‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 45 sur 130 · On doit lire · texte numérisé non relu

On doit lire

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BIBLIOTHECA .ptUviensi*

La fondation de feu Ililaire Jamelot consistant en une mauvaise maison dans la plus grande indigence de réparation affermée avec ses jardins sa cour, et environ (rois journaux de terres à M. le recteur de Chauvigné 60 livres sur quoi il en retient 43 pour .>2 messes dues et 4 livres décimes, les 17 livres qui restent tournant à la Fabrique.

La bourse des défunts possède la pièce de Lebarbier affermée à François Thomas 7 livres.

La prouardière affermée. . 3

Le champ du trésor a Jean Çhampas 18

Total du revenu de la fabrique 45 livres.

31 octobre 1790.

En cet endroit le sieur François Louis Poinçon maire a déclaré qu'il était prêt de montrer le titre de concession lui fait par l'ancien général de cette paroisse en l'année 1765 que le droit de banc lui avait été concédé en échange de plusieurs pieds de terrain qu'il avait cédés à la paroisse pour la bâtisse de son presbytère, qu'il avait encore fait construire a ses frais l'escalier pour monter au clocher et donné une somme de 72 livres qui avaient été remises dans le coffre de la fabrique. qu'il prie M" les membres du conseil général de la commune de vérifier son titre consigné dans le registre des délibérations de l'année 1765, qu'il est prêt de faire le sacrifice dudit droit de banc toutefois et quand il plaira de l'indemniser et lui restituer son terrain.

Quant au banc qui appartenait à la terre de la Louarie il confère que ce droit tient à la féodalité, qu'il a été cédé à ses prédécesseurs par le cydevant seigneur de Chauvigné, qu'il y est fondé pour un quart quant aux lins d'inféodation et de partage, qu'il est prêt de soumettre son quart aux décrets de l'assemblée nationale et qu'il consent qu'il soit mis dehors sur le champ et a signé

Poinçon.

L'Assemblée délibérant ayant pris en considération le droit de l»anc dit de la maison neuve est d'avis qu'il continue de

rester dans celte église étant représentatif de fond abandonné à cette paroisse pour son utilité, quant aux autres bancs est d'avis qu'ils soient mis dehors de jours a autres.

12 décembre 1790.

Les commissaires pour le recensement de la population ont trouvé 972 habitants. M. le recteur en a compté 33 de plus : <( comme cette erreur occasionnerait une perte de la somme de 300 livres dans le traitement de M. le curé puisque l'assemblée nationale ne porte le traitement des curés des cures au dessous de mille âmes qu'à 1200 francs, et celles au-dessus à 1500 » le proc. de la commune propose de former une commission mixte pour vérifier le recensement. « C'est une justice que Mrs les ofticiers municipaux ne refuseront pas à notre vénérable pasteur ; vous savez, messieurs, les preuves de civisme qu'il nous donna dans l'exortation qu'il nous fit le 14 jl dernier au renouvellement du pacte fédératif ; je me souviens qu'il nous recommanda de nous conformer à tous les décrets de l'assemblée nationale et de maintenir de tout notre pouvoir la constitution du royaume sanctionnée par le roi, qu'il nous prouva que sans l'obéissance aux lois la monarchie ne pouvait exister, que tout individu qui se refusait d'obéir était un perturbateur du repos public ; et que nous étions tous obligés au maintien de Tordre et des lois même au dépend de notre vie: c'est à son exemple, messieurs, que nous avons repété ce précieux serment et que la garde nationale l'a aussi prêté avec nous. »

« Vous n'ignorez pas Messieurs que plusieurs ecclésiastiques séditieux, avares, ou ignorants cherchent aujourd'hui a mettre le trouble parmi nous et a détruire notre admirable constitution ; en réclamant la distinction des ordres et en protestant contre la constitution civile du clergé, les uns séduits par les promesses ou intimidés par les menaces de leur évêque. vont partout colporter des écrits incendiaires.

Mais nous pouvons être tranquilles du côté de notre pasteur, nous n'avons point a craindre que l'esprit de corps le séduise, il connaît les abus de l'ancien gouvernement ecclésiastique ; il verra avec plaisir l'ordre rétabli par l'assemblée nationale. Il

esl vertueux, il soupirait il y a longtemps après l'ancienne discipline de l'église et la pragmatique sanction qui existait du temps de nos pères: il n'ignore pas qu'un bon recteur peut être un bon évêque qu'il n'est pas nécessaire d'être né gentilhomme pour bien gouverner. Notre sauveur ne prit pas parmi les ci devant nobles les premiers prédicateurs de l'évangile; c'est cependant l'élévation d'un respectable pasteur (Mr d'Expilli) a l'episcopat 1 qui fait mouvoir l'intrigue cachée sous le manteau de notre sainte religion, c'est cette nomination qui a engagé plusieurs évêques a crier a l'irréligion pour voiler leur orgueil cl leur avarice. Si M1' le curé ne nous a pas encore donné l'état circonstancié du produit de sa récolte, s'il n'a pas encore cette année prêté le serment civique, ce sont ses infirmités qui l'ont privé de se rendre à nos assemblées et qui ne lui ont pas permis de remplir ces deux préalables [formalités] pour obtenir son traitement au premier janvier prochain: en conséquence je suis d'avis que M1' le curé soit invité :

1° De se rendre a l'assemblée pour nommer un commissaire pour vérifier de nouveau le nombre des individus, que la municipalité en nomme un autre.

2" ()ue Mr le curé donne une déclaration des grains qu'il a perçus a la récolte dernière, afin qu'on envoie le montant au district pour qu'il lixe son traitement.

3° Que Mr le curé prête entre les mains de cette municipalité le serment d'obéir a la nation a la loi et au roi, de maintenir de tout son pouvoir la constitution du royaume décrétée par l'assemblée nationale et sanctionnée par le roi. Je ne doute pas que son exemple ne soit suivi par Mr le vicaire qui est rempli de zèle et de bonne volonté pour le maintien de l'ordre et de la paix, mais qui craint de déplaire a ses supérieurs dont son existence dépend.

En cet endroit a comparu M1' Galon curé de cette paroisse

1. L. A. Expilly, originaire de Brest, curé de Saint-Martin de Morlaix, député 'lu clergé de Sainl Pol-de-Léon aux Etats généraux, fut élu évêque de Quimper le 2 nov. L790 et sacré par M", de «Talleyrand, évêque d'Auluii. i h l'église de l'Oratoire, à Paris, le 24 février suivant. 11 fut Je premier évêque élu de France. Les amis du clergé opposant espéraient qu'il ne trouverait personne pour lui administrer ta cérémonie du sacre. Ce fut surtout cette espérance déçue qui exalta leur animosilé.

qui a donné ' lecture des objets mis en délibération. M1* le procureur de la commune ayant interpellé le dit sr curé de déclarer s'il ne voulait pas s'en tenir au dénombrement fait par les commissaires et s'il entendait qu'il fut fait un nouveau dénombrement, le dit s1* Galon a requis que la municipalité nomme un ou plusieurs commissaires pour faire le dénombrement contradictoirement avec lui, et a déclaré convenir pour lui de la personne de Julien Gifard vicaire de cette paroisse.

Mr le procureur a requis Mr le curé de faire sur le champ la déclaration du produit des dîmes qu'il fait valoir par main.

La municipalité après avoir fait prêter serment à M1' le curé de dire vérité et de donner un état exact et fidèle, il a donné une note circonstanciée de toutes les espèces de grains qu'il a perçues a la récolte dernière dont nous avons décerné acte au dit s1' recteur comme suit :

Produit du trait de la Maisondaie a la récolte de 1790, 50 boisseaux d'avoine mesure d'Antrain estimés selon les prix du marché a raison de cinq livres le boisseau. .

48 boisseaux de seigle estimés 9 liv. le bois. .

8 boisseaux de froment rouge estimés 10 liv. .

127 bois, de sarrazin estimés 5 livres. .

Ensuite il nous a rendu compte de la dîme verte. Il a déclaré avoir perçu 3806 (?) de chanvre que nous avons évalués de concert21iards le... soit. 95 liv.

Nous avons pareillement apprécié les pailles de ses dîmes qui ont été portées a la somme de. . 60 liv.

Total. . . . 1552 liv.

Ensuite mon dit curé a demandé qu'il lui fut fait diminution des frais de récoltes dont il nous a fait l'articulement comme suit :

Tl nous a dit avoir employé à faire ladite récolte 250 journées d'ouvriers que nous avons évaluées attendu la rareté des ouvriers et la cherté des vivres à 18 sols, ce qui fait un objet

de 225 liv.

qu'il fallait de plus ajouter à cette somme au moins 60 liv.

pour les charrois.

Total 285 liv.

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