‹ Le clergé périgourdin pendant la persécution révolutionnaireChapitre 7 sur 17 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les Persécuteurs

I Philosophes.

'i II Francs-Maçons.

^ III Jacobins.

il. — Philosophes

(( La Révolution, quand on la dégage des causes » secondaires et des circonstances locales, apparaît » comme un immense complot qui, jusqu'à présent, » a réussi, non point par une fatalité historique » ou par une cause supérieure aux responsabilités » humaines, mais par l'audace des conspirateurs, et » surtout par la défaillance, par l'aveuglement » volontaire de ceux qui, au lieu de combattre, ont ^^ systématiquement fermé l'oreille aux avertisse- ^ ments du Pilote infaillible donné par Dieu a ^^ rhumanité » (i).

Les premiers conspirateurs furent les sophistes

(i) Claudio Jannet.

*2 LES PEKSKCLTELH».

du dix-huîlième siècle, notainiaenl Voltaire, Diderot et d'Alembert, qui formèrent le projet audacieux d'écraser Jésufe-Christ et sou Eglise. Dans cette unique intention, ils déployèrent, pendant toute leur longue existence, les plus persévérants efforts; la vieillesse ne ralentit jamais leur énergie. Pour dissimuler le véritable but de leur propagande, ils adoptèrent le nom de Philosophes, qui devait, mieux que le nom plus exact d'athées, faciliter le recrutement des adeptes.

Les promoteurs du complot s'attachèrent tout d'abord a propager leurs idées, en publiant un livre qui devait trouver sa place dans toutes les bibliothèques ; ce fut l'origine de l'Encyclopédie. Ils eurent soin de prendre pour collaborateurs des prêtres apostats, chargés d'attaquer la Religion du Christ avec tous les ménagements exigés par l'esprit public. Au nombre de ces collaborateurs, il faut citer l'abbé de Prades, Morellet, Condillac, l\aynal, que les Jésuites avaient chassé de leur Société, etc., etc.. Tous affichaient le nom de Dieu comme une attrayante étiquette ; ils savaient que leur athéisme dévoilé aurait éloigné les adhérents.

Les Philosophes cherchèrent ensuite des complices auprès du Trône; ils gagnèrent facilement le duc de Choiseul, ministre de la guerre, et son cousin le duc de Praslin, ministre des relations extérieures; avec l'appui des ducs, ils arrivèrent jusqu'à la marquise

f\ LES PERSECUTEURS.

blemenl relardé, de manière a ralentir le recrutement des moines. Lorsque cette réforme eut produit son effet inévitable, Brienne obtint un second décret, par lequel devaient être fermés tous les monastères où se trouvaient réunis moins de vingt religieux pour les villes et moins de dix pour les campagnes.

Les conspirateurs réussirent ainsi a faire dissoudre plus de quinze cents communautés, parmi lesquelles, en Périgord, Les Vayssières, de l'ordre de Grandmont; le Prieuré de Cénac, relevant des Bénédictins de Moissac; Babiot, qui dépendait de Cadouin, etc.

Profitant de Tautorité que lui donnait son rôle prépondérant dans la commission des maisons religieuses, Brienne n'hésita pas a s'immiscer dans les élections importantes de toutes les abbayes ; il se plaisait a provoquer les réclamations des jeunes moines contre les règles traditionnelles, semant ainsi des ferments de discorde, qui produiront leurs tristes résultats, lorsque arrivera la convocation des Etats généraux.

Cependant le nombre des conspirateurs se multipliait, et la propagande des Philosophes se développait sur l'Europe entière, notamment en Prusse, Autriche, Suède, Russie, etc.

Depuis le règne de Louis XIV, la littérature française avait largement pénétré dans tous les pays civilisés. Les promoteurs du coaiplot surent profi-

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