‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 51 sur 130 · Mai est mis ici par erreur pour juin · texte numérisé non relu

Mai est mis ici par erreur pour juin

connaissez sur l'esprit dos gens de nos campagnes et a signé; ainsi signé au registre Jullien Jean Le Françoys procureur de la commune.

Le bureau après avoir entendu le procureur de la commune en ses conclusions sur les bruits mallieureusement trop certains de l'incivisme de plusieurs habitants de la ville et de la campagne de Bazouges, pénétré de la plus vive douleur à l'aspect d'une désertion concertée de l'église paroissiale à l'occasion du changement de pasteur, changement ordonné par la loi :

Considérant que les corps administratifs et tous fonctionnaires publics doivent par honneur et conscience maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume.

A arrêté que le sieur Goron juge de paix du canton de Bazouges sera engagé a se joindre aux membres du bureau, aux officiers municipaux et notables pour de concert avec eux employer tous les moyens dont la confiance publique a investi les uns et les autres, à l'effet de dissiper les alarmes du peuple sur la foi, la communion, le dogme et la morale de notre divine religion; rétablir la tranquillité et l'union si désirable dans une paroisse qui n'a connu la discorde que du moment ou des prêtres fanatiques ont empoisonné les cœurs en séduisant les esprits par des sophismes et des préjugés.

A arrêté que les sieurs Delaire, cy devant curé de cette paroisse, Veillard et La Coquerie, cy devant vicaires seront sommés de s'éloigner de la paroisse de Bazouges jusqu'à ce que le calme n'y soit parfaitement rétabli, laquelle sommation sera faite par .le secrétaire greffier en présence de Jean Jacques Bonenfant, officier du bureau, et du procureur de la commune qui rapporteront acte des réponses et déclarations des uns et des autres après leur avoir délivré copie du présent arrêté. Ainsi y signé sur le registre Delafosse, maire, Bonenfant, Laine et Guérin, ofïiciers municipaux.

Du même jour nous Jean Jacques Bonenfant, membre du bureau et Jullien Jean Le Françoys, procureur de la commune commissaires nommés par la délibération. De l'autre part nous sommes viron les trois heures après midy transportés au domicile du sieur Veillard, cy devant vicaire de la paroisse de

Bazouges auquel il a été donné lecture par le secrétaire greffier ,1,, l'arrêté du malin de ce jour dont copie lui a été délivrée et

lui parlant a répondu :

lo Que depuis cinq ans et demie qu'il exerce les fonctions de vicaire dans la paroisse de Bazouges, il a employé tous les moyens qui ont été en son pouvoir, pour entretenir la paix. la concorde et l'union parmi les paroissiens et que consequemment il ne croit pas mériter [le titre] odieux de prêtre

fanatique.

2o Répond qu'il est prêt d'obéir à l'arrêté de la municipalité en lui montrant la loi sur laquelle il est fondé; et qu'au surplus si la municipalité a des preuves que sa présence mette le trouble il est prêt à se retirer.

3° Repond que la liberté des opinions religieuses étant libre à chaque citoyen pourvu que la manifestation ne trouble point l'ordre publique, il ne croit pas s'être rendu coupable en suivant celle que sa conscience lui a dictée, sommé de signer a refusé.

En cet endroit est intervenu le sieur Pierre Delaire auquel parlant il a été également, par le secrétaire greffier donné lecture de l'arrêté du matin de ce jour dont copie lui a été délivrée, lequel a repondu que depuis douze ans qu'il est bénéficier de Bazouges il a témoigné l'attachement le plus grand en détournant toutes les mauvaises idées (pion avait de Bazouges et le rétablissant dans une meilleure réputation; il est surpris de se voir aujourd'hui obligé de s'éloigner sans aucune raison [probante] attestant qu'il désire toujours vivre dans la paix et la tranquillité e1 qu'il ne cède aucun de ses droits anciens ; que néanmoins pour obvier à toute discussion, il veut bien repondre aux «.rdres qui lui sont prescrits lorsque ses affaires seront terminées, et vouloir au surplus adhérer à la déclaration de Monsieur Veillard. Sommé de signer a refusé et demande qu'il soil designé un autel aux non conformistes qui est l'autel de la Sainte Vierge ou il soil permis a eux seuls de célébrer la messe et a signé cette dernière partie de sa déclaration. Amsy signé au registre : Delaire, curé.

Et après avoir invité M. Goron, juge de paix, à se joindre à 11(i..s en conformité de l'arrête dont est cas, il nous a déclare

que son civisme était connu et s'est retiré avec humeur en nous déclarant qu'il ne voulait |>as communiquer avec nous, et lui avons fait déclarer par le secrétaire greffier un extrait de l'arrêté pris par le bureau de la municipalité du matin de ce jour.

Telles sont les réponses des sieurs Veillard, Delaire et Goron. que nous avons reçues sous leurs dictions au surplus certifions que le sieur Veillard nous a repété plusieurs fois, également que le sieur Délai re, qu'ils pleuraient sur leur chère religion qu'elle était perdue par le décret sur la constitution civile du clergé; qu'ils croyaient pouvoir manifester ouvertement à tous les fidèles leurs opinions contraires à ce décret.

Transporté au domicile du sieur La Coquerie nous n'y avons trouvé personne. De tout quoi nous avons rapporté le présent pour être servi à la municipalité le dit jour et an que devant, ainsi signé au registre : Bonenfant, Lefrançois et Gautier.

Du huit juin 1791 la municipalité assemblée après s'être fait rendre compte par le bureau de la remontrance du procureur de la commune, de l'arrêté pris en conséquence par le bureau du jour d'hier, des sommations et réponses faites en conséquence a approuvé sa conduite et ses mesures provisoires.

Considérant que les réponses des sieurs Delaire et Veillard ne présentent que l'embarras d'un aveu humiliant de leurs inspirations perfides, que l'on ne peut compter sur l'interposition, et l'ascendant du juge de paix sur les esprits du canton.

Considérant que les bruits et menaces d'un soulèvement du peuple se réalise tous les jours aux yeux des citoyens de la ville tant par les femmes outrées que par des hommes ignorants ou séduits par le fanatisme et qu'avec toute l'envie de réprimer le mal et d'assurer au nouveau pasteur de cette paroisse la protection des lois, la municipalité se voit avec douleur dans l'impuissance de faire exécuter sans des secours étrangers les arrêtés qu'elle devait prendre.

A arrêté qu'une expédition de l'arrêté du bureau, des sommations, réponses et procès-verbal en conséquence sera adressée à Messieurs les administrateurs composant le Directoire du département de l'llle-et-Vilaine pour solliciter un détachement de troupe de ligne fentaçins composé au moins de

trente hommes à l'effet d'exécuter les ordres que les circonstances actuelles exigent pour la sûreté du nouveau pasteur et la tranquillité publique.

A chargé en conséquence le bureau, de détailler dans une lettre les besoins qui nécessitent, cette pétition d'un secours étranger et de demander à Messieurs les administrateurs du département une instruction sur les mesures et parti à prendre vers les dénommés dans le procès-verbal du jour d'hier. Ainsi signé au registre Delafosse maire, Bonenfant, Lefrançois. pr de la commune, Guérin pr, Ory, Jean Courtois et Joseph Deffeiz, officiers municipaux, Lebedel, Poussin, Bocher Joseph, Barthélémy Ha mon, témoins.

Pour expédition conforme au registre,

Signé : Gautier, secrétaire.

Bazouges 8 juin 1791 L

Messieurs [les administrateurs du département].

Les citoyens de Bazouges ont montré en plusieurs circonstances leur patriotisme, ils ne cesseront de vous en donner des preuves, leur tranquillité ne souffrait point de la révolu! ion, les cris acariâtres de quelques stipendiés de privilégiés avaient paru céder à la voix de la raison qui commande impérieusement l'égalité des droits en proportion du mérite; le fanatisme vient de déranger l'harmonie qui régnait ici.

Le remplacement de l'ancien curé et de ses vicaires agite un bon peuple qui ne consulte que son ancien attachement, sans considérer que le citoyen de toute profession, refractaire à la loi de l'état, mérite l'indignation publique.

L'installation du nouveau curé s'est faite avec assez de tranquillité, les femmes endoctrinées avaient suivi leur ancien pasteur dans une église voisine; elles ne sont rentrées en cette ville que pour y semer le désordre; confessées par leurs prêtres elles prêchent en leur nom que les autels où le nouveau

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