‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 3)Chapitre 78 sur 130 · Ou de la Boudonniére · texte numérisé non relu

Ou de la Boudonniére

23 prairial an VI (11 juin 1798).

Avis des formalités a remplir pour toucher Leur pension sera donné aux citoyens lluet. Legallais et Grange pensionnaires ecclésiastiques.

Certifions que le citoyen Legallais, 34 ans. n'a pas rétracté son serment, qu'il a même fait celui exigé par la loi du 18 fructidor dernier.

20 messidor (8 juillet 1798).

Vu la lettre des administrateurs du département, le secrétaire écrira aux pensionnaires ecclésiastiques des deux sexes résidant dans le canton pour les engager à remplir les formalités prescrites par l'arrêté du directoire exécutif du 5 prairial an six inscrit au bulletin des lois n° 2( >.'>.

30 brumaire an 7 (20 novembre 1798).

Le citoyen Lecamus sera renvoyé dans son premier domicile, moyennant trois cautions.

De 1799 à 1805.

20 vendem. an 8 (21 octobre 1799;.

L'administration municipale désirant concilier la sûreté intérieure et des dépots publics avec le respect du aux cultes... arrête que le commandant de la garde nationale retirera de suite- de l'église le poste de jour qu'il y a établi de son autorité privée, malgré l'arrêté de l'administration du cinq complémentaire dernier portant qu'il y serait seulement établi un poste de nuit.

Loi du '25 brun), an finit (16 novembre 1799). Considérant que l'abus qui a été fait des divers serments

prêtés jusqu'à ce jour en a démontré l'insuffisance et qu'il est instant d'en prescrire un qui repose immédiatement sur les bases de l'institution sociale l'existence de la république et la garantie des droits civils cl politiques des membres de la société,

La commission etc.

Article 1er. — La formule du serment a prêter par tous les fonctionnaires publics sera conçu en ces termes :

« Je jure d'être fidèle à la république une et indivisible fondée sur l'égalité la liberté et le système représentatif. »

28 brumaire an 8 (19 novembre 1799).

Vu le billet du citoyen Eveno commandant la garde nationale du canton de Bazouges, sans date, par lequel il déclare qu'il ne se conformera pas aux arrêtés de l'administration municipale des 5 compl. et 29 vendem. et qu'il ne retirera point le poste de jour établi a l'église sans un reçu des armes et munitions et vouloir donner son remerciement de commandant de garde nationale.

Considérant que ce billet ne peut être que l'effet de l'humeur contre le prêtre assermenté qui exerce le culte en l'église et ceux qui assistent à sa messe ou de son intention formelle de ne se conformer aux arrêtés de l'Administration qu'autant qu'ils seront rendus dans le sens convenable a ses vues, considérant que le poste de jour établi dans l'église est contraire au libre exercice du culte, inutile, dispendieux et vexatoire pour la garde nationale tant qu'il existera un cantonnement au Pontavice etc.

Séance décadaire du 10 frimaire an V1I1 (lcv décembre 1799). — o Je jure d'être lidèle à la république une et indivisible fondée sur l'égalité, la liberté et le système représentatif. »

Ont signé : Julien Anne Dupont instituteur à Bazouges. Pierre Dufour id. à Marcillé.

Thomas Granges id. à S1 Remy.

Ar° 342, loi no 3515. — Arrêté des consuls du 7 nivôse an VIII (28 décembre 1799).

Les citoyens des communes qui étaient en possession, au premier jour de l'an IIe, d'édifices originairement destinés a l'exercice d'un culte, continueront a en user librement sous la surveillance des autorités constituées, et aux termes des lois des 11 prairial an 111 et 7 vendémiaire an IV. pourvu, et non autrement, que les dils édifices n'aient point été aliénés jusqu'à présent: auquel cas les acquéreurs ne pourront être troublés ni inquiétés sous les peines de droit.

X" 342, loi n° 3516. — Arrêté des consuls du 7 nivôse an VIII.

Tous les fonctionnaires publics, ministres des cultes, instituteurs et autres personnes qui étaient par les lois antérieures à la Constitution, assujétis à un serment ou déclaration quelconque, y satisferont par la déclaration suivante :

« Je promets fidélité à la Constitution. »

iVo 3517. — Arrêté des consuls du 7 nivôse an VIII.

Les consuls instruits que quelques administrations, forçant le sens des lois qui constituent l'annuaire républicain, ont, par des arrêtés, ordonné que les édifices destinés au culte ne seraient ouverts que les décadis ; considérant qu'aucune loi n'a autorisé ces administrations a prendre de pareilles mesures, arrêtent :

Art. I. — Lesdits arrêtés sont cassés et annulés.

Art. IL — Les lois relatives à la liberté des cultes seront exécutées selon leur forme et teneur.

Art. 111. — Les ministres de la police et de la justice sont chargés etc.

Bulletin n° l. Loi n° 9 . Arrêté des consuls du 2 phtvio.se an VIII (22 janvier 1800).

Art. I. — Les édifices remis par l'arrêté du 7 nivôse, a la disposition des citoyens pour l'exercice des cultes, et qui antérieurement a l'époque de cette arrêté, servaient à la célébration des cérémonies décadaires continueront de servir à cette célébration comme à celle des cérémonies des cultes.

Art. II. — Les autorités administratives régleront les heures qui seront données à l'exercice du culte et aux cérémonies civiles de manière a prévenir leur concurrence ; elles prendront les mesures nécessaires pour assurer le maintien du bon ordre et de la tranquillité, dans le temps consacré au culte et aux cérémonies civiles.

Municipalité de Bazouges la Pérouse.

Sous-Pré fecturc de Fougères.

13 germinal an VIII (3 avril 1800).

Certificat de résidence délivré au citoyen Ory 34 ans, prêtre qui n'a pas émigré mais s'est tenu caché pour éviter les poursuites qu'on faisait contre lui en vertu de la loi.

Autre certificat au citoyen Joseph Chenays 43 ans, ex vicaire de S1 Mhervé, né le 28 septembre 1756, qu'il réside et a résidé sans interruption en la commune de Bazouges, rue Demaine, maison appartenant a la citoyenne Louis Rozé, ainsi qu'il est prouvé par onze témoins :

Charles Desclos affirme l'avoir vu depuis 1792 tous les mois en différents endroits de la commune savoir : en la ville de Bazouges en une pièce de terre entre la Boulais et la Demonnaie, dans son jardin, différentes fois très rapprochées revenir et aller de la Vairie à la ville et de la ville à la Vairie et qu'enfin il l'a rencontré en différents endroits de la commune depuis L792 a des époques très rapprochées et qu'il n'a pas été un mois sans le voir.

Julien Perault a vu ledit J. Chesnays chez Pierre Vallée à la Besselière il y a viron deux mois.

Pierre Anger déclare avoir vu le dit J. Chenays à la Planche Belloir proche la Blanchardière, il y a quatre mois, et il y a environ un an a Vaugarni.

Julien Brard a différentes époques très rapprochées entre autres à la Vairie. à la Blanchardière et le Vauhardy il y a un an. et il y a trois mois à la Croix de La Lande Roux et a différents endroits dont il ne se rappelle pas.

Mathurin Lanoe il y a 18 mois en la ville de Bazouges et lui a parlé.

Jean Anger le 9 brumaire dernier et dans le mois de pluviôse dernier en la rue Demaine et dans la grande rue.

Boutrie... viron neuf heures du soir entrer dans l'allée d'entre son frère et la citoyenne Rozé il y a viron 15 mois.

Jean Mouazé... a déclaré l'avoir vu plus souvent que tous les mois en divers endroits de la commune et toutes fois qu'il l'a voulu trouver il a su où il était.

Julien Laurent... au village de la Haul en Rimou il y a viron deux ans; en la demeure du citoyen Boislouveau en sa maison à la Croix Murel il y a viron 18 mois.

Pierre Buette. .. il y a viron 18 mois dans les domaines du Clos Boulande venant du côté de Martigné et qu'il fut du coté de la Demonais.

Pierre Barbier... au village de la Demonais dans une maison appartenant a la vve Troptard dans le courant de floréal dernier.

François Dauguet... dans le champ de la Croix Murel a différentes époques entre autres il y a deux ans, 15 mois, un an, dix mois, (3 mois.

Douze témoins affirment avoir vu le citoyen Jean Ory : Nicolas Cocar l'avoir vu presque tous les mois sans interruption chez Ollivier Daniel de cette ville et chez Jean Mouazé boulanger son oncle, et dans les champs dudit Cocar plusieurs fois depuis 1792.

Jean Voisin... au village de Bourianne en cette commune en

la maison d'Anne Méron et dans les cours du dit village et il y a viron 4 mois dans les rues de cette ville.

Jacques Fromont... dans les rues de cette ville il y a environ un an.

Ignace Grenaire... 11 y a en deux ans au mois de thermidor dernier en revenant de Rennes vers 9 a 10 h. du soir au dessus du village de TAdmonais et l'avoir reconnu, et il y a environ deux ans et demi il était avec un jeune homme qu'il ne confiait pas, sur la chaussée de moulin de Beauvais et dans la pièce de terre où est le moulin à vent, et environ 18 mois dans un clos du citoyen Delafosse, près cette ville.

Julien Guiller... avoir vu Chesnais et Ory ensemble et leur avoir priés d'entrer chez lui, dans le déport de son jardin situé près le cimetière de cette église, il y aura deux ans au mois de floréal prochain, ce qu'ils refusèrent.

Joseph Dy... avoir vu il y a environ deux ans au mois de floréal prochain aux environs du placis de Vrigné et avoir salué le dit Ory et l'avoir également vu et reconnu et auprès de Landerosse en cette commune de Bazouges il y a viron 18 mois.

Jean Anger... dans les rabines de Martigné il y a viron trois ans et dans la rue du Chastelet en cette ville viron trois mois.

Renée Boutrie... dans le champ du citoyen Delafosse nommé le clos Robinaut il y a viron 15 mois.

Julien Jouanne... six fois depuis deux ans en différents endroits et différentes époques, deux fois dans la rue des Douves, deux fois dans le chemin qui conduit de la ville au village de la Barre.

Robert Tourneur... a vu et parlé dans son jardin de Saleverte a des époques très rapprochées même plusieurs fois par mois depuis 1792.

Gilles Hélaudais boulanger... dans une maison de cette ville il y a environ 5 ans et bien trente fois a des époques très [peu] éloignées les unes des autres dans la maison de son père et lui avoir parlé et qu'enfin depuis trois ans jusqu'à ce jour il ne s'est pas écoulé un mois sans l'avoir vu et parlé.

22 messidor an VIII (11 juillet 1800).

A comparu le citoyen François Veillard prêtre, lequel a

requis l'enregistrement de la pièce dont la teneur suit et a

déclaré qu'il exercerait son culte dans l'oratoire du Chatelet.

maison appartenant à Jean Mouazé et dans la chapelle de

Martigné même commune, auquel réquisitoire déférant, nous

maire de la commune de Bazouges la Pérouse avons fait

transcrire sur le présent registre la pièce suivante sa forme et

teneur :

F. J. Veillard, prêtre.

République Française Armée de l'Ouest

Brune conseiller d'Etat général en chef A toutes les autorités et administrations civiles et militaires.

Le citoyen François Veillard prêtre ex vicaire de Bazouges la Pérouse peut librement exercer dans les villes et campagnes le culte de la religion catholique, je l'exhorte à concourir par les voies de son ministère au maintien de la paix de l'ordre et de la soumission aux lois.

Fait au quartier général de Nantes le 14 germinal an hui- . tième |i avril 1800).

Pour le général en chef, le général de division chef de l'Etal major général de l'armée,

TlLLY.

Bonenfant maire.

Fougères 15 thermidor an X (3 août 1802) * . Le Sous Préfet de Fougères au Préfet d'IUe et Vilaine.

Citoyen Préfet, J'ai l'honneur de vous adresser une lettre de la municipalité 1. Arch. d'Ille-et-Vil.. 1 V. 34,

de Bazouges la Pérouse sur l'avantage de réunir dans un même lieu des prêtres < jui ont été de différentes opinions, elle vous prie aussi de vouloir bien être favorable au citoyen Legallays curé actuel de cette commune et m'engage à appuyer sa demande. Je me joins d'autant plus volontiers a cette municipalité <|iie j'ai toujours entendu dire beaucoup de bien du citoyen Legallays. je lui crois les qualités convenables pour être curé et qu'il mérite d'être continué dans sa fonction.

J'ai l'honneur de vous saluer.

Bahon.

Bazou^os 11 thermidor an X.

Le marre et adjoint de la commune de Bazouges , juge de paix du canton d'Antrain résidant à Bazouges et le juge de paix dit canton de Bazouges,

Au citoyen Mounier Préfet du département.

Nous avons appris avec la plus vive satisfaction la réconciliation des ecclésiastiques du départ1 d'Ille et Vilaine. Nulle nuance de parti ne devrait désormais obscurcir le tableau intéressant dune réunion qui concilie les intérêts de l'état et de la religion.

Nous ne touchons pas encore a cet heureux moment. L'homme raisonnable sait apprécier une profession de foi dictée par la conscience et avouée par les loix conservatrices des libertés de l'église gallicane, mais le partisan simple et crédule ne raisonne pas. il confond les idées de restauration, il interprête et rapporte tout à sa première opinion, l'évidence du fait peut seul dessiler ses yeux, le forcer au dépôt de son venin et rendre à son cœur sa véritable direction vers le bien.

La commune de Bazouges la Pérouse est malheureusement affligée d'une diversité d'opinions religieuses; le grand œuvre de la réunion a opéré un effet contraire à son objet, les constitutions particulières, les disputes, les rixes se multiplient et celte animosité durera longtemps si les deux partis ne voient à l'autel dans l'éxerciee des fonctions sacerdotales deux ministres de parti opposé.

Tel est le vœu, citoyen Préfet, des préposés au maintien de la paix et de l'ordre public à Bazouges, ils ont lieu d'attendre de votre sollicitude affectueuse pour vos administrés, que vous adopterez l'amalgame proposé comme un sur moyen de fermer la bouche aux ennemis perpétuels de la tranquillité publique.

Nous devons a la justice et a la vérité de vous recommander parmi les prêtres assermentés le citoyen Legallays, archiprêtre et curé actuel de Bazouges pour la place de curé ou de vicaire ; cet ecclésiastique a rempli dignement les devoirs de son état : charitable envers tous, officieux même envers les prêtres opposés à son opinion, il a eu la grandeur d'âme de ne pas nommer l'assassin qui le manqua d'un coup de fusil quoique le monstre soit aujourd'hui connu, il a fait des sacrifices pécuniaires, tous les ornements de l'église lui appartiennent et sa constitution physique semble exiger la respiration de l'air natal.

Les bonnes mœurs du citoyen Legallays, son zèle pour les intérêts de la religion, sa conduite dans les temps orageux lui assurent un titre forcé à l'estime de ceux mêmes qui ne partageaient pas son opinion religieuse.

Nous avons l'honneur de vous saluer respectueusement.

Bonenfant, maire, Gautier adj', Marguerite ex juge de paix, Anger de la Loriais, juge de paix.

Municipalité de Bazouges.

Séance du 24 pluviôse an XIII (13 février* 1805). — Le maire a reconnu que la construction singulière et bizarre de l'antique et vaste église de cette commune a dans tous les temps nécessitée et nécessite sans cesse des réparations ruineuses sans pouvoir même empêcher les eaux de pénétrer dans l'intérieur, qu'étant composée de six chapelles de différentes longueur accolées les unes aux autres, les eaux des toits tombent dans des canaux dont elles ne peuvent s'évacuer, y croupissent et

filtrent a travers les murs pénètrent les voûtes et rendent l'église toujours humide, que dans l'état actuel une partie des gros murs extérieurs menacent une ruine prochaine ; au lieu de faire les frais de ces grosses réparations le conseil pense qu'il serait utile et même très économique pour l'avenir de faire des changements qui donneraient tout a la fois de la régularité, de la clarté a cet édifice et en rendrait l'entretien facile et bien moins coûteuse, qu'on atteindrait ce but important en supprimant les trois chapelles qui forment la basse église, et en prolongeant la chapelle S1 Gilles à la longueur des deux autres voisines; que cette église ainsi simplifiée perderait peu de son étendue et se trouverait encore assez vaste pour contenir les habitants, coûterait moins d'entretien et aurait l'avantage de devenir claire et régulière de sombre et même d'indécente qu'elle est aujourd'hui.

Dépense estimée de quatre à cinq mille francs.

Delafosse. maire, Legaelais '. Gautier, Margueritte, Anger de la Loriais, etc.

1. M. Legallais conserva les fonctions de membre de la municipalité jusqu'à sa mort, arrivée en 1806.

COMMUNE DE IUMOU1

Pc 1 mlation : on 1792 8( 13 1 i

en 1902 749 h.

NOTICE

François Macé, prêtre du diocèse de Paris et recteur tVn ne des paroisses de Josselin, laquelle faisait partie du diocèse de Bol, prit possession de la cure de Rimou le 25 juillet 1774. Indécis d'abord au sujet du serment, il se résigna à le prêter le 22 mai 1791, puis se rélracta huit jours après, puis de nouveau vers le milieu de 1792 il se soumit à la loi et renonça même à ses fonctions sacerdotales le 9 août 1794- . Est dit résider à Rimou et âgé de 74 ans sur la liste des pensionnes du 20 septembre 1794. Mort à Romazij assassiné par les chouans, le 21 février 1796.

Son vicaire, Jacques-Louis-Martin Huet, originaire de Roz-sur-Couësnon, fils de Raoul Huet et de Gervaise Rouzai, modela sa conduite sur celle de son recteur. Est dit habiter Roz sur la liste des pensionnés du 20 septembre 1794, tandis que le 21 juin 1798 l'administration cantonale certifie qu'il a séjourné à Rimou sans interruption. Jusqu'à son dernier jour il fit partie de la municipalité. Décédé à son domicile, au village de la Musardière, le 31 décembre 1808, âge de 53 ans.

D'après la tradition, un prêtre insermenté du nom de Barbet3, ayant été découvert caché au sommet d'un arbre par un parti de républicains, y aurait été tué à coups de fusils; on ne sait en quelle année. On montre près

1. Le revenu net de la cure était de 646 livres. Les biens de la fabrique furent vendus le 17 août 1791, pour 2,265 livres.

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