait sur-lechamp, lors de la promulgation de la loi du Concordat ; ou qu'on n'eût pas vendu précédemment les deux presbytères. On peut au reste mettre en ligne de compte, comme perte évidente, ces deux maisons qui peuvent valoir, année commune, quatre cents francs, ci en capital 8,000 fr.
Si l'on joint à toutes ces pertes réelles dont l'état est cidevant qui se montent au capital de 262,000 fr., celles essuyées par les habitants de Dol par l'armée vendéenne qui les pilla
pendant onze jours, celle au moins de cinq cent mille francs de rentes qui se consommaient dans le pays, provenant des revenus de l'évêché, des chapitre, collège, abbayes, couvents, prieurés, fabriques, séminaire, chapelles, prestimonies, des biens des émigrés et maisons opulentes des alentours qui ont passé dans les mains d'acquéreurs étrangers et se consomment ailleurs, on considérera que la ville de Dol est Tune des plus perdantes à la Révolution, proportion gardée; quelle a mis ce pays dans un état presque d'anéantissement dont il ne pourra se relever à moins que le gouvernement ne vienne à son secours, ne lui fasse restituer quelques-uns de ses anciens établissements qu'on lui a enlevés injustement au détriment même de l'Etat, ou ne lui procure, dans un autre genre, par un dessèchement des marais qui composent une partie de son territoire, et un canal navigable à la mer dont il est si près en quelque sorte, une nouvelle existence, de manière que cette ville et ce pays puissent se flatter que le gouvernement impérial, par sa bienfaisance, l'a régénéré, le gouvernement qui est le seul conservateur, l'opposé et le contraste de presque tous les autres régimes.
Fait à Dol le 25 floréal an XIII (15 mai 1805).
Dol, 18 fructidor an XIII (5 septembre 1805).
Les dames Blondeau, Sorre et Cocheret étaient à l'hôpital de la ville comme membres des hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve lors de la suppression des vœux monastiques, le 28 octobre 1789, et des congrégations, le 18 août 1792 :
Mme Perrine-Guillemelte Blondeau, née à Pleudihen (Côtesdu-Nord) le 26 septembre 1749.
Mme Françoise Sorre, née à Saint-Helen (Côtes-du-Nord), le 25 novembre 1749.
Mme Marie Cocheret, née à Miniac-Morvan le 11 février 1752.
5 février 1800. — 11 est une nouvelle dépense qui, pensons-
nous, dit M. le maire, ne nous sera pas refusée plus longtemps puisque vous avez voté plusieurs fois l'établissement qui l'occasionne. Il s'agit d'une école communale. Plusieurs demandes à cet égard avaient été adressées aux ministères de l'intérieur et des finances; des prières de les appuyer avaient été accueillies par M. le sénateur et M. le préfet, mais on n'obtenait aucun résultat. Des renseignements ont été pris, et il en est résulté qu'il fallait établir l'école avant de songer à la faire ériger en secondaire, et à obtenir le local désigné pour sa tenue, le bâtiment de l'ex-évêché. J'ai donc formé le 27 brumaire dernier, en me basant sur le règlement du 19 vendémiaire an XII, un bureau d'administration qui a jeté les fondements de l'école communale de Dol par une délibération que j'ai transmise à M. le préfet. Ce fonctionnaire, par sa lettre du 29 frimaire an XIV, m'a autorisé à mettre cette école en activité en m'annonçant qu'il envoyait le plan d'organisation au ministère de l'intérieur et qu'il indiquait les premiers des candidats présentés pour les emplois de directeur et de professeurs.
J'ai réuni les candidats indiqués, nous nous sommes concertés et, le 6 janvier dernier, l'école a été en pleine activité. Le 9 du même mois, elle comptait déjà 61 élèves, maintenant plus de 80 y reçoivent l'instruction.
11 est voté une somme de 2.400 fr. par an pour le paiement de quatre professeurs *.
J.-B. Dexoual. maire.
Du 16 avril 1806.
Le maire de Dol à M. le sous-préfet.
Je vous retourne les trois pièces jointes à votre lettre du 29 fructidor an XIII. certificats de notoriété, etc., concernant
1. En 1808. le traitement des professeurs est élevé à 3,400 fr. En 1809, il est réduit à 2,400 fr., attendu que le nombre des élèves ne dépasse pas celui de 1807.
En 1810, il est élevé à 3,000 fr. et en 1811 à 3,000 fr.