‹ Le Clergé russeChapitre 7 sur 18 · VIII. Esthétique et Eloquence, — Préceptes · texte numérisé non relu

VIII. Esthétique et Eloquence, — Préceptes

filair, Rollin, Lévisac, Bouterweck, Cicéron, Horace, Longin, Quintilien, Denys d'Halicarnasse, Labarpe, Gérard; emprunts à d'Alembert, Montesquieu, Marmontel, Fénelon, cardin^il Maury, Chateaubriand, Burke, Batteux, Meiners i^schenburg-. — Modèles : Démosihène, Giceron, Tite-Live, Tacite, Salluste, Quinte-Curce, Plme le Jeune ; —S. JeanChrysostôme, S. Augustin, la sainte Bible; - Pascal, Bossuet, Fénelon, 11echier, Bourdaloue, Massillon, Saurin.

IX. Sciences physiques et mathématiques. — 1- Eléments de géométrie jusqu'aux sections commues inclusivement; arithmétique, algèbre.

2. Géométrie curviligne, calcul différentiel et intégral. — 3. Physique, maihématiques.

X. Sciences historiques. - 1. Sciences auxiliail'es : Chronologie, géographie ancienne, geogra- Phie de la Russie (pendant deux ans). — &• Histoire biblique, ecclésiastique; antiquités chrétiennes ; histoire de Russie. — 3. Histoire universelle.

XI. Langues. - Le grec, non sur le même pied que le latin, (l'" année Xénophon, Thucydide, Hérodote, Plutarque; %', Démosthène, Eschine, I'ysias,Isocrate, S. Basile.S. Grégoire de Nazianze, S. Jean Chrysostôme; 8^, Platou, Aristote ; 4», Homère, Hésiode, Aristophane; 5% Sophocle, Eschyle, Euripide; 6e, Théocrite, Bion, Anacréon, Pindare.) — 2. L'hébreu. — 3. L'allemand et le français.

On remarquera le choix des auteurs. Pour la théologie, c'est surtout Buddée, théologien

protestant. Qu'auraient dit Etienne Javorski et Théophylacte Lopatinski, ces deux athlètes qui l'ont combattu avec tant de vigueur ? Comment s'y prendra-t-on pour nous faire croire que leur foi était la même que celle du synode de 1809? Ce premier cours comptait soixantedix-huit élèves : huit sont devenus évêques, et l'un de ces derniers, Mgr Grégoire Posnikof, est mort il y a quelques années métropohtain de Saint-Pétersbourg ; de là encore est sorti un autre membre du sjaiode, Koutnevitch; de là venaient un assez grand nombre de prêtres qui ont exercé une influence plus ou moins considérable par leur enseignement dans les chaires des séminaires et des académies ou par les ouvrages qu'ils ont publiés : bornons-nous à citer Pavski. Faut-il s'étonner qu'on trouve dans le clergé russe des idées protestantes?

Lorsqu'il fut question de convertir à l'orthodoxie la princesse prussienne destinée à épouser celui qui devait être un jour l'empereur Nicolas, le prêtre chargé d'instruire la néophyte reçut du synode des instructions dans lesquelles on lit entre autres choses ce qui suit : « Dans l'exposition de l'enseignement dogmatique de l'Église gréco-russe, on doit expliquer avec le plus grand soin que cette Église recou-

ï^aît la parole de Dieu contenue dans les Ecritures saintes comme la règle unique et complètement suffisante de la foi et de la vie chrétienû6> et comme la seule mesure de la Térité ; qu'elle révère sans doute la tradition de l'Eglise primitive, mais en tant seulement qu'elle se trouve être d'accord avec l'Écriture, et qu'enûû elle puise dans cette pure tradition, non des fiogmes nouveaux de la foi, mais des opinions édifiantes, ainsi que des directions pour la discipline ecclésiastique (1). »

C'est ainsi que parlait le synode en 1816.

^ous espérons que M. Yanyclief, chargé d'instruire la princesse Dagmar, avait reçu d'autres instructions. En tout cas, on peut voir par là quels progrès le protestantisme avait faits dans le synode au commencement de ce siècle. | Le prêtre muni de ces instructions devait les ^ traduire ainsi : « Princesse, nous gardons, il est Ê ^rai, une foule de cérémonies et d'observances | qui vous choquent ; nous sommes obligés de| ûous y conformer, de peur d'irriter un peuple l ignorant et bigot; mais, au fond du cœur, nous | û'y tenons pas, et nous sommes aussi bons pro- \ testants que le roi de Prusse. Veuillez donc ï

(1) Voyez M. Tourguenef, la Mnssie et Us Russes, t. III, \ p. 304.

condescendre à vous conformer aux usages d'un peuple sur lequel vous pouvez être appelée à régner, et, dans le for intérieur de la conscience, restez ce que vous êtes. »

Le règlement nouveau distribuait la journée entre quatre classes, de deux heures chacune. Les membres de la commission n'avaient donc pas dépassé les cours de grammaire, pour s'imaginer qu'en théologie, il est possible d'avoir huit heures de classe tous les jours !

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