Mairie de Roz-Landrieux
mais encore notre monarque lui-même, le meilleur et le plus bienfaisant des rois, daigne nous y inviter.
Non, Messieurs, on ne nous trompe point, quoi qu'en disent certaines gens intéressées à le publier, chacun de nous connaît les abus dont nous sommes depuis si longtemps victimes, ainsi que les causes qui les ont fait naître, et quoique chaque membre de cette assemblée en soit instruit aussi parfaitement que moi il ne sera pas inutile, Messieurs, de vous en faire un rapport succint :
Premièrement, le Tiers-Etat supporte seul les droits onéreux et accablants du franc fief pour les terres nobles qu'il possède.
Segondement, il paye seul l'impôt des fouages et celui de la capitation presqu'entier, puisque sur plus de deux millions la noblesse ne paye que cent vingt-cinq mille pour elle et pour tous ses domestiques commensaux , en quelque nombre qu'ils soient, tandis quelle possède plus de la moitié des biens territoriaux. Outre ces charges déjà excessives, le citoyen du Tiers-Etat, même le plus pauvre, est obligé d'ouvrir et d'entretenir les grandes routes, de loger des troupes ou de fournir des lits à leurs casernes et de transporter leurs bagages, de fournir des hommes pour le service des troupes provinciales, la garde de la côte, de faire la patrouille dans les villes, etc..
Vous le savez, Messieurs, les malheureux habitants des campagnes ne sont pas ceux qui supportent les moindres de ces fardeaux dont tous les nobles et aunoblis sans distinction sont exempts, et quoi que vous connaissiez tous aussi bien que moi la cause de ces étranges inégalités, il ne sera pas encore hors de propos d'en dire un mot.
C'est que le Tiers-Etat est mal représenté et par conséquent mal défendu aux Etats de la province, c'est que nous n'y sommes représentés que par 42 députés qui ne sont même pas de votre choix, c est que ces députés sont toujours présidés par un noble ou un annobli. c'est que si ce président ou quelqu'un des députés veut parler en faveur du Tiers, sa voix est
étouffée à l'instant. On a toujours tenu jusqu'ici le peuple des campagnes, la portion la plus utile et la plus nombreuse de la nation, dans 1 humiliation et l'asservissement, et qu'on a jamais daigné l'appeler aux assemblées générales et politiques de la province.
Je demande acte de la représentation d'un imprimé de la municipalité de Dol, de plusieurs autres imprimés de différentes municipalités de ville et corps politiques de paroisses, et enfin de l'arrêté desdites paroisses de Rennes du 19 janvier dernier contenant leurs arrêtés et délibérations pour le redressement des griefs du Tiers.
Le Général délibérant a décerné à son trésorier en charge l'acte par lui requis et après avoir pris lecture des pièces représentées a déclaré avec empressement adhérer aux réclamations y insérées tendantes à obtenir le redressement des griefs que souffre le Tiers-Ktat surtout des campagnes et a chargé M. le trésorier de faire imprimer la présente pour en envoyer des exemplaires à qui être devra, notamment à MM. les officiers municipaux de la ville de Rennes et à MM. les députés et agrégés de la ville et communauté de Dol.
Pytoy, recteur de Vildé-Bidon; Deminiac.
Lemonnier, Bertrand Delamaire. Lecarmure. Jean Minois. Jean Chenot.
Joseph Despeaux. Malo Despeaux, Lemonnier-Maisonneuve, secrétaire; Tremaudan, procureur fiscal ; Lepoitevin- Dechanelot. sénéchal.
Le 24 février 1190 [M. le recteur est élu notable et comme tel il prête avec ses collègues le serment « de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de bien remplir les fonctions qui viennent de leur être confiées. »]
Du deuxième jour de janvier 1791. la municipalité de cette paroisse assemblée, par ce qui lui a été exposé de la part de
Pierre Delamaire. pr de la commune : que le sr recteur de cette paroisse ayaut refusé de souscrire notre délibération du 14 novembre dernier '. il paraît qu'il refuse de continuer d'être au nombre des notables de cette paroisse, conséquemment il est nécessaire de lui nommer un remplaçant.
Procès-verbal de prestation civique, fait par le curé de la paroisse de Vildé-Bidon. en exécution du décret de l'Assemblée nationale du 27 novembre 1790.
Le dimanche 30 janvier 1791. aux onze heures et demie du matin, en l'église de la commune et paroisse de Vildé-Bidon, en présence du conseil général de la commune d'icelle et des fidèles assemblés. Monsieur Pitoys. curé de ladite paroisse, s'est présenté pour prêter le serment civique, en exécution du décret de l'Assemblée nationale du 27 novembre 1790, sanctionné par le roi et publié en cette municipalité dimanche dernier. 23 de ce mois, et d'effet, ledit sr curé après un discours dans lequel il a exprimé ses sentiments d'attachement à la nouvelle constitution, a prononcé à haute et intelligible voix et à main levée le serment solennel de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse confiés à ses soins, d'être fidèle à la nation, à la loi. au roi. et de maintenr de tout son pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi. pour ce qui concerne le civil seulement, après quoi l'assemblée s'est séparée.
27 avril 1792.
Le directoire de Dol à M. Jeune, curé de Hoz-Landrieucc.
Nous sommes d'avis. Monsieur, qu'en attendant la réunion de la paroisse de Vildé-Bidon à la vôtre que nous avons demandée, vous vous transportiez à Vildé pour y faire les
1. Cette délibération n'avait eu pour objet que la nomination d'un trésorier « pour recueillir les deniers royaux et fabricaux » et de trois notables.
baptêmes et autres actes, requis comme prêtre, attendu 1 absence de M. Pitoys. Ainsi, comme nous vous connaissons dévoué à la chose publique, nous nous flattons que vous voudrez bien le faire.
Directoire du district.
Séance du 18 mai 1192. — Le sieur Cadêne déclare renoncer aux dix livres qui lui sont dues pour la course qu'il a faite, en vertu du mandat du juge de paix du canton, pour mettre en état d'arrestation le s1* Pitoys, curé non conformiste de Viledé- Bidon. si ce n'est pas ce dernier qui doit les lui payer, déclarant en faire remise à la nation {t
Séance du lGjuin 1192. — Sur une requête présentée parle sieur Jeune, curé assermenté de la paroisse de Koz-Landrieux, tendante à obtenir la réunion la plus prompte de la paroisse de Vildébidon à la sienne ou qu'il cessera de la desservir ainsi qu'il a fait depuis quelques mois suivant l'invitation qu'il en a reçue de cette administration, les administrateurs susdits, considérant que depuis plus de trois mois le sieur Pitoys, curé insermenté de la paroisse de Vildébidon, a déserté son poste pour se réfugier à Jersey, que, jugeant comme infaillible la réunion de cette paroisse, dont la population n'est que de 200 âmes, à celle de Roz-Landrieux qui n'en est éloignée que d'un petit quart de lieue, ils avaient engagé le sieur Jenne a faire provisoirement le desservice de l'une et de l'autre en attendant le décret approbatif; que si ce curé, ennuyé d'attendre des pouvoirs suffisants, se portait à cesser l'exercice de son ministère, cette paroisse se trouverait privée de pasteur pour administrer les sacrements de notre sainte religion, ont arrêté d'adresser ladite requête au département et de le prier de
1. N'ayant pu capturer le curé de Vildé-Bidon, il renonce aux dix livres « vu que c'est la nation qui paye les frais et qu'il est déjà payé par elle , si il y avait moyen de faire payer le curé, il accepterait l'argent. »
prendre au plus tôt un arrêté pour la réunion de la paroisse de Vildébidon à Roz-Landrieux. de même pour celle de Saint- Marcan à celle de Saint-Broladre et celle des paroisses de Viledé-la-Marine et du Vivier à Hirel et de solliciter auprès de l'Assemblée Nationale un décret approbatif de ces réunions pressantes.
Séance du 20 août 1192. — Les administrateurs, considérant que les livres existant dans l'église de Vildébidon fermée depuis plusieurs mois ne peuvent qu'y dépérir, qu'il est plus avantageux d'en aider celle de Roz-Landrieux que de les laisser perdre, autorisent la municipalité de cette dernière paroise à s'adresser à la municipalité de Vildébidon et celleci à lui délivrer à titre d'emprunt un antiphonier, un graduel, un missel et un processionnel dont la municipalité de Roz- Landrieux lui donnera un reçu portant obligation de les remettre à la première réquisition.
Le directoire de Dol au département
3 septembre 1792. — Quelle destination doit-on donner aux presbytères des paroisses dont nous avons fermé les églises, et de ceux de Vildé-Bidon et Lillemer par suite de la fuite des curés de ces deux paroisses. 11 n'y a point de temps à perdre si on veut trouver des locataires; il paraît d'ailleurs urgent de purger ces maisons des meubles des curés et plus encore des domestiques que quelques-uns y ont laissés, dont la plupart publient, dit-on. le prochain retour de leurs maîtres, quelquesunes même doivent se permettre d'exercer en les attendant une partie des fonctions curiales, ce qui ne peut manquer de produire de la fermentation.