CONGO
tahJ.Lr/HTAltT, BnutUfS
Les mois de juin à septembre constituent la période la moins chaude de Tannée. Sa température moyenne est inférieure à celle de Tannée de 2*0. Les fortes chaleurs 8*observent de novembre à avril, période dont la moyenne thermométrique dépasse celle de Tannée de 1*3, et les plus fortes chaleurs ont lieu de février à avril (écart moyen de + 1*6). Les mois de mai et octobre ont une température qui s*écarte peu de la moyenne annuelle.
Les quatre saisons météorologiques offrent respectivement les écarts suivants :
Juin, juillet, août -XZ
Septembre, octobre, novembre . . 0,0
Décembre, jaDTier, février . • • 4-1,2
Mars^ avril, mai -i- i,i
Comme nous Tavons dit plus haut, ces valeurs s*appliquent à un point fictif situé à Tiniérieur de TÉtat Indépendant et représentant le climat moyen de toute cette partie de T Afrique.
Dans le bas Congo, les saisons sont plus tranchées qu*au centre du continent, et les écarts ci-dessus y deviennent :
Dans toute cette région, de faible altitude, la période de six mois commençant à novembre et finissant à avril a comme moyenne 27*5 environ; celle de quatre mois comprenant juin à septembre, 23*2.
Au point de vue qui nous occupe, les constatations qui précèdent, malgré le grand intérêt qu*elles présentent, n*ont toutefois qu*une signification assez restreinte. Ce qu'il importe surtout de connaître, ce n'est pas tant la valeur absolue de la température à un moment et en un point donnés, que la grandeur de sa variation au cours de Tannée et de la journée, et la fréquence de certaines températures déterminées. Afin de fixer les idées à cet égard, c'est-à-dire de permettre d'apprécier Timportance de la situation thermique aux différentes époques de Tannée et aux divers instants du jour, nous comparerons, dans ce qui va suivre, les données que nous fournissent les observations recueillies au Congo avec celles qui s'appliquent à notre pays, et à Bruxelles en particulier, dont les éléments climatériques représentent assez exactement le climat moyen de la Belgique.
Le fait qui domine toute la climatologie de l'Afrique équatoriale au point de vue de la température, est, comme on Ta maintes fois signalé, la grande régularité des mouvements du thermomètre. On s'en rendra bientôt compte par les exemples que nous allons citer («).
(i) Tous ceux qai ont visité la Section des sciences à TËxpositioa internationale de Braxelles, et qai y ont examiné les intéressants diagrammes méléorologiques recaeillis à Kisaniu par le P. de Hert — les premiers obtenus au Congo à Vaide d*enregisireurs — auront certainement été frappés de la constance remarquable de Tallure des courbes barométrique et thermometrique.
Examinons d*abord la marche annuelle de la température, et, è cet eflel, déterminons pour un certain nombre de stations dont les observations nous inspirent confiance, Técart moyen entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud. A Bruxelles, d*aprës les relevés de cinquante années, cet écart atteint IG"*! ; il est descendu à IS^'ô en 1866, et s'est élevé à 25<'6 en 1838. Or, à Banana^ d'après cinq années d'observations, il n'a été que de S®8, et la diiïérence entre la plus haute et la plus basse moyenne mensuelle n'y a pas dépassé, pour ce laps de temps, 7"8. A Bruxelles, la même différence, pour la période correspondante, est montée à 23^5.
D'après les observations de seize stations, Pécart moyen serait compris entre S^ et 6% et plutôt voisin de 5^ Il diminue à mesure qu'on pénètre dans l'iniérieur, sauf quand on aborde les régions élevées, comme le Katanga, où il varie entre 7* et 8^ A la côte, il est de 6* environ.
L'amplitude de la variation diurne est un peu plus grande au Congo que chez nous. D*«<près sept stations de TÉtat, elle y est en moyenne de 8*5. A Bruxelles, elle n'est que de 7<*9. Par les hautes températures, toutefois, elle est plus forte en Belgique qu'en Afrique (i). Au Congo, elle augmente à mesure qu'on pénètre dans l'intérieur des terres : à Banana 1 1 à Vivi, elle est légèrement inférieure à 8% tandis qu'à Léopoldville elle s'élève A 10°. A Kimuenza, situé un peu au sud de cette dernière station, l'année 1894-1895 (octobre à septembre) a donné 10"^ comme amplitude journalière de la température.
Cette amplitude ne varie guère dans le cours de Tannée. D'après les observations de trois stations, elle serait la plus faible d'octobre à janvier, et la plus forte de février à mars, avec maximum secondaire au milieu de la saison sèche. Ce maximum secondaire devient principal à mesure qu'on pénètre dans l'intérieur, et, notamment sur les plateaux assez élevés, elle est très grande, comme l'avait déjà remarqué von Danckelman (t). A Banana (1890), le plus grand écart a été de 7*5 en janvier et février; à Vivi (1882-1883), de 9'0 en février et de 8*8 en août; à Kimuenza (1894-1895), à l'altitude de 484 mètres et au sommet d'un plateau, de 1 1*2 en février et mars et de 12*1 en aoiît.
A Bruxelles, la plus petite amplitude (4*4) se présente en décembre; la plus grande (9*6), en mai et juin.
(i) Voir ptus loto, p. 11.
(t) Mémoire sur les observations météorologiques faites à Vivi, Berlin, 1884; in-4*.— « Elle devient la cause, dit yod Danckelman, de l)eaacoup de maladies parmi I^s indigènes, pour qui cette saison est la plus insalubre. Beaucoup de noirs trop peu fétus succombent à des maladies causées par des reri*oidissements >.
Sur les bauls plateaux, comme Tout signalé de nombreux Toyageurs, les nuits sont parfois eifrémement froides, et l'on peut y observer de la gelée blanche et même des pellicules de g'ace sur les flaques dVau. 11 y a aussi des cbutes brusques de température remaïquables. Stanley signale celle surtenue pendant une averse de grêle, qui fit dtscendre le (bermcméire, en quelques instants, de
" " 6* 8^ lO"» Ifidi 2^ 4^ 6'' 8*» 10** IGdi 2^ Ài^" 6^
ZOb. JLLOarOKr. Omegès
Dans sa course journaliér<>, le thermomètre passe au Congo par les phases suivantes : il est en moyenne au plus bas de Tëchelle entre 5 et 6 h. du matin, et au point le plus élevé vers 1 h. de Taprèsmidi. Au lever du Soleil, son mou- ' vement de hausse s*annonee, et ce mouvement s*accentue très rapidement. Dans le bas et le moyen Congo, il monte de 0^5 environ de 6 à 7 h. du matin, puis successivement, d'heure en heure, de IM (7 à 8 h.), I«5 (8 à 9 h.), 1<>4 (9 à 10 h.). A partir de 10 h., Tascension mercurielle se ralentit, et ju$qu*à i h. de l'aprèsmidi elle passe par les hausses suivante?, qui vont en diminuant progressivement et régulièrement : 0<>8 (10 à 1 1 h.)» 0<>5 (1 1 h. à midi), 0«2 (midi à 1 h. soir). Le mouvement de descente commence entre 1 et 2 h., a se poursuit avec une grande régularité jusqu'au lendemain; d'abord légèremrni accentué jusque vers 8 ou 9 h. (0<^5 à 0^6 par heure), il faiblit sensiblement ensuite, et à partir de minuit devient très lent.
En ré3umé, de 7 à 10 h. du matin, moment où elle est le plus rapide, l'élévation thermométrique est en moyenne de 4^0; pendant les trois heures suivantes, de 10 à 1 h., elle n'est plus que de l^'S. De 2 à 9 h. du soir, la baisse est de ô% et de 9 h. du soir à 6 h. du matin, de S^'l seulement (i).
Ces valeurs, nous le répétons, s'appliquent au bas et au moyen Congo; elles augmentent, mais en conservant à peu près le même rapport entre elles, quand on atteint des altitudes supérieures à 600 mètres.
Voici d'ailleurs, pour quelques points du Congo diversement situés géographiquement et topographiquemeni, la différence d*allure du ihermomèire entre les heures de la matinée et celles de l'après-midi. Mous considérons des intervalles de même durée (sept heures), compris d'une part (hausse) entre 7 h. du matin et 2 h. du soir, et d*autre part (baisse) entre 2 h. et 9 h. du soir :
Banana . • • , Bolobo . . .
Nouvelle-Anvers Luluabourg • .
Bruxelles • •
Hauuc
Baiis..
(i) La TanaiioD lioraire ^ BruxelU-s est comme suit :
De 4 à 6 b. da matiii hausse de Û«S
De 6 à 8 h. — — 1,3
De 8 à iO h. — — 1,9 [ 4«5
De 40 * iâ h. — — 1,3
De G à 3 b. du soir. — 0,6
De 3 à 4 h. — baisse de 0,3
De 4 à 6 b. — — 1,3
De 6 à 8 b« — — 1,4 |
De 8 à 10 h. — — 1,0
De 10 4 13 b. — - 0,6
De 0 à 3 b. du malin . — 0,5
De 3 à 4 b. — — 0,3
Ces indications appuient les remarques que nous avons énoncées plus haut au sujet de I amplitude de la variation thermométrique diurne dans les diverses régions du Congo.
Nous venons de voir comment se comporte le thermomètre au Congo dans sa marche annuelle et dans sa marche diurne. 11 nous reste à examiner, — et au point de vue de la climatologie médicale nous abordons ici le côté le plus intéressant de notre rapport — il nous reste à examiner, disons-nous» quel est Tétat habituel de la température dans TAfrique équatoriale et jusqu'à quel point cet état s*éioigne de celui qu'on constate dans les pays tempérés, et notamment en Belgique.
En moyenne générale, la température la plus haute du jour, au Congo, est comprise entre 39* et 30* : c'est la moyenne des maxima diurnes relevés au cours de toute une année. A Bruxelles, cette moyenne est de 14^ Mais, tandis que dans TÉtat Indépendant le mois le plus chaud ne fait monter cette moyenne que de 1* à 2% en Belgique il la fait monter de plus de 9*. Par contre, le mois le plus froid la fait descendre, ch(>z nous, de la même quantité de 9*, tandis qu*au Congo il ne rabaisse que de 4 à 5*.
Quant au minimum thermométriqne moyen annuel, il varie, en Afrique, entre 20* et 31* (pour des altitudes peu considérables), alors qu'à Bruxelles il n'atteint que 6*7. Entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud, au Congo, il y a un écart de 5* à 6* sur le minimum moyen, tandis qu'à Bruxelles cet écart est 4rès voisin de 14*.
Toutes ces consultations montrent surabondamment la faible variation de la température, en Afrique, aux époques successives de l'année.
La caractéristique de cet important élément du climat, la chaleur, est donc au Congo une certaine fixité du thermomètre à un point élevé de son échelle. Non pas que le mercure y atteigne des hauteurs exceptioi^nelles, car de l'examen des tableaux joints à cette notice il résulte que les maxima thermiques annuels dans 4' Afrique équatoriale ne dépassent pas sensiblement ceux que l'on observe iciméme (i). Mais, alors que chez nous le mercure ne monte que très rarement audessus de 30* le jour (moins de trois fois par an, en moyenne, avec un maximum •de douze fois en 1842 et en 1853), et plus rarement encore reste au-dessus de 30* la nuit (une fois par an en moyenne), au Congo nous voyons le thermomètre marquer 30* et davantage à 150 reprises et plus dans le cours de l'année, et indiquer comme minimum 30* et davantage pendant 300 jours et plus sur 365. A Vivi, en effet, de mai 1883 à avril 1883, il y a eu 146 jours avec maximum égal ou supérieur à 30*, et, du l*' janvier au 31 mai 1883, 115 jours avec pareil maximum. A Banana, en 1890, on a compté 165 jours ayant donné une température maximum d'au moins 30*, et à Kimuenza, en 1894-1895, 180 jours, dont
(i) Moyenne des maxima aonuels absolus de 31 sutions : 36*0. Extrêmes : 40*0 à Lufoî , 38^ à Maudi et à Nonvelle-Anvers.
1 50 d'octobre à mai. Quant aui minima, on a noté i Vivi, en 1 883-i 883, 276 jours avec minimum égal ou supérieur à 20®. D octobre 1882 à janvier 1883 inclus, donc pendant quatre mois consécutifs, aucun minimum n'a été inférieur à 20*. Par contre, aucun minimum n'a atteint iO^ en juillet et août 1882, donc en pleine saison sèche. Aussi le contraste entre cette situation thermique plus supportable et celle de la saison des pluies fait^il dire è M. von Danckelman :
« Au Congo inférieur, la saison comprise entre le milieu de juin et le commencement de septembre est sans contredit la plus agréable, la plus belle et aussi la plus saine de Tannée. La température est modérée, le soleil n*est pas incommode et les nombreux après-midi sans nuages stimulent l'esprit; les rares journées couvertes, pendant lesquelles le soleil n'est pas visible un seul instant, rompent la monotonie et permettent de faire des excursions ou des parties de chasse. Le voile bleuâtre de brouillard sec étendu sur le paysage, les herbes jaunies, les nombreux arbres dépouillés, le silence de la nature, que vient seul interrompre le roucoulement lointain du pigeon gris (Turtur semitorquatus et Peristera apra\ qui niche dans les bouquets d'arbres répandus sur les montagnes, tout offre un charme particulier et vient rappeler les belles journées d'automne de l'Europe centrale.
» La chaleur est parfois, pas toujours, accablante dans le cours de la saison des pluies, surtout en février et pendant la première quinzaine de mars, car les orages sont rares en cette période et l'atmosphère n'est presque jamais rafraîchie par la pluie qui les accompagne. Mais à d'autres époques encore de la même saison, lorsque le soleil darde ses rayons brûlants sur le sol mouillé, la chaleur humide peut devenir étouffante. »
A Bruxelles, sur huit années prises au hasard (1880-1887), vingt-neuf fois seulement le maximum diurne a atteint ou dépassé 30® : quatre fois en juin, seize fois en juillet, neuf fois en août. La moyenne de ces vingt-neuf maxima exceptionnels s'élève à 31®1 et la moyenne des minima qui les ont immédiatement suivis a été de 17*1 : d'où écart de 14*, presque double de celui constaté k Banana, dans les mêmes circonstances, pendant la saison chaude ou des pluies. A Vivi et à Kimuenza, également pendant la période pluvieuse, et chaque fois que le thermomètre a atteint ou dépassé 30®, l'écart entre le maximum et le minimum a été respectivement de 9* et de 12* en moyenne.
Comme nous l'avons vu plus haut, une fois par an, en moyenne, le minimum nocturne ne descend pas, à Bruxelles, au-dessous de 20®. Deux fois seulement, en 1858 et en 1872, on a constaté plusieurs minima consécutifs supérieurs à 20®; en 1858, les 15, 16 et 17 juin; en 1872, les 23, 24, 25, 26 et 27 juillet. Ce sont les cas extrêmes relevés pendant une période d'observation de quarante années.
11 nous reste une dernière comparaison à faire entre la marche de la température au Congo et celle de la température en Belgique. Elle a trait à la variabilité thermique d'un jour à l'autre, c'est-à-dire à l'écart (sans distinction de signe)
entre les leirpi^ratures fucccfsives d^une période d*une certaine durée. Si nou9 considérons le mois le plus chaud (février 1883) de la période d observations recueillies à Vivi en 1883- 1883, nous voyons que, par rapport aux maxima diurnes, la variabilité a été en moyenne de 0% et pour les minima, de l^. Prenant au hasard un mois très chaud à Bruxelles (juillet 1881), nous obtenons comme variabilité : S'^S pour les maxima et 2<^1 pour les minima. Cest quatre fois plus d*ure part et devx fois plus d'autre part. EnGn, le plus grand écart à Vivi a été : pour les maxima, de 3''9; pour les minima, de i^S; tandis qu'à Bruxelles on a noté respectivement 8*4 et 6"0.
Comme conclusion, nous désirons attirer particulièrement Tatteniion sur les propositions suivantes, qui se dégagent de Pexposé que nous venons de faire des conditions ihcrmiques de l'État du Congo comparées à celles de notre pays, c'està-dire d une grande partie de TEurope centrale et occidentale :
1* La marche de la température, dans TÉlat indépendant du Congo, ne montre que de faibles variations entre les différentes saisons (moyenne de 5^ à 6* entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud; en Belgique, 16*);
2* L'amplitude de la variation thermique diurne est un peu plus forte en Afrique qu'en Europe (8'S contre 7*^);
3* Au Corgo, le thermomètre, dans sa conrse arnuelle, atteint ou dépasse IKO fois au moins 30** de chaleur, tandis qu'à Bruxelles ce cas ne se présente que 3 fois en moyenne par année;
4*^ Plus souvent encore, dans la région équatoriale, le thermomètre reste la nuit au-dessus de 20% alors qu'à Bruxelles cette circonstance n'arrive qu'une fois par an en moyenne;
y Sur le territpire congolais, l'écart entre les points extrêmes atteints par le mercure dans le cours d'une année n'est que de 20* environ. En Belgique, cet écart représente la plus grande variation du thermomètre observée en vnjovr, et la variation moyenne du thermomètre en tin an y dépasse 40*.
Si la grande variabilité du climat dans nos pays de TEurope occidentale offre des dangers, en hiver surtout, au point de \ue de la santé publique, elle est d'autre part un stimulant à l'activité des fonctions de Torganisme. Dans la zone équatoriale, comme nous venons de le voir, l'étal thermique moyen est, en majeure partie, au cours de l'année, voisin de 50* l'après-midi et de 20* la nuit, avec de très faibles changements d'un jour à l'autre. Si celte situation maintient le corps dans un équilibre de température plus régulier, plus uniforme que chez nous, elle exerce d'autre part sur TEuropéen une action débilitante et amollissante que l'on ne p( ut combattre et écarter qu'en se soumettant aux exigences du régime que commandent pareilles conditions cliroatériques.
Nous verrons plus loin quelle influence exerce Thumidité de Tair pour atténuer ou aggraver l'effet de la température.
lto«ll«tt*a ••lalre.
40* ou plus.
5o* ou plua.
Sd
Nous possédons, au sujet de Tintensité de la radiation solaire au Congo, deux séries d^observations faites à l'aide d*un thermomètre exposé au Soleil, Tune à Vivi, Taulre à Kimuenza, et une importante série d'observations actinométriques effectuées par le D' Etienne à Banana.
Les relevés de Vivi se rapportent à la période décembre 1882 -juillet 1883; le thermomètre employé était à boule noircie^ mais non à maxima, de sorte que nous ne pouvons donner que les résultats obtenus vers le moment le plus chaud de la journée, c'est-à-dire a 2 heures de Taprès-midi.
Nombre do fois où l'oa a noté Mois. Max.
Décembre 1882 58«1
JanTierl883 623
Février 62,0
Mars 61,4
Afril 6.J,5
Mai 60,4
Juin 55,0
Juillet 52,4
La différence entre les indications du thermomètre à boule noire exposé au Soleil et celles du thermomètre ordinaire placé sous Fabri a été de près de 20* en moyenne (19*8) pendant les huit mois d*observations. La plus grande différence moyenne a été observée en février (21*9^, la plus Taible en juin (t8*0).
A Kimuenza, le thermomètre était un instrument ordinaire à maxima, non noira\ mais constamment exposé aux rayons du Soleil. Nous donnons ici les observations relevées pendant une année entière, d*octobre 1894 à septembre 1895 :
Maximum Nombre d« fois où l'on a noté
Mois. absolu. moyen. 40* ou plus. 5o«ouplus.
Octobre 1894 48o8 40û9 18 0
Novembre 51,9 43,5 25 4
Décembre 52,1 45,2 27 8
Janvier 1895 53,7 45,2 |25 8
Février fc4,5 45,6 %i 8
Mars 53,5 48,3 23 13
Avril 62.0 44,9 24 6
Mai 51,2 43,2 23 1
Juin 45,1 44,0 12? 0
Juillet 45,0 36,5 li U
Août 45,0 383 16 0
Septembre 50,0 42,1 21 1
Année 54».'( 43»2 250 49
La différence entre le maiimun) moyen en plein Soleil et celui i Pombre est de 15*8 en moyenne. Elle a été la plus grande en mars (17*1), et la plus petite en août (9»6).
Les observations actinoméiriques de Banana embrassent une période de vingt mois, du l*' juillet 1893 au 28 février 1895. Ce sont les premières, i notre connaissance, qui aient été effectuées dans TAfrique éqiiaioriale, et à ce titre elles acquièrent un intérêt et une importance tout particuliers. Aussi avons-nous cru devoir les donner in extenso â la fin du chapitre sur le « Climat météorique »« à la suite des autres tableaux qui se rattachent è notre rapport. Nous n avons pas besoin d'insister sur le soin avec lequel ces observations ont été effectuées : elles ont pour auteur, ainsi que nous lavons dit plus haut, M. le D' Etienne, Tun des plus anciens et des plus consciencieux observateurs au Congo.
L'instrument dont s est servi M. Etienne est factinomètre ordinaire d'Arago, i thermomètres conjugués dans le vide, Tun i boule brillante, l'autre A boule noircie. Cet instrument, commandé par nous à Alvergniat, de Paris, Tut vérifié à rObservatoire de Montsouris par M. Descroix, chef du service météorologique à cet établissement.
Toutes les observations ont été corrigées des erreurs instrumentales.
On sait que Tactinomètre d'Arago ne donne pas des valeurs absolues. Mais il a sur les autres actinomètres l'avantage d'être d'ime observation très simple et de fournir, à défaut d'une détermination immédiate de la constante solaire, des indications comparables sur le degré de transparence de l'atmosphère par rapport à la quantité de vapeur d'eau qu'elle contient. € On expose d'une façon continue Tinstrument au Soleil, et i un moment donné on lit la différence de température accusée par les deux thermomètres. Cette différence est proportionnelle & l'éclairement. Rien de plus simple que la manipulation de l'appareil ; mais voyons ce qu'il mesure.
» Un rayon de Soleil tombe i la surface de l'enveloppe extérieure de verre; il y subit une extinction marquée. Les radiations calorifiques obscures sont arrêtées en partie; les rayons lumineux continuent leur route et arrivent sur le thermomètre. Le thermomètre brillant les réfléchit sans les absorber; le thermomètre noirci les absorbe presque en totalité. Il en résulte une élévation fort inégale de température qu! correspond & la quantité de rayons lumineux absorbés... En fait, l'appareil indique surtout la variation de l'énergie calorifique apportée par les rayons lumineux. Or, ... c'est la variation de cette énergie qui intéresse le plus efficacement la végétation.
» L'actinomètrc Arago-Davy est donc, malgré ses imperfections, un de ceux qui donnent les indications les plus utiles à l'agriculture au point de vue de la lumière (i). »
Nous avons, dans les tableaux qui suivent, donné les valeurs actinométriques
(i) F. HooDAiLLS, Le Soleil et l'agriculteur. Moolpellier et Paris, 1803; vol. in- 12.
pour Uccle en regard de celles de Banana, en faisant concorder les mois quant aux saisons» c*est-ji-dire en plaçant janvier pour Banana & côté de juillet pour Occle, et ainsi de suite.
Pour abréger, nous, désignerons le thermomètre i boule noire par T. et le thermomètre à boule ordinaire ou brillante par T». Leur différence, qui est le princieîpai élément à considérer au point de vue actinoméirique, est représentée par T» — T.. Nous n'avons fait usage que des observations recueillies par ciel pur et Soleil entièrement découvert.
État actinométrique moyen à midi par Q découvert.
MOIS
Tm
Bftiuma.
Uccle.
**nmnw.
Uccle.
Différence.
Banena.
Uccle.
Différeaoe.
JanTier
Juillet
FéTrier
Août
Mars
Septembre
ifril
Octobre
Mai
Notembre
Jain
Décembre
Juillet
ioût
Février
Septembre
Mars
AvrU
Novembre
Mai
Décembre
Juin
imiÉE
État actinométrique maximum à midi par Q découvert.
MOIS
Banana.
Uccle.
Banana.
Uccle.
Banana.
Uccle.
Janvier
Juillet
FéTrier
Août
Mars
Septembre
Avril
Octobre
Mai
Juin
Décembre
Juillet
Janvier
Août
FéTrier
Mars
Octobre
Avril
Novembre
Mai
Décembre
Juin
Ahnêe .
Ce n*est pas ici le lieu de soumeure à discussion, au point de vue purement météorologique, les observations aciinoméiriques de Banana. Nous avons surtout intérêt à les examiner sous le rapport cliniaiologique, et c'est dansVette pensée que nous les avons mises en regard des observations recueillies à Uccle pendant une période d*égale durée et vers le même temps.
Les tableaux qui précèdent nous montrent qu'en Afrique la différence actinométrique est la plus grande d*octobre à janvier (18^5 en moyenne) et la plus faible d'avril à août (15^3). Le maximum a lieu en novembre et en décembre (18*»8), le minimum en juin (14«9).
A IJccle, les plus grands écarts moyens se produisent en mai et juin (16<^3), mois qui correspondent à novembre et décembre à Tembouchure du Congo. L*écart minimum se déclare en décembre (1 lH)y qui correspond à juin à Banana.
Les mêmes lois régissent donc le pbénomène au sud de lequateur et dans les régions tempérées, c'esti-dire que l'intensité de la chaleur lumineuse est maximum, des deux côté.^, à la fin du printemps météorologique, et minimum au début de Thiver (i). Seulement, et il n'y a pas lieu de s'en étonner, la variation mensuelle est un peu plus grande en Belgique qu'an Congo. Si l'on ne considère que les indications du thermomètre à boule noire, l'écart entre les températures moyennes des saisons chaude et frpide est particulièrement considérable chez nous : janvier donne è Uccle une moyenne de iO^i cl juillet de 49*9, d'où 29*5 de différence, alors qu'à Banana on a SS^'i en juillet et 60^7. en novembre et dccenibre, d'où 8^3 seulement de différence.
Il est intéressant de constater, en ce qui concerne Banana, que ce n'est pas aux époques où le Soleil y passe au zénith, — au commencement d'octobre et au commencement de mars, — qu'on observe les valeurs actinométriques les plus élevées, soit au thermomètre à boule noire, soit comme différence entre les deux thermomètres de Tactinomètre. Le maximum de la radiation solaire arrive vers le moment où le Soleil se trouve le moins haut, sur l'horizon de Banana, dans la direction du sud, c'est-à-dire eu décembre. C'est alors aussi, comme on sait, que se produit la petite saison sèche.
La plus haute température marquée par le thermomètre & boule noire dans le vide, au Congo, s'est élevée a 68<»6; è Uccle, à 57<»2.
La plus grande intensité actinoméirique a été de 23<^7 à Banana (2); en Belgique, de 2107.
Par un hasard particulièrement favorable à la comparaison que nous avons entreprise entre les observations actinométriques de Banana et celles d'Uccle, il se fait qu'au moment où le Soleil atteint sa plus grande culmination chez nous, c'est-à-dire en juin, Tastre se trouve à la même hauteur sur l'horizon, à très peu près, à Banana. Or nous voyons qu'à ce moment de Tannée, la différence moyenne entre les deux thermomètres de Tact inomètre est, par ciel pur, de IG^2
(i) Nous ajoulerous à celte remarque, rdalive à la marche annuelle de Pintensilé actinoméirique, celle-ci, relative à la marche diurne :
Dans Ta Trique équaloriale comme dans TGurope occidenlale, le degré actinoméirique le plus éleré 66 présente asse2 fréquemment enire 0 h. du malin et midi. Cest ce que montre Texamen dep tableaux d^obseivations du D'' l!!tienue que nous donnons plus loin. Coriaiacs journées sont très caractéristiques à cet é^ard.
(1) Ce maximum s^applique aux observations faites à midi, mflis une différence plus grande encore a été couitatcc le 20 janvier 1804. à 11 h. 30 m. du matin : on a noté alors T. — T, = 2i;«5.
à Uccle et seulement de 14^9 à Banana, soit un écart actinomëtrique de. 1<»3 en faveur de notre pays, ce qui indique donc que, par même hauteur du Soleil, Tatmosphëre laisse passer chez nous plus de radiations lumineuses que dans la région équaioriale. Il ne faut pas oublier, toutefois, que Banara se trouve au bord de la mer, et, à ce point de vue, il serait d*un grand intérêt de posséder une série d'observations actinométriqucs recueillies dans l'intérieur de TÉiat Indépendant, à une latitude plus australe que celle de Banana, vers 10 ou 12^ par exemple. La comf^araison avec Ucele serait ainsi plus complète encore.
Température du sol.
On pos5ède peu de données sur cet élément climatologique, d*une réelle importance cependant au point de vue de Féiude des climats chauds dans ses rapports avec Thygiène. Voici les renseignements que nous avons pu recueillir pour quelques stations :
Banana. — Un thermomètre destiné à mesurer la tem|)ératiire du sol a été installé par le D' Etienne vers le milieu de 1891. f e ihermc mètre a son réservoir à une profondeur de 60 centimètres, dans un sol à Tabri de tout rayonnement, sous un large bâtiment. Il y a lieu de remarquer qu'à cette profondeur existe déjà une nappe liquide souterraine, plus ou moins influencée par les variations de niveau du Congo. Il faut donc tenir compte de cette circonstance dans Tinterprétation des valeurs observées. Les températures moyennes ci-après sont déduites de trois années d observations environ :
Janyier 26«6
Février 27,0
Man 27,1
Avril 87,0
Mai 26,4
Juin «5,0
JuiUet. 24,-^
Août 233
Septembre 24,2
Octobre 25,3
Norembre 2B,9
Décembre • 26,2
MOYENKE ^1
Cette moyenne est, à '/^o près, la même que celle de la température de Pair ft Banana.
Yivi. — Nous extrayons ce qui suit du mémoire de M. von Danckelman :
Dans le sol d*une petite eavcrne ou fissure de rocher située sur le versant
abrupt PiE. de la colline où se trouve la station, on enfonça à 25 centimètres
de profondeur un thermomètre dont on fit la lecture au moins une fois par mois.
Les rochers qui surplombent cet abri ne permettent jamais aux rayons solaires
d'y pénétrer. b
Les résultats furent les suivants :
4« juin i88S 35o5 2 janrier 4833 ....... 25«4
i" juillet 25,0 3 mars 26,1 ,
3 août 24,0 2 avril 26,3 |
4 septembre 24,3 10 mai 26,1 |
3 octobre 25,0 19 mai 26^2
3 novembre 25,7 4 août 24,7
4*r décembre 25,9 11 août 24,6
La moyenne des observations faites au commencement de chaque mois (si Ton interpolo la valeur de février, soit 25®S) est de 28^4, c^est à-dire de O^'Q plus élevée que la tenipérature moyenne annuelle de iair à Vivi aux mêmes époques.
Kimuenza. — Pendant neuf mois, d'octobre 1894 à juin 1895, le P. de Hert a observé, à 1 heure de Taprès-midi, un thermomètre placé immédiatement sous la couche superficielle du sol, échauffé librement par le Soleil. Il est utile de faire remarquer que le sol du plateau de Kimuenza est très sablonneux.
Les résultats des observations sont les suivants :
Mois. Moyenne. Mucimum. Minimum.
Octobre 1894 ~
Janvier.
Février
Mars
Aviil
Mai
Juin
Pendant la période d*observation$, la température moyenne de Pair a été, h i h. du soir, de 27*7, ou au-dessous de celle du sol de 1 1^2.
Nouvelle- Anvers. — Vingt-deux mois d'observations, de février 1890 à novembre 1891, donnent comme température, moyenne du sol à 7 heures du matin :
Janvier 26<>9
Février 29,0
Mars 28,7
Avril . 28,2
Mai . . . . 28,7
Juin 28.3
Juillet 27,2
Aoùi . . ' 26,9
Septembre . 27,1
Octobre 27,3
Novembre 27,1
Décembre 25,9
Cette moyenne dépasse de 5<^4 la température moyenne de Fair prise au même instant de la journée.
Nous ne connaissons malheureusement pas les conditions d'installation du thermomètre, mais les résultats obtenus semblent indiquer que Tinstrument se trouvait è très peu de profondeur et dans un sol recevant directement les rayons du Soleil.
Hamldlté de l'air.
Il serait superflu d*insis(er ici sur Timportance du rôle que joue» nu point de -vue de la climatologie médicale, cet élément inséparable de notre atmosphère, la vapeur d*cau. I/élude de sa répartition dans Tocéan aérien, de ses variations diurne et annuelle, etc., oiïre particulièrement un grand intérêt lorsqu*on a affaire il un climat tropical, à température assez égale, comme Test celui du Congo.
Sous le rapport de l'humidité de Tair, il y n une prcmi(>re distinction à faire entre les conditions de cet agent atmosphérique dans TÉtat Indépendant et celles qui régnent dans nos pays.
En Belgique, cl sur une grande partie du globe d^ailleurs, la saison chaude est celle de moindre humidité relative, la saison froide celle de 1 1 plus grande humidité. Au Congo, la saison froide, ou plutôt la saison de moindre chaleur, est celle qui donne Fhumidité la plus faible : la dénomination de saison sèche lui a donc été bien appliquée à tous égards. Dans la saison chaude ou des pluies, par contre, le degré hygrométrique s'élève et atteint son maximum vers Pépoque des plus hautes températures.
En second lieu, Tamplitude de la variation annuelle du degré hygrométrique est, comme celle de la température, faible au Congo, tandis que chez nous elle est relativement considérable. D'une part, les moyennes mensuelles extrêmes ne dilTérent que de quelques unités (7 à 8); d'autre part, elles présentent un écart de 20 unités. Ces deux états si dissemblables de la marche annuelle de rhumidité de Fair se montrent d'une manière bien apparente sur la planche ci-jointe.
D'après lensemble des observations psychrométriques dignes de conGance que nous possédons pour le Congo, voici comment s'y comporte Thumidité de l'air dans sa marche annuelle. En août, elle est minimum et comprise, en moyenne, entre 73 et 74 ®/o. Elle atigmente progressivement ensuite, pour atteindre un premier maximum dans la période décembre-février (79 %). Elle faiblit légèrement en mars (78 ^'/o), pour gagner le maximum principal en avril-mai (80 «"/o). Puis la baisse se déclare et continue régulièrement jusqu'en août. Voici d'ailleurs les valeurs moyennes mensuelles déduites des observations signalées plus haut, en regard de celles pour Bruxelles (d'après huit années) :
Mois. Congo. Bruxelles.
Janfier 79,4 89,î
FéYricr 79,3 84,6
Mars 78,3 78,0
Avril 79,9 Max. 70,3
Mai 79,8 69,3 min.
Juin 75,6 71,8
Juillet 74,9 73,8
Août 73,7 min. 75,3
Septembre 7S,0 81,2
Octobre 75,| 85,1
Novembre 78,0 87,4
Décembre 79,1 89,9 Max.
Moyenne 77.3 79,7
Comme Pavait déjà fait remarquer von Danckelman, et eomme le montre le tableau ci-dessu8y « la diminution de Thumidité de lair est considérable dans la période de transition de la saison des pluies à la saison sèche, aux mois de mai et de juin ». D*un autre côté, elle est stationnaire au moment du passage de la saison sèche & la saison des pluies, et monte rapidement dès que celle ci est nette • ment établie.
La moyenne annuelle de rimmidité est à très peu près la même en Belgique qu*au Congo, mais, d*une part, cette moyenne correspond à une température de 27% d*autre f:art, à une température de iO^ seulement.
C*est ici le lieu d'examiner d'une façon spéciale de quelle manière se répartit le degré hygrométrique, pour des températures semblables, respectivement au Congo et en Belgique.
On sait que c\st au commencement de Taprès-midi que l'humidité relative est la plus faible. Ce minimum journalier du degré hygrométrique de Pair se produit en même temps que le maximum de température. Or, à Bruxelles, dans les mois d*été, lorsque le thermomètte atteint ou dépasse 30"* dans l'après-midi, rhumidité relative tombe en moyenne à 36 7o. Celle valeur est faible, et est rindice d'une siceité atmosphérique très notable. Sur huit années d'observations, le maximum a été de 43 "/o» par 30*7, et le minimum de 29 •/., par 50"0. El néanmoins, lorsque vers 30* de température le ps}chromètre marque environ 40 •/. d'humidité, nous éprouvons un malaise très marqué, nous trouvons la chaleur « accablante », « étouiïante », nous disons que le temps est « lourd ». Ce qui ajoute & cette impression, c'est le calme de Pair qui règne habituellement par ces températures élevées et qui retarde l'évaporation de la sueur qui nous baigne (i). Si le thermomètre marque de 22<» è 28^ et que le degré hygrométrique s'élève vers 60 et 70 7o» le malaise est non moins grand. Tout récemment, vers la fin de juin, accompagnant M. le professeur Hellmann, de Plnstitul météorologique de Berlin, à PExposition de Tervueren, nous fûmes excessivement incommodés par la température « moite, humide », qui régnait ce jour-là, température que mon savant collègue considérait, en plaisantant, comme étant de circonstance, puisque nous allions visiter les installations congolaises. Or, le thermomètre renseignait 27* et le psychromèire 68 ^o d'humidité.
D'après une longue série d'observations personnelles, nous pouvons conclure
(i) Nous avons pa personueUemeDl uoas rendre compte de la différence considérable d^aclion sar Torganisme qui existe entre une température élevée • sècbe « et une température élevée • liuniide *. Étaut au sud du Texas, en i88f, nous avoiiS éprouvé presque réguliéremeLt cliaque jour, d*aoùt à décembre, des cbalears comprises entre 30« el 38«, mais par très faible humidité. Ces chaleurs continues éiaicnl fort supportables et le plus souvent, même, agréables.
Les habitants des pays chauds el sics, comme Tl^gypte par exemple, sont extrêmement incommodés chez nous lorsque le thermomètre aUeiiit 30», alors qu'ils ne ressentent aucun malaise chez eux par 40«. La différence de sensation e^t uniquement due à la différence d*élat hygrométrique.
ainsi qu'il suit en ce qui concerne la Belgique : la chaleur y devient très acca- {liante lorsque, le thermomètre étant voisin de 50% riiumidité atteint 40 <^/»; puis» la température s*abaissant, lorsque Thumidilé s*élcvc è
45 «/o poor 39« SK o/o pour 38»
65 o/o de 9To k S5<»
70 •/• pour 54* et 23»
76 •/© pour » et «i<».
Ces états hygrométriques et thermométriques doivent, bien entendu, colncî- <ler avec une atmosphère calme ou très peu agitée. La sensation de malaise diminue avec Taugmeniation de la vitesse du vent.
Examinons maintenant comment se comporte la vapeur d'eau dans TÉtat du Congo. Nous nous appuierons principalement, à cet effet, sur les observations faites à Vivi, mais les conclusions que nous en tirerons peuvent s*appliquer à tome la région du bas et du moyen Congo.
Nous avons vu, au chapitre de la Température^ combien, dans la saison des pluies, les fortes chaleurs persistent dans cette région. Le thermomètre y monte chaque jour à Vf" au moins (97 fois sur 100), et 80 fiis sur 100 à SQ*' ou plus. Or voici, pour la période décembre-mai, le degré hygrométrique moyen qui correspond aux diverses températures constatées à 2 heures di Taprès-midi, c'est-à-dire vers le moment habituel de la moindre humidité diurne :
Moyen ae.
Maximum.
Minimum.
On voit de suite combien ces valeurs sont de beaucoup supérieures à celles que nous avons renseignées pour Bruxelles, comme corrélatives d'une situation hygrométrique défavorable pour l'organisme.
Et qu'on n'oublie point qu'au Congo ces situations ne sont pas, comme chei Dous, exceptionnelles, mais le fait de chaque jour, à quelques exceptions près» pendant une durée d'au moins six mois consécutifs.
A Vivi; ainsi qu*il résulte du lableau ci-dessus, à une température de ZO^ correspond moyennement une humidité rilaiive de 59 ®/o. En Belgique, par la même température, ainsi que nous lavons vu plus haut, le degré hygrométrique moyen n'est que de 56 ^/o, et lorsqu'il dépasse 40 <^/o, la chaleur devient insupportable.
Cette valeur de 59. ®/o, au Congo, est une moyenne pour le semestre de décembre à mai, mais elle varie légèrement suivant les mois, ainsi que le montre le tableau ci-après :
Température = SO^.
Mois. Humidité relative.
Décembre K8 «/o
Janvier 59
Février 54
Mars 60
AvrU 68
Mai 59
A partir de mai, la température diminue ainsi que Thumidité relative. Le ihermomètre, Taprès-midi, dépasse rarement 50**; les maxima diurnes qui se reproduisent le plus fréquemment alors sont compris entre 24® et 28^ Le degré hygrométrique, vers le moment de la plus grande chaleur, tombe à OO^'/o pour des hauteurs thermométriques variant de 23'' à 24®; à 57 ®/o pour celles de 25® à 26®; à 60 ®/o de 27® à 30®; à 48 ®/o pour 31® et 32®. On voit la différence notable qui existe ici entre la saison sèche et la saison des pluies, et Ton conçoit aisément que, dans la première de ces saisons, les conditions hygrométriques rendent le climat plus supportable, et mémo, par un effet de contraste, agréable à certains moments.
Le tableau ci-dessous permettra de mieux saisir encore Timporlancc de la différence dont nous parlons. Il indique, en pour-cent, et pour les deux saisons, la fréquence des divers degrés hygrométriques à 2 heures de Tiaprèsmidi :
Humidité relative.
Saison dei pluies.
Saisoa sèche.
ÎXMOO
. jg
100 iOO
Nous venons d*étudier Thumidité relative dans sa marche annuelle; nous allons Texaminer dans sa variation diurne. Le tableau ci^après nous servira de guide à cet effet :
•dîUBlBW
SB
âg
•ajnoqenini
fs
ss
•JOpBAlBS-aBS
TMA
'Biiaai Bp Biaod
ss
'Baeaeg
Sô
ss
'BzudnoDiH
•jopBAies-UBS
•gjnoqBnini
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•oxoqoaiqQ
ss
ÎS
•Bqn»! Bp B]UO<i
'BQBaBQ
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•o8aBiBK
•B-ziranui(]i
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