‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 4)Chapitre 23 sur 81 · NOMS DES RECTEURS · texte numérisé non relu

NOMS DES RECTEURS

ont prêté

D élu aide.

Daron.

ont refusé

Sevin.

Homo. Alloyer.

NOMS DES VICAIRES

ont prêté

Egault.

ont refusé

Levrel.

Manguy, Roumillé, Marie.

Fonctionnaires qui ont prêté avec restriction

De Lacroix, principal du collège de Dol.

Les professeurs du collège.

Guillier, curé d'Epiniac.

Lefrançois, vicaire.

Thomas, curé de Noyal-près-Bâzouges.

Berthelot, vicaire.

Mondin, curé de Saint-Broladre.

Gaudin, curé de Lanrigan.

Houard, curé de Saint-Marcan.

Gué, curé de la Chapelle- aux -Filsméens.

Gouillaud, vicaire.

Gervy, curé du Vivier.

Fonctionnaires qui demandent un délai

Thomas, curé de Romazy.

Coupé, vicaire.

Delaire, curé de Bâzouges-la-Pérouse.

Lacoquerie, vicaire.

Bigot, curé de Trans.

Benard, vicaire.

Butel, curé de Marcillé-Baoul.

Demoytaux, vicaire.

« Nota. — Le 21 avril, reçu une expédition du procèsverbal de prestation de serment du sieur Macé, curé de Bimou, daté du 1er. » [Son vicaire Huet se décida également à se conformer à la loi du serment.]

Par suite de ce grand nombre de refus du serment, il fallut pouvoir, au moyen de l'élection, 42 paroisses de curés nouveaux. Ces élections eurent lieu à Dol les 29, 30 et 31 mai 1791. Peu de candidats se présentèrent et plusieurs refusèrent la cure à laquelle ils étaient élus, si bien qu'on n'arriva à pourvoir que douze paroisses, plus une dont le curé conformiste était décédé.

Plus de la moitié des communes du district restaient donc encore desservies par des prêtres orthodoxes; de plus, les curés remplacés, au lieu de quitter la commune, demeuraient au milieu de leurs ouailles, ainsi que les chapelains, chanoines et tous autres prêtres non astreints au serment; cette situation rendait des troubles inévitables, aussi, de tous les côtés, des plaintes arrivaient au directoire du département. Dès le 27 mai, de nombreux citoyens de Bennes lui adressèrent une pétition pour que les prêtres réfractaires des campagnes soient réunis dans une ou plusieurs villes, mais celui-ci n'osa pas effectuer

un tel coup d'autorité et, le 3 juin, il adressait à l'Assemblée constituante une supplique dans laquelle il lui peignait ses inquiétudes, son embarras et son indécision :

« Messieurs,

« Notre département et surtout la ville de Kennes éprouvent en ce moment la crise la plus violente. Jusqu'ici, nous avions réussi à y maintenir la paix et la tranquillité. Deux causes ont concouru à la fois à y mettre le trouble ; la première, la distribution de cette protestation incendiaire du sieur de Botherel, se disant encore procureur syndic des Etats de Bretagne, que nous vous avons dénoncée, la seconde, l'esprit d'insubordination et de révolte contre vos décrets, que les curés, les vicaires et les autres ecclésiastiques réfractaires ne cessent de souffler, qui met la division dans toutes les familles et qui présage de plus grands désordres par la suite. »

« Quoique tous les corps administratifs ne cessent d'avoir les yeux ouverts sur leurs démarches, ils ont eu l'art de couvrir si bien leurs manœuvres qu'il est difficile de se procurer des faits bien avérés qui puissent servir de base à une accusation juridique; mais s'il est permis de juger des causes par leurs effets, on ne saurait douter qu'ils ne se servent du canal de la confession pour insinuer leurs opinions dangereuses dans les esprits, surtout dans ceux des femmes et des citoyens faibles et incapables de raisonnement. »

« C'est principalement depuis la clôture des églises paroissiales supprimées de cette ville et l'installation des nouveaux curés dans les églises conservées que nous avons été à portée de calculer tout le mal qu'ils ont fait

surtout pendant la quinzaine de Pâques et dont nous n'avions eu jusqu'à ce moment qu'une idée bien incomplète. Nous avons eu la douleur de voir les paroisses désertes, pendant que les partisans des prêtres réfractaires se portaient en foule vers les chapelles des communautés des deux sexes où ces prêtres allaient dire la messe, confesser et donner la communion. »

« Ce n'est pas tout : on a remarqué qu'il s'est fait dans la seule paroisse cathédrale une douzaine d'inhumations sans qu'on y ait demandé une seule fois les sacrements pour les malades, d'où l'on a conclu que les ci-devant curés et vicaires se sont ingérés de les leur administrer furtivement, sur l'autorisation d'une prétendue lettre pastorale du ci-devant évêque, qui ne porte d'autre caractère d'authenticité que la relation de la signature du sieur B are au »

« De tous les moyens qui ont été soumis à la discussion nous n'en avons pas trouvé un seul qui ne présenta, outre des inconvénients très graves, l'idée de la violation des droits de l'homme et du citoyen et de plusieurs de vos décrets, tel est celui-ci : ordonnera-t-on aux curés et aux vicaires réfractaires de se retirer à la distance de quatre à cinq lieues de la ville? Mais ils ne sont pas les seuls qui aient marqué de l'aversion pour la constitution civile du clergé. Le même esprit anime aussi puissamment les membres de l'ancien chapitre cathédral et la majeure partie des prêtres habitués des paroisses qui ne sont pas moins ardents à propager dans les entretiens familiers et dans le tribunal de la confession. Mais ceux qui n'étaient point astreints à l'émission du serment ne peuvent être

naturellement rangés dans la elasse des réfractaires. Et quand on les envelopperait tous dans la même proscription, qu'en résulterait-il? Qu'ils se répandraient dans les petites villes et dans les campagnes, qu'ils s'y présenteraient comme des hommes persécutés pour la justice, comme des confesseurs de la foi; qu'ils y trouveraient d'autant plus de facilité pour communiquer le venin de leurs opinions que le peuple y est plus simple, généralement moins instruit et conséquemment plus susceptible de séduction ; qu'ils y seraient moins surveillés et qu'ils y pourraient exécuter des projets de révolte avant qu'on put leur opposer la force publique dont ces lieux sont destitués. »

« Fermera-t-on toutes les églises et chapelles des monastères des deux sexes, où se font les rassemblements des ecclésiastiques réfractaires et des personnes qu'ils ont séduites? Peut-on interdire à une grande partie du peuple la liberté de vaquer à l'exercice du culte dans ces églises, sans occasionner des mouvements séditieux? Mais on leur vendra ou on leur louera des églises, autre inconvénient, peut-être pire que le premier. Dans l'état actuel, un grand nombre de citoyens patriotes ne se font aucune difficulté de pratiquer les exercices de la religion dans les églises qui sont le rendez-vous des non conformistes : quand un écriteau indiquera les temples où ceuxci pourront librement exercer le culte religieux, les patriotes s'en éloigneront à coup sûr et alors les non conformistes connaîtront leurs forces et en deviendront plus obstinés et plus entreprenants. Car il ne faut pas se le dissimuler, ils sont presque deux contre un patriote dans

cette ville. On nous cite l'exemple de Paris; mais Paris est un monde qui ne ressemble à rien qu'à lui-même, Paris possède une garde à la solde de l'Etat et une force publique imposante, qui nous manque. D'ailleurs, les idées sur la liberté, sur les droits de l'homme et du citoyen, sur la révolution, sur la constitution, sur la soumission aux lois, sont bien autrement mûries dans la capitale que dans les provinces où le nombre des gens éclairés, habitués à réfléchir et capables de discussion n'est presque rien en comparaison des individus encore tout couverts de la rouille des préjugés. »

« Décidés à ne donner jamais à nos concitoyens le dangereux exemple de l'infraction des lois, nous n'avons pas balancé à rejeter pour le moment le premier moyen; les inconvénients et les dangers que le second nous a présentés ne nous ont pas permis de l'adopter; un troisième, qui n'a point l'inconvénient d'être en opposition avec vos décrets, nous a semblé mériter la préférence » (1 )

«Nous devons cette justice à la garde nationale et à la garnison de Eennes que nous n'y avons trouvé jusqu'ici que de vrais patriotes remplis du zèle le plus ardent pour le succès de la révolution; mais c'est ce zèle même qui cause en ce moment nos inquiétudes, en ce qu'il paraît dirigé par l'opinion fortement prononcée que c'est servir l'Etat que de persécuter les ecclésiastiques réfractaires et leurs adhérents. »

Nous vous prions, Messieurs, de prendre dans la considérai ion la plus sérieuse la position la plus critique où nous nous trouvons et de nous tirer de l'affligeante alter-

(1) La fermeture des églises et chapelles des monastères de femmes et la suppression des cloches des religieux.

native ou de violer vos décrets ou de voir couler le sang des citoyens, en rendant un décret qui nous autorise, vu le danger des circonstances, à éloigner du moins momentanément les ecclésiastiques turbulents et réfractaires des lieux où ils exerçaient leurs fonctions. Si vous trouvez dans votre sagesse un moyen plus doux pour prévenir les malheurs que nous prévoyons, nous vous prions de nous l'indiquer promptement. Nous attendons votre réponse pour prendre une détermination définitive, à moins que la nécessité impérieuse des circonstances ne nous force de la prévenir; persuadés que le salut du peuple est la loi suprême, ce sera toujours celle qui dirigera nos démarches. »

Soit qu'ils aient reçu des conseils de Paris, soit que pressés par les événements, les administrateurs du département jugeassent qu'ils ne pouvaient demeurer plus longtemps dans cet état d'expectative, ils se décidèrent à agir et prirent l'arrêté suivant :

« Bennes, 16 juin 1791. — L'Administration composant le district du département d'Ille-et- Vilaine, après avoir entendu le procureur général syndic, considérant que la plupart des curés et vicaires qui ont été remplacés faute d'avoir prêté le serment prescrit par la loi du 26 décembre dernier, notoirement coalisé avec le ci- devant évêque de Bennes, abusant de la simplicité et de la confiance des habitants des campagnes, cherche à éloigner de leurs nouveaux pasteurs en alarmant leurs consciences et continuant même auprès d'eux leurs anciennes fonctions dont ils sont déchus par la loi, arrêtent :

« Seront tenus dans le délai de huitaine après la pu-

blication du présent arrêté de se retirer dans le lieu de leur naissance, ou à trois lieues de distance des limites des paroisses qu'ils desservaient, jusqu'à ce que l'effet de la raison et de l'établissement de la tranquillité puisse permettre de révoquer cet éloignement sans danger pour

la chose publique. »

« Jacques Jan, vice-président ;

« Legraverend, secrétaire. »

Ce chassé- croisé des prêtres insermentés qui laissait au milieu des populations les défenseurs dévoués de l'orthodoxie en les obligeant simplement à changer de commune était un palliatif insuffisant; aussi onze jours après, c'est-à-dire le 27 juin, après une nouvelle pétition très pressante du conseil général de la commune de Kennes en date du 16, et une pétition des Amis de la Constitution, le directoire du département se résigne à l'idée de réunir tous ces prêtres à Bennes au grand séminaire ou ailleurs et prend un arrêté en conséquence, mais effrayé de sa propre audace, il n'ose ni le publier, ni l'exécuter.

Cependant les troubles s'aggravaient; pour essayer de les amoindrir, le directoire voulut au moins compléter son arrêté du 16 juin et publia celui du 1er août (1), qui ordonnait aux vicaires généraux des trois évêchés de quitter le département, et en prit même un deuxième le 26 qui obligeait les prêtres nés dans les paroisses qu'ils desservaient à s'en éloigner de trois lieues. Ce dernier porte la date du 14 décembre (2), époque de sa publication tardive et dont voici la cause.

(1) T. IT, p. 109.

(2) T. III, p. 72.

Ces arrêtés étaient bien anodins en comparaison de ce que l'opinion publique, j'entends celle des partisans de la Révolution, réclamait; cependant leurs auteurs en furent blâmés par le ministre Delessart, qui leur écrivit le 17 sept, (1) :

« Sa Majesté me charge de vous faire connaître qu'elle « ne peut donner son approbation à vos arrêtés des 1er « et 26 août et qu'elle serait obligée de les anéantir si elle « n'avait assez de confiance dans votre sagesse et dans « votre justice pour n'être pas persuadée que vous vous « empresserez d'en suspendre l'exécution »

Le 1er octobre, le département répond au ministre : « La constitution civile du clergé n'a peut-être pas eu « d'ennemi plus dangereux que le sieur Bareau, ci- dece vant évêque de Rennes. Dès le principe, il forma un « plan d'opposition à cette salutaire réforme et la fit « souscrire à la presque totalité de son clergé; une liste « effrayante de conjurés fut imprimée et répandue pour « décourager les citoyens. Au mois de mars 1791, lors- « que le corps électoral s'assemble pour remplacer le « sieur Bareau, celui-ci s'efforça de le paralyser par une « lettre séditieuse et fanatique qu'il adressa à ses menace bres et que, malgré nos soins vigilants, il fit répandre « avec profusion dans les villes et dans les campagnes.

« Cette lettre fut suivie d'une instruction adressée aux ecclésiastiques du diocèse dans laquelle il leur trace un

(1) Les vicaires généraux, après avoir demandé inutilement au département de surseoir aux mesures prises contre eux, avaient adressé une supplique au ministre le 13 août.

plan de conduite pour faire échouer l'établissement de la constitution; l'on y remarque entre autres qu'il recommande aux curés remplacés de se cantonner sur leurs paroisses à portée de traverser immédiatement leurs successeurs »

« Cependant les prêtres remplacés ont quitté les

campagnes pour se réunir dans la ville de Kennes où ils sont entassés; mouvement combiné et qui paraît avoir été déterminé par les intérêts du parti; quoi qu'il ensoit, ils n'y restent pas oisifs. »

« Le sieur Bareau, moins apôtre que courtisan, n'avait jamais connu le devoir de la résidence canonique, c'est du milieu de Paris et de Versailles qu'il gouvernait son diocèse par ses vicaires généraux (1). C'est par ces mêmes hommes que du bord du Khin, au milieu de nos ennemis, le sieur Bareau meut à son gré 500 prêtres factieux, des moines, des religieuses qui décrient les ministres conformistes, qui éloignent de l'évêque et de son conseil »

M. Le Coz, membre de l'assemblée législative, chargé d'appuyer près du ministre les arguments du directoire du département, écrivait à celui-ci le 12 novembre : « J'ai causé avec M. de Lessart de la lettre circulaire « qu'il vous a adressée. Il a été obligé de convenir qu'il « était mal instruit et que cette lettre était pour le moins « inopportune. Il voudrait bien aujourd'hui ne l'avoir « pas envoyée. »

« Votre sage fermeté, Messieurs, a sauvé de grands « malheurs notre ville de Kennes. »

(1) Ils étaient quatre vicaires généraux.

Malgré ces dires de Le Coz, en mars 1792 une nouvelle lettre du ministre de la justice blâme les arrêtés que le département a pris pour éloigner les prêtres assermentés.

« Ils sont inconstitutionnels, car ce sont des actes

« législatifs, et l'art. 3 de la section 2 du chapitre 4 de la « Constitution déclare que les administrateurs ne peu- « vent s'immiscer dans l'exercice du pouvoir législatif, « ni suspendre l'exécution des lois; ils sont inconstitu- « tionnels, car le titre 1 de la Constitution garantit « comme droits naturels et civils la liberté à tout homme « d'aller, de rester, de partir sans pouvoir être arrêté ou « détenu que selon les formes déterminées par la Consti-

« tution, etc Ils sont oppressifs puisqu'ils prononcent

« la peine de l'exil ou de la détention dans un cas « où la loi ne l'a pas prononcée »

Le 5 avril, le département répondait au ministre pendant que dès ce même jour Koland, alors ministre par intérim, adressait les instructions suivantes à MM. les présidents et juges et commissaires du roi près les tribunaux criminels du département et des districts :

« Des prêtres factieux et hypocrites, etc.; tant d'ex- « ces ne peuvent se tolérer plus longtemps et le roi, qui « en est profondément affligé, me charge de faire con- « naître pour la seconde fois (1) aux dépositaires de la « puissance publique et en leurs personnes à tous les « Français ses véritables dispositions sur la nécessité de « réprimer et de punir exemplairement les coupables « auteurs des troubles religieux.

(1) La première du 10 janvier était de Duport. T. I, p. 142

« La volonté ferme et déterminée de Sa Majesté est

« que les perturbateurs de l'ordre public, que tous ceux « qui commanderont, conseilleront ou favoriseront le « crime au nom du Ciel soient sévèrement punis »

Et néanmoins dès le 9, Eoland donnait de sages conseils, « aux corps administratifs, municipalités et citoyens d'Ille-et- Vilaine » : « modérez cependant votre in- « dignation, ne vous portez pas à des mouvements impé- « tueux, même par excès de patriotisme; constatez « soigneusement ces actes par la présence de témoins et « dénoncez aux tribunaux ceux qui osent ainsi exercer la « révolte » (1)

Registre des déclarations de résidence (2).

<Du 9 mars 1792, au secrétariat du district de Dol, s'est présenté Baphaël-Hyacynthe Cleret, ex-religieux profès de l'ordre de Saint-Benoist, congrégation de Saint-Maur, à l'abbaye de Saint-Vincent de la ville du Mans, lequel a déclaré être dans l'intention de se retirer à l'abbaye de Marmoutier, district de Tours, et d'y toucher à l'avenir son traitement, à commencer par le trimestre d'avril prochain et a signé E.-H. Cleret. »

« Du 3 avril s'est présenté par procuration Pierre- Louis-Anne Dufeu, ex-chanoine de la ci-devant cathédrale de Dol, lequel a déclaré être dans l'intention de se retirer à Rochefort, département du Morbihan, etc »

((Du 19 avril s'est présenté M. Armand-Paul Gault,

(1) Voir ces différents documents Arch. dép., L, 2 V 5. 9. (2) Mairie de Dol.

ex-chanoine de la ci-devant cathédrale de Dol, lequel nous a déclaré être dans l'intention de se retirer au sein de sa famille dans la ville de Tours »

((Du 30 avril s'est présenté M. Nicolas Ozouf, second

vicaire de la ci-devant cathédrale de Dol, lequel nous a déclaré être dans l'intention de se retirer dans le territoire du district de Coutances dont il est originaire »

«Dwl5 mai s'est présenté Jean Josseaume, ci-devant

diacre de l'ancienne cathédrale de Dol, lequel nous a déclaré être dans l'intention de se retirer en la ville d'Avranches. »

((Du 11 juin s'est présenté par procuration le sieur

Louis Manigault, ci-devant religieux bernardin de l'abbaye de la Vieuxville, lequel nous a déclaré être domicilié à Eennes »

« Du 15 juin 1792, l'an IV de la liberté, s'est présenté M. Charles -Anne Coudé, demeurant en cette ville de Dol, procurateur du sieur François de Hercé, prêtre, ci-devant grand vicaire de Dol, actuellement résidant à Mayenne, lequel a déclaré aux fins de sa procuration du 5 mars 1792, etc. . . pour ledit sieur de Hercé vouloir faire sa résidence à Mayenne et y toucher à l'avenir son traitement, dont a requis acte... »

[Du même jour, semblable déclaration pour Mgr de Hercé.]

« Du 15 novembre 1792, l'an IV de la liberté et de l'égalité, a comparu le sieur Laurent-Guy Lagadec, dit en re-

ligion frère Guy, capucin de la ci-devant maison de Mayenne, âgé de 42 ans, lequel a déclaré qu'il était dans l'intention de se retirer à Saint-Georçes-de-Grehaigne* dépendant de ce district, pour y continuer la vie privée, qu'en conséquence il désire recevoir, etc »

[Du même jour, même déclaration par procuration du citoyen Jean-Baptiste Saint-James, frère attaché au ci-devant séminaire de Dol, qui s'étant retiré à Caen, son pays natal, y désire toucher la pension de 300 livres dont il jouit en ladite qualité.]

Les autorités du district de Dol et de quelques communes continuaient à réclamer et à tâcher de découvrir des prêtres conformistes pour les élections qui devaient avoir lieu les 1er, 2 et 3 avril 1792, mais ces candidats étaient introuvables et dix nouvelles paroisses seulement purent être pourvues, plus deux, dont les curés s'étaient rétractés, six qu'il fallut pourvoir à nouveau, les élus de l'année précédente ayant refusé le poste auquel on les avait appelés, et une dont le curé était élu à la cure de Dol.

C'est pour obvier à ce manque de candidats aux cures vacantes ou encore desservies par des réfractaires au serment et aussi essayer de débarrasser les intrus de la conçu rrence des prêtres orthodoxes, que le directoire du district de Dol prit la délibération suivante le 11 avril 1792 :

« Les administrateurs du directoire du district de Dol, insl mit s des nouvelles manœuvres de tous les prêtres non

assermentés de ce district et dans le temps de la Pâques où ils sont parvenus à égarer la multitude en lui faisant promettre sur la religion du serment et la main levée au tribunal de la pénitence de ne point aller à la messe ni à confesse aux curés et vicaires constitutionnels, instruits d'ailleurs que les efforts de ces mauvais prêtres pourraient d'autant plus mettre la chose publique en danger dans les campagnes que le nouveau mode de répartition de la contribution mobliière a fait beaucoup de mécontents qui parlent de révolte et menacent les officiers municipaux, considérant qu'il importe de seconder les efforts des prêtres constitutionnels, que le moyen le plus puissant est de les délivrer non seulement des anciens curés et vicaires réfractaires, mais encore des autres prêtres non assermentés quoique non fonctionnaires publics, non moins dangereux que les précédents par leur coalition, leur correspondance avec les anciens évêques et leur influence dans leurs pays où ils confesseront et se rendront nécessaires sous prétexte de dire la messe dans les chapelles pour la commodité du peuple des campagnes et même celle du matin dans les églises paroissiales où ils affecteront de ne vouloir pas se trouver avec les curés et vicaires assermentés à dessein d'abuser plus facilement de la crédulité de leurs sectateurs et de mieux servir les ennemis de la constitution. »

« Sur ce, le procureur syndic entendu, sont d'avis que tous les prêtres non assermentés fonctionnaires publics ou non de ce district soient renfermés dans le plus bref délai possible dans le lieu que le Conseil Général du département d'Ille-et-Vilaine jugera le plus convenable et

que, provisoirement, il supprime les cures de Carfantain, Cendres, La Fontenelle, Vieuxviel, Le Vivier, Vildé-la- Marine, Lillemer, Villedé-Bidon, Saint-Léonard, Lanrigan, Saint-Marcan, Tremeheuc et Saint-Méloir-sous- Hédé et qu'elles soient réunies, savoir Carfantain àDol, Cendres à Pleine-Fougères, La Fontenelle à Antrain, Vieuxviel à Songeai, Le Vivier et Vildé-la-Marine à Hirel, Lislemer et Vildé-Bidon à Boz-Landrieux, Saint-Marcan à Saint-Broladre, Saint-Léonard à Epiniac, Lanrigan à Saint-Léger, Tremeheuc à Combourg, Saint-Méloir à Hédé, qu'en conséquence le directoire du district de Dol soit autorisé à faire fermer les églises dénommées qui seront supprimées jusqu'à l'arrêté de la circonscription définitive (1). »

Le district s'aperçut de bonne heure que ces réunions de paroisses ne seraient pas osées à opérer tant que les insermentés les desserviraient. Le 10 septembre, il écrivait même au directoire du département : « Des circonstances impérieuses nous arrêteraient. La majorité de nos curés ne présente que des réfractaires à la loi, ils ne balancent pas de dire hautement qu'ils ne prendront jamais soin des paroisses qu'on réunirait aux leurs, ni même des villages ou hameaux qu'on pourrait leur donner. Cet entêtement de leur part est fondé sur le prétendu défaut de qualité qu'ils objectent à la personne de M. l'évêque et parce qu'ils n'ont reçu d'autorité légitime que sur l'ancienne étendue de leur paroisse; tant que,

(1) Reproduit dans Histoire et Panorama d'un beau Pays, par Bertrand Robidou.

faute d'autres, de pareils sujets resteront en place, nous croyons qu'il serait d'une dangereuse conséquence de penser à ces réunions. »

Le département reculait toujours devant les mesures violentes et dangereuses qu'on réclamait de lui. Pressé de tous les côtés, il s'y résigna cependant et prit un arête le 14 avril (1) ordonnant l'internement à Bennes des insermentés. Ceux désireux de se soustraire à cette mesure y étaient autorisés moyennant un simple serment de soumission aux lois, dit serment d'allégeance. Très peu eurent recours à cet expédient; en voici la liste pour le district de Dol et aussi la liste de ceux qui ayant refusé tout serment se rendirent à Eennes :

« Registre pour recevoir les déclarations des ecclésiastiques qui se présenteront en vertu de Varrëté du département, chiffré et visé par nous Augustin- René Delabigne, administrateur et vice-président du directoire du district de Dol (2).

Delabigne. »

Ce 23 avril 1792.

« Je déclare par serment de ne rien entreprendre contre la constitution, la paix, la tranquillité publique; de vivre soumis à la loi et de ne détourner par conseil ni suggestion ni autrement aucun citoyen de l'obéissance qui lui est due.

« Fait à Dol au directoire ce 28 avril 1792.

Flour, citoyen. »

(1) Voir T. I. p. 58.

(2) Mairie de Dol.

— Même déclaration ce même jour. Signée : F. Delfosse, citoyen.

— Même déclaration le 2 mai. Signée : S. -F. Blanchard, prêtre, ci- devant chapelain de la Chapelle du Houx, en Bâzouges, demeurant paroisse de Combourg.

— Même déclaration le 3 mai. Signée : François Berthe, ci- devant prieur des Carmes, demeurant paroisse de Baguer-Morvan.

— Même déclaration le même jour. Signée : Longrais, prêtre chrétien, catholique, apostolique, romain.

— Même déclaration le 10 mai. Signée : Sébastien Feuillet, prêtre, demeurant à An train.

— Même déclaration le 12 mai. Signée : Pierre Chevallier, demeurant à Saint-Ouen-la-Bouërie.

— Même déclaration le 18 mai. Signée : Baptiste Coupé, prêtre, demeurant au Tremblaye.

— Nouvelle déclaration et nouveau serment par F. Berthe, le 19 septembre 1792.

Registre destiné à inscrire, conformément à Vart. 5 de V arrêté du Conseil Général du département, les ecclésiastiques qui ont refusé de souscrire au directoire de leur district la déclaration .prescrite par V article 2 du même arrêté (1).

« Olivier Julien-Jacques, ci-devant sacriste de Saint- Georges de Kennes. — A continué de résider à Eennes et demeure rue Saint-Georges, n° 10. — Inscrit le 27 avril. »

(1) Arch. d'Ille-et- Vilaine, L, 2 V 5.

« Monnier Julien, ci-devant chapelain de M. Darmaillé à la Bourbansais. »

« Brard Julien -Jacques, prêtre non fonctionnaire, ci-devant résidant paroisse de Bâzouges-la-Pérouse, chapelain de la Ballue, dite paroisse; à Rennes du jour d'hier, logé provisoirement à la Fleur-de-Lys, rue Reverdiais; finalement demeure chez Mme veuve Nelet, vis-à-vis les Capucins. — Inscrit le 1er mai. Le 25 juin, déclare demeurer chez M. Dréo, marchand, rue Saint- Sauveur. »

« Lecamus Mathurin. — Prêtre non fonctionnaire à Bâzouges-la-Pérouse et ci- devant chapelain de la chapelle de la Morinière (sic), dite paroisse; à Rennes du jour d'hier. — Inscrit le 1er mai, logé provisoirement à la Fleur-de-Lys, puis chez Mme veuve Nelet, vis-àvis les Capucins. »

« Billon Joseph. — Ci-devant vicaire de Vieuxvy, d'où il est sorti le 22 mars, a résidé depuis à Saint-Aubin-du- Cormier; à Rennes du 1er mai, demeure Porte Saint- François, maison Grandis. »

« Chartier Guillaume-François. — Ci-devant curé d'office de Dingé; à Rennes du 1er mai, logé chez M. Gohin, prêtre, près l'hôtel d'Antrain, rue aux Foulons. — Inscrit le 3 mai. »

« Plaine Olivier-Thomas. — Ci-devant curé de Pleine-Fougères, à Rennes d'hier, logé chez M. Plaine, rue —

Inscrit le 3 mai. A déclaré qu'il se proposait de dire la messe dans les églises constitutionnelles si on le lui permettait, comme on fait à Pleine-Fougères. »

« Pitel Louis-François. — Ci-devant chanoine de Dol,

arrivé à Rennes d'hier, logé chez M. Argentais. — Inscrit le 3 mai. Le 5 juin, a prêté devant le directoire du département le serment prescrit par l'art. 2 de l'arrêté du 15 avril. »

« Nicole Julien. — Chapelain de la chapelle de Sénédavy paroisse de Saints, district de Dol; arrivé d'hier, logé provisoirement à la Corne- de- Cerf . — Inscrit le 3 mai. »

« Dupuy Jean. — Ci-devant prêtre obitier de Dol, arrivé hier et logé provisoirement aux Quatre-Bœufs; a obtenu le 18 juin la permission de sortir des limites du département à la charge de se pourvoir de passeport. » [Il était avec son frère Augustin, ci-devant chanoine de Gap, qui résidait chez lui à Dol depuis un an.]

« Pelle Siméon- Jean-Chrisostôme. — Ci-devant chapelain de Lantiman, paroisse de Cuguen, district de Dol, arrivé d'hier. Logé provisoirement aux Quatre-Bœufs. A obtenu même permission que les frères Dupuy. »

« Poupard François. — Ci-devant capucin de la maison de Mayenne, originaire de La Boussac, district de Dol, où il demeure depuis 13 mois. Arrivé d'hier et logé provisoirement aux Quatre-Bœufs. — Inscrit le 4 mai. A obtenu même permission que les précédents. »

« Chalmel Jean-François. — Simple prêtre, originaire de Bennes, desservant à Combourg la chapelle dite de l'hôpital. Arrivé à Bennes le 5 mai, demeure provisoirement aux Quatre-Bœufs. Le 10 mai a déclaré loger chez Mme Hermer, rue du Four du Chapitre. — Inscrit le 6 mai. »

« Regnaud Charles-Jean-Jacques-Joachim, originaire de Combourg, y résidait depuis plusieurs mois, ci-devant

religieux chartreux de la maison d'Auray. Arrivé à Bennes le 5 mai, demeure provisoirement aux Quatre- Bœufs. Le 11 mai a déclaré loger rue d'Echange, au troisième étage, maison de Mme Saintrimou et sur le portail des Jacobins. »

« Ces deux derniers ont déclaré le 6 mai s'être présenté au district de Dol pour se conformer à l'art. 2 de l'arrêté du conseil général, mais qu'on a refusé leur serment parce qu'ils y employaient les mots abstraction faite de mes opinions religietises. — Inscrits le 6 mai. »

Rocher Georges. — Prêtre desservant la chapelle du Grand Val en Combourg. Arrivé le 5 mai et logé chez Mme Dupetitbois, rue Saint- Yves. — Inscrit le 7 mai. »

« Piloux Jean- Baptiste. — Ci-devant curé de Montant. Arrivé à Eennes le 4 mai, logé à la Fleur-de-Lys. — Inscrit le 7 mai. Va loger le 19 mai chez Mme veuve Nellet, près les Capucins. »

« Collibeaux Jérôme. — Ci-devant vicaire de Sens, district de Dol. A Eennes de jeudi dernier et logé provisoirement à la Fleur-de-Lys, demeure chez Mme Hardi, vis-à-vis le Pin-Fleuri. — Inscrit le 7 mai. »

« Morin Jean-Baptiste. — Vicaire de Louvigné-de-Bais, non remplacé, ayant été expulsé à Bennes depuis le 4 mai. Logé provisoirement à la Fleur-de-Lys. — Inscrit le 7 mai. »

« Perdriel Jacques. — Non fonctionnaire à Combourg. Arrivé hier, logé chez la demoiselle Beaupré, rue des Changes. — Inscrit le 9 mai. »

« Desmots Joseph. — Ci-devant curé de Hirel. Arrivé hier et logé rue de Tronjolly, chez Mme Séné. — Inscrit le

9 mai. Avait pris un passeport pour sortir du royaume. A déclaré, le 6 juillet, qu'il n'en ferait pas usage, loge au moine lieu que ci-devant, »

« Dupré François. — Ci-devant vicaire de Hirel, arrivé d'hier et logé rue de Tronjolly chez Mme Séné. — Inscrit le 9 mai. »

« Jolly Jean-Baptiste. — Ci- devant prieur de Sens. Arrive d'hier et logé maison du Café de Bretagne, i)lace Saint- Anne, au troisième étage, et le 23 juin a déclaré loger place Sainte- Anne, maison de Mme Bertiau. — Inscrit le 9 mai. »

« Gardais Vincent. — Ci-devant curé de Mellé, résidant depuis environ 11 mois à Saint-Ouen-de-la-Eouerie, lieu de son origine. Arrivé à Rennes le 9 mai, demeure provisoirement à la Fleur-de-Lys, rue Reverdiais. A déclaré le 12 dudit demeurer définitivement rue Saint-Germain, chez la veuve Saint-Brieuc. — Inscrit le 10 mai. »

1 De la Croix Jean- Anne. — Ci-devant chanoine du chapitre de Rennes, résidant depuis environ 15 mois paroisse de Québriac, district de Dol. Arrivé à Rennes le 8 mai, demeure rue du Griffon. — Inscrit le 10 mai. »

« Touraine Joseph. — Ci-ci:» vaut cura de Baguer-Morvan, résidant depuis environ 25 jours à Saint- Pierre-: de- Plesguen. Arrivé à Rennes le 9 mai, demeure chez Mme Séné, rue de Tronjolly-Philippe. — Inscrit le

10 mai. »

« Gouillaud Julien-François. — 37 ans, desservant, quoique non vicaire, à la demande des habitants, l'église paroissiale de Lanhelen. Arrivé à Rennes le 9 mai, de-

meure provisoirement à la Fleur-de-Lys. — Inscrit le

10 mai. A prêté le serment prescrit par l'arrêté du département (art. 2) devant le directoire le 18 juin 1792. Définitivement chez M. Sauvé, rue Haute, déclaré le 19 mai. »

« Lemaréchal Julien- Jean. — Ci-devant curé d'Ossé, district de Vitré, et résidant depuis trois semaines à Vieuxviel. Arrivé d'hier et a déclaré loger provisoirement à la Fleur-de-Lys. — Inscrit le 10 mai. »

« Note. — On a appris que M. Maréchal demeure depuis plusieurs semaines chez les demoiselles Morin, rue Derval.

« Anger Pierre. — Ci-devant vicaire de Lecousse, district de Fougères. A Eennes d'hier, loge provisoirement à la Fleur-de-Lys. Le 12 mai a déclaré demeurer chez Mlle Godard, rue du Griffon, du 11 mai au soir. — Inscrit le 11 mai. »

« Lodin Gilles. — Non fonctionnaire public, résidant à Sens, district de Dol. A Eennes du 30 mai, loge provisoirement à la Fleur-de-Lys. Le 28 juin a déclaré avoir fixé sa demeure chez Henry, jardinier, rue Basse, maison de M. Gilbert. Le 1er juin a représenté son extrait de baptême qui constate qu'il est âgé de 69 ans

11 mois et un certificat qui prouve qu'il est aveugle et très infirme. »

« Chevalier Louis. — Ci-devant recteur de Vieuxvy. A Eennes du 30 mai, demeure provisoirement à la Fleurde-Lys. — Inscrit le 2 juin. »

« Gilot Gabriel. — Ci-devant chartreux à Orléans, résidant à Dol. A Eennes du 30 juin, demeure provisoirement aux Quatre-Bœufs. — Inscrit le 4 juin. »

Forget Pierre. — Résidant à La Fontenelle, district de Dol. A Eennes le 6 juin. A déclaré qu'il n'était point prêtre, a toujours resté chez son père. »

Briand Julien. — Prêtre non fonctionnaire, résidait chez sa mère, paroisse de La Fontenelle. A Eennes d'hier, va loger provisoirement à la Corne- de- Cerf. — Inscrit le 9 juin. »

Dory Joseph. — Ci-devant vicaire de Pleine-Fougères et résidant à La Fontenelle, son origine. A Eennes de dimanche dernier, logé provisoirement à la Corne de Cerf. — Inscrit le 19 juin. »

Jouanne François. — Ci-devant curé de Saint-Ouen-la- Eouerie. A Eennes de lundi au soir. Loge provisoirement aux Trois-Maures. — Inscrit le 20 juin. » Hervé Julien. — Ci-devant curé de Saint-Eémy-du- Plain. A Eennes du 30 juin. Loge provisoirement à la Fleur-de-Lys. — Inscrit le 2 juillet. » Poussin Julien. — Ci-devant vicaire de Saint-Eémy-du- Plain. A Eennes du 30 juin. Loge provisoirement à la Fleur-de-Lys. — Inscrit le 2 juillet. » Gervy Joseph. — Curé du Vivier. A Eennes d'hier, logé cliez Mme Allain, rue de l'Hermine, au premier étage, dans une chambre donnant sur la rue Châteaurenaut. — Inscrit le 3 août. »

Bricault Louis. — Ci-devant vicaire de La Fontenelle. A Eennes du 6 août, logé à la Corne-du-Cerf. — Inscrit le 7 août. »

Goret François- Pierre. — Ci-devant vicaire de Cuguen. A Eennes du 7 août, logé à la Corne-du-Cerf. — Inscrit

le 8 ; conduit par les sieurs Cocheri et Davonnet, gendarmes. »

« Guelé Julien. — Ci-devant prieur de Landal, à la Corne-

du-Cerf. — Inscrit le 8 août. Conduit à Eennes par les

mêmes gendarmes ci-dessus. »

« Thomas Julien. — Ci-devant vicaire de Eomazy et y

résidait. A Eennes de ce jour, logé rue Derval chez

Mme de la Tremblay e. — Inscrit le 11. . » « Couppé Jean-Mathurin. — Ci-devant vicaire de Eomazy

et y résidait. A Eennes du dit jour et logé avec

M. Thomas. — Inscrit le 11 août (1). »

« Le 18 juillet 1792, les prêtres Tour aine, Desmot, Avril, Joseph Dory, Pierre Forget, Julien Briand, Coirre, Hervé et Poussin demandent au département de leur faire délivrer par la ville de Eennes un passeport pour sortir librement de l'empire français, attendu les troubles qui existent à Eennes à l'occasion des prêtres non conformistes depuis leur arrivée dans cette ville les 9, 10 et 11 mai et qui leur fait craindre qu'on attente à leur vie» (2).

[Déjà les 15 et 18 juin et 3 juillet avaient fait la même demande les deux frères Dupuy, Pelé, Simon, Poupart Julien et Jouanne François. L'un des deux de La Croix demanda également un passeport pour sortir du département.] (3)

Cinq prêtres seulement, et non de paroisse, et trois

(1 ) Couppé est le dernier inscrit sur ce registre qui compte 213 inscriptions et dont nous ne reproduisons que celles des prêtres de notre district.

(2) Arch. dép., L, 2 V 5.

(3) Arch. dép., L, 2 V 5.

moines, voilà les seuls serments d'allégeance prêtés dans le district de Dol, en outre, sur 77 prêtres paroissiaux de ee même district obligés à la résidence à Eennes par défaut de ce serment, une douzaine tout au plus s'y rendirent dans le délai prescrit. En présence d'un pareil résultat le directoire avait adressé aux neuf districts des instructions pressantes pour l'application immédiate et sans réserve de son arrêté.

« Rennes, 16 mai 1792.

« Nous sommes informés, Messieurs, que plusieurs « ecclésiastiques, ne tenant aucun compte de l'arrêté du « conseil général du département suivant lequel ils sont « assujettis à se rendre à Eennes, sont néanmoins restés « dans le lieu de leur domicile ordinaire ou de celui où « ils se sont retirés lors de leur remplacement. Une pa- « reille résistance est infiniment répréhensible et nous « ne pouvons que vous recommander de prendre les « mesures les plus promptes pour la translation de ces « réfractaires au chef-lieu du département. Dans le « nombre des mandats que nous vous avons envoyé « pour le traitement des ecclésiastiques de votre district, « nous vous prions d'apporter la plus grande attention « à ce qu'il n'en soit délivré aucun qu'à ceux qui justice fieront par un certificat en bonne forme qu'ils habitent « en la ville de Eennes. Tout émigré, ainsi que celui qui « ne se soumet pas aux autorités constituées, ne peut être « salarié par l'état qu'il trahit » (1).

(l)Bih. de Hennés, Bulletin de la Correspondance.

YI

De nouvelles élections de curés eurent lieu à Dol les 15 et 16 juillet, mais encore sans grand résultat; sur 19 élus, plus de la moitié refusèrent.

Le séjour du très grand nombre de prêtres insermentés venus de gré ou de force habiter Eennes menaçait d'amener des conflits sanglants entre les exaltés des deux partis; aussi le département accordait-il volontiers à ces prêtres des passeports pour sortir du royaume. Mais l'exode à l'étranger fut trop restreint pour conjurer le danger. Alors le directoire provoqua une réunion de toutes les autorités intéressées au maintien de l'ordre, afin qu'elles prissent des mesures de police que nécessitaient les circonstances.

Elles rendirent l'arrêté suivant :

Arrêté du Conseil Général du département drille- et- Vilaine auquel étaient réunis les membres tant du district et de la commune de Rennes que des tribunaux criminels et des districts établis en cette ville, des 12, 13, 16, 18 et 20 août 1792, Van IV delà liberté.

«L'assemblée, considérant que le salut de la chose publique exige qu'il soit pris des mesures les plus promptes pour que les démarches des ecclésiastiques insermentés ne puissent plus troubler la tranquillité des citoyens ni favoriser les projets des ennemis de la patrie,

« Après avoir mûrement délibéré, ouï le procureur syndic dans ses conclusions, « Arrête :

« 1° D'admettre la déportation comme mesure générale

contre les prêtres insermentés et d'y soumettre tous ceux qui n'ont pas prononcé le serment civique depuis l'acceptation de la constitution ou qui n'ont pas fait jusqu'à ce jour le serment d'allégeance porté par l'arrêté du conseil général du département du 15 avril dernier (1) ; »

« 2° D'employer la réclusion provisoire pour parvenir à la déportation, qu'en conséquence il sera procédé dans le plus bref délai à la réclusion provisoire desdits ecclésiastiques dans la maison du grand et du petit séminaire de Bennes. »

« Invite et charge la municipalité de cette ville de prendre toutes les mesures et de faire toutes les dispositions nécessaires pour le bon ordre de la translation et l'établissement desdits ecclésiastiques dans les maisons cidessus désignées, »

« Autorise ladite municipalité à fixer leur dépense sur le pied de 15 sous par jour pour chaque individu, laquelle dépense sera prise en masse sur les traitements dont ils jouissent; »

« 3° Que le lieu de déportation sera provisoirement choisi dans le territoire français, mais qu'il leur sera délivré des passeports à ceux desdits ecclésiastiques qui offriraient d'effectuer volontairement leur déportation ou émigration permanente en pays étranger parce qu'il sera pris par l'administration les mesures nécessaires pour assurer l'effet de cette émigration, lesquelles mesures seront déterminées par le présent arrêté. »

« La maison du Mont Saint-Michel servira de local pour la déportation provisoire desdits ecclésiastiques, à l'effet

( 1 ) Voir première partie, page 58.

de quoi le directoire du département nommera aujourd'hui un ou deux commissaires qui se rendront dans le plus bref délai anprès de l'administration du département de la Manche pour se concerter avec elle sur l'établissement desdits ecclésiastiques dans la maison du Mont Saint-Michel et aviser aux différentes dispositions nécessaires à ce sujet. »

« Il sera fait une adresse à l'Assemblée Nationale pour l'informer de cette mesure provisoire et la prier d'accélérer la mesure générale qu'elle se propose de décréter sur cet objet. »

« Il sera payé par l'administration à chacun des ecclésiastiques déportés dans ladite maison la somme de 15 sols par jour, laquelle dépense sera prise en masse sur le traitement dont ils jouissent. »

« Arrête néanmoins d'excepter de la déportation les vieillards âgés de 70 ans et les malades et infirmes dont l'état ainsi que les ménagements qu'il exigera seront constatés : savoir pour la ville de Bennes par Mrs Blin père, Guyot, Douet et Lanjuinais, chirurgiens et médecins et pour les autres lieux par les médecins et chirurgiens qui seront désignés à cet effet par les directoires de districts; sauf l'exécution à l'égard de ces ecclésiastiques des dispositions de l'arrêté du conseil général du département du 15 avril dernier, dans le cas où leur conduite tendrait à semer la dissension parmi les citoyens et à troubler l'ordre public. »

« Les curés insermentés qui desservent encore leurs paroisses seront exceptés de la déportation jusqu'à leur remplacement ou jusqu'à ce que le directoire du dépar-

tement ait jugé convenable de prononcer la suppression provisoire desdites paroisses après avoir pris l'avis de M. l'évêque ou de son conseil. »

« Il sera pareillement fait exception provisoire en faveur de quelques vicaires insermentés, parce qu'il ne pourra y en avoir dans les paroisses au-dessous de 4,000 âmes, à moins que le besoin du service résultant de la localité ou autre cause indispensable n'exige le secours d'un vicaire, l'assemblée déclarant s'en référer à cet égard à la prudence du département. »

« Les vicaires insermentés les plus anciens dans le sacerdoce auront la préférence pour être provisoirement conservés dans les paroisses auxquelles ils sont actuellement attachés. »

« Tous les ecclésiastiques insermentés non compris dans les exceptions portées par le présent arrêté seront tenus de se rendre sur-le-champ à Bennes et de se présenter à la municipalité pour être mis en état de réclusion ou de déportation provisoire dans les maisons désignées à cet effet, faute de quoi il est enjoint aux districts et aux municipalités et aux officiers de gendarmerie nationale de les faire arrêter et conduire à leurs frais au chef-lieu du département pour être soumis à la réclusion ou à la déportation provisoire. »

« Les passeports pour les pays étrangers ne pourront être accordés aux ecclésiastiques insermentés que par les officiers municipaux d'une ville chef -lieu de district et pour s'embarquer par le port de Saint-Malo ; lesdits passeports seront remis à un gendarme ou garde national chargé d'accompagner chaque ecclésiastique et d'en ré-

pondre jusqu'à ce qu'il en ait reçu décharge de la municipalité de Saint-Malo qui sera tenue de veiller à ce qu'ils ne sortent pas des murs de la ville et qu'ils soient embarqués dans le plus court délai, ce dont elle instruira le directoire du département. Les frais de conduite et garde desdits ecclésiastiques seront à leur charge. »

« Les municipalités qui auront délivré à des ecclésiastiques insermentés des passeports d'émigration en pays étranger seront tenus d'en adresser la note au directoire du département dans huitaine au plus tard. »

« Toutes personnes qui, après la publication du présent, auront recelé un ecclésiastique insermenté ou favorisé son recèlement ou son évasion s'il était détenu, seront punis par voie de police correctionnelle à la diligence des procureurs de la commune ou de leurs substituts comme coupables de trouble à l'ordre public (1). »

«Bertin, président; Legraverend, secrétaire général. »

Liste des 222 prêtres se trouvant enfermés à Saint-Melaine de Rennes le 14 août 1792, tableau dressé par M. Macé, recteur de Noyai, d'après un manuscrit original existant à la bibliothèque de sa paroisse (2).

Anger, vicaire de Lecousse 45 ans.

Alloyer, recteur de Saint-Léger .... 33 ans

Brard, prêtre à Bâzouges 69 ans

.Bricault, vicaire à La Fontenelle 38 ans

Butely recteur à Marcillé-Baoul. . ... 61 ans

(l)Arch. dép., L, 2 V 5, 9.

(2) Arch. dép. d'Ille-et- Vilaine, L, 2 V 5. Noms des seuls prêtres de notre district. Ceux en italiques ne figurent pas sur la liste des prêtres conduits à Saint-Malo.

Bercegey, recteur de Vieuxviel 40 ans

Beaudour, son vicaire 64 ans

Coupé, vicaire à Komazy 28 ans

Chalmel, prêtre à Combourg 51 ans

Chartier, curé d'office à Dingé 48 ans

Cogranne, prêtre.

Derbrée, vicaire à Songeai 36 ans

Desmoiteaux, vicaire à Marcillé 50 ans

Dupré, vicaire de Hirel 37 ans

Guelé, prieur de Landal 45 ans

Goret, vicaire de Cuguen 42 ans

Gervy, recteur du Vivier 61 ans

Hervé, recteur de Saint- Kemy.. . . . . 48 ans

Joly, prieur de Sens 49 ans

Jouanne, recteur de Saint-Ouen. ... 58 ans

Leban, recteur de La Fontenelle 63 ans

Lecamus, prêtre de Bazouges 64 ans

Mcole, chapelain à Saints 47 ans

OHivier,prêtre sacriste de S. -Georges 50 ans

Pleine, recteur de Pleine-Fougères . . 44 ans

Perdriel, prêtre à Combourg 59 ans

Poussin, vicaire à Saint-Eemy 32 ans

Rocher, prêtre à Combourg.

Thomas, prieur de Eomazy 62 ans

Le 28 août, leur nombre à Saint-Melaine s'élevait à

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