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chargé de confesser les séminaristes ; il est re-
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commandé à cet aumônier d'exciter ses pénitents à une sincère contrition, de les voir de temps à autre, de leur donner de bons conseils, de les habituer à veiller sur leurs actions et ■leurs pensées, à aller trouver leur père spirituel pour lui découvrir l'état de leur âme, pour S'Pprendre de lui à combattre leurs défauts et s exercer à l'oraison mentale. La première objection que fait à cela notre anonyme ne manque pas d'originalité : un prêtre capable de ^■emplir ces fonctions est introuvable ; ceux qui te pourraient parmi les moines occupent des postes plus importants, et pour en trouver un dans les rangs du clergé séculier, il faudrait de trop gros appointements. Et puis cela modifierait profondément les usages. Aujourd'hui, les séminaristes sont censés aller à confesse et communier deux fois par an, pendant la première semaine du carême et pendant la semaine sainte. En réahté, il se bornent généralement à approcher des sacrements au commencement du caï'ême. Presque tous vont passer les fêtes de Pâlies dans leurs familles ; partant le dimanche des Rameaux, à cause du mauvais état des routes, ils ne sont rendus chez eux que le lundi ou te mardi : presque aucun n'approche des sacrements ; ce qui n'empêche pas les curés de leur
donner, au moment du retour, un billet attestant qu'ils se sont confessés et ont communié (1)- Le nouveau règlement prescrit deux communions de plus par an, une à Noël, l'autre à l'Assomption ; comme cette dernière fête tombe pendant les vacances, on peut craindre que, cette fois encore, beaucoup de jeunes gens ne se contentent d'apporter un faux certificat. Il ordonne aussi, pour donner aux séminaristes des habitudes de piété, de réciter chaque jour les prières du matin et du soir, de dire le bénédicité et les grâces, de commencer et de finir les classes par une courte prière. Et voilà en quoi consistent ses tendances jésuitiques. On donne aux séminaristes une éducation trop cléricale, on isole trop le clergé du reste de la population- Moins les prêtres se distingueront des laïques, mieux cela vaudra : ils sont mariés et pères de famille ; par conséquent le principe est posé, il ne reste qu'à en déduire les conséquences. Il faut que les aspirants au sacerdoce soient élevés par des laïques, qu'ils soient élevés comme des laïques, qu'ils aient les mêmes idées, les mêmes
(1) Dans plusieurs collèges des Jésuites, il y a des vacances à Pâques, mais les élèves ne partent que le lendemain de la fête. C'est une invention jésuitique que les séminaires russes feraient bien de s'approprier.
habitudes, le même genre de vie que les laïques. La plupart de ces laïques ne se conforment pas aux lois de l'Église et ne vivent pas chrétiennement : n'importe.
Mais qu'est-ce donc que le prêtre, et pourquoi Notre-Seigneur l'a-t-il appelé le sel de la terre? N'a-t-il pas reçu le dépôt de la vérité ï'évélée pour dissiper l'ignorance et combattre ^ erreur ? Ne doit-il pas opposer la doctrine de 1 -Evangile à la fausse sagesse du monde ? N'at-il pas été établi gardien de la loi et dispensateur des sacrements ? Ne doit-il pas reprendre ■les pécheurs, les appeler à la pénitence, purifier ■les hommes de leurs souillures, les arracher à ■leurs défaillances et les élever jusqu'à Dieu ? ■i^û un mot, ne doit-il pas réagir contre l'ignorance, contre les égarements, contre la vanité, contre la corruption du monde ? Ce n'est donc P^s en vivant de la vie du monde, en acceptant •les idées du monde, en subissant l'influence du nionde, que le prêtre pourra s'acquitter de sa niission. Et si les hommes qui ont rédigé le nouveau règlement des séminaires russes ont insisté sur la nécessité de mettre la jeunesse du prêtre à l'abri des scandales du monde, ils n'ont lait que se conformer à l'esprit de l'Évangile. Qu'on dise que ce sont là des tendances jésuiti-
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ques, ce n'est pas nous qui nous en plaindrons : on ne fait par là que constater la conformité de l'esprit de la Compagnie de Jésus avec l'esprit de Celui qui a dit : Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait; mais parce que vous n'êtes pas du inonde, parce que je vous ai séparés du monde, le monde vous hait. » (Joan.