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La saison sèche s'accompagne des mêmes particularités qu'à Banana ; toutefois, nous devons signaler ici Tapparition de brouillards parfois très intenses.
La rosée est assez commune, mais nous manquons de données précises à l'égard de ce phénomène.
Les observations que le D' Etienne a commencées à Borna nous donneront, espérons-le, le moyen de faire prochainement une étude détaillée du climat de la capitale de TÉtat Indépendant.
Régime du fleuve.
Voir plus haut, p. 58, et Vivi.
Nous ferons suivre les renseignements qui précèdent d'extraits d'une intéressante noie publiée par le voyageur bien connu, J. Chavanne, dans la C"" année de la revue Ciel et Terre, page 155. Bien que cette note n'ajoute pas grand* chose à nos connaissances sur la climatologie du bas Congo, elle nous a néanmoins paru mériter de trouver place ici.
Les conditions climatériques du Bas-Congo pendant la saison sèche^ par le D' J. Chayaiwe.
Dans la région du Congo inférieur, l'année se partage, au point de vue climatologique, en deux saisons des pluies et en deux saisons sèches. En réalité, il existe plutôt une seule saison sèche ou pluvieuse bien caractérisée, et les deux autres périodes de même nature ne sont que secondaires. Ce mode de division des saisons n'est, d'ailleurs, pas absolu et ne se reproduit pas chaque année : dans une année normale, on observe bien, à la suite de la grande période de sécheresse, une grande période pluvieuse, interrompue par une période secondaire de quatre à six semaines de sécheresse relative; mais il arrive aussi que la première période de pluie, la petite, manque complètement, et dans ce cas, toute la saison des pluies ne comprend que huit à dix semaines. Au contraire, dans d'autres années, on voit la petite période de sécheresse disparaître à son tour.
Les mêmes irrégularités sont à noter dans les dates où commencent et finissent ces saisons; en général, la grande période sèche, nommée Cactmôa, commence au milieu de mai et dure jusqu'au milieu d'octobre. Elle est suivie par la période pluvieuse, interrompue du milieu de décembre à la fin de janvier par la saison sèche secondaire. Mais ce ne sont là que des à peu près quant aux dates et à la durée. Dans certaines années, on a vu la grande saison sèche ne s'ouvrir qu'à la fin du mois de mai; dans d'autres, au contraire, commencer avec les derniers jours d'avril ; d'autre part, elle se termine parfois aux premiers jours d'octobre ou se prolonge jusqu'au milieu de novembre. En 1884, la dernière pluie est tombée à Boma .(83 kilomètres de la cète) le 30 avril ; la saison des pluies (celles-ci furent peu abondantes) n'avait duré que treize semaines.
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La quantité de pluie qui tombe annuellement est aussi sujette h de grandes variations; parfois elle ne monte pas à plus de 100 à 200"", et dans ce cas la population indigène souiïre de la disette. Elle dépasse rarement GOO""; le plus souvent elle reste au-dessous de ce chiiïre. La grande saison de sécheresse répond pour le Congo û Tliivcr, et la saison de pluie 5 Icté, car il ne faut pas oublier que nous sommes ici dans Thémisphère sud. La saison sèche est d'ailleurs la plus favorable à la culture et donne beaucoup plus de produits végétaux comestibles que la saison des pluies.
Au point de vue météorologique, il y a alors prédominance de hautes pressions barométriques, avec des oscillations qui, soit dans la marche diurne, soit considérées pendant toute la saison, sont assez sensibles. La température moyenne dépasse rarement 25^ Quant au maximum, il atteint, mais rarement, 50® ; on observe en môme temps les températures les plus basses de toute Tannée. La tension de la vapeur d*eau et Thumidité relative sont beaucoup plus faibles que pendant la saison des pluies; mais ce qui est la caractéristique de cette période sèche, c'est Tétat nuageux du ciel, qui atteint les chiffres 7 ou 8 dans Téchclle à dix divisions, et aussi la brise d*WSW., dite « brise de mer », qui s'élève immédiatement après le coucher du soleil ou une heure avant et qui peut même passer à la tempête. Les nuits ou les jours complètement clairs sont très rares. Parfois, dans certains jours couverts, on remarque des brouillards épais, mais qui ne donnent jamais de pluie appréciable.
Dans la saison des pluies, les pressions barométriques sont faibles, affectées de variations moins prononcées. La température moyenne diurne atteint sa plus haute valeur et le maximum absolu descend rarement au-dessous de 31% pendant que les minima varient de 26® à 22®. La tension de la vapeur d'eau et l'état hygrométrique atteignent leur moyenne maximum; ce dernier reste presque constamment au-dessus de 90 ®/o. Dans les premières heures du malin, ou seulement dans les premières heures de la nuit, tombent des pluies torrentielles, dont le commencement est souvent signalé par de violents tourbillons (tornades); quand ils cessent, la pluie débute; la durée et l'intensité de celle-ci varient beaucoup. Parfois elle se prolonge pendant trois ou quatre jours, et puis perd peu à peu de son intensité. Très souvent ces pluies sont accompagnées de phénomènes électriques très violents. Ordinairement, après ces pluies de longue durée, on observe de un à trois jours complètement beaux, pendant lesquels le maximum de température atteint habituellement de 33® à 35® à l'ombre, et de 60® à 66® au soleil. La brise de mer, qui est très irrégulière dans cette saison, souille rarement avec une force qui dépasse le degré 2 de l'échelle à dix divisions.
Pendant les périodes secondaires, sèche ou pluvieuse, les caractères météorologiques sont les mêmes, mais ils sont moins marqués.
Borna, sur le sol alluvial du thalweg, est h la cote 24"',S0. Les derniers bras des montagnes schisteuses de l'Afrique occidentale s'écartent ici de plus en plus du fleuve, la végétation est devenue bien plus luxuriante et comprend
déjà des arbustes; la nappe d*eau du Congo y occupe environ un tiers de la vallée.
Si Ton prend, d*un côté, les vingt-neuf jours de mai et si, d*au(re part, on réunit les observations de juin et des (rois premiers jours de juillet 1884, on en tire les moyennes suivantes :
Mai 1884. Juia 1884.
Presàon 7«7'»«8 760«^
Tempénture 9SM 94M
Maximum de température 3i,6 90^3
Minimum Sl^ 49,7
Examinant en particulier la marche de la pression atmosphérique, on remarque que Tamplitude moyenne de son oscillation diurne est, en mai, de 2°*"4, et en juin de 2""'0, tandis que la variaiion entre les moyennes de chaque jour atteint i'*"^ii en mai et 4'''"0 en juin. La courbe barométrique atteint son maximum journalier entre 8 et 10 heures du matin, son minimum entre 2 et 3 heures de Faprés-midi. Il y a, en outre, un maximum secondaire entre 1 1 heures du soir et i heure de la nuit et un minimum secondaire entre 3 et 4 heures du matin. Les oscillations de la pression aux environs du minimum de chaque jour, c'est-àdire dans les premières heures de Taprès-midi, sont beaucoup plus grandes qu'au moment du maximum.
Les observations ihermométriques sont particulièrement intéressantes. Elles viennent inflrmer Tidée qui avait cours jusqu'ici d'une faible oscillation diurne du thermomètre sous les tropiques, ou tout au moins à Touestde l'Afrique équatoriale. Les observations montrent que la différence entre le point le plus haut et le point le plus bas du thermomètre constatés chaque jour est, en moyenne, de 10<»3 pendant le mois de mai et de 11^3 en juin. Le 17 mai, cette différence monta à i3®4; le 4 juin, à 14^5; valeurs qui se rapprochent de celles qu'on observe dans la zone tempérée, sous un climat continental. Même dans les journées complètement couvertes, comme les 18, 19 et 31 mai et le 25 juin, l'amplitude s'éleva encore de 6^6 à 7^Z. La température la plus haute fut observée le i5 mai : elle s'éleva à 33''2; la plus basse, le 18 juin : IS^'O. A cette dernière date, on ne pouvait se passer, la nuit, de plusieurs couvertures épaisses, tandis qu'à 2 heures de l'après-midi, le thermomètre marquait 29^2; la variation était donc de 13^3. Il est difficile de mettre ces chiffres d'accorJ avec l'opinion courante d'une température égale. Les grandes variations relatives de la température que nous avons obsrrvées expliquent aussi ce fait que les rhumatismes, la phtisie et les pneumonies soient si fréquents chez les naturels et affectent de même les Européens qui viennent habiter le pays.
Chaque jour, la température atteint son maximum vers 3 heures de Taprès-
midi, son minimum de 9 à 4 heures du matin : vers 4 heures quand le ciel est couvert, et vers 2 heures lorsqu*il est clair. Quand le ciel est nuageux, le thermomètre reste stationnaire durant quelques heures avant le lever ou après le
coucher du soleil, et ce fait coïncide avec Texistence d'une faible brise le soir
En général, le ciel s*éclaircit à partir de 10 ou 11 heures du matin, et commence de nouveau à se couvrir quand la brise s*élablit. Cependant, il y a aussi des jours où le soleil reste constamment caché.
Dans les récits des voyageurs comme dans les traités de géographie physique et de climatologie, on trouve souvent exprimé Tétonncment de la rareté des coups de foudre ayant allumé des incendies ou causé mort d'homme dans PAfrique équatoriale. D'après mon expérience personnelle, celte croyance n'a rien de fondé quant h TAfrique occidentale. Le 7 mai 1883, à midi et demi, la foudre tomba sur le dépôt de charbon de la factorerie française à Banana et le mit en feu. Le 3 mars 1884, à 2 heures de l'après-midi, un magasin à liqueurs fut détruit par la même cause dans la factorerie hollandaise de la même localité. En 1874, la foudre fit sauter un magasin à poudre à Kinsembo.
Je vis à Bonny, lors d'un voyage au Vieux-Calabar el dans les environs de Borna, un grand nombre d^arbres brisés par la foudre. Pendant la dernière période pluvieuse, de 18831884, la foudre est tombée sur les bâtiments de la station de l'Association Internationale à Isanghila, sans cependant produire d'incenriio. D'après les renseignements donnés par le chef de la factorerie hollandaise de Banana, M. Fontaine, les coups de foudre & Quanza sont assez fréquents et M. Balé, agent de la maison française Danmas et Béraud, à Banana, m'a fait savoir que^ pendant un séjour qu'il fit à Whydah, la foudre, durant un violent orage, tua un naturel. D'ailleurs, ce qui prouve que ces morts d'hommes ne sont pas rares, c'est l'usage des indigènes de ne pas enterrer la victime; ils la considèrent comme punie par les dieux, et, après l'avoir traînée sur une claie à travers le village, l'abandonnent aux oiseaux de proie.
BOMOKANDI.
Lalilude, 3® 34' N ; longitude, 25* 57'; aliitude, 600 mètres environ.
Poste fondé en 1896 dans le district de rUellé, sur rUellé Makua, à l'embouchure du Bomokandi.
11 est établi dans une plaine au bord de la rivière, à 1 mètre à peine au-dessus du niveau des plus hautes eaux.
Le pays environnant est formé de plaines à sol argileux, couvertes de forêts; les marais sont nombreux.
La saison des pluies dure de mai à octobre; la saison sèche occupe le reste de Tannée.
Les pluies sont très fréquentes et très abondantes; leur durée moyenne est de deux à trois heures : au maximum, six heures. Il pleut quatre ou cinq fois par semaine.
Les orages sont très fréquents.
Il y a quatre ou cinq brouillards par semaine et la rosée se montre journellement.
Les eaux commencent à monter en mai, atteignent un niveau élevé en juillet, redescendent ensuite, pour remonter bientôt jusque vers le 15 novembre, époque de leur plus grande hauteur. Ce maximum est suivi rapidement d'une chute très brusque, au point qu'en décembre elles sont déjà très basses.
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BONGANDANGA.
Latitude, !<" 37' N.; longitude, 20* 53'; altitude, 390 mètres environ.
Station de la « Congo Balolo Mission >, fondée en 1891 dans le district de rÉquateur, sur la rivière Lopori, à 1200 mètres de la berge et h une altitude de 100 mètres environ au-dessus du niveau de Teau, sur un plateau en pays de forêts marécageuses.
A midi, la température à Tombre est généralement de 3!i^ au soleil de 55*. L'écart nycthéméral est assez grand et le thermomètre descend souvent à 20<^; cet écart est surtout sensible de décembre à mars.
La pluie est surtout fréquente d'août à octobre; mais il pleut toute Tannée, avec une diminution de décembre à mars.
Les vents soufflent pendant toute Tannée très irrégulièrement; h partir de 15 ou 16 heures, ils viennent du NE. et sont assez intenses.
Brouillards et rosées fréquents.
Le Lopori ayant son bassin compris entre le premier et le deuxième degré de latitude N., est, par cette situation très proche de Téquateur, soumis à des crues relativement peu marquées, la pluie tombant toute Tannée. L*époque des fortes pluies — octobre et novembre — amène cependant une élévation très sensible; les basses eaux se voient en mars et avril.
BOTENOHE.
Latitude, 0« 27' N.; longitude, 18« 43'; altitude, 355 mètres.
Factorerie fondée dans le district de TÉquateur, sur Tlkelemba, à 30 mètres environ de la berge et à 1 mèire au-dessus des hautes eaux.
Le pays yoisin, couvert de forêts, est inondé aux hautes eaux, marécageux aux eaux basses.
Les vents soufflent assez régulièrement toute Tannée, avec une intensité faible, dès le début de la journée. Ceux du NE. dominent.
Pendant la saison des pluies, il y en a assez bien du SE. et du SW.
e La saison des pluies dure d'octobre à Gn décembre et de février à fin avril ; la saison sèche comprend le mois de janvier et ceux de mai à fin septembre.
En réalité, il pleut encore souvent pendant la saison sèche, mais ce sont des pluies fines succédant aux brouillards, tandis que pendant la saison des pluies les averses sont très copieuses, sont le plus souvent accompagnées dVages ou de tornades et durent d'une demi-heure «^ cinq ou six heures.
Les rosées sont abondantes en saison sèche.
Le ciel est rarement complètement couvert.
On note parfois une difl^érence de i'^SO entre le niveau des eatix hautes et Tétiagc. Aux époques de forte crue, la rivière submerge le pays à trois ou quatre lieues dans la foret et transforme la région en un immense lac, où le courant de la rivière et de ses affluents dénote seul la présence de ceux-ci.