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Le clergé canadien [microforme]

Enregistré conformément à l'acte du Parlement du Canada en l’année mil huit cent quatre-vingt-seize, par 11. O0. DAVID, au Bureau du Ministre de l'Asriculture.

pr

Je crois en Jésus-Christ, fils de Dieu, Dieu lui-même, rédempteur et instituteur du genre humain.

Les prophètes l'ont annoncé pendant plusieurs siècles et il répond à la description qu'ils ont faite de sa personne et de ses œuvres.

Tous ceux qui ont parlé de lui, même ses ennemis, ont vanté sa sagesse, sa bonté, sa sainteté.

Renan dit que c’est l’homme le plus parfait qui ait passé sur la terre.

Un homme si honnête, si saint, si par-

fait, pouvait-il mentir ? Pouvait-il blasphémer ? Evidemment non.

Or, il a affirmé qu'il était Dieu et qu'il avait fait des miracles pour attester sa divinité.

Donc il étrit Dieu.

Il a dit qu'après avoir été mis à mort, il ressusciterait.

Et il est ressuscité. Aucun fait de l'histoire n’est plus solidement établi.

S'il n'était pas ressuscité, ses disciples, qui l'avaient presque tous abandonné, Pierre

le premier, seraient restés indifférents et incrédules.

Il promit de leur envoyer l'Esprit-Saint pour les instruire, les fortifier et les rendre capables d'enseigner les nations et il leur promit d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles.

Et ils reçurent l'Esprit-Saint le jour de la Pentecôte.

S'ils ne l'avaient pas reçu, ces hommes faibles, timides, lâches, qui avaient abandonné et renié leur maître malgré les mi-

racles qu'il avait faits, malgré les preuves éclatantes qu'il leur avait données de sa divin, ne seraient pas devenus subitement des héros, des martyrs ; ils ne se seraient pas élancés à travers le monde, bravant tous les supplices, toutes les ignominies, pour prêcher le Christ crucifié et ressuscité.

‘“ Je serai avec vous ” avait dit le Christ, jusqu'à la consommation des siècles.

Cela veut dire évidemment “ avec vous et vos successeurs, avec les chefs de l’église que vous fonderez.” Or, pendant quinze siècles, les papes, les évêques et les prêtres furent considérés comme les successeurs des apôtres, les héritiers du Christ et de sa doctrine.

Le Christ fut avec eux, et, certes, sans lui, ils n'auraient jamais pu triompher de tout ce que l'intelligence et la malice des hommes put inventer pour détruire leur œuvre.

À u seizième siècle, un moine orgueilleux arbora l’étendard de la révolte et donna naissance au protestantisme,

Qu'a fait l'Esprit-Saint ? Qu'a fait le Christ ?

A-til passé dans le camp des révoltés pour se diviser en des milliers de sectes et inspirer des doctrines si différentes ?

Ou est-il resté avec les papes, les évêques et les prêtres qui continuent de croire et d'enseigner ce que les ancêtres des protestants comme les ancêtres des catholiques ont cru être vrai pendant quinze siècles.

La réponse est facile.

Si l'Esprit-Saint n'est pas avec l'Eglise Catholique, si le Christ n'est plus avec le pape, avec les pasteurs de cette église, il est nulle part et sa promesse est un mensonge.

Donc nous devons croire que l'Eglise Catholique a aujourd'hui comme autrefois le don d'enseigner les vérités nécessaires au salut, et dix-huit siècles de vertus surhumaines, de dévouements incroyables et de miracles éclatants rendent témoignage en faveur de la divinité de son origine et de l'assistance de l'Esprit-Saint.

Aucune religion, aucune institution hu-

maine n’a jamais été organisée, comme elle l'est, pour donner à l’homme les moyens de s'améliorer et de supporter les ennuis, les souffrances et les épreuves de la terre en vue d'un monde meilleur.

Son culte, ses sacrements, ses enseignements s'adressent à tous les esprits, à tous les cœurs et mettent partout à la disposition de l'homme des sources de foi et de consolation, de résignation et d'espérance.

Cela veut-il dire que tous ses membres sont des hommes parfaits ?

Non. Mais étant donnés deux hommes ou deux peuples de même nature, dans les mêmes conditions intellectuelles et morales, celui qui pratiquera sincèrement et d'une manière intelligente tout ce que l'Eglise Catholique enseigne, sera plus parfait que l'autre, sera plus capable de produire des actes de vertu, de dévouement et de sacrifice.

Cela ne veut pas dire non plus que tous ceux qui la représentent et l'interprètent sont des saints et méritent toujours l'admiration des hommes. Non, en dehors de la

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doctrine, des vérités fondamentales, ses évêques et ses prêtres sont des hommes sujets à l'erreur et aux passions humaines.

Ils ont droit de compter sur l'Esprit-Saint, quand ils parlent des hauteurs du monde spirituel, mais non pas lorsqu'ils descendent sur le terrain laissé aux disputes des hommes.

Ils perdent leur force lorsqu'ils touchent de trop près la terre et provoquent des conflits funestes à leur sacerdoce.

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