‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 4)Chapitre 1 sur 81 · Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol · texte numérisé non relu

Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol

René Mathurin Gallée, prieur du Vieux-Châtel, en St- Coulomb, recteur de Roz depuis le 12 mai 1784 (l),fut élu maire de la première municipalité de cette paroisse, et Augustin Lécarlatte, son vicaire, secrétaire greffier (février 1790). L'un et Vautre se démirent de ces fonctions le 13 novembre suivant et, Vun et Vautre aussi, le 13 février 1791, prêtèrent le serment prescrit par la Constitution, « mais en réservant toutes choses pouvant être opposées aux dogmes de V Eglise. »

Obligés de s'expatrier, ils passèrent à Jersey, ainsi qu'un autre prêtre habitué de la paroisse, Pierre Pichon. Louis-Magloire-LaurentBisson(2), vicaire deMonthuchon(Manche), est élu curé de Roz-sur-Couesnon le 1er avril 1792 et installé le 22. Le 7 octobre, il prête le serment exigé par la loi du 15 août et, le 22 mars 1794, abdique « pour toujours » 5* es fonctions sacerdotales et se retire à Coutances, après avoir fait la promesse de se marier.

Un certain Pierre-Louis-Michel Chardot, 26 ans, fait prêtre par Le Coz, le 27 septembre 1793, avait été installé vicaire à Roz le surlendemain de son ordination. Il desservit en même temps la petite commune voisine de Saint- Georges; dès le 5 mars, il abdiquait ses fonctions sacerdotales.

Q) Le revenu net de la cure de Roz était de 1.556 1, 6 s.

(2) Ne à Coutances le 10 août 1763. — Voir à son sujet t. II, p. 15.

En L803, M. Gallée reprit V administration spirituelle d( son ancienne paroisse. M. Lécarlatte devint recteur de Cuguen, puis de Saints, on il mourut en 1818. M. Pichon fut recteur de Scrvon.

La chapelle Saint-Denis, an village de La Rue, avait comme chapelain, en 1790, René Lalande, insermenté, professeur au collège de Bol, originaire de Pleine-Fougères . Le chanoine insermenté de Dol, Sébille, ainsi que Jacques- Louis- Martin Huet, vicaire conformiste de Jiimou, étaient originaires de Roz.

DOCUMENTS

Le présent registre, pour servir à enregistrer les actes et délibérations de la municipalité de la paroisse de Rozsur-Couesnon, évêché de Dol, a été par nous, recteur et maire de ladite paroisse, chiffré et millésimé à Roz-sur- Couesnon, ce 4 mai 1790.

B. Gallée, recteur et maire.

Le dimanche 24 mai 1790, en la sacristie, lieu ordinaire des délibérations, en l'absence de chambre, la municipalité de Roz-sur-Couesnon, assemblée en la manière accoutumée, s'est présenté Gilles-Raoul Lucas, ayant été trésorier pour l'année 1785, jointement avec François Eenault, lequel a compté et versé la somme de 159 livres 16 sols, pour une année de constitut sur le clergé de France, applicable aux réparations du presbytère, ladite somme pour l'année 1785, dont décharge...

Signé : Lécarlatte, curé, secrétaire-greffier.

11 juillet 1790, s'est présenté Jacques Gillet, trésorier en charge de ladite paroisse de Roz-sur-Couesnon, pour cette présente année, qui a déclaré avoir reçu de M. Pasquier, receveur du clergé de Dol, la somme de 64 livres 12 sols, à valoir sur celle de 80 livres dues du mois d'avril dernier par le clergé de France, au général de ladite

12 COMMTNE DE KOZ-SUR-COTTESNON

paroisse, de laquelle dite somme la municipalité s'est saisie et en a déchargé ledit Gillet et, après avoir fait ouvrir le coffre-fort de ladite sacristie, elle l'a déposée dans ledit coffre.

Dimanche LeT août. — Le sieur Jean-François Escallot, procureur de la commune, a remontré que ce n'est pas sans peine qu'il voit que depuis que l'administration de la police est confiée aux municipalités, pour l'exercer et la maintenir suivant les anciens règlements, il semble que l'on affecte de mépriser les règlements faits pour le bon ordre, la paix, la tranquillité, le bien et la sûreté publique, en sorte qu'on ne voit plus qu'impiété, irrévérences dans les églises et les lieux saints, les ministres troublés dans l'exercice de leurs fonctions, violation des saints jours de dimanche et fêtes, l'église vide, le cimetière, les porches et cabarets remplis pendant les exercices spirituels et cela au mépris des anciens règlements de police, de nombre d'arrêts rendus depuis 1627 jusqu'en 1689, en conformité de l'ordonnance d'Orléans et de Blois et autres arrêts postérieurs, et que, par une effervescence des plus condamnables, les cabarets sont ouverts jour et nuit, etc.. (1).

Pour remédier à tant d'abus, je requiers, etc.

La municipalité, désirant maintenir le bon ordre, la paix et la tranquillité dans la paroisse, s'est portée à faire un règlement en conformité des conclusions du sieur procureur de la commune et, en conséquence, a arrêté :

1° Que toutes personnes assisteront les dimanches et

(1) Cet arrêté vise beaucoup d'actes délictueux concernant les propriétés publiques et particulières.

fêtes aux offices divins avec révérence, dévotion, respect et silence, sans bruit ni désordre, même aux exercices spirituels, comme processions, sermons, prônes, prières et catéchisme, à peine de trois livres d'amende contre les contrevenants ;

2° Que personne ne pourra rester dans le cimetière à jouer ou causer pendant lesdits offices et exercices spirituels, à peine de pareille amende contre les contrevenants ;

3° Que les cabarets ne pourront, sous quelque prétexte que ce puisse être, donner à boire pendant lesdits offices et exercices spirituels, si ce n'est aux voyageurs, à peine de dix livres d'amende contre eux et de moitié contre chaque buveur, lesquelles amendes seront solidaires;

4o Etc. ;

5° Aucun ne pourra entrer dans l'église, épris d'ivresse, ni accompagné de chiens, sous peine de trois livres d'amende ;

6° Que personne ne pourra porter au cabaret les enfants, ni après le baptême, ni faire venir vin ou cidre dans des maisons particulières, à peine de dix livres, etc.

Est comparu au greffe de la municipalité de Roz-sur- Couesnon vénérable et discret René-Mathurin Gallée, recteur de ladite paroisse de Roz, lequel a déclaré se démettre de l'office de maire où il avait été élu [à l'assemblée du 3 février 1790J, par la commune, renonçant à en faire les fonctions, sauf à ladite commune à procéder à l'élection d'un nouveau maire à son lieu et place dans son assemblée tenue à demain, ce 13 novembre 1790,

cette charge étant incompatible avec mes fonctions,

même jour et an.

K. Gallée, recteur.

Soussigné Augustin Lécarlatte, prêtre, curé de la paroisse de Roz-sur-Couesnon, déclare que mon absolue volonté est de me démettre de la charge de secrétairegreffier de la commune de ladite paroisse, dont j'avais été chargé en l'assemblée de la commune, le lundi 24 mai dernier, quoiqu'en celle-ci il n'en n'ait été fait aucune mention.

A Roz, le 1.3 novembre 1790

Lécarlatte, curé de Roz-sur-Couesnon (1).

Le dimanche 13 février 1791, en la sacristie, lieu ordinaire des délibérations, à défaut de chambre, la municipalité et notables de la paroisse de Roz-sur- Couesnon, assemblés à l'issue de la grand'messe pour la réception du serment civique d'Augustin Lécarlatte, vicaire de Roz, de manière qui suit : Je ne refuserai jamais de faire connaître mon obéissance et ma soumission aux lois, je leur ai toujours été et je leur serai toujours fidèle jusqu'à la mort. Fait pour obéir à Dieu et aux hommes, je promets de remplir fidèlement et autant que me le permettront mes facultés, les obligations que j'ai contractées dans mon état; jusqu'ici je m'en suis acquitté de mon mieux et j'espère, que Dieu

1. Escallot, pr de la commune, et Joucquant, juge de paix, donnentégalement leur démission, ce dernier « pour des motifs parvenus depuis sa nomination. » 11 avait été élu le 2 novembre précédent. Il n'est pas difficile de deviner les motifs de ces diverses démissions. Ils sont les mêmes pour les uns et les autres : l'obligation de prêter le serment à une constitution qu'ils réprouvaient.

Page 1