DÉCEMBRE
m'opposer aux abus qu'on se permet à l'égard de notre Eglise, permettez que je réclame celui de l'autorité, depuis le nouveau régime, il n'y a plus rien de sacré. Jusqu'alors, on avait respecté les petits revenus de l'Eglise et on ne les employait que pour ses besoins ou ornements. Mais, depuis environ un an, qu'un avocat de Dol dit à de nos principaux que désormais ils étaient les maîtres, qu'ils pouvaient disposer à leur gré de l'argent de l'Eglise, malgré l'opposition que j'y ai formée an nom de l'évêque, on a porté les mains sur le dépôt. On a commencé par en payer les députés qui, par deux fois, ont été envoyés à Bennes. Les premiers l'ont été après voyage, sur leur demande et sans articuler aucun mémoire de dépense. Les seconds l'ont été avant de partir et ont reçu à peu près ce qu'ils ont demandé. Jusque-là, j'ai gardé le silence, espérant, comme on l'avait dit, qu'àl'égail des impositions on répartirait ces sommes comme dote publique sur les rôles des capitations ou vingtièmes pour en être les produits remis au dépôt pour remboursement ; mais j'ai été bien trompé dans mon at/jente. Lors de l'égail, il n'a pas été [fait], du moins que je sache, la moindre mention de cet article; bien plus, et c'est ce qui me force de vous écrire, on est si foie dans le principe qu'on peut disposer à son gré de l'argent de l'église, que la municipalité actuelle se propose de prendre encore au premier jour une somme de 200 livres pour frais et dépenses que les officiers ont dû faire je ne sais à quoi. Si cela continue, notre pauvre église demeurera san^ réparations dont elle a cependant grand besoin, et les fidèles, voyant leurs aumônes ainsi dévas-
tées, ne seront pas bien empressés de les continuer.
Sur cet exposé, messieurs, je remets le tout à votre prudence et à votre justice, me suffisant de vous avoir avertis de ce qui me paraît abusif. J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, messieurs, votre humble et t iès respectueux serviteur.