Registres de correspondance de la municipalité de Dol
aucune preuve de l'existence réelle de cette rente, par la raison qu'on n'en n'a plus de titres; mais elle était réellement due à la ville et c'est une perte d'un capital de. . . 1,600 fr.
Art. 2. — La ville de Dol a la possession immémoriale des promenades publiques sur ses boulevards, vulgairement nommés douves, et conséquemment des fossés, bas-fonds et talus qui les soutiennent. L'administration du domaine s'en est emparé et les a affermés à son profit sous prétexte que l'évêque de Dol était seigneur du lieu. Cependant, la ville fait encore à ses frais actuellement les réparations de ces promenades, et en tout temps les a entretenues, tant de barrières, tourniquets, que de gros pieux pour en fermer le passage aux chevaux, ce qui est à la connaissance de tous les habitants de la ville. Le domaine afferme ces fossés ou douves environ 50 fr. par an, soit de capital 1,000 fr.
Notes historiques. — Les boulevards, les éperons à l'extérieur des fortifications de la ville, ne sont pas très anciens, ils ne datent tout au plus que de trois cents et quelques années. Le genre de ces fortifications n'existait pas avant ce temps ; elles auraient été inutiles, la poudre et le canon n'étaient pas inventés. 11 y a trente ans, on savait encore le nom d'une maison ou métairie qui existait en la place de l'Eperon dite des Carmes; dernièrement, on a encore trouvé les fondations et le puits.
Art. 3. — La même ville entretenait une fontaine publique à ses frais et par les libéralités des ex-Etats de Bretagne qui venaient quelquefois à son secours, surtout lorsqu'il se trouvait de grosses réparations à faire aux conduits, aqueducs, portes sur la rivière, regards, etc. Sur la colonne qui existe encore au milieu du bassin de cette fontaine était une statue de bronze de la hauteur d'environ 17 décimètres, représentant saint Samson, patron de l'ex-diocèse de Dol: cette statue, avec une inscription au pied aussi de bronze, fut abattue au commencement de la Révolution par le premier bataillon de la Manche, en garnison à Dol, troupe indisciplinée, sous prétexte d'aristocratie. Recueillie par les habitants, le prix en fut employé avec le prix des grandes et petites boîtes de la ville, aussi en bronze, et servant aux réjouissances, pour parvenir
à l'acquisition de deux pièces de canon de quatre, leurs caissons, etc. Ces canons, dont le gouvernement s'est emparé, peuvent valoir environ neuf mille francs, dont la commune a fait toutes les avances, tant par ses dons volontaires que par le bronze qu'elle a fourni libéralement, ci. . . . 9,000 fr.
Notes historiques. — On ne connaît pas l'époque de la première érection de la fontaine publique. On sait seulement qu'elle fut rétablie vers 1660, que l'archidiacre Thorau, gouverneur de Dol et frère de l'évêque du môme nom, y fit joindre la fontaine de Vaudoré. Avant ce temps, il n'y avait que celle de Cleret qui venait à Dol par les bas de la Rousse.
Art. 4. — La destruction de cette fontaine publique à Dol, où il n'y avait point d'eau de source vive, si ce n'est à Carfantain, plus d'un kilomètre loin de la ville, cause une perte incalculable tant sous le rapport qu'entraîne l'apport d'eau d'aussi loin que sous le rapport de la santé. Lorsque cette fontaine fut détruite et que ses tuyaux furent brisés par la soldatesque, elle fluait très bien, était en bon état et ne coûtait d'entretien que de deux à trois mille francs par an. Aujourd'hui, pour la remettre en état, reconstruire beaucoup de regards, relever généralement tous les tuyaux, fourniture de ceux manquants, achat de poix-résine à cimenter, de chaux vive, pierres de moellon pour reconstruction, réparation de conduits dans les prairies, excavations dans les terres élevées, retrouver la chaîne des tuyaux et la rétablir dans la longueur d'environ cinq kilomètres de Dol à Vaudoré, on ne peut estimer cette dépense à moins de 11,600 fr.
Notes historiques. — La raison pour laquelle il ne se trouve plus d'eaux vives à Dol et la nécessité d'avoir établi une fontaine résultent de l'exhaussement du sol de la ville en différents temps pour se garantir des invasions de la mer. On prétend que beaucoup de puits qui existent dans la partie basse de la ville et sur le bord du marais étaient originairement des fontaines avant que la vaste et profonde vallée d'entre Dol et Mont-Dol fut comblée par la mer. Le puits de l'évêché était de ce nombre; c'était une fontaine existant dans les caves de l'ancien château que des personnes vivantes ont encore vu et où