Les Confesseurs de la Foi, page
des villages de Forest et de Dupont, en la dite commune de Rimou, Vendroit où en tombant ses deux genoux portèrent sur le sol; plus jamais depuis l'herbe n'y a repoussé.
De i803 à 1805, fut recteur de Rimou M. Pierre- Gui llaume Marie. De 1810 à 1818, ce fut un ancien prêtre constitutionnel de Pleine-Fougères, Thomas du Pare, qui administra la paroisse ; il avait été marié avant (rentrer (Unis 1rs ordres, et en 1807, son fils âgé de 32 ans, officier de santé, habitait Rimou ou son père était alors vicaire.
DOCUMENTS
28 janvier 1791.
Le directoire de Dol a celui du département.
C'est le décret des 14 et 15 novembre dernier sanctionné le 24. contenant des articles additionnels sur la constitution civile du clergé qui a allarmé la municipalité de Rimou ; il est possible qu'a cette occasion celle de Romazy sa voisine se soit assemblée et que réellement elle ait décidé de faire une pétition tendante a sa réunion. Elle ne nous est pas connue.
Les ecclésiastiques qui n'obéissent pas au décret du
27 novembre ne manquent pas de parler de celui des 14 et 15 du même mois. Ils en présentent les faits comme infiniment dangereux et injustes; l'assemblée nationale n'a pas en un mot plus de droit de supprimer, même d'arondir une paroisse qu'elle n'a celui d'exiger un serment, d'exécuter ses décrets. Ce pays est habité par d'excellents citoyens; on cherche à égarer ceux des campagnes. Nous avons eu deux fois cette semaine l'occasion de les ramener a leur devoir; dans les députations que nous avons reçues de deux paroisses nous avons remarqué qu'elles avaient une double appréhension, celle de perdre leurs prêtres et celle de leur suppression.
... Nous ne croyons pas devoir nous ouvrir quant à présent sur la requête de la municipalité de Rimou, il faut que nous connaissions les prétentions de celle de Romazy
La requête contient encore un autre objet absolument étranger au premier qu'elle n'aurait pas du réunir. Dans le régime ancien, aucune paroisse ne pouvait établir d'elle même aucune perception au profit de sa fabrique; dans nos principes actuels cela souffre encore moins de difficulté : les sacrements sont
gratuits, ce n'est pas surtout à l'occasion de celui de baptême qu'on doit admettre des distinctions d'après ces expressions sublimes « les hommes naissent et demeurenl libres et égaux en droit. »
Rimou, 25 mai 1791.
Aii.t administrateurs de Bol.
Messieurs, le bandeau qui longtemps avait aveuglé notre pasteur se déchira le dimanche 22 mai: il prêta le serment prescrit aux ecclésiastiques fonctionnaires publics... mais son sentiment patriotisme a été de courte durée; il vient de nous annoncer qu'il était dans l'intention de se rétracter et qu'il se rétracterait au publique dimanche prochain... Un changement si subit ne peut provenir et assurément ne provient que des menasses et réprimandes terribles que vint dimanche, après vêpres, lui faire l'embaucheur Hervé de S1 Remy-du-Plain ; ce prêtre qui paraient nuisible a l'harmonie de la société, est venu chez Mr Macé d'un air furieux, disant vieux h..., tu es damné ! vieux diable tu es escommunié! Une terreur panique s'est emparée du cœur de M1' Macé qui fait aujourd'hui résolution de se rétracter... Jusqu'à quand cette ennemi cruel du bien public (Hervé) ynondera-t-il nos contrée de sesperlides conseil ! Jusqu'à quand le crime sera-t-il impuni ? Mr Macé nous a désavoué qu'il n'était point l'auteur de son ébranlement [mais] plusieurs nous assure l'avoir entendu faire le train. Les domestiques nous disent avoir la langue liée. L'augure que nos paroissiens ont toujours eu contre le traître d'être l'auteur que notre pasteur fut réfractaire est enfin dévoilée... et, malgré nos efforts. s'il était assez imprudent de répandre le feu de la désunion entre le pasteur et le troupeau, il aurait peut être le sort de S* Etienne. Chacun était réjoui que son pasteur fut citoyen, et cela rassurait nos voisins, car notre pasteur était en bonne renommée de mœurs. Le voyant se rétracter, cela paraît déjcà affaiblir l'opinion des citoyens flexibles. Que celui que l'Assemblée électorale nous choisira vienne nous rassurer le plutôt
possible après son élection el habiter parmi nous. C'esl notre vœu et celui de nos concitoyens. Nous sommes etc..
Signé : Georges Collin. maire. Julien Morejl secrétaire, Jean Trébour procur. de la commune.
Copié textuellement sur l'original, archives de Dol) '.
Extrait des registre* de délibérations de la municipalité de Rimou du 18 mars 1792 2.
Le 18 mars 1792. le conseil municipal assemblé d'après convocation en les formes ordinaires. Sur les remontrances du procureur de la commune disant que plusieurs citoyens se plaignaient des prêtres.
1° Que le sieur Macé, curé, percevait encore un casuel comme il va être dit, que sur chaque messe chantée il percevait ordinairement vingt sols, que pour une messe d'enterrement ou de service il percevait vingt-cinq sols; pour le libéra qu'il était obligé de chanter qu'il percevait outre une somme de cinq sols pour le droit de chappe ou que faute de cette somme il soutient qu'il ne portera point de chappe aux enterrements ou services.
2° Que mardy dernier treize présent mois, le dit Macé et son vicaire L. Muet ont ouvertement refusé de confesser plusieurs et même grand nombre de personnes qui s'y sont présentées que même il n'y a point eu de caléchîme ce jour la et que ces prêtres disaient au public : « Allez à la municipalité, qu'elle vous confesse, elle nous a déffendu la confession » et même que le bruit était qu'ils conseillent nombre de personnes a fuir les prêtres constitutionnels.
1° Le conseil municipal assisté même des notables comprenant le conseil général, après avoir entendu le procureur et faisant droit a ces remontrances et réquisitions, considérant
1. Histoire et Panorama d'un beau pays, par Bertrand Robidou, deuxième édition, page 381. Nous n*avons pu retrouver ce document ni à Dol ni aux archives départementales.