Arch. dép., L. 9M
190 COMMUNE DE ROZ-LANDRIEUX
plusieurs époques et avec insistance le citoyen Toullier. prêtre catholique, apostolique et romain, que lesdits prêtres Oleron et Toullier avaient fait leur déclaration de soumission aux lois de la République, ils ont vu avec la plus grande surprise que la nuit du 26 au 27, la force armée est venue nuitamment prendre et conduire dans la prison de Dol ces deux prêtres qui étaient sous leur sauvegarde, sous la protection de la loi et dont ils devaient, d'après la lettre du comité de législation, assurer et protéger de plus en plus le libre exercice de leur culte. De quel droit, citoyens, vient-on illégalement contre la loi faire des visites nocturnes?
Sous quel prétexte de paisibles citoyens dont la conduite et les discours ne nous ont prêché que paix, union, obéissance, qui n'ont jamais ni rien dit ni rien fait contre le gouvernement, sont-ils entraînés dans les prisons?
Si ceux qui ne nous ont donné l'exemple que de la paix, de l'union et de la soumission aux lois deviennent les victimes arbitraires d'une oppression injuste de la part de ceux faits et établis pour maintenir la loi, pour protéger les propriétés et la liberté des citoyens paisibles qui se conforment aux lois, il ne nous reste que la voie d'en appeler à votre justice de l'oppression et de l'abus d'autorité. Oui, citoyens, si les prêtres Oleron et Toullier eussent été en faute, c'étaient aux autorités constituées sous la protection desquelles ils exerçaient leurs fonctions à y apporter remède. Serait-ce d'après la loi du 21 fructidor ' que cette arrestation a été faite? Nous ne l'avons pas reçue; elle devait être envoyée aux communes. Elle n'est que comminatoire et hypothétique. Elle devait être signifiée et notifiée aux parties intéressées. Cette loi porte que s'ils continuent d'après d'exercer leur ministère, dans trois jours ils seront incarcérés. Les feuilles publiques qui annonçaient ces décrets n'arrivèrent à Dol que le 26, à deux heures après midi, et dans la nuit les prêtres sont incarcérés. C'est donc contre
l. Voir cette loi. lre partie, p. 180. — Par ordre du département, ils furent remis en liberté le 21 septembre.
toute espèce de justice et par l'arbitraire le plus illégal qu'ils ont été arrêtés: les différentes feuilles portaient des versions différentes des décrets et ne s'accordaient point sur le texte de la loi : nous attendons de votre justice que vous rendiez aux prêtres Oleron et Toullier de revenir exercer parmi nous les fonctions de leur ministère sous notre surveillance, au terme de la loi, en ordonnant leur élargissement. C'est justice, citoyens.
Fait en conseil général de la commune de Roz-Landrieux, le 30 "fructidor, l'an 3e de la République française, une et indivisible.
(Suit une cinquantaine de signatures.)
L'administration centrale du département d'Ille-et-Vilaine, considérant que Maillard, agent à Roz-Landrieux, et Billot, adjoint d'Epiniac, sont dévoués aux prêtres réfractaires, que Gênée et Glenet, agent et adjoint de Baguer-Morvan, professent des principes qui démontrent leur attachement au parti royaliste arrête qu'ils seront suspendus de leurs fonctions.
Rennes, 14 ventôse an VI 4 mars 1798) '. 1. Mairie de Dol.
NOTICE
Population en 1792 1,360 h.
— en 1902 1,508 h.
Thomas-Gilles F orge t, originaire de Pontorson. vicaire de Langunan, prit possession de la cure de Baguer- Pican le 22 juillet 1788 et fut le premic maire élu de cette commune.
Il refusa de prêter serinent et quitta sa paroisse le 22 avril 1792.
Le 16 septembre, s'ètant procuré un passe port pour se déporter, il passa à l'étranger. Mort en 181k à Laboussac. dont il était recteur depuis 1803.
Son vicaire Armand Caperan, également insermenté, quitta la commune en compagnie de son recteur. D'après M. Guillotin de Corson {, ce savant orientaliste voyagea pendant tout le temps de la Révolution en Hollande, en Allemagne, en Espagne et en Angleterre et fut chargé par le Pape en 1806 d'une chaire de syriaque au collège Mariano. Mort recteur du Tronchet le 26 novembre 1826 à Vdge de 72 ans.
Julien - François Bobon-, de Tremblay, moine de Savigny, puis diacre à Dol et professeur au collège, ordonné prêtre le 17 juin 1791 par M. Le Coz, était vicaire à Saint- Brolade depuis le 9 juillet lorsquen avril 1792 il fut nommé curé de Baguer-Pican; son installation eut lieu le 15.
Le 2 mars 17 9k il renonce au sacerdoce, s'installe aubergiste, épouse sa servante le lk et est arrêté le 22 avril sous l accusation de vol d'objets servant au culte. Treize jours après Lecarpentier le fait mettre en liberté. Il abandonne alors la commune et va s'établir marchand à Dol. rue de la