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l'Église roumaine sont peut-être le premier exemple d'une consultation commune depuis
près de cent cinquante ans que le synode existe. On l'a dit avec vérité, les différentes Églises
i de la communion orientale peuvent être com- 1 parées à la défunte confédération germanique,
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■ 1 moins la diète de Francfort. Comment se fait-il 1 qu'on ne soit jamais parvenu à constituer une
^ espèce de diète ecclésiastique à laquelle aboutiraient toutes les correspondances, et qui servi-
j rait de lien à toutes les Églises devenues com- 1 plétement étrangères les unes aux autres ? Ce
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\ long état d'isolement, malgré toutes les phra-
1 ses stéréotypées sur l'immobilité et sur l'im-
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' mutabilité des Églises orientales , n'a pas pu per-
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sister sans qu'il s'introduisît dans leur sein des
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Situations nouvelles, des coutumes nouveUes.
des points de vue nouveaux ; de là des différences quelquefois asse. sensibles et même assez profondes, comme l'observe très-bien M. Katkof S'il y avait en Russie, parmi le cierge ou les laïques, des gens qui prissent à cœur les affaires religieuses et qui portassent un intérêt sérieux à l'Église à laquelle ils appar lennent, ces différences entre les diverses Eglises qui prétendent n'en former qu'une, seraient 1 objet d'études consciencieuses et de discussions approfondies. Il n'en est rien. Nous voyons au contraire la plus étrange indifférence et la plus complète apathie. Il a fallu qu'un Anglais appe- MtTattentionsurlamanière très-différente dont
l'Église de Constantinople et l'Eglise russe envisagent les conditions nécessaires a la validité du baptême. A Constantinople, on n admet comme vaHde que le baptême par immersion.
Il en résulte qu'aux yeux de cette Eglise, catholiques latins et protestants ne sont pas chrétiens; querun d'entre eux demande à être reçu dans ?ÉgliBe grecque, on lui imposera 'ob i|a K>n de se faire bapt-er- La doctrine de lEghse russe est plus libérale : à ses yeux, le baptême par immersion est une affaire de rite, et non pa de dogme; elle reconnaît que les Latins et les
protestants soni validement baptisés, et, par conséquent, chrétiens; aussi, quand ils présentent les autres conditions nécessaires, on les admet dans l'Église sans leur imposer l'obligation d'un nouveau baptême, comme nous l'avons vu dernièrement, pour la princesse Dagmar. Si l'opinion des Grecs était fondée en raison, cette princesse, comme toutes les impératrices de Russie, comme toutes les épouses des grandsducs, ne seraient pas chrétiennes. La question ne manque certes pas d'importance, et cependant le patriarche de Constantinople et le synode deRussie ne sont pas d'accord sur ce point (1).
(1) L'autre jour, la Causerie ecclésiastique (17 septembre 1866) cherchait un moyen de concilier sur ce point l'Eglise grecque et l'Église russe. Rien n'est plus étrange que l'idée dont elle s'est avisée. A l'en croire, l'Eglise grecque admet parfaitement la -validité du baptême qui n'est pas donné par immersion, mais elle a dû exiger un nouveau baptême des Latins qui demandaient à être reçus dans son sein pour tracer une ligne de démarcation plus profonde entre Grecs et Latins, de peur d'un rapprochement, et dans ce but elle n'a rien imaginé de mieux que de faire croire aux Grecs que les Latins n'étaient pas chrétiens. Nous n'aurions jamais osé attribuer à l'Eglise grecque un pareil procédé. Le mensonge, la calomnie, la profanation d'un sacrement qui ne peut être réitéré, tout cela, selon la Causerie ecclésiastique, l'Église grecque le ferait sciemment et volontairement! C'est à n'en pas croire ses yeux. Et ce journal est publié par l'Académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg, sous les yeux et avec approbation du synode !
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fera aucune démarche sans être arrêté jmr mille entraves; il aura beau tenir la plume, en fait, les lettres n'émaneront pas de lui, mais du gouvernement. Or, le gouvernement peut vouloir gagner le patriarche à ses intérêts, mais non le laisser se mêler en quoi que ce soit, ne fût-ce qu'à titre de conseiller, des affaires de l'Éghse russe.
De même pour les rapports du synode avec les évêques russes. Admettez un instant l'hypothèse d'un patriarche, rien de plus simple qu'une correspondance intime, familière, cordiale entre lui et les évêques. De temps à autre, les évêques viennent le visiter ; ils lui parlent à cœur ouvert, ils lui font part de leurs embarras, des difficultés qu'ils rencontrent, des peines qu'ils éprouvent, et une conversation d'une demi-heure peut terminer une affaire qui, par correspondance, aurait exigé des mois entiers. Avec le synode' rien que de la bureaucratie, des papiers qui sortent de la chancellerie du consistoire pour aller dans la chancellerie du synode : un échange de formules avec des signatures. Que peut-il sortir de là ?
Supposons cependant que l'évêque ait obtenu, à grand'peine, la permission de venir à Pétersbourg; il va visiter, l'un après l'autre, tous les
membres du synode; il leur expose son aifaire, il parvient, chose inouïe ! à les ramener tous à son sentiment. L'opposition de la chancellerie, et surtout celle du procureur général, peut tout arrêter. Il semble qu'on ait fait exprès d'inventer un système qui, au lieu de simplifier les difficultés, les multiplie et arrête toute action. Une fois pris dans cet engrenage, les évêques et le clergé perdent la faculté déjuger la situation. Ils ne se rendent pas compte à eux-mêmes des causes de la servitude à laquelle ils sont assujettis. Ils ne comprennent pas que la racine de tout le mal est cette absorption de l'Église par l'État.
Nous sommes ici au cœur de la question.
A quoi servent toutes les commissions et toutes les enquêtes sur la situation du clergé ? Elles ne diront jamais, elles ne peuvent pas dire la vérité, si tant est que les hommes qui y siègent s'en doutent dans leur for intérieur. La racine du mal, nous le répéterons toujours, c'est l'absorption de l'Église par l'État; le lévitisme et l'invasion de la bureaucratie dans l'administration ecclésiastique sont, sans doute, de trèsgrands maux, mais ce sont les conséquences nécessaires du mal fondamental, et le nœud auquel tout cela vient aboutir, c'est le synode ;
le remède, c'est l'abolition du synode. La destruction du synode devrait être le but de tous les efforts, le delenda Carthago de tous les discours.
Les seuls hommes qui le comprennent en Russie, ce sont les rascolniques. « Je ne reconnais absolument pas et je n'admets pas votre synode et tout le clergé de votre Église, »
disait un de ces sectaires. (Kelsief, 1. 1, p. 220.) Un autre rascolnique de Yaroslaf disait au comte Steinbock : « La religion gréco-russe est une religion profane, mondaine ; eUe n'est pas fondée sur une conviction vraie et sincère, elle sert au gouvernement d'instrument pour maintenir l'ordre et le culte de l'autorité terrestre. »
Cette autorité terrestre, ils la désignent sous le nom Ôl Antéchrist : « Le sceau de l'Antéchrist, disent-ils, c'est la subordination à son autorité, c'est l'observance, au nom du Christ, de lois faites dans l'esprit de l'Antéchrist ; c'est le mépris, c'est l'asservissement de l'Église. » (Kelsief, 4= cahier, p. 327-329. Londres, 1862.) Sans doute, ces pauvres gens sont grossiers et ignorants, mais ils ont le jugement sain. Ils ont parfaitement vu où était la source et le principe de tout le mal ; ils ont tiré depuis longtemps les conséquences des prémisses mises en avant par
le patriarche de Constantinople contre le prince Couza; ils ont appliqué les canons qu'il a cités.
Voici le synode de Russie qui, en 1866, rappelle le canon apostolique en vertu duquel un évêque qui a eu recours aux puissances séculières pour sa nomination, est déposé et excommunié avec tous ceux qui commum"quent avec lui. En parlant ainsi, le synode donne raison à tous les rascolniques qui ne veulent pas entendre parler de sa communion. C'est l'existence du synode qui est la véritable cause du rascolnisme. Supposez l'Église russe indépendante et un clergé un peu instruit, il ne se passera pas vingt-cinq ans avant que les starovères soient tous revenus à la communion de l'Eglise.
De quelque côté que nous tournions les regards, le rascol qui déchire l'ÉgHse russe, l'isolement dans lequel cette Éghse se trouve placée vis-à-vis des autres Églises orientales, le lévitisme, l'invasion de la bureaucratie, nous n'apercevons que des conséquences de l'absorption de l'Église par l'État, à l'aide du synode. On finira par le comprendre, la réforme nécessaire, indispensable dans le sein de l'Église russe, c'est l'abolition du synode. On n'échappera pas à cette conséquence.
Faut-il donc rétablir le patriarche? Nous ne
dirons ni oui ni non. Un patriarche indépendant à la tête de toute l'Eglise russe serait investi d'un tel pouvoir et présenterait si peu de garanties, que nous concevons parfaitement les craintes qui feraient écarter ce projet. D'ailleurs, il y aurait toujours à craindre qu'il ne fût un instrument entre les mains du pouvoir, ou bien un empereur spirituel devant lequel l'empereur temporel, l'Etat lui-même et toutes les populations étrangères à l'Église nationale seraient obligés de s'effacer. Que faire alors ? Si l'on veut à tout prix un patriarcbe, il faut que ce patriarche soit lui-même soumis à une autorité ecclésiastique plus haute ; nous avons nommé le Pape. Si l'on ne veut pas de patriarche résidant dans le pays, il faut suivre l'exemple donné par toutes les nations cathoHques et reconnaître l'autorité du premier des patriarches, l'autorité du Pape. Il n'existe pas d'autre moyen d'avoir une Eglise qui soit libre sans être factieuse, soumise aux lois sans être asservie.
fÉAf