XVIII PRÉFACE
nerie a poursuivi d'une haine égale le trône et Tautel. L'Eglise, sans doute, vit sous tous les régimes, même sous les pires, trouvant dans le martyre un refuge suprême à sa liberté, et elle survit a tous. Elle subit, elle tolère, elle accepte, — suivant les cas, — les différentes formes de gouvernements qu'amènent les vicissitudes des choses humaines, et de chacune elle s'effon^e de tirer le meilleur parti possible — et en ce sens, elle ne prend point part aux mouvements violents de la politique terrestre. Mais, si elle veut avoir une existence sociale, sûre et stable, force lui est bien de s'unir — sans se confondre avec lui — à un régime particulier. Ses enfants, pour être catholiques, n'en sont pas moins des citoyens ; il faut donc, s'ils
ont l'ambition de donner k leur foi ce que j'appellerai un état public, qu'ils fassent œuvre de politique. Or, en France, je le demande a qui a lu et compris l'histoire, est-il possible de tirer de l'institution républicaine, qui, — quels que soient ses mérites en d'autres pays, — est chez nous infectée jusqu'à la moelle du virus révolutionnaire, un gouvernement, je ne dirai pas k la Saint-Louis, mais simplement honnête et respectueux des droits les