‹ Le clergé périgourdin pendant la persécution révolutionnaireChapitre 2 sur 17 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La Révolution française a été une formidable leçon de choses, donnée par l'histoire — ministre des volontés de la Providence — aux peuples et aux gouvernements; — gouvernements et peuples semblent n'y avoir rien compris, et la Révolution continue. Elle fait et refait le tour du monde, mais elle aime particulièrement ce pays dont Ronald a écrit : « Un mauvais livre écrit en français est une déclaration de guerre au mondé », peignant ainsi d'un mot pittoresque le génie de prosélytisme et d'apostolat qui nous est propre.

Qui n'est pas convaincu, avec le comte de Maistre, que (( la Révolution française est satanique dans son principe ; qu'elle ne peut être véritablement finie, tuée, exterminée, que par le principe contr^iire », a l'esprit fermé ù toute intelligence de

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l'histoire, el, criàt-il bien haut, qu il est conservateur, il n'en est pas moins un artisan de destruction. Satanique, la Révolution est, comme son père, menteuse et homicide. Menteuse, sa bouche s'ouvre aux promesses les plus alléchantes, pareilles a ces fruits qui croissent sur les bords de la Mer morte, et ne laissent entre les doigts qui les cueillent qu'une vaine poussière ; homicide, elle glisse dans la boue, et puis elle tombe dans le sang.

Après avoir tout bouleversé, la Révolution aboutit sous nos yeux à un état de choses que l'on peut définir : une anarchie morale, politique et sociale, tempérée par le despotisme d'une hiérarchie bureaucratique, aux mains tantôt d'un César de passage, tantôt d'une assemblée confuse et irresponsable.

De cette situation, la cause, c'est la rupture violente avec les principes chrétiens et la tradition historique qui ont présidé a la naissance et au ' développement de notre pays ; le remède est dans le retour à ces principes et à cette tradition. La Révolution est anarchie : anarchie intellectuelle et morale, car elle sépare l'honune de Dieu, principe (le toute vérité, de tout ordre, de toute justice, et de l'Eglise, interprète et gardienne de la vérité, de

LE CLEUGE PEHIGOUHDI.N. XI

l'ordre et de la justice, et met k leur place la liberté de pensée, impuissante — l'expérience en lait foi — à formuler la vérité et a proclamer la justice ; anarchie poliliqiie, car à un pouvoir issu des entrailles mêmes du pays, sacré par Dieu et par l'histoire, limité par tout un ensemble d'autonomies et d'institutions traditioimelles, ayant leur existence et leurs fonctions propres, et à une loi, expression vivante du droit chrétien et de la coutume nationale, elle substitue un pouvoir suprême, personnification de la souveraineté du nombre, « a base plébiscitaire mouvante, avec une bureaucratie a compétence universelle, fonctiomiant seule dans TEtat omnivore », et une loi, expression arbitraire d'une oiûnion publique perpétuellement changeante ; anarchie économique, car, à une organisation professionnelle qui soutient les faibles et qui contient les forts, qui modère le jeu de la concurrence, qui protège le travailleur contre les entreprises de la spéculation et lui assure les fruits de son labeur, qui garantit à la famille la dignité, la sécurité et la stabilité du foyer domestique, elle substitue ce qu'elle nomme la liberté du travail, de la propriété, de l'échange et du crédit

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SOUS loules ses formes, c'est-a-dire le déchaînement de tous les appétits, de toutes les cupidités, el la prédominance des égoïsmes les mieux armés dans la lutte pour la vie.

Voila l'œuvre de la Révolution, je ne dis pas de la Révolution jacobine et terroriste de gS, mais de la Révolution libérale et philosophique de 89, — car il est bon de le rappeler, en ces jours où nous voyons errer de par la France les derniers et pales survivants du libéralisme : du 5 mai 1789 au i3 septembre 1791, TAssemblée constituante a accompli une série de destructions religieuses, politiques, économiques ; rien de ce qui a été alors détruit ne s'est complètement relevé depuis, et les destructions ^ont porté sur ce qu'il y a de plus essentiel dans la vie des peuples ; c'est l'ordre social lui-même qui a été décapité.

De cette œuvre immense de ruines, M. Richard de Boysson, dans le livre intéressant qu'il vient de publier, s'est attaché à peindre un seul côté, et dans un coin restreint de la France. — Il nous raconte, avec documents a l'appui, l'histoire de la révolution religieuse en Périgord, — et comme il est un esprit chercheur, aimant à se rendre compte

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