‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 10 sur 130 · Aux administrateurs du district · texte numérisé non relu

Aux administrateurs du district

la cure d'Antrain pour vivre connue simple citoyen, conformément à la loi.

Salut et fraternité.

Cadeu.

Extrait dus minutes du greffe de Injustice de paix du cun ton d'Antrain.

Le 17 ventôse an U de la république une et indivisible 2 heures après midi en notre demeure et devant nous Jacques Louis Gabriel Perrin juge de paix du canton d'Antrain est comparu le citoyen Bonaventure Anne Cadeu âgé de 74 ans curé de cette commune d'Antrain depuis 1760 (v. s.) lequel nous a dit que les rebelles de la Vendée a leur premier passage sur le territoire de la commune d'Antrain entrèrent dans sa maison, pillèrent et ravagèrent les dehors et les dedans et après s'être approprié tous les effets dont ils pouvaient disposer finirent par livrer tous ses papiers aux flammes, que de ce nombre étaient ses lettres de prêtrise et le procès verbal de la prise de possession du bénéfice de la paroisse d'Antrain et tous ses papiers de famille, qu'ayant été rencontré dans la suite par une escouade de ces scélérats, ils ne lui otèrent pas la vie sans doute, parce qu'ils ignoraient qui il était, parce qu'ils ignoraient qu'il a été constamment l'ami des lois, qu'il les a lues et publiées à ses frères pendant et aussi longtemps qu'il en a eu le droit : qu'il a accepté la constitution républicaine et qu'enfin il a toujours maintenu l'union et la paix dans sa commune par ses discours analogues aux circonstances, et pour témoins de ces mêmes faits le dit Cadeu a fait comparaître devant nous le citoyen B régain t notable, Lorin marchand, François Lerault serrurier, ses plus proches voisins.

Lesquels ont attesté les faits ci-dessus mentionnés de tout ce que dessus etc.

Le Bocherus.

Le même jour René Feuillet a l'ail un même envoi au district. Dansl'extrait des minutes du greffe il est dit qu'il fut saisi par les Vendéens pour être fusillé, et que M. Hervé gra-

bataire, fut tiré de son lit et porté sur le pavé où les brigands le laissèrent.]

Port Malo 28 germinal an doux de la république (17 avril 1794).

Le Carpentier représentant du Peuple Aux administrateurs du département d'Ille-et- Vilaine.

Le 14 du mois dernier, citoyen, je vous fis passer un arrêté sous le numéro 074 qui chargeait les districts des trois départements de la Manche. d'Ille et Vilaine et des Côtes du Nord, de m'envoyer une liste des prêtres de leur arrondissement avec des notes sur le caractère de chacun deux pour être ensuite pris telle mesure individuelle qu'il conviendrait ; et vous avez du transmettre aussitôt cet arrêté a vos districts respectifs. Cependant tous ont gardé le silence a l'exception d'un ou de deux dans les trois départements, et cette coupable indifférence a paralysé une mesure dont j'espérais les plus sages et les plus heureux effets. Dans cette conjoncture et après de nouveaux renseignements qui me démontrent les dangers d'une plus grande lenteur j'ai cru ne pouvoir plus différer l'application du remède: j'ai pris à cet effet les deux arrêtés que je vous envoie cy joint avec une proclamation en tête, ensemble une lettre instructive adressée aux districts pour stimuler et diriger leur zèle *, Quoique j'ai fait moi même l'envoi des exemplaires à chaque administration, j'ai pensé que

1. Laquelle lettre instructive débute ainsi : « La coupable opiniâtreté avec laquelle les prêtres de dernière création s'attachent encore à l'ancienne manie de tromper le peuple: les inconvénients qui ont déjà

résulté de cette opposition au développement de l'esprit public, etc

J'ai bien senti cependant que quelque fut la nécessité de la détention des individus dont il s'agit, cette mesure ne devait pas être appliquée sans précaution dans un pays ou la plupart passeront de l'autel à la maison d'arrêt. C'est aussi pour disposer les esprits encore verds (sic) a la nouveauté et a la justice de cette transition que j'ai fait précéder mon arrêté de quelques développements analogues. »

Et il termine par ces conseils :

« Ce sera encore pour vous une tache nécessaire que de faire recueillir pour la république les riches et insultantes dépouilles de la superstition dans les lieux où elle avait conservé des autels. Que les pagodes soient dégagées de leur profane opulence par des mains prudentes et fidèles, que tout ce qui peut servir, etc... »

sous plus d'un rapport il sérail utile que je vous douasse communication de la double mesure que les circonstances ont nécessité e1 à L'exécution de Laquelle je vous recommande de concourir autant qu'il sera en vous1.

Salut et fraternité.

Le Carpentier.

Nous représentant du peuple délégué par la convention nationale dans le département de la Manche et autres environnants2,

Informé qu'au mépris du vœu national qui se manifeste de plus en plus pour rétablissement du culte de la raison, des prêtres se sont obstinés jusqu'à ce jour a conserver des fonctions au moyen desquelles ils prolongent Terreur des esprits faibles: que d'autres après avoir déposé leurs lettres de prêtrise, n'en n'ont pas moins continué l'exercice de ces mômes fonctions, auxquelles ils avaient renoncé; que tous ensemble osent exciter le fanatisme par des manœuvres évidentes ou secrètes ; et que de cette opposition et de ces intrigues coupables il résulte de nouveaux troubles et des empêchements dans la célébration de la fête de la Raison qui doit devenir la religion universelle chez un peuple régénéré.

° Considérant que du fanatisme il n'y a qu'un pas a la subvention'de l'ordre social: que les maux qui ont été provoqués jusqu'ici par cet horrible fléau, sont des avertissements trop certains des malheurs qu'il pourrait causer encore; que le maintien de la paix intérieur est le premier objet de la sollicitude des représentants du peuple; et qu'enfin le temps est arrivé ou une juste et sévère prévoyance doit succéder aux ménagements et aux exhortations inutilement employés jusqu'à ce jour envers des individus dont la conduite prouve définitivement que Leurs principes et leurs habitudes sont incompatibles avec La religion de la liberté et delà raison; avons par mesure de sûreté générale arrêté ce qui suit :

A(!T Ler __ Sont déclarés suspects tous les prêtres qui ont attendu jusqu'à ce jour a déposer leurs lettres de prêtrise, soit

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