‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 4)Chapitre 26 sur 81 · T. I, |». LS · texte numérisé non relu

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le premier serment s'efforcent d'en faire plus que jamais la base de leur doctrine et le point de ralliement de leurs

prosélytes C'est à la loi des 29 et 30 vend, de l'an II

qu'il faut se reporter pour l'exacte détermination de la classe des prêtres à qui la peine de la déportation est applicable. »

Nouvelle lettre encore du même ministre le 24 ventôse contre les prêtres insoumis.

Au commencement de germinal le département annonce au ministre de l'intérieur que sept prêtres tombant sous le coup de la loi du 3 brumaire ont été arrêtés dans sa circonscription (1).

Pour former l'état réclamé par le ministre de l'intérieur par sa lettre circulaire du 23 frimaire, l'administration départementale avait demandé le 8 germinal des renseignements à chaque district. Voici ceux fournis par celui de Dol :

Dol, 22 germinal an IV de la République (11 avril 1796).

Les ci-devant administrateurs du ci-devant district de Dol aux administrateurs du département d"' Ille- et- Vilaine.

Hier, citoyens, nous avons reçu votre lettre du 8 de ce mois. Nous nous empressons de répondre aux questions qu'elle contient : 1° Existe-t-il dans les cantons non organisés de votre ci- devant district des prêtres sujets à la déportation en exécution des lois des 26 août 1792, 21 avril 1793, soit qu'ils soient rentrés ou qu'ils aient resté en France.

(1) Voir pour ces différentes correspondances : Arch. dép., L, 2 V 4, 12.

« Eéponse. — Oui, malheureusement trop qui sont dans l'un el l'autre cas. Ils fanatisent et soufflent le tison de la discorde dans les campagnes; mais où sont-ils? Ils sont cachés avec tant de soin et de précaution qu'on ne peut les découvrir et les atteindre; cependant ils font tout le mal imaginable. Il fallait les retenir tandis qu'ils étaient pris.

« 2° Existe-t-il des prêtres qui aient mis des restrictions au serment prescrit par la loi du 26 décembre 1790 ou qui, après l'avoir prêté, se soient rétractés?

« E. — Nous n'en connaissons pas qui aient rétracté ce serment après l'avoir prêté.

« 3° Existe-t-il des ecclésiastiques séculiers, réguliers, frères lais ou convers qui n'aient pas fait le serment prescrit par la loi du 15 août 1792 ou qui s'en soient rétractés?

« E. — Non.

« 4° Parmi les individus compris aux deux articles précédents, en est-il qui aient rétracté ou modifié le serment prescrit par la loi du 26 décembre 1790 ou celle du 15 août 1792, l'aient prêté ensuite purement et simplement?

« E. — Non.

« 5° Existe-t-il des prêtres ou ministres qui exercent les fonctions d'un culte quelconque, sans avoir fait la déclaration prescrite par la loi du 7 vendémiaire dernier?

« E. — Le citoyen Eidé,curé de Cherrueix, exerce publiquement dans sa commune dont l'esprit est bon, il a fait le serment prescrit par la loi du 26 décembre 1790 et la déclaration prescrite par la loi du 7 vendémiaire, il est le seul dans ce cas; il doit la vie à un détachement continuellement à Cherrueix.

« Les prêtres qui sont dans le cas de l'article premier exercent en cachette.

« Tels sont, citoyens, les seuls renseignements que nous puissions vous donner. ■

« Salut et fraternité.

« Plainfossé, Corbinais,xe-procureur; Lepoitvin » (1).

Peu de mois après, le nouveau ministre de la police Cochon, par une lettre circulaire du 22 fructidor an IV (8 septembre 1796) (2), recommandait de ne pas inquiéter par des serments et des déclarations inutiles les prêtres tranquilles. Ces recommandations dans un esprit tout nouveau surprirent les autorités départementales.

Le commissaire près le directoire lui répond le 7e jour comp. de l'an IV (19 septembre) :

« Les instructions contenues dans votre lettre du 22 frimaire, citoyen ministre, n'ont fait que me confirmer dans mes dispositions à l'égard des prêtres non insermentés, amis sincères de la tranquillité, convaincu que la volonté bien prononcée du gouvernement est de la maintenir; je n'ignorais pas que sa conservation demandait des sacrifices, exigeait des ménagements envers une classe d'hommes dont les forfaits aussi nombreux que récents attestent la perfidie. »

« L'exemple des généraux me traçait d'ailleurs la marche que j'avais à suivre; j'engageai toutes les com-

(1) Arch. dép., L, 2 V 7.

mimes du directoire d'être de la plus grande circonspection sur un article aussi délicat et encore bien que les lois qui concernent les prêtres ne fussent pas rapportées, on s'est abstenu depuis longtemps de provoquer contre eux aucune des mesures rigoureuses qu'elles commandent...» « Soyez au surplus persuadé, citoyen ministre, que j'apporterai le plus grand soin à ramener mes administrés à ces sentiments fraternels, à cette union, cette concorde qui doivent régner entre tous les amis de la patrie,

etc et à consolider le gouvernement et la constitution

républicaine de 1795 (sic). »

Le ministre Cochon craint-il d'être allé trop loin dans sa mansuétude? Le 4 brumaire an V (25 octobre 96), il récrit :

« Je suis informé, citoyen, que dans votre département quelques prêtres auxquels l'indulgence du gouvernement a remis la peine encourue par leur longue résistance aux lois de la République exercent de nouveau sur les esprits faibles et crédules... »

« Exercez à leur égard une rigoureuse surveillance. »

Le commissaire du département avait devancé ces nouvelles instructions; en effet, il répond le 11 brumaire : « Mes instructions antérieures aux administrations du directoire concordent bien avec vos instructions, les commissaires et fonctionnaires de ce département m'avaient consulté sur les moyens à employer pour arrêter les progrès du fanatisme et des prônes incendiaires des apôtres de la guerre civile... »

« Ce tolérantisme philanthropique n'a pu ramener à la Képublique ses plus irréductibles ennemis; vous jugerez

par les rétractations ci- jointes de l'esprit qui anime les prêtres en général; sans doute que des milliers d'exemplaires en ont été répandus sur la surface de notre territoire. »

« Vous apprécierez tout le mal qu'il y peut faire et vous y remédierez sans doute par des mesures générales dont je m'empresserai de seconder l'effet par tous les moyens qui sont en mon pouvoir. Au surplus, citoyen ministre, je sollicite du gouvernement et par votre entremise des lois adaptées à la situation politique de notre département qui puissent se concilier avec les instructions données aux généraux; c'est de l'harmonie des mesures administratives et militaires dont nous avons un besoin si urgent. »

Le 15 brumaire an V (5 novembre 96), nouvelle lettre du ministre :

« Il m'est parvenu une rétractation imprimée du prêtre Hamart, ci-devant curé constitutionnel de Pleurtuit. Les principes contenus en la rétractation trop solennelle du prêtre Hamart, son repentir hypocrite, son désaveu de la morale républicaine dont il avait d'abord été l'apôtre, sa renonciation au lien du mariage qu'il avait contracté, chaque ligne enfin de sa rétractation le met dans le cas de la sévérité prescrite par ma circulaire du 24 thermidor. »

Le commissaire du département triomphe, puisqu'il voit le ministre en arriver à conseiller les mesures de rigueur.

Aussi le 22, lui promet-il que des mesures promptes et énergiques vont être prises contre Hamart et il ajoute

en un violent réquisitoire contre les anciens insermentés : « Ces êtres pervers, immoraux, presque partout appuyés, ouvertement protégés. Quand on a porté le délire ou la mauvaise foi jusqu'à donner des lettres de passe à des prêtres déportés que l'Anglais venait de vomir sur nos côtes, comment les provoquer, quand ces lois, peut-être bientôt rapportées, en laisseront tout l'odieux au patriote qui les aura exécutées avec courage; désigné ainsi au poignard des assassins, il en seraJa première victime.

« Le cahot qui règne dans cette partie de la législation Veuillez donc me tracer d'une manière précise,

invariable, la marche que je dois tenir à l'égard des prêtres réfract aires. »

A cette mise en demeure, Cochon se contenta, le 9 nivôse (29 décembre 96), de renvoyer le commissaire à ses circulaires du 22 fructidor et 3 brumaire, en ajoutant d'avoir « la plus grande tolérance envers les prêtres paisibles et punir conformément aux lois ceux qui commettent des délits. »

Mais, implore le commissaire le 14, « tous ces insermentés célèbrent publiquement le culte sans avoir souscrit l'acte de soumission exigé par les lois, ou l'ont rétracté sitôt après. »

Sans répondre à cette observation, le ministre récrit le 25 nivôse (14 janvier 1797)pour signaler à la vigilance du commissaire deux imprimés qu'on fait courir en Ille-et-Vilaine : l'un, Un Bref du Pape sous la date du 25 juillet 1796, suivi d'observations, imprimé à Saint- Malo, et l'autre, Décisions relatives à la soumission des ci- devant ecclésiastiques aux lois de la République.

Le commissaire près le directoire du département continue à renseigner le ministre pour stimuler ses velléités de répression; il lui écrit le 15 pluviôse :

« Profitant de ce pouvoir tyrannique qu'ils exerçaient principalement dans l'ancien évêché de Saint- Malo, de l'état de superstition et d'ignorance où ils retenaient les habitants des campagnes, ils ne décèlent plus leur joie atroce et s'élèvent déjà avec presque autant de furie contre leurs confrères qui ont promis de vivre soumis aux lois de la Eépublique que contre ceux qui avaient prêté le premier serment. L'aveuglement est tel qu'à ma connaissance des communes ont refusé des prêtres réfractaires par la seule raison qu'ils n'étaient pas au nombre de ceux sujets à la réquisition. »

Puis le 27 ventôse : « Ils prêchent ouvertement la

rébellion. La terreur qu'ils inspirent dans les campagnes est telle que personne n'ose les dénoncer, il est grand temps que le corps législatif s'occupe enfin de cette caste ennemie »

Les réponses de Cochon des 18 floréal et 6 prairial sont embarrassées, évasives comme les précédentes, et celles du commissaire des 3 et 18 prairial (6 juin 97) sont, elles aussi, comme les précédentes, de vigoureux plaidoyers pour qu'on prenne des mesures répressives (1). Mais les élections de germinal avaient été défavorables aux partisans de la Eévolution et ce fut l'esprit de réaction qui domina. Le 7 fructidor (24 août), une loi abrogea toutes celles antérieures contre le clergé insermenté.

(1) Toute cette correspondance existe aux Arch. dép., L, 2 V Y, 12.

Cependant la détresse de notre commissaire fut de bien courte durée, car, onze jours après, le coup d'Etat de fructidor et la loi du 19 (1) vinrent satisfaire ses désirs de répression en ordonnant la stricte exécution de la loi du 7 vendémiaire an IV, avec, en plus pour les prêtres, l'obligation du serment de haine à la royauté et l'expulsion hors du territoire des déportés ou émigrés rentrés.

Le successeur de Cochon, Sotin, le 4 brumaire an VI (25 octobre 1797), adressait aux administrations départementales de pressantes instances pour faire arrêter et conduire à Eochefort tous les prêtres tombant sous le coup de la loi afin de les déporter; le 7, il les prévenait de ne pas excepter de la catégorie des prêtres déportables ceux qui, pour éviter cette mesure, seraient disposés à prêter un serment qu'ils avaient refusé aui3aravant. Les autorités restèrent impuissantes, tant ces réfractaires trouvaient facilement aide, protection et asile parmi leurs concitoyens, ainsi que le prouve le tableau que nous publions des prêtres de notre district; tous se cachèrent et pas un ne demanda un passeport pour l'étranger. On ne croyait plus au retour des lois sanguinaires (2).

(2) Lettres et circulaires, Arch. dép., L, 2 V 4, 12.

Tableau indicatif des prêtres déportés, rentrés et insoumis qui, ayant reparu avant le 18 fructidor, ont pris des passeports pour V étranger, ou ont disparu sans en prendre depuis cette époque, ainsi que de ceux qui sont restés ou présumés restés dans les communes du département (1).

Anger, disparu sans passeport , présumé caché à Torigné.

Fanatique.

Battais, disparu sans passeport. Ennemi déclaré de la

République.

Blanchard, du Mont-Dol, disparu sans passeport. Caché

au Mont-Dol. Ennemi de la Révolution. Fanatique

dangereux.

Briand Julien, disparu sans passeport. Caché à La Fon-

tenelle. Déporté rentré.

Brard Julien- Jacques, disparu sans passeport. Caché à

Bâzouges.

Butel Jacques, disparu sans passeport. Caché à Marcillé-

Raoul, infirme.

Bigot Jacques, disparu sans passeport. Caché à Trans,

sous caution, dans une maison particulière, à cause de

ses infirmités.

Boutry, disparu sans passeport. Caché à Vitré. Briand, 70 ans, recteur de Langan. Caché à Langan. Coire, prêtre, disparu sans passeport.

Chesnay Joseph, vicaire de Saint-M'Hervé, disparu sans

passeport, caché à Bâzouges. A fait partie des Chouans.

A perdu l'esprit public partout où il a été.

(1) Arch. dép., L, 2 V 5.

Duhil, prêtre, disparu sans passeport. Caché àBâzouges.

Delalande, prêtre, disparu sans passeport. Déporté rentré.

Desmot, curé de Hirel, disparu sans passeport. Caché au Mont-Dol. Ennemi de la Eévolution et fanatique dangereux.

Dumargaro, chanoine, disparu sans passeport. Caché à Baguer-Pican. Emigré rentré.

Dory Joseph, prêtre, disparu sans passeport. Caché à La Fontenelle. Déporté rentré.

Delacroix, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Langan.

Forget Jacques-Pierre (1), curé de Baguer-Pican, disparu sans passeport. Caché à Baguer-Pican. Ennemi de la Eévolution et fanatique dangereux.

Faligant, en arrestation.

Gillot, Chartreux de Dol, disparu sans passeport. A organisé la Chouannerie et a marché avec les Chouans lorsqu'ils ont été égorger quelques victimes.

Gillot, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Dol ou à Carfantain. Ennemi de la Révolution et fanatique

Goret, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Baguer- Pican. Déporté rentré.

Gavard René, disparu sans passeport. Caché àSaint-Ouen.

Gandin Jean, disparu sans passeport. Sans vice ni vertu. Réfractaire par esprit de parti.

Huhay Louis, disparu sans passeport. Caché à Tremblay.

Hoguet Louis, disxjaru sans passeport. Caché à Saint- Ouen.

(1) Ses prénoms sont Thomas-Gilles.

Joli y, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Saint- Médard, au Bois-Geffroy. Ennemi déclaré de la Képublique.

Gouanne François, disparu sans passeport. Caché à Saint-Ouen. Déporté rentré.

Jouanne Marin, 58 ans, disparu sans passeport. A conservé l'estime des républicains; ami de l'ordre et de la paix. Ne tient à son parti que par esprit de corps.

Levrette, eudiste à Dol (1), disparu sans passeport. A organisé la chouannerie, a marché avec les chouans quand ils ont été égorger quelques victimes.

Legallois, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Eoz- Landrieux. Ennemi déclaré de la Kévolution. Ennemi dangereux.

Launai (2), eudiste, disparu sans passeport. Caché àBaguer-Morvan. Même observation.

Lecamus Mathurin, 68 ans, ex-chapelain du Grand-Bois> disparu sans passeport. Caché à Bâzouges. Fanatique dangereux.

Lambert, 35 ans, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Tremblay. Si les bruits répandus sur lui sont vrais , c'est un monstre d'iniquité.

Levrel, disparu sans passeport. Caché à Quédillac.

Mouazé Guillaume, 52 ans, disparu sans passeport, ex-

(1 ) C'est Levrel que s'appelait cet Eudiste. (2^ Delauuay.

vicaire de Gosné. Caché à Bâzouges. Fanatique dangereux.

Morel, disparu sans passeport. Caché à Saint-Ouen [ou Saint-Onen].

Ory Jean, 32 ans, disparu sans passeport. Caché à Bâzouges. A fait partie des Chouans, a perdu l'esprit public dans tous les endroits qu'il a fréquentés.

Prevel, disparu sans passeport. Caché à Feins, Aubigné ou Combour. Ennemi déclaré de la République.

Porcher, professeur de philosophie, disparu sans passeport. Caché à Baguer-Morvan. Ennemi de la Révolution et fanatique dangereux.

Poupart, prêtre, disparu sans passeport. Resté à Fougères, domicile connu.

Régnault, prêtre, disparu sans passeport. Caché à Saint- Thual.

Renard, prêtre, disparu sans passeport. Resté à Vitré, domicile connu.

Toullier, chanoine de Dol, disparu sans passeport. Caché à Dol ou Carfantain. Ennemi de la Révolution et fanatique dangereux.

Tourenne, recteur de Baguer-Morvan, disparu sans passeport. Caché à Baguer-Morvan. Même observation.

Veron, recteur de Carfantain, disparu sans passeport- Caché à Dol ou Carfantain. Même observation.

Fait à Rennes le 6 pluviôse an VI (25 janvier 1798).

Sur deux états des absents dont les biens se trouvent dans les cantons d'An train et de Trans, états dressés les

1er prairial et 8 floréal an VI, figurent des ecclésiastiques qui ne sont pas sur le tableau précédent ; ce sont :

François Gavard, ex-curé de Parce, absent depuis le 19 fructidor, sujet à la déportation, ayant reparu comme amnistié.

Nicolas Guiller, ex-vicaire de Saint-Ouen-la-Rouerie.

Son bien a été rendu à sa famille par arrêté du 27 vend, an V, conformément à la loi du 22 frimaire an III.

Julien Guelé, ex-prêtre déporté, absent depuis le 19 fructidor, était rentré antérieurement.

Auguste Fertigné, ex-prêtre, absent depuis deux ans, ne s'était pas soumis à la déportation.

•Jacques Gilbert, absent depuis 1791, était curé de la chapelle Saint- Aubert, on ignore ce qu'il est devenu; ses biens qui sont situés en Sougeal ont été rendus par arrêté du 14 frimaire an IV.

René-Malo Marie, ex-prêtre, était recteur de Pire; on ne sait où il est actuellement.

Rozé , biens en Vieux viel.

Trois prêtres seulement furent arrêtés sur le territoire du district de Dol et subirent la déportation ainsi que l'indique le tableau suivant (1) :

« Fatigant François, par arrêté du 29 thermidor an VI. Prêtre insermenté et contre-révolutionnaire, fanatique dangereux. »

« Toullier Joseph-Hyacinthe, par arrêté du 29 thermidor an VI. Chanoine de Dol insermenté. »

« Prevel Félix, par arrêté du 16 ventôse an VIII. Prêtre insermenté, ex- curé de Feins. »

(1) Arch. dép., L, 2 V 5.

Tous les trois déportés à l'île de Ké.

Deux autres prêtres du district de Dol, mais arrêtés hors de son territoire, subirent également la déportation à l'île de Eé; ce sont MM. de la Croix, l' ex-principal du collège, et Poupart, ex-capucin de La Boussac.

Peu à peu, presque partout, on cessa d'inquiéter les réfractaires à tous serments qui, pour la plupart, préféraient exercer leur culte en cachette plutôt que de signer un acte de soumission aux lois de la Képublique, et ce ne fut plus guère que contre les sonneries des cloches qu'à partir de janvier 1798 s'acharnèrent, sans résultat d'ailleurs, les autorités départementales.

Sur les 45 communes qui formaient l'ex-district de Dol en l'an VIII, 13 seulement, 14 peut-être, avaient leur église desservie par un ancien conformiste non rétractaire, c'étaient : Antrain, Bâzouges, Eimou, Saint- Remy, Sens, Gahard, Romazy, Vieuxvy, Pleine-Fougères, La Boussac, Tremeheuc et Saints, et peut-être Cherrueix.

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