Arch. d'Ille-et-Vil. L
d'une bancelle qu'il avait dans l'église de Bazouges la Pérouse dont le droit avait été concédé par le général au feu sieur Lodin son père en reconnaissance d'une croix de cristal de \ enise qu'il avait donné à cette paroisse, les observations de la municipalité, l'avis du directoire du district de Dol :
Les administrateurs etc.. oui le procureur général syndic considérant que cette affaire est de la compétence des tribunaux arrêtent de renvoyer ledit Lodin vers les juges a qui la connaissance en appartient.
[Lr/ municipalité de Bazouges la Pérouse au département ] Messieurs,
Vous vous rappelez sans doute que nous eûmes l'honneur de vous écrire à l'occasion des troubles qui agitaient et n'ont cessé d'agiter la paroisse de Bazouges. au sujet du remplacement du cy devant prieur et de ses vicaires non assermentés; vous trouvâtes les faits que nous exposions si graves, que vous dépêchâtes un courrier au district de Dol. pour vous informer de ces faits. Le procureur sindic, dont la femme préside à Bazouges. les conciliabules féminins, prit sur luy de pacifier notre paroisse sans l'intervention de la force armée que nous réclamions. Nous devons rendre justice aux bonnes intentions et au cyvisme de M. le pr sindic. mais malheureusement son autorité n'a pu rien gagner sur l'esprit des femmes, encore moins sur celui des hommes qui se plaisent à contrarier les vues sages de l'assemblée nationale. Votre arrêté du 16 juin dernier eut un effet plus puissant, nous ne l'eûmes pas plustôt reçu officiellement que nous le mîmes à exécution contre le cy devant prieur et ses vicaires, ils se sont retirés sans cesser de correspondre avec le juge de paix, son greffier et autres gens mal intentionnés, et de fomenter la division des esprits par. les aliments grossiers du fanatisme et de la superstition. Nous avions tout lieu de penser que le juge de paix investi d'une certaine confiance se serait joint à la municipalité pour concerter les moyens de rétablir l'ordre et la tranquillité publiques. Nous lui dépêchâmes en conséquence un commissaire pour
agir de concert, il refusa opiniâtrement de se joindre à nous: depuis ee temps sa maison a été le réceptacle des prêtres non assermentés el autres leurs partisans, il assiste avec assiduité à leurs conciliabules dans les presbytères circum voisins. La conférence de Pilnitts a réchauffé l'espérance trompée des refraçtaires : le décret sur la police municipale et la police correctionnelle qui investit le juge de paix d'une grande autorité sert à merveille le cy devant prieur de Bazouges. Ses partisans publient hautement qu'il dira la messe paroissiale de Bazouges au 1er jour; ils berçaient le peuple de ces idées chiméîiques et nous faisions peu d'attention à leurs rêves, lorsque tout à coup nous avons vu paraître le cy devant prieur, chez le greffier du juge de paix. Le curé constitutionnel instruit de cette apparition subite a fait sa remontrance à la municipalité et requit l'exécution de votre arrêté du 7 juin d°r. En vertu de ce réquisitoire, nous l'avons fait mander, il a refusé disant qu'il connaissait mieux la loi que nous, qu'il avait été trois mois absent et qu'il lui était libre d'aller et venir où il voudrait. M. le Maire a eu la bonté de lui faire proposer un lit pour éviter tous les justes soupçons que l'on a sur sa conduite, et sur le lieu de son logement. Il a repondu avec aigreur qu'il n'y mettrait pas les pieds et qu'il pouvait résider à Bazouges comme ailleurs.
Nous crûmes qu'il était de notre devoir d'établir des patrouilles dans la ville pour le surveiller. Le lendemain nous connûmes bientôt son prétendu droit; le juge de paix se transporta chez l'un des hommes de garde qui avait porté la parole au cy devant prieur avec toute la douceur et l'amitié qui lui avait été recommandée; sans entrer dans l'intérieur de la maison, ce juge de paix, sans respect pour sa place, l'a accablé d'injures, lui mit le poing sous la gorge dans son lit, l'a menacé de la prison et lui a dit qu'il passerait sous sa patte.
Nous ne croyons pas que cette mesure de prudence dût allarmer ce dl Goron dans son autorité; nous vous prions, messieurs, de nous prescrire la marche que nous devons tenir dans ce moment critique, et de considérer combien serait dangereux de laisser plus longtemps le cy devant prieur à Bazouges, sous les auspices et la protection d'un juge de paix, qui, loin
d'assister aux offices du curé constitutionnel, dit hautement. qu'il cit.. sur la constitution civile du clergé, qu'il crache sur les prêtres assermentés el détourne des offices tous ceux qui veulent en approcher.
Nous attendons de votre civisme une réponse sur le champ nous vous envoyons un exprès à cette fin.
Nous avons l'honneur d'être avec le respect le plus profond Messieurs, vos très humbles et très obéissants serviteurs.
Signé : Delafosse, maire. Bonenfant. off1- mal. Lenevel. notable, Chevalier, curé.
[ilfrs les a dm. du départ] à MM. les administrateurs dv district
de Bol «.
A Rennes le 30 septembre 1701.
Nous vous adressons, MM., la copie d'une lettre qui nous est écrite parla municipalité de Bazouges2. Nous vous prions de vérifier les faits qu'elle contient et s'ils sont encore exacts. d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour mettre à exécution notre arrêté du 21 juin dernier concernant les prêtres réfractaires.
Directoire du district.
Séance du 3 octobre 1191. — Il a été fait ouverture d'un paquet renfermant une lettre en date du 30 septembre dernier par laquelle le directoire du département prie celui ci de vérifier les faits contenus dans la lettre dont il lui envoie copie, de la municipalité de Bazouges et d'employer s'ils sont exacts tous les moyens convenables pour mettre a exécution l'arrêté du 16 juin dernier concernant les prêtres réfractaires; vu l'une et l'autre pièce et délibéré sur leur contenu, le directoire après avoir entendu le procureur syndic a arrêté d'écrire à la municipalité de Bazouges pour l'inviter a mettre a exécution contre