Le cléricalisme de 1789 à 1870
Ce livre n'est pas écrit contre la religion catholique : en tant que religion nous la respectons comme nous respectons toutes les croyances. Nous avons voulu retracer ici l'histoire d'un parti politique qui, prenant les couleurs du pape, cherche à ruiner les principes de nos lois et de nos institutions, le parti clérical, le parti de la contre-Révolution. Nous savons qu'on nous accusera d'attenter aux bases de l'édifice social et de flatter les viles lussions de la vile popiclace; on nous accusera d'athéisme. Ce sont là les moyens habituels de nos adversaires. Nous nous
plaçons au dessus de leurs blâmes et de leurs co-
lères et nous n'employons contre eux que le récit de leurs agissements. Ils pourront s'indigner contre nous, mais non pas réfuter un seul des faits que nous avançons.
Dans les premiers chapitres nous avons cherché à prouver une vérité dont nous sommes depuis longtemps convaincus : le clergé a été la cause directe des prétendues persécutions qu'il a supportées sous la Convention. De l'aveu même de quelques-uns de ses membres plus francs que les autres, il s'est injustement opposé à des réformes que, d'après les plus simples notions des devoirs de la charité chrétienne, il eût dû nonseulement accepter, mais demander, lui, tout le premier.
Nous avons ensuite étudié le Concordat et les articles organiques. Les détails que nous donnons sur l'histoire du clergé sous le règne de Napoléon paraîtront peut-être un peu longs ; mais il nous a semblé intéressant de montrer le cas que font ces hommes de leurs dogmes et de leurs préceptes et la manière dont ils s'en servent
lorsque leurs intérêts matériels sont en jeu.
Le parti clérical commence ses criminelles entreprises contre la loi, le jour de la restauration des Bourbons. Pendant quinze années il lui' fait une guerre ouverte qui cesse avec la Révolution de 1830. Après quelque temps de silence et de recueillement, il revient à la charge, mais cette fois avec ses armes les plus dangereuses, la dissimulation et la duplicité. Enfin en 1870, lorsqu'il se croit assez fort, prenant le Syllabus comme •programme de ses prétentions, il lève le drapeau de contre-Révolution sous les auspices duquel il nous a toujours combattus.
De ces faits nous avons tiré la conclusion qui nous a paru logique. On jugera de notre impartialité.