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Le clergé, ses droits, nos devoirs

rielle, c'est ure idée, Quand l'idée s'al. , tère, se modifie, se corrompt, les individus ne meurent pas, mais le peuple s'évanouit. Voilà pourquoi il faut op fs

ser idée à idée, l'idée catholique à li protestante.... ??

Le peuple canadien-français doit être catholique ou il cessera d'être un peuple, il «s’évanouira». Entourés que nous sommes par l'idée protestante, l’idée catholique peut seule nous sauver, en nous tanant en un solide ec inébranle ble faisceau.

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Pas un homme réfléchi, qui connaît les circonstances de notre vie nationale, ne niera ce fait.

L'Eglise catholique est la nourrice, la sauvegarde, le bouclier de notre race.

L'union dans notre foi, le dévouement à nos institutions religieuses, un soin jaloux des libertés de notre culte, une inviolable soumission aux enseignements de Rome, une large place —-la plus large—à la hiérarchie catholique dans notre organisme social: telle doit être la politique des canadiens-français de ce continent.

Nous prononçons de suite le mot «politique ». . Les observations que nous offrons à nos concitoyens sont toutes politiques : elles ont rapport à leurs plus intimes intérêts.

Quelues-uns répèteront pour la millième fois que nous sommes plus catholique que le Pape, que nous mêlons la relig'er à la politique, etc. …. Ge n’est ni nous ni d’autres qui mêlons la religion à la politique : elle y est mêlée nécessaire ment, par l’essence même des choses.

Donoso Cortès commence son admirable « Essai sur le catholicisme »

par ces mots :

‘ Il est surprenant, a dit M. Proudhon, qu’au fond de notre politique nous trou:

vions toujours la théologie. ?’ Ce qui est surprenant, c’est l’étonnement qu’expriment ces paroles : la théologie n’estelle pas la science de Dieu, l'océan qui contient et embrasse toutes les sciences, comme Dieu est l’océan qui contient et embrasse toutes choses. ??

Et plus loin il continue:

‘ Posséder la vérité politique, c’est connaître les lois auxquelles sont assujettis les gouvernements; posséder la vérité sociale, c’est connaître les lois auxquelles sont soumises les sociétés humaines; or pour connaître ces lois il faut connaître Dieu ; et celui-là connaît Dieu, qui, entenüant ce que Dieu affirme de lui-même, croit ce qu’il entend. Toute affirmation relative à la société ou au gouvernement suppose donc une afürmation relative à Dieu; et, la théologie étant la science qui a pourobjet les afürmations divines, toute vérité politique ou sociale se résout, en dernière analyse, en véritethéologique: iii Lis LU AE

# Si tout vient de Dieu et si Dieu est en tout, la science qui donne la raison dernière de toutes choses ne peut être que la science de Dieu, la théologie : et ceci explique pourquoi, lorsque la foi diminue, les vérités diminuent dans le

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monde exactement dans la même mesure ; pourquoi la société qui se détourne de Dieu voit soudain une effrayante obscurité envahir tous ses horizons. C’est là, pour le dire en passant, un fait d’expérience universelle et la cause qui, dans tous les temps, a porté les hommes à considérer la religion comme le fondement indestructible des sociétés humaines :

t Qui ébranle la religion ébranle le fon- ‘ dement même de toute société, ?’ disait Platon ; et Xénophon ajoutait :

“ Les cités et les nations les plus pieuses ‘“ furent toujours les plus sages et celles

“ qui eurent une plus longue durée. ’?.

Plutarque affirmait ‘ qu’il est plus facile ‘“ de bâtir une ville dans les airs que de ‘“ constituer une société sans la croyance “aux dieux.’ Rousseau constate que “ jamais Évat ne fut fondé que la reli- ‘ gion ne lui servît de base ; ?’ et Vol- ‘# tairo avoue ‘‘ que partout où il y a une “ société la religion est absolument ‘“ nécessaire. ?’ Toutes les législations des peuples de l’antiquité reposent sur la crainte des dieux. Polybe déclare que cette crainte sacrée est plus nécessaire encore chez les peuples libres que chez les autres. Afin que Rome fût la ville éternelle, Numa en fit la ville sainte, et de tous les peuples de l'antiquité le peuple romain fut le plus grand, précisément parce qu'il fut le plus religieux.

César, dans sa jeunesse, s'étant permis un jour, en plein sénat, d’attaquer la croyance à l’existence des dieux, on vit aussitôt Caton et Cicéron se lever, reprocher au jeune orateur sa téemérité et l’excuser d’avoir proféré des paroles funestes à la République. Tout le monde

connaît le mot du grand capitaine romain Fabricius, qui, entendant le philosophe Cynéas se moquer de la Divinité en présence de Pyrrhus, s’écria : “ Plaise aux dieux que, lorsque nos ennemis seront en guerre avec la République, ils suivent cette doctrine. ?””

Le chanoine Moulart dans son livre sur «l'Eglise et l'Etat» s’exprime ainsi :

# Nous allons essayer de montrer que la religion est le principe même de la vie sociale et le vrai fondement de l’ordre politique. La conclusion naturelle sera que là première des obligations du pouvoir est, non-seulement de respecter les croyances religieuses, mais de les protéger-et de les défendre.

‘ Quand on analyse les conditions d’existence de l’être social, il est facile de voir qu’il repose tout entier sur deux éléments essentiels : a) sur les vérités sociales, et b, sur les devoirs sociaux, qui découlent de ces vérités et dont le parfait accomplissement, en établissant l’ordre, procure le bonheur de la société, Or, l’un et l’autre élément ont leur cause, leur raison d’être et leur point d'appui dans les dogmes religieux, de telle façon que les tout premiers principes de deux ordres civilet spirituel se confondent.

Ainsi, la société civile et la religion ont la même origine, qui est Dieu, comme elles ont le même terme, qui est le bon- -beur de l’homme.’

Tres 8 Le 2

Qu'on lise cette page de l’abbé Chantôme :

“Notre politique doit donc être religieuse et s'appuyer sur cette force audessus de laquelle il n'y en a point, en dehors de laquelle on n’en voit point, sino' la force de l'erreur et du mal.

En effet, si la vraie, la grande politique veut posséder quelque chose de l'infini, de l’absolu, et s’unir, par conséquent, à ce qui est universel et permanent, ne doit-elle pas prendre dans la religion son principe, sa règle, son but et ga force vitale ?

& Car enfin, s’il y a un Dieu, s'il ya une Providence, il est évident que ceux qui conduisent les peuples doivent prendre de ce Dieu le mot d'ordre, et devenir les dociles serviteurs de sa Providence.

Qu'ils sortent de là, tout ce qu'ils font est nul de soi, car cela est fait sans intelligence et sans avenir. Ce n’est plus l’ordre, mais le chaos ; ce n’est plus le progrès, mais le tourbillon de toutes les ignorances, de toutes les ambitions, de tous les intérêts en collision.

‘ Eet-ce que tous les grands hommes, tous les grands peuples qui ont fondé des empires et poussé le monde en avant n’ont pas été dominé: par ces pensées ?

Depuis Moïse, vous n’en trouverez pas un seul qui n’ait cherché dans l’ordre religieux sa force, sa lumière, et n'ait réalisé uüne politique dont le mobile principal fût toujours un sentiment, une croyance religieuse.

‘ La religion est toujours venue 86 poser tôt ou tard, en première ligne dans

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l’accomplissement de leur mission. La religion est au fond de tout; on a beau vculoir la laisser à l'écart, bientôt elle surgit, grandit vite e& devint le point essentiel sans lequel toutes les questions de politique purement profane restent insolubles. Pour ne pas remonter plus haut, voyez seulement la révolution de 89, voyez le règne de Napoléon, les embarras de Charles X et de Louis-Philippe, la récente guerre de Crimée et la fameuse question d'Orient; voyez aujourd’hui les affaires d’Italie |

# Tout finit par aboutir inévitablement à la question religieuse; elle domine bientôt toute situation et arrête court la politique qui croyait si facilement passer à côté d'elle.

“Ne nous y trompons donc pas: la grosse question chez tous les peuples et dans tous les temps, celle qui passionhera toujours et de plus en plus les ir asses, celle pour laquelle il faut absolument une solution complète, c'est la question religieuse. Cette question re:

vient constamment se poser en face de ceux qui conduisent les choses humaines, parce qu’elle les domine invisiblement, ”?

Ecoutons Mgr de Ségur:

# L'Eglise, ayant reçu de Dieu, comme nous l’avons dit, la mission et l’ordre d'apprendre à tous les hommes sans exception à accomplir en toutes choses les volontés divines, les Souverains, les hommes d'Etat, les députés, les gouvernants, les magistrats et, en général, tous ceux qui conduisent les autres, ont pour devoir, et pour premier devoir, de con-

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