Archives de l'Archevêché, registre de M. Le Coz
86 COMMUNE D'ÉPI NIAC
s'installer dimanche prochain huit courant à la place dont il a été pourvu et pour laquelle il s'est procuré l'institution canonique. Sur quoi délibérant, les administrateurs susdits ont arrêté d'écrire à la municipalité d'Epiniac pour la prévenir de 1 intention du sieur Bigarré et la prier d en donner avis aux sieurs Guiller et Lefrançois, ex-curé et vicaire, qu'ils aient à désemparer et vider le presbytère d'Epiniac de leurs corps et biens.
Le directoire de Dol à la municipalité d'Epiniac.
6 juillet 1792.
Nous avons l'honneur, Messieurs, de vous annoncer que M. Bigarré, prêtre de Saint-Malo, zélé patriote, accepte votre cure et que, pourvu de son institution canonique, il se propose de s'y installer dimanche prochain huit de ce mois. Vous voudrez bien. Messieurs, en instruire vos curé et vicaire afin qu ils vident le presbytère et nous ne doutons pas que votre civisme vous portera à seconder le zèle dont M. Bigarré va être animé pour votre bonheur et votre tranquillité.
Registre de la Municipalité.
En conséquence de la loi, ce jour 8 juillet 1792, s'est présenté missire Laurent-Joseph Bigaré, prêtre, nommé fonctionnaire par Messieurs les administrateurs du directoire du district de Dol, suivant le procès-verbal qu'il nous a représenté et sa lettre de provision de M*r l'évêque de Rennes, métropolitain du Nord-Ouest; ledit sr Bigaré, après avoir fait un discours en chaire en présence de la municipalité et du peuple assemblés, a fait, à haute voix, le serment prescrit par la loi de bien remplir les fonctions attachées à son ministère, d'être fidèle à
la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout son pouvoir la constitution civile du clergé, décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi. de tout quoi, etc.
Bigaré, prêtre curé ' .
Ce dimanche 29 septembre 1792. à l'issue de la grand'messe. le sieur Laurent-Joseph Bigaré, curé constitutionnel de la paroisse d'Ëpiniac, après avoir fait un discours à la suite de son prône, a, devant le peuple et la municipalité assemblés, à haute voix, fait le serment prescrit par la loi du 14 août 1792, d'être fidèle à la nation et de maintenir la liberté et l'égalité, ou de mourir à son poste en les défendant, de tout quoi, etc.
Jean Sorette, maire depuis novembre 1791 jusqu'en décembre 1792, a reçu 45 livres de Louis Guillier. ex-curé, lors de son départ, sans savoir pour quelle cause est cette somme.
L'an 1793, le 24 février après midi, a comparu devant nous, officiers municipaux d'Ëpiniac, le citoyen Laurent-Joseph Bigaré. curé, lequel nous a déclaré que, vu la multiplicité de ses affaires, il ne peut faire les fonctions d'officier public ; en couséquence, après nous avoir remercié de la confiance que nous lui avons témoignée en le nommant à cet emploi, il s'en déporte, ainsi que de la qualité de notable, lesdil jours et an que
dessus.
Bigaré, curé.
... De plus, lesdits municipaux ont arrêté que les trésoriers en charge, à commencer du premier janvier 1793, sont autorisés à prendre quatre sous par mèche aux services, mariage et enterrements des citoyens, de laquelle recette le citoyen curé s'est chargé, sauf à en rendre compte aux trésoriers; de plus, ledit maire est autorisé à prendre la dîme de fermages d'avant le décret d'abolition de la dîme. Fait et arrêté, etc..
1. Le 10 août suivant, ledit curé réclame son traitement d'ex-capucin.
88 COMMUNE D'ÉPINIAC
10 pluviôse an II de la République (29 janvier 1794). — Nous avons arrêté qu'il sera payé quatre sous par mèche de cierge allumé pour mariage et sépulture et qu'il sera payé pour un service 10 sols au citoyen Jean Vigou. marguiller. et 15 sols pour un enterrement ; 10 sols pour le chantre ; pour le citoyen curé, il lui sera payé 27 sols par service et enterrement ; lesdits trésoriers seront tenus de recevoir l'argent pour les cierges, qui seront de deux sols par mèche pour l'enterrement d'un enfant. Quant aux baptêmes, ils doivent se faire gratis, mais nous laissons les citoyens à leur option. Les cloches seront données indistinctement pour tout le monde de la même manière pour les baptêmes et décès, les sons de la grand'messe seront comme de coutume, le dernier son sera donné avec les deux cloches pendant une demi-heure, afin que les citoyens aient le temps de se rendre d'heure.
Le premier décadi de prairial an deux (29 mai 1794) de la république française une et indivisible, les communes de Léonard et d'Epiniac ensemble, réunies aux fins de convocation du citoyen Portai, administrateur, dans l'autel (sic) de la Raison autrefois servant d'église d'Epiniac, après avoir été lu et fait publication de toutes les lois reçues de l'administration du district, le citoyen Portai a fait un discours et chanté des hymnes à la raison, ensuite il nous a donné lecture de l'arrêté du représentant du peuple Lecarpentier du 17 floréal dernier qui réunit la commune de Saint-Léonard à celle-ci: en a fait le dépôt, etc..
Décharge est donnée au maire de quarante-cinq livres contenues en la quittance de M. Kuellan du 20 thermidor an 2 (7 août 1794) pour avoir déplacé et effacé les armoiries dans 1 église de la Barbière et même pour avoir dépendu la croix de dessus l'église.
iMAl 1795 89
8 fructidor an 2 i25 août 1794).
Le directoire de Dol à la municipalité d'Epiniac.
Nous apprenons que. malgré les différentes lettres stimulantes que nous vous avons écrites pour que vous eussiez à faire disparaître dans l'étendue de votre commune tous les signes de fanatisme, qu'on ne peut faire un pas sans y trouver encore des croix debout ; nous vous prévenons pour la dernière fois que si sous le délai de 3 jours après la réception de la présente vous ne les avez fait disparaître toutes, nous enverrons, après ce délai expiré, des commissaires faire cette opération à vos frais.
[Le 22 floréal an III (11 mai 1795), des habitants d'Epiniac louent l'église pour que les insermentés puissent y exercer le culte.]
Audience du 3 prairial, 3e année de la République (22 mai 1795) *. — Devant nous, Jean-Mathurin Gauthier, juge de paix de la ville et canton de Dol. a été... à ladite audience, après avoir fait amener en présence du tribunal la personne du nommé Nicolas Faligant, se disant prêtre du culte catholique, apostolique et romain, de la maison de détention de cette cité, où nous l'avons fait retenir jusqu'à l'audience de ce jour comme prévenu d'avoir, dans l'exercice de ses fonctions, troublé de différentes manières l'ordre public et prêché la révolte et la désobéissance aux lois et aux autorités constituées, a été donné lecture de l'arrêté de l'administration de ce district du 29 floréal dernier, contenant les faits dont est prévenu ledit Faligant, de ses interrogatoires et réponses du 30 du même mois, et ensuite a été procédé à l'audition des témoins nous indiqués