‹ Le clergé pendant la Commune, 1871Chapitre 2 sur 28 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

ÉVECHÉ D*A6EN

Monsieur,

Aa déclin de ce dix-neavième siècle, qae Thistoire appellera peut-être le siècle des révolutions, beaucoup se plaisent k jeter un coup d*œil sur le chemin parcouru, aussi, messagers des confidences diverses et d'impressions variées, les livres sortent des presses, chaque jour plus nombreux. Mais, qu'ils sont rares, ceux qui donnent au siècle bientôt disparu sa vraie physionomie I Comme vous le dites si justement, « la vérité reste encore à dire sur bien des points » ; aujourd'hui « l'histoire est faussée » et les faits sont dénaturés, au point que des plumes vénales osent faire l'apologie des crimes politiques qui ont souillé notre histoire.

a Ecrivain catholique militant », vous n'avez pas manqué de réagir contre ces pernicieuses tendances. Etudiant l'histoire au double flambeau de la justice et de la religion vous avez publié, sur nos époques troublées, une série d'études qui consoleront les amis de la vérité.

Votre dernier livre Le Clergé pendant la Commune est particulièrement appelé à faire du bien.

La lecture en est fort intéressante. Avec un style sobre, toujours élégant et parfois énergique, vous avez dessiné les sympathiques figures et buriné les nobles caractères de ces prêtres vaillants a dont le courage d'une simplicité héroïque rappelle celui des martyrs », et votre plume indignée semble clouer au pilori de l'histoire ces u athées sanguinaires » qui récompensaient par une persécution souvent féroce, le dévouement de nos Frères et de nos bonnes Sœurs.

Puis à côté de théories sociales pleines de sagesse, on est heureux de rencontrer ces anecdotes si expressives et si touchantes, qui ne détendent l'esprit que pour fortifier le cœur.

APPROBATIONS ÉPISGOPALES

EdAd, dans votre livre, tout peut être loué, jusqu'à ces gravures nombreuses, qui, en émaillant le texte, gravent dans la mémoire, en impérissables souvenirs, les scènes principales delà Commune.

Puisse la jeunesse catholique,. à qui vous destinez ces quelques pages, 7 apprendre le danger des utopies sociales, et y puiser, avec des convictions profondément chrétiennes, un affectueux dévouement pour cette Eglise de France, si belle et si grande aux heures de la persécution.

Veuillez agréer. Monsieur, Thommage de mes sentiments distingués.

f Charles, Évèque d'Agen.

Ageo, 25 novembre 1892.

ARCHEVCCHE de CAIBRAI Cambrai, le 9 novembre 1892.

Monsieur le professeur.

J'ai reçu, il y a quelque temps, votre livre : Le Clergé pendant la Commune, que vous avez bien voulu m'envojer.

Je vous remercie très sincèrement de cet envoi, et je suis heureux de pouvoir vous féliciter de ce travail que j'estime très utile. Les jeunes gens qui le liront verront ce que devient» dans un temps d'anarchie révolutionnaire, l'homme qui ne croit pas à Dieu et qui fait profession d'impiété. Il était utile de rappeler à la génération nouvelle cette incroyable sauvagerie, qui ne manquerait pas de se produire encore dans des circonstances analogues.

Veuillez agréer, très honoré Monsieur, avec mes remerciements et félicitations, l'expression de mes sentiments dévoués.

t Henri Mounier, Ec. de Lydda^ vie. capitulaire.

tVECHÉ DE PERPI6IIAII Perpignan, le 8 novembre 1892.

Monsieur,

Je vous remercie de m'avoir envoyé votre livre : Le Clergé pendant la Commune,

Je l'ai lu avec un vif intérêt et je lui souhaite un succès qui réponde à vos désirs.

Recevez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments dévoués.

t NoKL. Evêque de Perpignan.

APPROBATIONS EPiSCOPALES

ËVECHÉ DE SÉEZ Séez, le 4 novembre 1892.

Monsieur,

Votre ouvrage, intitule Le Clergé pendant la Commune, vient en son temps et pourra éclairer en particulier les hommes trop bienveillants pour ces actes criminels qui ont été commis à une sinistre époque.

On oublie vite dans notre France, votre livre est propre à entretenir des souvenirs qu'un peuple sérieux ne devrait jamais oublier. Je fais des vœux pour son expansion, sa lecture ne peut que réveiller de nobles sentiments, et l'horreur du crime dans tous les cœurs honnêtes.

Veuillez agréer. Monsieur, Passurance de mes sentiments dévoués.

f François-Marie, Evêque de Séez.

ËVECHE DE VANNES Vannes, le 29 octobre 189S.

Monsieur,

Je viens de parcourir rapidement, avec une vive émotion, votre intéressant ouvrage : Le Clergépendant la Commune, Il rappelle de lugubres souvenirs. Dieu veuille que ces horreurs, ces profanations, ces actes de sauvagerie, ne se renouvellent pas t

La crise religieuse et sociale, qui prend de jour en jour des proportions plus inquiétantes, ne semble-t-elle pas nous présager de nouveaux bouleversements?

Votre livre vient donc à propos. Je souhaite qu'il se propage.

Veuillez agréer. Monsieur, l'assurance de mon religieux dévouement.

t Jean-Marie, Evéque de Vannes.

Louzé, ce s novembre 1892.

Très honorable Monsieur,

J'ai reçu et lu avec attention le volume que vous venez de publier sur le Clergé pendant la Commune. L'intérêt de ce livre résulte d'abord, Monsieur, du sujet lui-môme. La Commune de 1871 se place, dans l'histoire, à côté de la Terreur de 93, des Anabaptistes de Munster, de la guerre de paysans, des scènes les

APPROBATIONS ÊPISCOPALES

p]u8 horribles des Albigeois el en général de tous les faits, tristes et singulièrement instructifs, où les bas-fonds de la société montent à la surface pour essayer de se constituer en gouvernement. f',tL dure ce que ça peut durer; jamais lonf^temps, et ça porte avec SOI un enseignement moral que vous vous êtes proposé de faire entendre.

L'humanité, dans son état présent, est beaucoup plus sensible au mal qu'au bien. Lorsque le mal s'est toncentré dans un cataclysme et a fait éclater sa puissance destructive, il sufiit, pour ramener au bien, de décrire les eiTets du mal.

C'est à ce point de vue que vous vous êtes placé, Monsieur, pour étudier, dans nos plaies sociales, les origines do la Commune. De la philosophie du sujet passons A son histoire; vous avez raconté jusqu'aux menus détails les exploits des communards contre les églises, les couvents, les établissements charitables ; contre les frères, les sœurs et les prêtres. Knsuite vous avez abordé la question des otages, leur arrestation et leur assassinat. Quelques anecdotes, prises ça et lA, complètent et agrandissent ce tableau. Deux mois d'angoisses profondes et d'abominables forfaits revivent sous votre plume patriotique et pieuse. L'un ton modéré, sans déclamation, sans emphase, vous décrivez le mal et fo indiquez brièvement le remède. L'enseignement qui renaît do votre travail, c'est l'enseignement du sage antique, savoir: (]uolo service de Dieu assure la tranquillité de l'ordre et que le péché rend misérables les peuples qui consentent A subir sa loi.

Ce nouvel ouvrage, Monsieur, se place de lui-mémo à côté de son frère aîné, Le Clergé pendant la Gueirc ik 1871. Los deux ouvrages se font pendant. L'un montre le Clergé dévoué jusqu'à la mort; l'autre le montre conduit A la mort en réconipotiso de son dévouement. Jéru8alem,'qui tuait les prophètes et lapidait les envoyés de Dieu, revit dans Paris insensible aux vertus do sos pontifes et se baignant dans leur sang pour gloriûer los vertus qu'il ne sait pas honorer autrement. Ce qu'il y a do pire c'ost qu'après de pareils crimes, on en indique, depuis dix ans, los inspirations pour en faire les règles de la politique et que. vingl ans après la Commune, la P'rance s'achemine A de nouveaux massacres. S'il ne tenait qu'A vous, Monsieur, la génération présente se garderait du retour de ces horreurs.

Je vous prie, Monsieur, d'agréer mes remerciements, mes félicitations et mon cordial respect.

Justin Fkvre, Prolonotaire apostoliqut.

SOMMAIRE

Le Clergé pendant la guerre. — Les martyrs. — Communards. — Les sombres jours. — Ce que l'on a pu voir en ces tristes jours. — Fin de siùclj. — Des souvenirs. — Un premier livre — Le prêtre arrêté. — L'opinion de M. Washburne. — La bienfaisance et la reconnaissance. — Les massacres. — Il ne faut pas oublier. ~ Il faut savoir se souvenir.

iPHÈs avoir parlé dans mon précédent ouvrage le Clergé pendant la Guerre du dévouement héroïque et sublime des prêtres, des aumôniers, des frères, des sœurs de charité qui donnèrent leur sang pour cette France qu'ils aimaient tant, il me faut aujourd'hui parler des martyrs. Car

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ce furent des martyrs ceux qui tombèrent sous les fusils de ces l&ches assassins que l'histoire stigmatise sous le nom de communards.

Ce mot de Commune me donne encore le frisson» car il me rappelle les jours les plus sinistres que j'ai vus. Ahi il faut avoir vécu à Paris pendant ces mois terribles de mars, avril, mai 1871 pour savoir ce que peut faire une tourbe athée et sanguinaire. Quand la croyance en Dieu et en un monde supérieur s'en va du cœur du peuple, il est bien près de commettre tous les crimes.

Celui qui a vécu à Paris pendant ces jours néfastes et qui a conservé une sympathie pour ceux que Ton appelait les fédérés ou les comm.unards9 celui qui a vu les lueurs des incendies, celui qui a vu les exécutions des pauvres prêtres et qui n^exècre pas les soldats et les hommes de ce sinistre régime, celui-là est bien l&che ou bien coupable. Il a le cerveau réfractaire au bien ou son abaissement moral est bien grand. Il est vrai que des partisans de ce régime sont aujourd'hui au pouvoir ou dans de bonnes sinécures, riches, puissants, considérés. Cela n'est pas une raison pour qu'on s'abaisse devant eux, au contraire. Cette arrivée en haut de ceux-là qui devraient être en bas, est un

signe des temps. Elle est môme bien fin de siècle. Nous sommes à une époque où tout ce qui est respectable est foulé aux pieds. Quoi d'étonnant à ce que les bons soient abaissés et les méchants élevés? Dieu Ta ordonné ainsi ; Il veut peut-être nous faire descendre dans la boue, jusqu'au jour où dégoûtés, écœurés, nous nous relèverons et bien haut cette fois, espérons-le !

Forcé par de douloureux événements de famille de rester à Paris pendant ces tristes jours, j'ai été à même de voir ce que valaient cette Commune et les êtres ignobles qui la dirigeaient et la servaient.

Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu.

J'ai recueilli précieusement mes souvenirs, mes notes et d'autres choses encore que le hasard m'a mis entre les mains et qui, mis en sûreté, me serviront probablement quelque jour, car ce livre que je publie aujourd'hui n'est que le commencement d'une série d'études sur cette époque troublée, études où je tâcherai de dire toute la vérité sans reculer devant aucune considération, car la vérité reste encore à dire sur beaucoup de points, l'histoire ayant été faussée sans cesse depuis vingt ans.

J'attendrai pour cela le jour et l'heure convenables.

Dans ce modeste travail que je destine surtout à la

jeunesse chrétienne, je veux montrer en quelques pages, malheureusement trop peu nombreuses, ce que le clergé a souffert pendant cette Commune, et faire voir que Thomme et la femme desquels se son tretirées toutes croyances valent souvent encore moins que les bêtes.

J'ai vu un jour arrêter un vénérable prêtre. Agé et infirme, il avait peine à marcher. Deux vieux gardes nationaux qui raccompagnaient marchaient doucement à. ses côtés. Ils marchaient, paralt-il, trop doucement, car un officier d'état-major communard vint • leur dire des injures et brutalisa le bon prêtre. Je me rappellerai toujours la face calme, résignée, si pleine de douceur de ce bon vieillard en regard de cette physionomie ignoble, avinée, haineuse de Tofficier, (Quelque franc-maçon athée frénétique probablement !)

Il y a des écrivains qui viennent aujourd'hui vous parler de Tatrocité de la répression. Et l'atrocité de la Commune, n'existe-t-elle donc pas?

Et les massacres des Dominicains d'Arcueil^ et le massacre de la rue Haxo, et le massacre de la Roquette? Bêtises, douceurs tout cela !

On accusait un brave général d'avoir fait fusiller tous les communards. Il regarda son interlocuteur

étonné et lui dit : « J^ai fait fusiller trop de communards, moi ? mais ils sont aux honneurs aujourd'hui ! » Pour les crimes commis, la répression a été peutêtre trop douce encore I

Pauvres martyrs d'Arcueil, pauvres martyrs de la rue Haxo et de la Roquette, pauvres saintes victimes, si votre sang chrétien ne crie pas vengeance, il nous ditau moins de nous souvenir etde ne jamais oublier (1).

Beaucoup de ceux-là qui insultaient les prêtres, les arrêtaient, les massacraient, avaient été élevés par eux ; mais, dans ce siècle de décadence, la bienfaisance et la reconnaissance ne vont jamais ensemble (2).

(1) Un témoin protestant de la Commune, M. Washburne, ministre des Etats-Unis à Paris, a écrit : a Les incroyables énormités de la Commune, le massacre de rarcheyêque de Paris et des otages, les meurtres innombrables des autres personnes qui refusaient de prendre part à son œuvre de démon, lliorrible organisation de riocendie pour anéantir presque toute la ville et qui eut pour résultat la destruction de tant de grands monuments de Paris, sont des crimes que rien jamais ne pourra faire oublier. »

(2) Rappelons à ce sujet une charmante légende du poète russe Tourguenef :

A roccasiou de Noël, le bon Dieu donnait une fête dans son palais d*azur.

Toutes les vertus y furent invitées, les vertus seules ; pas 1 es messieurs, rien que les dames.

Il vint beaucoup de vertus, des grandes et des petites : les pe-

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Il Eaut rappeler à nos jeunes générations qu'il y a vingt-et-un ans, le dernier mercredi du beau mois de mai 1871, Mgr Darboy, archevêque de Paris, qui avait été transféré le matin de Mazas à la Hoquette avec le président Bonjean, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine, deux jésuites, les Pères Ducoudray et Clerc et l'abbé Allard, fut mis à mort ainsi que ses compa* , gnons, dans le second chemin de ronde, ù, huit heures vingt du soir, par une bande de lédérés commandés par un nommé Verig, capitaine au 188" bataillon de la Garde nationale.

Ce lut l'un des plus grands crimes de la Commune aux abois, un ignoble forfait qui âétrit à jamais le régime de la Commune.

Et il taut ajouter que le juîl Mayeh Je La Lanterne a laissé écrire dans son journal qu'on n'avait pas laissé

tUes étaient plus agréables et plus cliarmaiiles que les graoïjes, mais toutes semblaieat s'entendre fort bien et se connaître intimement.

Mais voilà que le boa Dieu remarqua deux belles dames qui semblaient ne pas se conaullre. Le maître de la maison prit une de ces dames par la main et la menu vers l'autre,

— La Bienfaisance, dit-il en dési^^nant la première.

— La Reconnaissance, ajoula-t-il en montrant l'autre.

Les deux vertus furent bien étonnées. Depuis le commencement du monde, elles se rencontraient pour la première fois.

fusiller assez de prêtres, de calotins^ comme il dit si gracieusement.

Si devant les fusils des pelotons d'exécution les douces victimes ont pardonné à leurs bourreaux, comme le leur enseignait la loi de notre divin Maître c'est notre devoir à nous, écrivains catholiques militantSj d'enseigner aux générations présentes & ne pas oublier les crimes commis envers Dieu et ses représentants. Et, je le dis hautement, si grâce à ce modeste petit livre je puis faire entrer dans Tâme de notre jeunesse chrétienne un peu de haine contre cette Commune et ses sectaires, contre ces athées sanguinaires, j^avoue que ce sera pour moi une grande satisfaction, un bien grand bonheur.

Saint-Germain^ février 1892.

François Bournand.

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