‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 71 sur 91 · Confesseurs de la Foi, p · texte numérisé non relu

Confesseurs de la Foi, p

2. Voir sur cet intéressant personnage et sa non moins intéressante famille, tome I, page 77, et tome II, l'Errata.

Liberté. C est là que, vint au monde son premier enfant, 1VT mars 1195.

Mais accusé d'être revenu de nuit à Baguer- Pican à la tête dune bande armée pour dévaliser les époux Pichon. il est arrêté le lk nivôse an V (k janvier 1796) et condamné à quinze ans de fer.

Parti le 24 pluviôse av^c la chaîne des galériens qui allaient à Brest, il est incarcéré à Saint-Brieuc où sa sœur, sa femme et son enfant vont le rejoindre. Il y était encore en prison en 1198, puis après sa libération successivement comme employé de barrières et commis d'homme de loi (30 décembre 1800).

Le titulaire du prieuré de ^aint-Gilles et Saint-Macaire au château de la Mancellière. en Baguer-Pican, était au moment de la Révolution Louis Longrais, prêtre de Dol, originaire de Lafontenelle. Bien qu'ayant prêté le 3 mai 1192 le serment de soumission aux lois, les réunions nombreuses qui se tinrent à ce château entre les conspirateurs roiriens comme on appelait les affiliés de La Rouerie, firent mettre en suspicion le chapelain qui s'empressa de passer à l'étranger. On ne sait ce qu'il devint depuis.

En août 1191 le directoire du district, voulut expulser de cette paroisse plusieurs anciens chanoines qui y étaient venus résider avec l'espoir d'être bientôt réinstallés dans leur cathèpraley ils n'en quittèrent qu'en mai 1192; c'étaient II M. Gault, Destouches, Dubotiriie-Ctief-<lu-Hois, Dumargaro. Ce fut ce dernier qui en 1803 fut nommé recteur de Baguer- Pican.

Il existe au presbytère de Baguer-Pican deux cahiers de mariages et baptêmes tenus par des prêtres insermentés, Vun va du 11 mai 1191 au 28 novembre même année; le second, du 18 mai au 20 décembre 1198. Ces actes, qui concernent des paroissiens de Dol. Laboussac. Baguer-Morvan, Mont-Dol Bonnemain. Carfantain et Baguer-Pican, sont au nombre d'environ quatre-vingt-dix et portent les signatures de Goret pour la plupart, puis Dumargaro et Forget, ce dernier prenant le titre de recteur.

DOCUMENTS

Directoire du district.

28 décembre 1100. — Sur la requête de M. Tezé, ancien vicaire de la paroisse de Baguer-Pican et titulaire du prieuré de la Koche, tendant à obtenir une pension, le directoire, après avoir entendu le procureur syndic, a arrêté de renvoyer ladite requête à son auteur en lui observant qu'il lui sera assigné un traitement sur l'état estimatif des revenus dont il jouit d'après les baux existants, ainsi que des charges dont ils sont grevés.

31 décembre 1190. — Prenant en considération le mémoire de la municipalité de Baguer-Pican. par lequel elle expose que le sieur Gaperan. vicaire de cette paroisse, refuse de publier les décrets de l'Assemblée nationale, qu'il les censure hautement en chaire, qu'il traite d'hérétiques ceux qui les entendent lire, qu'il a publiquement jeté par terre ces décrets lorsqu'ils lui ont été présentés pour les lire et qu'il refuse d'entendre en confession ceux qui se sont inscrits sur le registre des citoyens actifs pour former la garde nationale, et qu'elle demande le renvoi de ce vicaire,

Le directoire, considérant que s'il n'a pas de juridiction contentieuse, il ne peut guère garder le silence sur les faits graves qui lui sont déférés, a été d'avis, après avoir entendu le procureur syndic, d'informer le sieur Caperan du contenu du susdit mémoire et de lui écrire pour lui témoigner la surprise et son étonnement sur de tels procédés de sa part, l'engager à reconnaître son erreur et à être plus circonspect à l'avenir, en lui observant qu'il doit se trouver trop heureux si sa municipalité se contente de sa rétractation qui paraît devoir

être publique; le directoire a été aussi d'avis d instruire la municipalité de Baguer-Pican de l'avertissement qu'il donne à son vicaire et de l'inviter à oublier les erreurs de ce vicaire s'il se porte à les reconnaître et à tenir une conduite plus circonspecte.

31 décembre 1790.

Le directoire de Dol à la municipalité de Baguer-Pican.

Nous vous adressons une lettre pour M. Caperan. vicaire de votre paroisse, que nous vous prions de lui remettre exactement. Nous n'avons pas de juridiction contentieuse sur lui et nous avons cru devoir nous borner à lui faire connaître ses égarements, nous l'engageons à procéder au moins conformément aux décrets de l'Assemblée s'il n'est pas capable d'y soumettre son esprit. S'il rétracte publiquement ses erreurs, vous pourriez, messieurs, et nous vous prions, de ne pas tirer d'autre vengeance; au surplus vous auriez les moyens que vous offrent les lois contre les citoyens qui lui sont rebelles et nous en réclamerions nous-mêmes l'exécution s'il ne rentrait pas dans le devoir.

Dol, 31 décembre 1790.

A M. Caperan, vicaire de la paroisse de Baguer-Pican.

La municipalité et plusieurs citoyens de votre paroisse viennent de nous présenter une requête par laquelle ils exposent : 1° que vous refusez de lire les décrets de l'Assemblée Nationale contre laquelle vous prodiguez, même en chaire, les injures et les critiques les plus amères ; 2° que ceux qui les lisent ou qui les entendent lire sont des schismatiques. etca; 3° que vous avez jette ces décrets par terre; 4° que vous refusez d'entendre en confession ceux qui se sont inscrits sur le registre des citoyens actifs; on ne demande rien moins que votre renvoi de la paroisse.

Nous n'avons pas sur vous de juridiction contentieuse, mais

quand on nous défère des faits graves nous ne pouvons guère garder le silence. Ceux qu'on avance contre vous sont de nature à vous exposer à des poursuites rigoureuses dont nous ne pourrions pas vous garantir. Il est peut-être un moyen de les éviter, c'est de professer des principes différents de ceux qui vous ont dirigés jusqu'à présent, il est malheureux de s'égarer et il est beau de le reconnaître. Aucune loi n'a d'empire, il est vrai, sur l'opinion des citoyens, son pouvoir ne tombe que sur la manifestation quand elle tend à troubler l'ordre qu'elle a établi; on comprendra difficilement qu'un vicaire veuille mieux voir qu'une Assemblée dont toutes les nations admirent les opérations; si vous n'êtes pas capable d'y soumettre votre esprit, que vos actes et vos procédés y soient conformes.

Nous faisons part à la municipalité de votre paroisse de la présente et nous intercédons auprès d'elle pour qu'elle se contente de votre déclaration, qui doit être publique, d'être désormais soumis à la nation, à la loi et au roi. Si votre municipalité se borne à cette rétractation, vous devez vous en féliciter et nous nous réjouirons dn succès de notre médiation.

Nous sommes avec respect, etc. !

Messieurs,

Je suis on ne peut plus reconnaissant de la manière honnête avec laquelle vous avez bien voulu me faire part des divers griefs qui me sont imputés dans la requête que la municipalité et autres citoyens actifs de la paroisse de Baguer -Pican vous ont présentée à mon sujet, et bien que, comme vous me le dites vous-même, vous n'ayez aucune juridiction contentieuse contre moi, je ne veux pourtant point négliger de me blanchir sur tous les chefs de l'accusation qu'on m'intente; vous connaîtrez au moins par là que tout ce qui est dirigé par la passion est souvent très éloigné de porter avec lui les caractères de la vérité.

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