AUTRE LISTE
Noms
Résidence
Date de l'abdication
Lieu do l'abdication
Gilbert Eené-Mic, vicaire de Dol,
Asséré François, curé à Hirel, 19 ventôse,
Eoussin Anne-Fr., — à Trans, 12 ventôse,
Vallée Hyacinthe, — de Lafonten., 12 ventôse,
Hervé Eené, simple prêtre, 12 ventôse,
Eenard Th.-Ant., curé à Feins, 12 ventôse, Jacob Olivier, — à PL -Fougères 12 ventôse,
Bobon Julien, — à Feins (1), 12 ventôse,
Delepine Julien-F. — à La Boussac, 11 ventôse,
Lesénéchal Louis, — à Mont-Dol, 10 ventôse,
Lemesle François, — à Combourg, 12 ventôse, Mauger, — à Eoz-Landr., 12 ventôse,
Juin, — à Saint-Eemy, 7 ventôse,
Feuillet Eené, simp. pr. à Antrain 17 ventôse,
Coupé Georges- A., curé à Noyai, 30 pluviôse,
Meslier Yves, — à Sougéal, 17 ventôse,
Guelé Julien-Jean, chap. à Brouelan, 17 ventôse,
11 ventôse, dev* le dist. de Dol.
devUa municipalité de Baguer-Pican
dev1 la municipalité de La Boussac.
dev* la municipalité de Mont-Dol.
dev* le dist. de Dol.
devant le juge de
paix d' Antrain.
dev* mun. de Noyai
— de Sougéal.
— dist. de Dol
(1) Erreur; c'est de Baguer-Pican qu'il était curé.
Date Lieu
Noms Résidence de l'abdication de l'abdication
Bonami P.-Eust., curé à Dingé, 17 ventôse, devUedist. deDol.
Pissis Louis- Aug., vie. à St-Broladre, 23 ventôse, — — —
Egault Charles, vicaire à Saints, 16 ventôse, — m. de Saints
Lescauff François, curé de Tremeheuc 10 ventôse, — m. de Trem.
Cadeu Bonavent., curé d'Antrain, 17 ventôse, — j. de p. d'Ant
Delfosse J.-Bapt., 23 ventôse, à Baguer-Morvan.
Daron Julien, curé de Saints, 16 ventôse, devtlam. de Saints
Lesage, curé deBâzouges, 5 germinal, dev1 dis. de Bennes
Certifié conforme par nous administrateurs du district de Dol, le 27 germinal an II (16 avril 1694).
Lepoitevin, Pleinfossé, Portats.
Cet acte de lâcheté accompli, ces gens n'eurent plus qu'à quitter un pays où rien ne les retenait plus; c'est ce qu'ils firent en très grand nombre. Ils abandonnèrent leurs ouailles aux entreprises et séductions des prêtres demeurés cachés ou rentrés clandestinement.
Sur le tableau dressé le 13 septembre 1794 des pensionnés du district, on ne trouve plus que 25 ex-conformistes demeurés dans leur paroisse, dont quelques-uns étaient mariés et que plusieurs quittèrent peu après. Par les soins de Le Carpentier et de la Convention, les campagnes se virent donc débarrassées en grande partie des conformistes et quand les orthodoxes purent reparaître, l'unité du culte se trouva ainsi réformée presque partout dans le district de Dol.
Département d'Ille-et-Vilaine, district de Dol .
4e jour des sans-culotides de l'an II (20 septembre 1794)
Etat des ci-devant ecclésiastiques domiciliés dans V arrondissement de ce district, jouissant d'une pension à la charge du Trésor national, payable au chef-lieu du district.
Qualité
Domicile
Pension
Noms
Prénoms
Age
éteinte
actuel
annuelle
Gilbert
Eené-Michel
vicaire de Dol
à Dol
Benard
Thomas-Ant.
curé de Feins
Min.-Morvan
Bobon
Julien
curédeBag.-P
Bag.-Pican
Cadeu
Bonaventure
curé d'Antrain
An train
Fauvelais
Jean-Michel
curé de Vieuxvy
Vieuxvy
Bigarré
Laur. -Joseph
curéd'Epiniac
Dol
Daron
Julien
curé de Saints
Saints
Egault
Charles
vie. de Saints
Saints
Bonnami
Pierre- Eust.
curé de Dingé
Petitpain
Franc. -Pierre
curé de Gahard
Gahard
Delfosse
Jean -Baptiste
curédeB.-Mor
Dol
Deluarde
Jean-Louis
curé de Québ.
Québriac
Vallée
Hyac.-Anne
curé de La Font
LaFontenell.
Boussin
Anne-François
curé de Trans
Antrain
Penault
François
curé de Dol
Dol
Asséré
François
curé de Hirel
Jacob
Olivier
o. dePl.-Foug.
PL -Fougères
Delépine
Jul. -François
c. de LaBoussac
à l'Armée
Lesénéchal
Louis
c. de M. -Dol
Mont-Dol
Qualité
Domicile
Pension
Noms
Prénoms
Age
éteinte
actuel
annuelle
Lemesle
François
c. de Comb.
Dol
Mauger
c. de R.-Land.
Juin
Pierre
c. de S. -Rem y
S. -James
Coupé
G. -Antoine
curé de Noyai
Sens
Meslier
Yves
c. de Sougéal
Pissis
Louis-Aug.
vie. deS.-Brol.
Lescauf
Fran çois
c. de Tremeh.
Tremeheuc
Ridé
Guillaume
c. de Cherrueix
Cherrueix
Gosselin
François
c. de Eomazy
Galles
François
c. de Tremblay
Tremblay
Gibouin
Pierre
c de S. -Léger
Du Cognet
Jacques
curé de Sens
Chardot
Louis-Michel
c. de S.-G.-d.-G.
Du Parc
Thomas
v. deP.-Foug
Pontorson
Le Gallais
François-Luc
c. deB.-la-P.
Bâzouges
Dufour
Henri-Jean
c. de Vieuxviel
Vieuxviel
Bisson
Louis - Magloire
c. de R.-s.-Co.
Guy
Mathurin
vicaire de Sens
Sens
Dénouai
c. deBonnem.
Legrand
curé de Cuguen
M. S. -Michel
Hamon
Michel
c. deS.-Brola.
à Rennes
Macé
François
curédeRimon
Rimou
Huet
v. de Rimou
Rimou
Lesage
c. de Bâzouges
à Rennes
Lochet
Guillaume
c. de La Fres.
La Fresnaye
Cirou Berel Blanchard
François
c.deS.-O.-la-R.
c. de Chauvigné c. de Lourmais
S.-O.-la-Roue.
Qualité
Domicile
Pension
Noms
Prénoms
Age
éteinte
actuel
annuelle
Ôhevalier
Pierre
v. de S.-O.-la-E.
Picot
François
e. delaC.-aux-F.
La Chap.
l^OOO1
Pitel
Louis
ex-cli. de Dol
Dol
Carton
Claude
ex-religieux
PL -Fougères
Gallery
Eobert-Noel
ex-ch. de Dol
Frimbault
Lagadec
Laurent-Guy
ex -frère lais
Sougeal
Monnier
Joseph
ex-frère lais
Dol
Saint-James
ex -frère lais
Ollivault
Marie- Thérèse
ex-religieuse
Lefranc
Jeanne
ex-religieuse
St-Germain
Marie-Françoise
ex-religieuse
Chape
Marg. -Marie
ex-religieuse
Lepoitevin
Anne-Eose
ex -religieuse
Jicquel
Anne- Jeanne
ex -religieuse
Lelièvre
Jeanne-Getiev.
ex-religieuse
Doulon
Eélène-Eose
ex-religieuse
Bienvenu
Jeanne-Marie
ex-religieuse
Barouard
Ang. -Françoise
sœur converse
Lecarmur
Angélique
sœur converse
Vu et certifié par nous administrateurs du district de Dol, le 4e jour des sans-culotides de l'an IL
Après l'amnistie générale décrétée par la Convention le 12 frimaire an III (2 décembre 1794), les députés en
mission dans l'Ouest adressaient aux prêtres réfractaires proclamations sur proclamations pour leur promettre pardon et oubli et les engager à quitter leurs cachettes et à jouir d'une entière liberté (1).
La loi du 3 ventôse (21 février 1795) (2) avait rétabli la liberté absolue de tous les cultes sous la surveillance des autorités constituées; d'un autre côté, un arrêté de Guezno et Germeur du 6 germinal an III ■ (26 mars) rendait la liberté à tout prêtre enfermé pour refus de prêter serment, etc. Par le traité de la Mabilais (27 avril) (3), la Convention s'engageait à faire observer la loi nouvelle à l'égard des insermentés par lesdites autorités ainsi que par les commandants de la force armée. Aussi vit-on reparaître dans les paroisses non seulement les prêtres qui y étaient demeurés cachés, mais aussi quelques-uns de ceux qui avaient émigré ou avaient été déportés.
Une scission se produisit alors parmi le clergé orthodoxe : pendant que les uns prêchaient la paix, les autres, peut-être les plus nombreux, mais assurément les plus actifs, prêchaient la guerre à outrance. Voici les extraits significatifs de deux des nombreuses brochures qu'on répandait à cette époque parmi les catholiques et qui se trouvent ainsi que bien d'autres aux Archives du département, 8., L., « Mélanges, brochures sur le clergé »
(1) T. I, p. 17 4; III, p. 58. Amnistie était accordée « à toutes personnes condamnées, jugées, ou arrêtées et non jugées pour avoir pris part à la révolte qui a éclaté dans les départements formant l'arrondissement des armées de l'Ouest, des côtes de Brest et de Cherbourg. »
(2) T. II, p. 175.
« Lettre chrétienne d?un prêtre de la ci-devant Bretagne aux habitants des campagnes. »
L'auteur invoque Dieu et les intérêts de la religion pour les ramener à l'union : « L'attachement à la religion de nos pères a cessé enfin d'être un crime. Il est aujourd'hui permis d'adorer la divinité et d'exercer librement les cérémonies de notre culte. Vos anciens pasteurs vous sont rendus : le gouvernement promet à tous protection, liberté et sûreté Pourquoi, mes T. C. F., la
terre est-elle encore arrosée de sang? Pourquoi des récits de meurtres et d'assassinats viennent-ils encore nous affliger? Quelles sont les offenses que vous avez encore à venger? Elles sont toutes redressées; quelles sont vos craintes pour l'avenir? elles sont toutes dissipées.
« Vous avez présentement le libre exercice de votre culte, vos enfants vous sont restitués pour vos travaux champêtres, un décret d'amnistie prononce un pardon entier et sans réserve à ceux d'entre vous qui ont pris part aux attroupements. N'attendez des ministres de votre religion que des paroles propres à vous porter à l'union, à la modération et à la charité; imitez vos frères
de la Vendée Vous ne sauriez vous abuser jusqu'à
croire qu'il vous soit possible de résister aux armées nombreuses de la France réunies contre vous, lorsque tous les rois de l'Europe accablés de défaites reconnaissent l'impuissance de leurs efforts. »
G., ancien recteur
« Instructions familières sur le martyr en faveur des fidèles qui, dans les circonstances actuelles, peuvent s1 y trouver exposés, etc »
(page 32), « 12e question : Que doit- on penser
de ceux qui prennent les armes pour le rétablissement de l'ordre et de la tranquillité?
Eéponse : « On ne peut qu'applaudir au zèle et au courage de ceux qui prennent les armes pour le retour de l'ordre et de la tranquillité dans le royaume de France. Jamais cause ne fut plus digne d'un Français et on peut regarder tous ceux qui entrent dans ce projet comme ces braves que Dieu avait destinés pour opérer le salut d'Israël Non, non, tout vrai Français ne peut être spectateur oisif d'une si étrange révolution et demeurer dans une lâche et honteuse inaction »
Les mesures pacificatrices et la réapparition des insermentés animés de sentiments si contraires rendirent perplexes les autorités de notre district; aussi dès le 14 germ. (3 avril) le procureur syndic avait-il écrit aux représentants Guezno et Germeur :
« Votre arrêté du 6 courant concernant la mise en liberté des ministres du culte catholique détenus par le seul refus de prêter serment à la constitution civile du clergé porte que tous ceux qui se sont cachés par suite de ce refus devront se présenter devant les agents nationaux du district des communes dans le territoire de laquelle ils se trouvent; sont exceptés ceux exceptés par la loi du 29 nivôse et vos arrêtés du 25 et 29 pluviôse et les autres lois rappelées auxdits arrêtés. »
« Le Comité de sûreté générale recommande aux agents nationaux la plus stricte exécution des décrets relatifs aux émigrés qui viendraient souiller par leur présence le territoire français de les faire arrêter et traduire devant les tribunaux.
« Le Comité ne dit rien des prêtres déportés et termine seulement par cette phrase : « Dans le cas où des prêtres déportés en vertu des lois voudraient rentrer, ils doivent être surveillés et poursuivis conformément aux décrets. »
« Cette surveillance a-t-elle pour but de les faire arrêter et cette poursuite tend-elle à les faire juger comme émigrés? Veuillez bien, citoyens, me donner votre avis»(l).
Nous ignorons quelle fut la réponse. Mais ce que nous voyons, c'est que ce retour des anciens prêtres coïncida malheureusement avec une formidable levée de boucliers des chouans. Déjà, le 25 germinal (14 avril), le directoire du district avait annoncé au département le commencement des troubles, lorsque le 9 floréal (28 avril) c'est une lettre éplorée qu'il adresse au représentant Grenot. Toutes les municipalités attribuent cette recrudescence au retour des prêtres insermentés (2). Puis ce sont des lettres que le directoire reçoit de tous les points du district, les 11, 18, 22, 24, 25, 27 floréal, 7, 8, 11, 12, 14, 16, 19, 21, 24, 26 prairial, 5, 6, 9, 11 messidor (29 juin) (3)
et cela continue, vols, assassinats, etc ; la terreur est
dans toutes les campagnes. Aussi ce fut avec un véritable soulagement que les autorités doloises reçurent la loi du
(1) Arch. dép., L, registre de correspondance du procureur syndic.
(2) Voir cette lettre, T. I, p. ] 78.
(3) Arch. dép., L, registre de correspondance du district.
20 fructidor (6 septembre) qu'aussitôt ils s'empressèrent de mettre à exécution, mais avec peu de succès, et les quelques prêtres arrêtés furent relâchés par le département.
Cependant quelques églises s'étaient rouvertes ainsi que l'indique le relevé demeuré en la mairie de Dol.
Soumissions faites au directoire de Dol afin d'obtenir pour V usage du culte des édifices connus sous le nom d'églises.
Pour Coinbourg, le 19 floréal an III (8 mai 1795)
Pour Boz-Landrieux,
le 21
id.
Pour Epiniac,
id.
Pour La Fresnaye,
id.
Pour La Boussac,
4 prairial
id.
Pour Hirel,
id.
Pour Saint-Léger,
id.
Pour Baguer-Morvan,
id.
Pour Dol,
id.
Pour Trans,
id. (30 mai 1795).
Le 12 octobre 1795 parvint à Dol la loi du 7 vend, an IV (29 septembre) (1) loi de protection et de liberté pour le culte, mais exigeant une déclaration de soumission aux lois de la République.
Les chouans continuaient leurs exploits. Alors sur-
vint la loi du 3 brumaire (25 octobre) (1) qui, sans restreindre en rien celle du 29 septembre, remit en vigueur les lois de 1792 et de 1793 contre les prêtres sujets à la déportation ou à la réclusion.
La Convention disparaissait le lendemain.
Cette loi du 3 brumaire, dite décret du 4, donna lieu pour son application à une lettre circulaire du ministre de l'intérieur, en date du 23 frimaire : « J'aime à penser, citoyens, que, convaincus de la nécessité de mettre un terme aux maux dont les manœuvres des prêtres réfractaires ont rempli la France depuis si longtemps, le département a apporté le plus grand soin à faire exécuter les lois rappelées par celle du 4 brumaire; que des mesures ont été prises avec la célérité qu'elle prescrit pour que ces ecclésiastiques fussent mis hors d'état de continuer de répandre le poison de leur pernicieuse doctrine Il est donc nécessaire que vous fassiez dresser
un tableau, etc. »
Cette lettre à l'administration départementale fut suivie de plusieurs autres du ministre de la police Merlin pour activer la répression des délits causés par des prêtres; notamment les 21 et 26 pluviôse an IV (14 février 1796). Dans cette dernière il disait : « ... Plusieurs de ces prêtres se font une étude de rechercher dans les cérémonies qu'ils célèbrent certaines formules dont le sens équivoque flotte les pensées secrètes des ennemis de la République et contribue à entretenir leurs coupables espérances On m'assure que les prêtres qui ont refusé