‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 85 sur 91 · Délibération dont il est fait état, voir t. I, page · texte numérisé non relu

Délibération dont il est fait état, voir t. I, page

2. Arch. départ., L. ancien, 2 V 5, en plusieurs liasses non cotées.

[Pétition dont il est fait mention an directoire du district, le 2 messidor an III, tome II, page 70] :

Aux citoyens représentants du peuple et administrateurs du département d'Ille-et-Vilaine,

Exposent les soussignés propriétaires et habitants de la ville et commune de Dol, que lorsque la Convention a proclamé la liberté des cultes que plusieurs représentants envoyés dans les départements d'Ille-et-Vilaine, le Morbihan et autres en ont fait connaître les heureux effets, par leurs différentes proclamations, ils avaient tout lieu d'espérer que les autorités constituées de Dol eussent été les premiers à signaler leur conduite en assignant à la commune une des églises de la ville pour les citoyens dévoués au culte religieux. Leurs espérances ont été vaines, et lorsque quelques citoyens en ont manifesté le désir aux autorités, ils ont obtenu pour réponse qu'ils n'avaient pas le droit d'affermer ni vendre, que d'ailleurs ils en avaient besoin pour les magasins de la république; trop longtemps, citoyens, asservis sous le régime despotique d'une grande partie de ces autorités, trop longtemps, disons-nous, esclaves de manifester notre vœu, nous venons avec confiance aujourd'hui, citoyens, réclamer à une autorité supérieure la libre disposition de l'église de l'ancienne paroisse située au milieu de la ville, pour que tous les citoyens du même culte puissent paisiblement l'exercer sans que personne puisse leur porter atteinte ; en vain les autorités de Dol opposeraient-elles qu'elles en ont besoin pour servir de magasin ; il leur est facile de s'en procurer puisqu'il existe des communautés, trois chapelles et partie des bâtiments de l'ancien collège, ceux de la retraite et du ci-devant séminaire. Les soussignés osent espérer, citoyens, que déférant aux vœux des citoyens de la commune de Dol, vous vous porterez à octroyer leur demande et maintiendrez par cet acte de bienfaisance la paix et l'union entre eux ; c'est justice qu'ils sollicitent, citoyens, et, pour présenter la présente, ont délégué le citoyen Chesnel soussigné.

[Suivent environ cent cinquante signatures, parmi lesquelles] :

Coudé, Malard, Lemercier, Blandin, Toullier-

BUHARAYE, BLÀNCHARD-BUHARAYE, ToULLIER,

Hodouin, Lepoitevin, la veuve Rêver, Pelé, Jourdain, Teyssonneaux, Larbé, Séjourné, Cécile Lemordant, Louis Orain, Ozanne, Roger, veuve Lafruglay, Gaudrion-Blanchard, etc l.

Sentiments unanimes de douze évêques réunis à Londres, et plusieurs fois assemblés pour délibérer sur le présent objet -.

1° Nous avons vu avec autant d'étonnement que de douleur des ecclésiastiques fidèles, trompés par des promesse perfides, souscrire une déclaration dont les principes sont contraires à tous leurs sentiments et dont ils auraient dû prévoiries suites; nous n'en rendons pas moins justice à leur zèle et à leurs vertus, persuadés qu'ils ont cru que l'intérêt même de la religion autorisait leur conduite. Une fatale expérience leur a fait connaître leur erreur, les variations sur les formules proposées, la liberté laissée d'abord et ensuite ôtée, d'y mettre des restrictions, la défense faite aux ministres de la religion d'entretenir aucune correspondance avec leurs évêques et supérieurs légitimes, source de schisme dans chaque diocèse, les conditions inadmissibles ajoutées à l'acte de soumission, la violation de tous les engagements contractés envers les prêtres de la Vendée, les vexations notoires et publiques exercées par des municipalités contre les prêtres même qui avaient signé l'acte de

1. Arch. départ., L. ancien, 2 V 5 en plusieurs liasses non cotées.

2. Arch. dép. : L. 2 V 8. Circulaire imprimée. C'est la confirmation par les évêques français réunis à Londres des instructions données environ un an plus tôt par Mgr de Girac aux prêtres de son diocèse. Voir lre partie, page 86.

soumission ; la défense faite par un décret récent d'avoir égard à tout autre acte de soumission qu'au serment prêté en 1790 et réprouvé par l'Eglise. Telles sont les preuves évidentes et de la mauvaise foi dans les promesses données de protéger, ou même de tolérer le culte catholique, et de l'intention toujours subsistante de la détruire, ainsi que toute religion en France.

2° Nous sommes d'avis qu'on ne doit point faire l'acte de soumission aux lois de la République exigée par les décrets des 28 et 29 septembre 1795 [6 et 7 vendémiaire an IV] l, ni tout autre acte de consentement ou de concours, soit au maintien des lois de la République, soit à toute condition qui y serait relative ; qu'il n'y avait qu'une voie à suivre pour les prêtres fidèles, celle de leur devoir, et c'est un des premiers devoirs que la religion leur enseigne, de ne rien faire, déclarer et signer de contraire à leur fidélité envers le Roi, leur souverain légitime.

3° Nous ne nous dissimulons point que les ecclésiastiques seront réduits par leur silence ou par leur refus dans un grand nombre de municipalités à n'exercer le culte de la religion, comme les premiers chrétiens, que dans le secret, dans l'intérieur des maisons, sur la foi de l'hospitalité des fidèles, au milieu des risques et des dangers, des surprises et des dénonciations, sous les peines portées par les décrets de bannissement, d'emprisonnement et même de supplice ; et quand des prêtres fidèles se dévouent avec tant de zèle et de courage, il ne nous reste qu'à mettre notre confiance dans la Providence qui semble avoir réservé leurs vertus pour entretenir dans l'esprit des peuples les sentiments de la religion, malgré la force oppressive qui tend à les détruire.

4° Nous exhortons les ecclésiastiques respectables qui ne craignent point de se livrer à tous les travaux de l'apostolat, dans des circonstances aussi difficiles, à s'abstenir d'infliger aucune note, aucune qualification injurieuse à ceux que leur zèle a si cruellement trompés : d'entretenir les liens de la

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