‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 56 sur 130 · Arch. départ., S. L · texte numérisé non relu

Arch. départ., S. L

Que les citoyens qui ont le bonheur d'être bien pénétrés des vrais principes de la constitution, ne cessent dé les répéter et de les expliquer au peuple. C'est son ignorance qui est la cause de presque tous ses écarts : il faut donc l'instruire. C'était la grande maxime d'un grand prince, qui connaissait bien le génie du peuple : /'/ faut instruire le peuple. Nous retrouvons cette maxime presque à chaque page de ses càpitulaires, l'ignorance du peuple a toujours l'ait la force de ses tyrans et de ses oppresseurs. Ce n'est assez généralement que faute de lumière et d'instruction qu'il se laisse emporter au torrent de la sédition. Si nous voulons déjouer efficacement les complots de nos ennemis il faut prémunir le peuple contre leur art perfide, en l'éclairant sur ses véritables intérêts. Par là nous ne servirons pas moins utilement la patrie que ces généreux citoyens qui consacrent leur talent et leur veille à lui donner une constitution.

C'est surtout aux magistrats du peuple, dépositaires de sa confiance, qu'appartient cette importante et honorable fonction. La loi a établi des prêtres et des pontifes, c'est à eux d'en développer le sens au peuple, de lui en faire sentir les avantages, et surtout de la lui faire aimer et respecter, moins encore par leurs discours que par leurs exemples. Quelle impression ne doit pas faire sur le peuple, qui a généralement le cœur droit, l'exemple des magistrats, qui, en même temps qu'ils recommandent l'obéissance à la loi, baissent eux-mêmes respectueusement leur tête sous son joug. Par là il conçoit sans peine que la loi est générale, et qu'il ne doit pas s'y montrer moins soumis que ceux qui en sont les organes auprès de lui. Il sent la supériorité de leurs lumières : il ne peut manquer d'être bientôt convaincu que la loi est bonne et utile, lorsqu'il voit que ceux qu'il suppose plus éclairés que lui sont les premiers a la respecter et à s'y soumettre.

C'est en vous tenant fortement attachés à ces principes, et en vous concertant avec le respectable pasteur que la Providence vous a donné, par le choix libre du peuple, que vous consoliderez le grand ouvrage que vous avez si heureusement achevé. La conduite que vous avez tenu en cette conjoncture, mérite les plus grands éloges et toute la reconnaissance de vos conci-

toyens. Ne vous lassez point de les exhorter à la paix, à l'union, et surtout à l'obéissance à la loi.

La Constitution, qui a brisé les sceptres de tous les despotismes n'a conservé que celui de la loi, elle Ta placé sur la ligne imperceptible qui sépare la liberté de la licence, pour nous avertir jusqu'où nous pouvons aller. Tout citoyen doit s'arrêter à sa voix, s'il la méprise, c'est un rebelle tout est perdu, tout rentre dans le chaos si la multitude franchit cette barrière. C'est là précisément que ses anciens oppresseurs l'attendent pour lui faire reprendre ses fers qu'il ne sera plus après cela en son pouvoir de briser. Que tous les bons citoyens réunissent donc tous leurs efforts et tous les moyens que leur sagesse et leur prudence suggéreront, pour prévenir le malheur qui nous replongerait infailliblement dans le gouffre de maux dont notre heureuse constitution nous a tiré.

Directoire du district.

Séance du 2 juillet 1191. — Certificat produit par le sieur Laurent Daubry vicaire de la paroisse de Bazouges la Pérouse, constatant qu'il a commencé l'exercice de ses fonctions le 12 juin dernier.

Le directoire de Dol au département.

19 août 1791.

Nous avons l'honneur, Messieurs, de vous adresser la requête de Gilles Anne Lodin sr des Loges faisant pour lui et ses cohéritiers, tendante a ce qu'il soit replacé dans l'église de Bazouges un banc qu'il y avait et qui a été enlevé et brisé. Il appui sa demande de raisons très fortes auxquelles nous vous prions d'avoir égard.

Arrêté du département du 5 septembre 1791 l.

Vu la requête du sieur Gilles Anne Lodin faisant pour lui et ses cohéritiers, par laquelle il demande le rétablissement

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