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ÉQUATEURVILLE.
Latitude, 0« 9' 30" N.; longitude, 18» 15'; altitude, 320 mètres.
La station d'Ëquateurville est située au confluent du Ruki et du Congo, en pays de forêts et de plaines basses, dont une partie est submergée à lëpoque des crues. Sol argilosablonneux. « La rive, boisée et rocailleuse, se relève en pente douce jusque dans les villages, à 15 mètres au-dessus du niveau des eaux. »
Température (i).
Les observations d'Équateurville offrent un grand intérêt, et Ton peut regretter que Texposition des thermomètres, « contre la cloison en bambous d*un couloir large de 4 mètres et long de 6'°50, orienté E.-W., » enlève une partie de leur valeur par Faction modératrice que cette situation a du amener.
Pour la période de vingt mois d'observations, de mai 1891 à décembre 1892, le maximum absolu a été de 34'^5, le 3 avril 1892, et le minimum absolu de 17*5, les 2 et 14 juin de la même année. D'où écart absolu de 17^0.
On avait déjà noté 34<0 le 25 mars 1892, et cette température avait été précédée, le 22 et le 23, par des maxima de 33''5 et 32''5. « On aurait pu appeler ces trois jours de mars, \es journées des trois saints de feu; il faisait réellement accablant; le thermomètre marquait au soleil 50"*. » Une seconde période remarquable fut celle du 1*' au 3 avril, où les maxima s'élevèrent respectivement à 32^6, 33''0 et 34?5. Et du 25 au 31 mars, une seule fois le thermomètre accusa moins de 30''0.
« Pour la période de vingt mois et demi considérée, le nombre de journées ayant dépassé 32^0 n'est que de dix. Ce sont les seules où Ton ail pu raisonnablement se plaindre. »
Les maxima subissent des fluctuations assez fortes, dont la pluie est la cause principale. Le plus petit descendit à 21''8. « Le 14 février 1892, dit le lieutenant Lemaire, la température atteint 31''2; la soirée du 14 au 15 est signalée par une tornade sèche venant de TW. Le thermomètre baisse à 25'^0, puis à 21^2, le 15 à 6 heures du matin : matinée fraîche, brise; à 10 heures et demie, tornade suivie de pluie tranquille jusqu'à 3 heures : orage lointain; à midi, le thermomètre marque H% puis descend à 20^6 et enfin remonte à 21''8, maximum de la journée, pour redescendre à 19''0, minimum de la nuit du 15 au 16. Il fait très froid ; les blancs doivent endosser leurs paletots. »
D'autres maxima remarquables par leur faible élévation furent : 22"^ le 13 juin 1892, pluie violente, tornade; 22''5 le 7 mars de la même année, par vent très violent et pluie; 23^0 le 10 avril, pluie et vent.
(i) Inslruments employés : Ibermomèire à maxima de Negretli el Zambra, thermomètre à mioiiba de Bulberford, conlrôlés à Taide d'un excellenl thermomètre ordinaire.
Le minimum était observé à G b. du matin et porté sur l'ordonnée du jour oii se faisait le relevé. Le maximum était observé à 6 h. du soir et porté sur la même ordonnée.
Le maximum est descendu un bon nombre de fois au-dessous de 25^0, ei il a oscillé entre 2^8 et Zi% soit un écart de 12<>7.
Les minima ont été moins sujets à ces grandes variations; ils ont oscillé entre 17o5et2H.
Max. moyen mensuel Min. moyen mensuel
\t plat Utiré. 1« plu bat. Variailoa. !« plus élefë. 1« plus bai. Variai ion.
Équateurville. . . . SO^S ST^S 3«i ilo9 SO»â 1«7
Banana 33oâ S6ol 7«4 â4«3 i8«6 5<»9
Nous avons mis en regard les nombres de Banana pendant la même année» afin de mieux faire ressortir Tuniforroité qui existe à Equateurville (i). Il en résulte naturellement que la variation moyenne dans cette station est faible : elle oscille entre 9<*1 en février 1892 et 6^1 en juillet 1891, et sa moyenne 7""% est supérieure de 0^3 seulement à celle de Banana, la plus faible que nous ayons rencontrée.
La température journalière subit des fluctuations assez marquées si Ton tient compte qu^elles se produisent aux époques dos fortes chaleurs, et ici Taction des pluies est remarquable. Dans le cas signalé plus haut, le 15 février 1893, la température n*atteignit que 21^1 , alors que le 1 4 elle était de 26^8. Mais si on Tenvisage d*une façon générale, on trouve comme extrêmes 28''l en mars 1892 et 2(K6 en juin 1892.
Voici quelques exemples de grandes variations diurnes ou nocturnes.
1® Du minimum de la nuit au maximum de la journée suivante :
Le 17 février i899 de 48^5 à 'M<'3 » ii^S
U 23 mars de a0«5 à :«o3 = i2o8
Le 3 avril de 21»8 k 34o5 = 42o7
Le 2 mai i9H de liM) à 3io5 =: 42o$
Le 2 septembre de 19»B à 32o0 =: 42o5
Le 21 novembre de i9o5 à 32o0 = 12o.H
Le 8 décembre de i9<« à :i2o0 == i^i
Total : sept écarts dépassant i2o().
2^ Du maximum de la journée au minimum de la nuit suivante :
Le 4 avril i892 de 20o8 à 34«5 « 43o7
Le 26 mars de 20o5 à 34o0 = i3o5
Le 24 > de 20o2 à 3302 =s I3o0
Le 29 avril de i9oO à 34o7 s: i*n
Total : quatre écarts dépassant 12»0.
Quelques intervalles journaliers sont d^autre part remarquablement faibles. Du minimum de la nuit au maximum de la journée suivante :
Le 25 juin 1891 de 2:>5 à 2io5 s= ioQ, violente tornade.
Le 45 février 1892 de 20<>5 à 21o8' « 1«2, tornade, pluie.
Le 48 avril 4891 de 23û0 à 24*5 ^ 4o5» plaie toute la maUnée.
Le 43 mai 4891 de 22o5 à 24<K) = 4«5, pluie légère continue.
Le 42 août 1894 de 22^ à 23o5 = 4oS, plaie.
Le 40 avril 4892 de 24o5 à 23«0 => 4o5, pluie et vent.
Le 24 juin 4892. .... de 22<K) à 23*5 == 4<»5, journée de pluie.
(i) Il est utile de rappeler ici, pour expliquer en partie Tamplitude relativement faible des varialions thermométriques à Équateurville, que PioslaUaUoQ des thermomètres devait forcémem inlervenir pour diminuer dans une certaine mesure cette amplitude.
Nous ne citerons que ceux-là, qui ne dépassent pas h3; le lieutenant Lemaire en signale aussi vingt ne dépassant pas S"", et huit d*entre eux ont été suivis, entre le maximum de la journée et le minimum de la nuit suivante, d*un écart qui varia entre 2* et 3**.
Ainsi qu^on le verra à Tinspection des moyennes mensuelles, la marche de la température ne pourrait se traduire par une courbe régulière. Le mois le plus chaud est avril 1892, avec 26*0; le moins chaud, juin 1892, avec 23''7. La période la plus chaude comprend, en 1892, les mois de février, mars et avril; elle est suivie d^une chute assez longue, puis In température se relève régulièrement. « Les mois les plus frais sont mai, juin, juillet, commencement d'août. La température, pendant cette période, ne dépasse pas 30^. »
Le caractère principal de la marche du thermomètre est d'être très uniforme; c'est là une particularité que nous avons déjà rencontrée à Bolobo, que nous reverrons à Liranga, à Luluabourg et à Uesso. Elle est la caractéristique du centre africain. Toutefois, nous pensons qu'ici encore l'exposition défectueuse des instruments, que Ton soustrait, en partie, aux différentes causes susceptibles de leur faire atteindre, soit dans le haut, soit vers le bas, le degré réel de la température de Tair, a pu intervenir pour rendre cette variation inférieure à sa valeur vraie.
Le grand nombre de jours de pluie — il est de i29 en 1892 et parait avoir été dépassé en 1891 — exerce une influence marquée sur la marche de la température, et cet effet s'ajoute à celui des brises venant d'aval et paraissant, ainsi que nous l'avons dit déjà, remonter le fleuve, pour la modérer dans des limites auxquelles on ne se serait pas attendu.
Quelques exemples donneront la mesure parfois très forte de cette intervention :
« 25 juin 1891. Matinée de forte brise. Vers 9 heures, l'horizon en amont devient effroyablement noir, le fleuve s'irrite; on dirait qu'un cataclysme se prépare. Ce n'est qu'une menace terrible ; la tornade passe relativement calme sur la station. A 11 heures, pluie légère; il fait très froid; vers 1 heure, le temps s'éclaircit et se remet un peu. La fin de la journée est calme et douce. »
Le minimum de la nuit avait été de 23®S, le maximum fut de 24*5.
« 7 mars 1892, journée extrêmement mauvaise. Violente tornade commençant dans la nuit du 6 au 7, à 1 heure du matin. Éclairs continus. Orage d'abord éloigné. Rafales, pluie violente sur la station. Vers le matin, le vent cesse, la pluie continuant à tomber, calme, jusqu'à 10 heures. Le vent recommence à souffler violemment, démontant le Congo; ciel chargé de lourds cumulus. A midi, la pluie et le vent font rage. Journée froide, extrêmement mauvaise. »
Le minimum de la nuit avait été de 20''5, le maximum fut de 22*5.
Saisons.
La région de l'équateur participe du régime des régions qui la limitent, et ses saisons se confondent en une seule, où l'on constate uniquement une différence dans l'intensité des pluies.
11 pleut le plus vers novembre et décembre, le moins vers juillet, dit le lieutenant Lemaire, et nous avons déjà fait remarquer que, pour juillet, le soleil n*est déjà plus à sa plus grande déclinaison nord, et que vraisemblablement c^est au moment de notre solstice d'été qu*il devrait y avoir diminution des pluia. En novembre et décembre, le phénomène inverse se produit : le soleil, revenant de Thémisphère nord, où il n'a pas trouvé à provoquer une évaporation intense par suite de la prédominance des terres, va atteindre le tropique du Capricorne; il est tout aussi éloigné de Téquateur qu*en juillet, et c'est alors qu'il pleut le plus!
En admettant même la grande extension du Cloud Ring dans le nord, ceue intensité maxima ne s'expliquerait pas, et elle semblerait plutôt devoir se présenter deux fois en un an, approximativement aux équinoxes, en donnant au maximum qui se produirait à l'équinoxe du 21 mars la supériorité sur celui de septembre. C'est là, nous parait-il, ce qui devrait être pour justifier en tous points la théorie de l'anneau équatorial des nuages. Il est vrai que l'inspection des relevés mensuels montre, en mars et avril, et en septembre et octobre, une recrudescence des pluies qui se remarque surtout en 1892; seulement, celle de septembre-octobre se continue, tandis qu'en 1892 celle de mars-avril est suivie d'une baisse bien marquée.
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept. Oct. No?, bée, Toul
I Fortes J 4891 — — - — 5 3 4 4 H 7 43 7 Î9
pluies. MSyS 7 5 7 9 4 9 2 3 8 7 « 40 8!
Pluies M894 — — — — 43 46 12 14 40 H 14 44 4:«
en gén. f Om 8 6 40 43 8 44 4 6 il 4S 49 ii iiS
Sans chercher à supputer ce qui s'est passé en 1891, avant le commencement des observations, nous ferons remarquer que juillet est très franchement pluvieux et que la diminution n'y est pas très accentuée.
Quelle que soit, du reste, la cause qui intervient pour produire ces variaUons d'intensité, le climat de cette région reste caractérisé par un nombre irès élevé de jours de pluie, et à en juger par ce qui se passe à Bolobo, station déjà éloignée de l'équateur, la quantité de pluie doit y être très grande. Espérons que bientôt des observations plus complètes nous permettront d'apprécier exactement le caractère du régime pluvial d'Équateurville; la situation géographique de cette sUition, par elle-même, les rendra très intéressantes.
Avant de terminer, nous donnerons la division climatologique que le lieutenant Lemaire a proposée pour Équateurville :
Fin janvier, février, mars, avril SaUon det chaUurt.
Mai Saison des moindres orages.
Join, juillet, août Saison des brises fraîches.
Septembre, octobre Saison moyenne.
Novembre, décembre, commencement de janvier. Saison des pluies et des orages.
L«s matinées éqoatorlales.
Janvier, février Belles matinéet douces.
Mars, avril Belles matinées plus fraîches.
Mai Presque toutes les matinées sont fraîches, parfois froides.
Jdîh Bdles matinées fraîches, parfois humides et sombres.
Juillet Quelques matinées douces, les autres fraîches et couvertes.
Août Quelques matinées douces, les autres fratches, parfois humides.
Septembre Le nombre de belles matinées douces augmente.
Octobre, novembre .... Nombre à peu près égal de matinées douces et de matinées fraîches.
Décembre Belles matinées fraîches, souvent couvertes.
Voici ce que dit des soirées équatoriales le même voyageur : « Les soirées de Tannée entière sont remarquables de douceur pénétrante. Clairs de lune admirables; limpidité de Pair; étincellement des cieux criblés d*étoiles, parmi lesquelles les belles constellations du zodiaque; murmure du grand fleuve, des lies, de la forêt : tout concourt à donner à l'Européen un bienêtre étrange. Jusque bien avant dans la nuit, lentement il suit les allées de la station et les rues des villages où dansent ses amis les noirs; et quand il se décide enfin à gagner sa couchette, il n'est déjà plus fatigué des labeurs de la journée : ces heures d'adorable griserie de la nature le reposent mieux peut être que les heures de sommeil. Et lorsqu'il est en excursion, rien ne peut égaler le charme des tombées du jour, lorsque le camp s'installe dans une éclaireie de la rive et que la lueur des grands feux éclaire le repos du soir et les rêveries de la nuit. C'est la féerie devenue réalité. »
Vents.
Nous ne possédons aucune observation sur le régime des vents. Rappelons seulement que Stanley signale encore en ce point, et jusqu'aux Bangala et même dans l'Arruwimi, l'existence de courants assez forts remontant le courant du fleuve.
Les mois de juillet et août, déjà signalés comme étant les moins chauds, sont remarquablement caractérisés par la fréquence des vents. Ces trois mois peuvent être regardés comme constituant une saison équatoriale bien marquée : « la saison des brises fraîches » . Durant cette saison, le vent s'élève vers 3 heures du matin et ne tombe que l'après-midi. Le Congo devient houleux et se couvre d^écume; il est démonté au point que la navigation devient dangereuse pour les embarcations non pontées.
Nébulosité.
De ce que nous avons dit au sujet des matinées et des soirées équatoriales, nous pouvons déduire que la nébulosité suit ici la même marche que dans les stations où des observations régulières ont été faites, c'est-à-dire que le ciel s^éclaircit dans le courant de la journée. La période de la plus forte nébulosité serait en décembre.
Orages et tornades»
Les orages sont nombreux et plus de la moitié d'entre eux sont accompagnés de pluie. Ils prennent parfois une intensité très grande; quelquefois encore, ils
s accompagnent de coups de vent violents ou « tornades ». L*une de ces tornades a été vraiment remarquable.
« 31 décembre 1892. Vers 8 heures du soir, tornade extrêmement violente, prenant pendant quinze minutes les allures d*un cyclone. Une habitation de blanc est rasce net; plusieurs toits sont crevés, de grands arbres renversés dans la forêt gémissante. A 11 heures du soir. Forage et la pluie reprennent de plus belle. A 1 heure du matin, nouvel assaut. »
A ne considérer que les orages avec pluie, nous leur trouvons un maximum de novembre à janvier, mais le nombre de jours de tonnerre montre, et cVst asses naturel d'ailleurs, une grande concordance de fréquence avec les nombres mensuels de jours de pluie.
BrouiUard et rosée.
Nous nous serions attendu à rencontrer ici une fréquence particulière de ces deux hydrométéores. 11 y a loin de vingt-deux brouillards et trois rosées pour vingt mois à Passertion trop souvent répétée : chaque matin amène son brouillard et sa rosée, ou Fun des deux. Et cependant la région d*Équateurville est essentiellement un pays de plaines basses et humides 1 Attendons de plus longues observations pour être réellement édifié sur la rareté ou la fréquence de ces phénomènes.
Phénomèneê particuliers,
A. Gréions : tombés pendant une forte averse, le 3 janvier 1891.
B. Tremblement de terre : Dans la nuit du 9 au 10 mai 1884, une secousse de tremblement de terre a été ressentie; elle a duré de six à huit secondes (Cap* Van Gèle) 0).
Niveau du fleuve.
Le fleuve présente avec régularité deux crues, dont la plus importante est celle de novembre, qui débute au commencement d*aoûl; la seconde, à la fin de mai, commence vers la mi-mars.
Elles varient un peu dans leur apparition. Nous rappellerons à propos de la baisse qui s*est produite ici de décembre 1891 à mars 1892, qu*à Borna, en février 1892, le fleuve — et nous avons pu le consulter — présentait une crue dépassant de 50 centimètres les plus fortes que Ton eût vues; elle était exceptionnelle. Faut-il croire qu*elle éUiit due au seul apport des affluents de gauche en aval de Téquateur? Il ne pourrait guère en être autrement.
(Ce chapitre a été rédigé d*après la notice : Station d*Êquateurville. Observations météorologiques, publiée par le lieutenant Lemaire dans le Bulletin de la Société belge de géographie, 1 894.)
(*) Mouvswunt géographiqu9f d« du 2 novembre 1884.
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IBEMBO.
Latitude, 2» 38' N.; longitude, 24H5'; altitude, 420 mètres.
Station fondée en 1890 sur Tltimbiri, à 300 mètres de la rivière, sur la rive, déboisée à cet endroit, et à 2 mètres au-dessus du niveau de Teau; en pays de marécages et de forêts, sur sol assez sablonneux, peu argileux.
Observations d*nne valeur relative, par suite de l'exposition défectueuse du thermomètre. Les températures relevées paraissent inférieures à ce qu^elles devraient être. Faisons donc abstraction des extrêmes, pour ne considérer que la marche générale qui, malgré une élévation de température dans les mois de fortes pluies, ne parait pas s'accorder avec la période que Ton appelle saison des pluies. Nous trouvons, en effet, un minimum marqué pour avril, mai et juin, tandis que janvier, le mois le moins pluvieux, dépasse de O""? la moyenne annuelle.
La température moyenne mensuelle est, en somme, peu variable. Elle accuse un écart de 3^0, soit la moitié de ce que donnent les observations du bas Congo.
La température moyenne aux heures d'observations a été :
La
plut btnte.
Lt
plut bttM.
Moyani
6 heures. . .
SioO
Ma
iK,2
L'écart moyen se trouve ainsi réduit à 3*5 pour 6 heures, 6*4 pour 13 heures et 8*1 pour 18 heures.
Venu.
Les vents dominants viennent du demi-quadrant N.-S. en passant par TE.; mais irrégularité des observations ne permet pas de tirer une conclusion précise des notes qui nous ont été remises.
Saisons.
Ibembo est situé en pleine grande forêt, et malgré son éloignement de Téquatcur, il ne s'y présente pas de saison sèche^ On remarque cependant une diminution des pluies pendant les mois de décembre à mars, correspondant à la période de sécheresse qui devrait exister. En janvier 1897, la diminution est bien marquée : il n'y a qu'une seule pluie de 23""; mais pour février et mars, qui ont
chacun cinq jours de pluîe, nous trouvons respecUvcment Î85"" et 164"*, soit une quantité qui porterait à près de 2 mètres le total de la précipitation annuelle, prise comme moyenne. Ce n*esl donc plus là une période de sécheresse.
Les pluies ont un maximum marqué pendant les mois d'août à novembre. Le nombre total de journées pluvieuses est de 124, c'est-à-dire sensiblement celui que nous retrouvons dans beaucoup d*autres stations du haut Congo.
Quant aux orages^ ils sont, de même que les tornades, assex nombreux, surtout dans les mois de grandes pluies. Us sont souvent violents et viennent généralement de TE. et du NE.
Les brouillards sont fréquents en toute saison, mais à Tépoque où il pleut le moins ils sont de règle le matin. Ils sont souvent très denses. Généralement ils apparaissent après le lever du soleil pour disparaître vers 9 heures au plus tard.
Régime des eaux.
Lltimbiri a ses eaux hautes en novembre et décembre, mais la différence de niveau ne peut être considérable, car le bassin de la rivière se trouve tout entier dans la zone des pluies continuelles; de plus, elle a son lit bordé de plaines basses ou de forêts qu^elle immerge à Tépoque de sa crue maximum.
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IRBBU.
Latitude, 0> 31' 47" S.; longitude, \7^ 47'; altitude, 369 mètres.
Poste fondé en 1894 dans le district de TÉquateur. Il est éuibli sur la rive gauche et à Tembouchure, dans le Congo, du canal qui met en communication le lac NTumba et le fleuve; à 800 mètres du Congo et à deux heures du lac NTumba; ft 4 mètres au-dessus du niveau de Peau; sur sol argileux, dans un pays de plaines peu élevées et peu accidentées.
Température peu variable, avec un écart maximum diurne de 13* à la saison sèche. Elle ne descend pas au-dessous de 18*.
Vents. — Pendant la saison sèche et dés le début de la journée, le vent souffle assez régulièrement du SW.; il est assez faible.
Les pluies sont fréquentes de septembre à mars, et souvent accompagnées d^orages ; elles le sont moins pendant les autres mois. Elles durent en moyenne de deux à trois heures.
Les brouillards sont fréquents en janvier et les rosées se montrent régulièrement pendant la saison des pluies.
Ciel souvent couvert.
Niveau des eaux. — On signale les hautes eaux d*octobre à janvier et les basses eaux de février i août, mais nous pensons que le niveau des eaux du canal doit être influencé par celui des eaux du fleuve.
ISANGHI.
Latitude, 0* 46' 99'' N.; longitude, 24» IS' 49"; altitude, 449 mètres/
Poste fondé en 1893, an confluent du Congo et du Lomami, sur la rive même
du fleuve, en plaine, dans un pays de forêts, à 17 mètres de la rive et à 4 mètres
au-dessus du niveau du Congo; sol argileux.
Les eaux pluviales ne s*écoulent facilement que le long de la berge; vers
l'intérieur, elles stagnent; aussi compte-t-on de nombreux marais, qui ne sont
séparés de la station par aucun obstacle.
La température est très douce; il n*y pas de fortes chaleurs.
Pluies. — Il pleut pendant toute Tannée, assez régulièrement tous les quatre ou cinq jours.
Les orages et les tornades sont fréquents; celles-ci viennent en général de TE. Les deux phénomènes surviennent habituellement pendant la journée.
Brouillards assez rares de 6 7s & 9 heures.
Rosées journalières jusqu'à 8 heures.
Ciel assez souvent couvert.
Niveau des eaux. — Hautes eaux de novembre à février; basses eaux en mars, avril et mai. Le niveau monte un peu en juin, redescend jusque fin septembre ou octobre, époque à laquelle il commence à remonter.
IVOKO KT IVULU.
IvoKO : latitude, 1* 14' S.; longitude, lO^^SG'; altiuide, 380 mètres.
IvuLU : latitude, l^" 1' S.; longitude, lO^'SS'; altitude, 380 mètres.
Factoreries fondées en 1894 dans le district de PÉquateur, sur la Loilaka- Moniboyo et situées toutes deux à une vingtaine de mètres de la berge et à 5 mètres environ au-dessus du niveau moyen de Peau. Pays de forêts, inondé aui eaux hautes.
Il existe une grande différence entre la température du jour et celle de la nuit, différence surtout sensible pendant la saison sèche.
Les vents de NE. et de SW. dominent, les premiers pendant la saison sèche. Pendant la saison des pluies, les vents viennent des deux directions. Leur intensité est faible.
La saison des pluies dure de fin septembre à janvier et de février à avril ; la saison sèche règne en janvier et de fin avril à fin septembre.
Les pluies arrivent en moyenne tous les cinq ou six jours et durent de 1 Vs i !( ou 6 heures en moyenne; elles sont en général très fortes.
Orages fréquents.
Brouillards très fréquents (deux jours sur trois) le matin^ jusque vers 10 heures. Les rosées sont abondantes à la saison sèche.
Régime des eaux. — Soumis à la répartition des pluies.
KABAMBARE.
Latitude» i"* 37' S.; longitude, 27* 10' ; altitude, 84K mètres.
Poste du district des Stanley-Falls, fondé en 1894, situé dans un pays de monUignes, à sol argileux, roehcux; il est établi à 500 mètres d*une petite rivière et à 60 mètres au-dessus du niveau de celle-ci.
Des observations effectuées en décembre 1894 et janvier 189S ont donné une hauteur barométrique moyenne voisine de 700'"'', avec variations extrêmes de 696— à 702— (i).
Température moyenne du jour, 30®; de la nuit, 20*. Le thermomètre descend parfois jusque 10*.
La saison des pluies dure de novembre à avril; les pluies sont journalières et souvent accompagnées d orage.
En 1894, la saison sèche a commencé le 1 1 mai, mais dès le mois d'août des ondées bienfaisantes sont survenues.
On n'a pas constaté de petite saison sèche.
Voici le relevé des pluiei observées pendant les mois d'août à décembre :
Août : 10 pluies, dont une accompagnée de gréions; les plus gros atteignaient la grosseur d*une noisette.
Septembre : 1 1 pluies; octobre : 11 ; novembre : 16 ; décembre : 17.
Il est à remarquer quVn août et en septembre les pluies ont été relativement faibles. Il y a eu une période de temps sec du 18 septembre au 2 octobre.
Généralement la pluie, qui tombe presque toujours vers le milieu du jour, ne dure guère que 30 ou 40 minutes, pendant lesquelles elle se précipite avec une grande abondance.
Il n*a été relevé que six pluies de nuit, et trois journées vraiment pluvieuses : deux en novembre, une en décembre (s).
De septembre 1869 a juin 1871, Livingstonc séjourna presque continuellement dans la région du Manyema et se flxa à diverses reprises à Kabambare et
(4) La correciioD du baromètre n^esi pas connue; on sait seulement que, au niveau de la mer, par temps calme, riDStruroent marquait TGG""; maison ne dit pas oh celte constataUon a été faite.
(1) Renseignements tirés, en partie, d*une note publiée par M. F. Hahbursin dans VIngénieur agricole de Gembloux, n* du 1" juin 1895.
à Mahomela. Voici un résumé (i) des observations que le grand voyageur y recueillit :
Eau tombée. „ Eau tombée.
Saison 1860-1870. Total. Jours, dominants. Saison 1870-1871. Total. Jours. dominanU.
Septembre 4869.
Octobre .
Novembre Décembre.
Janvier 4870 FéTrier. .
Mars. . .
Avril. . .
Mai. . .
Juin. . .
Jaillet. .
Août . .
Total
Sâi
SE. Septembre 4870<
SE. à NE. Octobre .
SE. Novembre.
SB. Décembre.
SB. Janvier 1874
NW. Février. .
NW. Mars . .
SW.etSE. Avril. . .
SW.etSE. Mai. . .
variable Juin
— Juillet . .
- Aoùl. . .
Total.
NW.etE.
NW.etE.
SE
SE
6 NW.àSE.parleN.
Il y eut 8 jours de pluie non mesurable dans la saison 1869-70 et 9 jours dans celle de 1870-71.
Des chutes de grêle furent observées les 11 septembre et 27 novembre 1869, les 29 octobre et 11 décembre 1870 et le 4 janvier 1871.
La hauteur moyenne d*eau par saison est voisine de 1500""*, fournis par près de 100 jours de pluie, ce qui donne une moyenne de 15"" environ par jour. En mars 1871, celte moyenne s'éleva à 36""' par jour.
D*octobre à mai, il tombe plus de 1400" pour 90 jours.
Les mois de décembre, janvier et avril paraissent recueillir le maximum d'eau ^g54mm çij moyenne pour eux trois).
Les premiers roulements de tonnerre, au début de la saison 1870-71, se firent entendre le 25 août, mais il ne tomba pas d*eau.
(<) Diaprés le Report de rABsodation britannique pour 1804.
KAIKA-N'ZOBE.
Latitude, S* 5' N.; longitude, l^"* 18'; altitude, 62 mètres.
Station du district de Banana, fondée en 1896, située sur la rivière Gbiloango, dans un pays accidenté, semé de vallées étroites généralement très profondes, recouvert de forêts entrecoupées de clairières et de savanes, résultant de défrichements anciens. Il y a peu de marais aux environs, et ils ne se forment qu*aux débordements du Chiloango, aux époques des crues.
La station est établie à 400 mètres de la rivière et à 26 mètres au-dessus du niveau de ses eaux. Rives en pente raide.
Sol argilo-sableux et sablonneux, suivant les endroits, très meuble, recouvert d^une couche d*humus de 60 centimètres à l'^lOdans les parties basses, et de 15 à 30 centimètres dans les parties hautes. La couche aquifère n*est pas à plus de trois pieds de profondeur.
La température atteint son maximum vers une heure et oscille entre 36<^ et 23®; la température minimum de la nuit va de 24*^ à 13^
La saison des pluiei débute (in octobre et dure jusqu*au commencement de mai.
Les pluies ont une durée maximum de quatre à cinq heures; elles sont très fréquentes (quatorze jours sur trente) de février à fin avril et moins fréquentes (sept jours sur trente) pendant le reste de la saison.
On a observé 76"" dVau en 12 heures.
Les vents soufflent en toute saison, avec prédominance marquée de PWSW. Ils se lèvent vers 14 ou 15 heures et sont généralement assez forts ; ils durent jusqu*à 15 ou 18 heures.
Arout7(arcb presque journellement le matin en saison sèche.
Roiéei très abondantes pendant la saison sèche et surtout de juillet à octobre.
KASONGO*
Laiitude, i^^W S.; longitude, 27*; altitude, S80 mètres.
Camp fondé en 1895 dans le district des Stanley- Palis; il est situé sur le Lualaba, près de la rivière, dans une plaine à sol argilo-sableux et rocheux par places.
Les vente débutent à la &n de la saison sèche et durent pendant la saison des pluies; ils se lèvent vers 11 heures pour cesser vers 15 heures.
Les vents de NE. sont appelés briêes du lac (Tanganika). Parfois ils soufflent de rW.; ceux de NE. sont assez faibles, mais ceux de W. sont très forts, de même que ceux de SE., qui occasionnent souvent des dégâts.
La saison des pluies va de septembre à mai; la saison sèche comprend le reste de Tannée.
Les pluies sont fréquentes (tous les deux ou trois jours), durent peu, mais sont souvent fortes et parfois torrentielles.
Les orages sont relativement rares.
Les brouillard$ surviennent pendant la saison sèche; les roséeê sont rares en cette saison; ciel rarement couvert.
Niveau des eaux. — Hautes eaux : novembre à février; basses eaux : août et septembre.
-étià-
KATANGA.
Les renseignements et observations que nous donnons ici n^ont pas trait au Katanga exclusivement ; ils se rapportent à tout le territoire parcouru par les expéditions Delcommune et Bia-Prancqui, c*est-à-dire h toute la partie SE. de rÉtat du Congo, comprenant le Katanga et TUrua.
Celte région diffère sensiblement du reste du centre arricain; elle appartient à un massif montagneux qui a fait Tobjet d'études spéciales, auxquelles nous renvoyons le lecteur, pour nous borner à une esquisse que nous emprunterons au commandant Brasseur (i).
« De la chaîne de montagnes qui sépare le bassin du Zambèze de celui du Congo, se détachent les monts Mitumba, qui se dirigent vers le Tanganika. Les Mitumba sont coupés par trois gorges qui donnent passage au Lualaba à Nzilo, à la Lufila à Djuo, et au Luapula à Kiwélé. Entre la Lufila et le Luapula, les Mitumba portent le nom de Kibara.
» Une autre chaîne, appelée les monts Kundulungu, se détache également vers les sources de la Lu6la, traverse tout le Katanga, longe la rive occidentale du lac Moêro et va rejoindre les Mitumba dans TUrua. Les Kundulungu séparent le bassin du Lualaba de celui du Luapula.
> Les Mitumba sont reliés aux Kundulungu par les monts Kon-Ni, à travers lesquels passent la Lulila, la Kabalelo et le Tumongwd. Entre les deux chaînes se trouve Timmense dépression dans laquelle coule la LuGra. Les montagnes du Katanga ont une altitude qui varie de 700 à 1700 mètres. Elles sont formées d*une succession de terrains, d'où descendent plusieurs cours d'eau formant un grand nombre de cascades et de chutes de toute beauté. Kundulungu signiGe : hauts plateaux. Le sommet de la plaine forme, en effet, un magni&que plateau s*étendant à perte de vue en gras pâturages, où abondent les zèbres, les antilopes, les rhinocéros, etc. Les flancs du Kundulungu sont boisés et coupés par des gorges et des ravins profonds. Au fond de ces gorges et de ces ravins eoulent des cours d'eau qui se transforment, à la saison des pluies, en torrents rapides entraînant, dans une course vertigineuse, des troncs d'arbres déracinés par la force du courant, et qui arrivent brisés dans la plaine, après avoir franchi les cascades et les chutes d'eau avec un bruit effroyable. •
Les territoires que nous réunissons sous le nom de Katanga nécessiteraient, par leur étendue et leur configuration spéciale, une étude particulière et très détaillée du climat; malheureusement, les observations recueillies dans cette
(i) Commandant Brasseur, fUrua et le Katanga. (Mocyembht oéografhiqoi, 1897, pp. 418 et
SUtT.)
région soni encore peu nombreuses. En dehors de celles du commandant Brasseur, qui donnent pour Lufol (voir ce nom) une notion très exacte du climat de cet endroiti nous ne possédons que les observations des D" Briart et Amerlincki prises au cours d'un long voyage d'exploration, et celles de Capello et Iveins à N'Tenke.
Malgré la précision avec laquelle les observations des D** Briart et Amerlinck ont été faites, elles ne peuvent évidemment avoir Pimportance ni présenter Tinlérét d'observations recueillies à poste fixe. Au surplus, elles ont été obtenues dans une région allant du 3* au 11* degré de latitude S., à des altitudes très variables, & des endroits parfois abrités, parfois exposés aux vents dominants, et, par là même, prises dans des conditions si différentes qu'elles ne peuvent pas être rigoureusement comparées entre elles.
Nous nous bornerons donc à emprunter aux deux observateurs précités la description qu'ils ont chacun donnée du climat, et à y joindre le tableau résumé des observations du D' Briart, suivi des quelques remarques que son examen nous suggère.
Note de M. le D' P. Briart (i).
Dans toute cette immense région qui se trouvait jadis sous la domination du roi Msiri, et dans laquelle naissent et coulent plusieurs des grands cours d'eau qui doivent former le Congo, la Lufira, le Likulwe, le l.ualaba, le climat devient doux, supportable et en quelque sorte tempéré.
Cette région est comprise entre les degrés 8 et 12 de latitude sud, et située à une altitude moyenne de 1000 mètres. Elle possède une saison humide et une saison sèche très bien tranchées, mais rarement la chaleur devient trop forte. Sauf les heures du jour où le Soleil se rapproche du zénith et chauffe le sol de ses rayons presque perpendiculaires, là chaleur ne se fait pas trop sentir. Encore, bien souvent son ardeur est-elle fort diminuée par les vents et les brises du sud-est, qui sont presque continuels.
Rarement nous avons pu observer Zi^, 33% 34"*; encore fallait-il, pour obtenir ces températures assez élevées, que le Soleil brillât dans un ciel sans nuages, que Tair fût calme et tranquille. Et c'est là chose rare dans un pays où un ciel couvert est de règle pendant la saison humide, une bonne brise fraîche du sudest presque journalière pendant la saison sèche.
Nous aurions eu plutôt à nous plaindre du froid, si nous n'avions en quelque sorte éprouvé une sorte de timidité à nous plaindre du froid en pleine Afrique tropicale. Sur les hauts plateaux, dans les savanes immenses où souffle une brise acharnée, la nuit est toujours très froide, et la température minimum tombe à 3* et à 2* au-dessus de zéro. Nos devanciers dans ces pays y ont même observé des températures plus basses encore. Le matin, au lever du camp, pendant que,
(i) Mouvement géographique dtf 19 avril 189S, p. 42.
bien véius et bien chaussés, nous réchaufBons nos doigts engourdis au-dessus d*un feu clair, nous nous demandions comment nos porteurs et nos soldats, presque nus, n*ayant en général qu*un lambeau misérable d*étoffe ceignant leurs reins, pouvaient résister à des températures aussi basses.
Dans les' plaines, dans les vallées qui longent les grandes rivières, les extrêmes de la température sont moins sensibles; les nuits sont moins froides et il nous semblait parfois, nous mettant le matin en marche, que nous nous avancions dans les chemins par une belle matinée d*été, fraîche et pleine de rosée. La douceur du temps nous reposait et nous enchaniait; le pas de nos hommes, comme le nôtre, était plus sûr, allègre et gai* La grande partie de la marche était finie, quand le Soleil, montant sur Thorizon, élevait la température, très rarement ardente, d'ailleurs.
La saison humide apporte un large contingent de pluies. Elles sont asseï abondantes, mais, sauf de rares exceptions, ne durent qu*un certain temps, commençant et finissant avec forage qui les accompagne presque toujours. Il est assez rare que l'on ait à observer ces longues pluies continues, imperturbables, monotones, qui durent deux ou trois jours, comme les pluies d'automne de notre climat de Belgique. Un orçge vient et dure une heure; la pluie pendant ce temps tombe avee une violence toute tropicale, puis cesse peu à peu et le Soleil reparaît.
Quoi qu'il en soit, le Katanga jouit d'un climat remarquablement sain, se rapprochant assez bien, sous ceruiin point de vue, d'un climat tempéré. Il n'a pas ces chaleurs déprimantes qui sont si meurtrières dans certaines régions équatoriales. Le froid et la fraîcheur des matinées sont un repos, une sorte de préparation aux fatigues de la journée.
Notée de M. le D* Ambrlinck (i).
Les 7i observations de la température minimum que j'ai faites pendant la nuit me donnent une moyenne de IS'^G.
Les 61 observations de la température maximum du jour donnent S0"6.
La température la plus basse observée a été de M"*, le 22 décembre.
La température la plus élevée observée a été de 36% le 14 novembre.
L'écart le plus fort entre la température maximum du jour et la température minimum de nuit a été de 14% le 22 décembre.
L'écart le plus faible entre la température maximum du jour et la température minimum de nuit a été de 6% le 19 décembre.
En 76 jours, nous avons eu 48 jours de pluie. On n'observe pas, dans cette région, ce qui se produit régulièrement dans le bas Congo ; la pluie n'arrivant qu'avec un orage et durant, en réalité, peu de temps. Ici nous avons eu des
(i) Mouvement géographique du il décembre 1892 (p. 186} et du 19 avril 1898 (p. 40).
journées entières de piuiei tantôt des pluies fines, tantôt des averses avec de rares ëclaircies. On ne peut mieux comparer ces journées dans la région du haut Lualaba, qu*à celles que nous avons souvent en Belgique durant les étés pluvieux (i).
Au moment du départ de Fexpédition de Pania Mutombo, sur le Sankuru, le 17 novembre 1891, nous étions déjà en pleine saison des pluies. Elle s^est terminée le 34 avril suivant, à Kipuna, au sud-est de Bunkeia.
Pendant cette période de 160 jours, nous avons eu 96 jours de pluie. Il est à remarquer, comme je Tai déjà dit dans un rapport précédent (2), que dans cette région la pluie n*est pas toujours accompagnée d'orage, comme dans le bas Congo. Bien des fois, nous avons eu des journées entières de pluie sans aucun orage. Je ne peux mieux comparer la saison des pluies au Katanga, qu^au temps dont nous sommes si souvent gratifiés en Belgique : des averses successives, entrecoupées d^éclaircies de courte durée.
Les températures les plus élevées constatées pendant cette première saison sont de 36% le 24 novembre 1891, et de 35*, le 2S décembre.
Dans le Katanga proprement dit, la température la plus élevée a été de 33''5 è Bunkeia, le 3 février 1892.
Les températures les plus basses, constatées à Fheure de midi, ont été dt 32^5, le 19 décembre 1891, à Bena-Ngenge; de 23% le 20 décembre, à Kassongo; de 23% le 7 janvier 1892, sur les bords du Lufoî; de 24% le 10 janvier, au lac Kabele; et de 23% le S février, à Bunkeia.
Pendant la nuit, elles ont été de 14% le 22 décembre 1891, au Lomami; de 15% le 21 janvier 1892; et de 14''5, le 22, sur le plateau de Manica.
La saison sèche a commencé le 25 avril, tandis que l'expédition se trouvait au camp de Kipuna. A dater de ce moment jusqu'au 8 septembre inclusivement, c'est-à-dire pendant 137 jours, il n'est pas tombé d*eau une seule fois.
Pendant toute cette longue période, le ciel a été d'une pureté remarquable; rarement un nuage venait cacher le Soleil pendant quelques moments. Le vent dominant était le SE. Parfois il soufflait avec une violence extraordinaire et pendant plusieurs jours de suite.
Les températures les plus élevées que j'aie constatées pendant cette saison sèche ont été, à Kipuna, de 35 et 36% les 7 et 8 mai 1892. Ce maximum est une exception; la température est peu variable: le thermomètre marque environ 32^ tous les jours.
Cette température, qui semble être assez haute, est très supportable, grâce à
(t) Geue obserTalion au sujet des pluies, qui pourrait paraître en contradiction avec ce que dit plus haut M. Brian, ne se rapporte pas au Katanga proprement dit, ainsi quMl y a lieu de le faire remarquer. Les faits que cite ici M. Amerlinck ont été constatés dans le trajet depuis l^approcbe du Lomami jiisqo*aprês le passage du Lualaba.
(t) Voir à la page précédente.
la brise qui règne pour ainsi dire continuellement et grâce aussi à la grande pureté de Tair, qui contient peu de vapeur d^eau.
Pendant la nuit, les températures les plus basses de la saison sèche ont été les suivantes, toutes observées à Nlenke, au sud de Bunkeia» à la 6n de juillet et au commencement d'août : le 29 juillet, — 0»5; le 30, 3*; le 31, 4«; les l*', S et 3 août, 4*S. Ces dernières températures ont été prises à Tair libre.
Pendant les mois de sécheresse, nous avons constaté plusieurs fois des températures de S, 6 et 7 degrés. A cause de ce froid vif, agréable pour nous, mais insupportable pour les noirs peu vêtus, il ne nous était pas possible de nous mettre en route avant 7 ou 8 heures du matin; les doigts de nos porteurs étaient engourdis au point qu*il leur était impossible de manier leurs charges.
Voici à ce sujet quelques notes que j*extrais de mon journal de voyage, à la date du 16 juillet 1892 :
(c Nous quittons les salines de Moacha; on pourrait se croire eh Belgique un jour d'hiver : sous nos pieds, le tapis blanc formé par les efflorescences salines ; par-ci, par-là, la terre à nu, montrant une herbe rare et jaunie; au fond, des arbres effeuillés. Couverts de nos gros manteaux, respirant un air vivifiant, sous la brise bleuissant nos mains et nos visages, nous marchons allègrement; Tillusion était complète, tous nous avons fait la même remarque : nous nous croyions transportés en Belgique, au mois de février.
» Gomme il faisait bon de vivre, comme nous nous sentions renaître, en dépit de nos fatigues, en dépit de nos privations ! »
La seconde saison des pluies a commencé le 9 septembre. D'abord quelques pluies insignifiantes précédées d*orages. Pendant le premier mois, les jours pluvieux furent plus rares que les jours de beau temps. Ce n*est que vers la mi- octobre que Teau 8*est mise à tomber avec abondance. En 129 jours, c'est-à-dire jusqu au moment de mon arrivée à Pania-Matumbo, le IS janvier, j'ai observé 57 jours pluvieux. Deux fois, j'ai constaté la grêle accompagnant les orages : la première fois, le 2S octobre 1892, à Behe, sur le Lualaba; la deuxième, au lac Musolo, le 12 novembre suivant.
Pendant cette seconde saison des pluies, les plus hautes températures observées ont été 37% le 20 octobre, à Kiamanzi, et 36® en quatre autres endroits.
La température la plus basse observée à Theure de midi a été de 25% au confluent du Lubudi, le 30 octobre.
Les températures les plus basses pendant la nuit: 13<> le 13 octobre, à Muanga; 12^' le 23 septembre, à Muchima; i^ les 1*' et 2 octobre, à Manvue; 1 1''5 le 6 octobre, à Muanga; et 1 1® le 30 septembre, à Kazembe.
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(1) Valeurs approximatlTes. (<) 7 jours de tonnerre seulement. 1 H • B. — A partir d*aTriI, les maxima et minima absolus sont les températures extrêmes rele? ées aux heures d'obsenration avec le thermomètre ordinaire. 1
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