‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 52 sur 130 · Archives départementales, S !.. ll v · texte numérisé non relu

Archives départementales, S !.. ll v

pasteur dira la messe seront interdits de droit que Dieu n'y descendra point a sa parole, que lous les sacrements administrés par lui sont nuls.

Ces propos ridicules mériteraient plutôt l'indulgence de la municipalité que l'emploi des moyens dont elle est investie pour assurer la tranquillité, si ces femmes établies en conciliabules présidés par des prêtres réfractaires ne se livraient a des excès que la municipalité de Bazouges ne peut faire réprimer par la garde nationale sans armes, le frère contre le frère, l'ami contre ami; ces conciliabules profitent de la simplicité des habitants des campagnes, alimentent leurs erreurs et leurs allarmes sur le péril de la religion et nous mettent dans la cruelle alternative de laisser à nos yeux immoler notre nouveau pasteur ou de nous faire égorger nous mêmes; les circonstances se prêtent à leurs perfides intentions; les citoyens du canton doivent, suivant les décrets se réunir en assemblées primaires pour nommer les électeurs: tout est à craindre à celte époque pour notre nouveau curé comme pour ceux qui le soutiennent; aucun curé des paroisses du canton n'a sermenté et leurs partisans sont en grand nombre, les fêtes sont fréquentes en ce mois, autre occasion de rassemblement où la force publique aura certainement lieu d'être déployée.

Notre arrêté vous fera voir messieurs, que nous n'avons négligé aucun des moyens de rétablir le calme sans recourir à votre autorité et à une force publique étrangère, mais les sentiments hautement professés par notre juge de paix nous livrent aux plus grandes anxiétés; les réfractaires du pays, le sr Gontier ci devant secrétaire du sr Bareau et autres de cette espèce se disposent à venir habiter chez lui. Le résultat de leurs conférences ne peut être utile à la constitution, et tout nous annonce une conspiration méditée. L'aigreur du juge de paix dans sa réponse à l'invitation de la municipalité de venir à ses moments libres- concourir avec elle au rétablissement de la paix, les déclarations entortillées des autres décèlent assez leur embarras et la part qu'ils ont dans la désertion presque générale de notre église; il faut dit l'un d'eux lui montrer la loi qui lui ordonne de s'éloigner sans preuves de troubles dans l'ordre public, comme si la loi qui recommande la paix n'était

plus en son cœur, comme s'il ne devait pas obéir à ce sentiment intérieur, sans attendre des preuves juridiques de l'abus de confiance dans son tribunal par les propos séditieux dont mille personnes pourraient venir déposer si elles voulaient venir à la révélation des exhortations étrangères à l'objet de la confession de leurs péchés. Notre arrêté ne portait qu'une sommation amicale aux prêtres réfractai res de s'éloigner pour un temps, précaution qui n'a pas été suivie de succès; nos pouvoirs sont limités et ne peuvent s'étendre à aucune condamnation de bannissement à temps sans délégation de pouvoirs: c'est à vous. Messieurs, à nous prescrire les mesures que nous devons prendre envers ces non conformistes à la loi qui s'obstinent constamment à irriter les esprits contre ceux qui s'y soumettent ou se mettent en devoir de le faire exécuter, mais nous vous conjurons de nous envoyer un détachement de troupe de ligne d'environ trente hommes pour en imposer aux rebelles et les réprimer s'ils ne rentrent dans le devoir; si ce secours reclamé à si juste titre nous manquait, le nouveau curé obligé de se retirer laisserait sa paroisse en proie à un schisme ou plutôt à une guerre civile dont nous avons tout lieu de craindre les suites funestes.

Nous avons l'honneur d'être avec respect, Messieurs, vos très humbles et très obéissants serviteurs.

Signé: Bonenfant, Laine, offr mal . Le Françoys, pr de la Cne, Gautier, secrétaire.

A Rennes le 10 juin 1791.

Le directoire du <l<>j>(irtemenl à MM. les a :dmrB du district de Bol.

Nous vous adressons MM. une délibération et une lettre de la municipté de Bazouges, relativement aux troubles qui existent dans cette paroisse. Nous vous prions de nommer deux comres conciliateurs pour se transporter sur les lieux a l'effet de rétablir le calme. Vous voudrez bien les autoriser à requérir en cas de nécessité la force publique dont ils croiront avoir besoin '.

Page 1