‹ Le climat du CongoChapitre 59 sur 97 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

Nous sommes portés i croire qu'à Léopoldville les conditions d'exposition des thermomètres ont influencé les indications de ceux-ci dans un sens modérateur, et qu'en réalité l'écart thermique y est un peu plus grand que celui révélé par les observations.

Quant à la marche générale de la température en ce point, nous la retrouvons telle que la montrent les autres stations, à IVxception de la moyenne de septembre, qui dépasse la moyenne annuelle, alors que dans la plupart des stations elle reste généralement au-dessous. Ce phénomène serait-il dû à l'apparition des pluies i cette époqtie? c'est assez vraisemblable, surtout si l'on tient compte de ce que l'abaissement de température que, dans les autres postes, nous trouvons de mai à juin, est ici reporté de juin à juillet, et que précisément ce dernier mois est, avec août, celui qui offre le moins de précipitations.

Le mois le plus chaud est mars, suivi à O^'S près par avril. Le maximum secondaire, sans être très marqué, est de 26<*1, en novembre. Quant au minimum principal, il existe en juillet, et le secondaire en janvier. Cette période du minimum principal constitue pour les Européens habitant Léopoldville un véritable hiver, par la sensation de froid réellement douloureuse qu'elle amène chez ceux qui n'ont pas la précaution de se vêtir chaudement. Trois saisons sèches que nous avons passées au Congo (i), une à Boma, une en partie sur la route des Caravanes et à Léopoldville, la troisième à Léopoldville même, nous ont permis d'apprécier toute l'intensité de cette sensation pénible.

Quant aux grandes chaleurs de février à avril, elles sont tempérées par de nombreuses pluies, qui amènent une chute brusque et plus ou moins importante de la température, et par un autre fait que, à plusieurs reprises, nous trouvons signalé dans le manuscrit du D' Mcnse : • Les dernières journées étaient très chaudes, mais la brise était rafraîchissante. » Nous verrons plus loin, du reste, que, de même qu'à Kimuenza, la plus grande intensité du vent est relevée à Léopoldville à 14 heures, c'est-à-dire au moment de la plus grande chaleur.

Ces deux conditions tendent à rendre la température beaucoup plus supportable, et récart plus grand qui existe a pour effet, en admettant pour un instant que ce soit la température qu'il faille incriminer et qui soit la cause des troubles produits dans la santé des Européens, de la rendre moins pernicieuse en donnant aux nuits une fraîcheur relative qui repose l'économie et mitigé dans une forte proportion « l'effet de la continuité par laquelle la chaleur agit bien plus que par son intensité » (D' Orgeas).

Saisons.

Dans la première partie de notre rapport, nous avons envisagé les pluies au point de vue général et nous avons signalé l'irrégularité que présente le régime des saisons de Léopoldville qtii, par sa situation à 4^19' de latitude S., devrait.

b théorie de Péris (i), être rangée dans la zone équatoriale à climat diptoriqÊte^ c'est-à-dire à quatre saisons. Une fois de plus cette division toute théorique est infirmée par ce qui existe au Stanley-Pool, où les saisons commencent à se confondre et où» pendant le séjour du D' Mense, pas un seul mois ne s*est écoulé sans pluie.

Nous n*irons pas jusqu'à prétendre que Ton n*y a pas constaté de saison aèelie : celle-ci existe réellement; mais avec ce caractère, qui la rapproche déjà de la saison des moindres pluies de la région équatoriale à pluies continues, qu elle présente encore quelques pluies copieuses, occasionnellement accompagnées d*orage.

Quand commence-t-elle, quand finit-elle? En nous basant sur les relevés des quantités de pluie, sur les orages et la température, nous serions assez tentés de lui assigner comme limites le IS juin et le l*' septembre. Mais ce sont là deux dates qui n'ont rien de fixe, et Tempiétement de la saison des pluies sur la saison sèche est le fait d'un concours de causes trop peu connues encore. Le caractère spécial de notre travail ne nous permet pas de chercher à dégager ces causes ; au surplus, quelles que puissent être les dates dont nous parlons, à tous égards : hygiène, agriculture, transports, travaux, etc., le seul point qui oflre réellement de rimportance se limite au début et à la fin des pluies, et non à la saison elle-même.

« Les mois de la saison sèche ne présentent pas un caractère unique : juin est caractérisé par un ciel très couvert, ne laissant apercevoir que rarement le soleil, et encore celui-ci n*apparait qu'après 3 heures ; juillet, août et septembre sont également couverts et brumeux, mais le soleil perce plus souvent et se montre alors de il heures du matin jusqu'au coucher.

» Le vent qui règne pendant cette saison vient du SW. et est assez fort.

» Les nuits sont froides et il se dépose une abondante rosée. Souvent le matin, vers 6 heures, il existe un brouillard très intense, mais qui se dissipe généralement après une demi-heure (2). »

En ce qui concerne la saison des pluies, « nulle part l'irruption de la pluie n'est aussi brusque que vers le littoral, par exemple à Vivi. En général, au Stanley-Pool, la transition entre la saison sèche et la saison pluvieuse se produit plus insensiblement qu'à la côte (s). »

Les pluies augmentent lentement en nombre et en intensité, et novembre, mars et avril sont les mois des plus grandes précipitations. En décembre, parfois en janvier et même en février, arrive un ralentissement, une diminution dlntensité, auxquels on donne souvent le nom de « petite saison sèche ». Nous ne reviendrons plus sur la valeur de cette appellation erronée.

La caractérisiique de la saison des pluies au Stanley-Pool réside surtout dans le nombre élevé de jours de pluie, et dans le nombre très grand d'orages et

(1) Péris, Étude sur les climats équaloriaux en général, (Archives dk mémcinb navale, 1879, p. 5â5.) (i) Lieutenant Liebrechts, Léopoldville. (Bullbt. Soc. royale belge de géographie, 1889, p. 511.)

(s) D' MCNSR.

de manirestations électriques en général, ainsi qu1l ressort do lableaii-résuné que nous donnons plus loin.

Ces ploies ne soot pas tonjoors très copieuses ni de longue durée, mais il y a de nombreux joors où il pleut à plusieurs reprises, et presque toutes les/ortes précipitations sont accompagnées d'orage ou tout au moins de tonnerre.

Les tornades sont plus rares qu*à Vivi, mais elles prennent ici un caractère tout spécial d'intensité, et les coups de vent accomplissent parfois un vrai mouvement de giration. Cest ainsi qu'en avril 1891 nous eûmes (i) à subir à Léopoldville une tornade qui ravagea la station; deux habitations d'Européens, une série de cases de noirs et une quantité de bananiers furent renversés dans des directions tout à fait opposées, vers tous les points de l'horizon. Nous pensons que le demi-cercle de montagnes qui entourent la station n'est pas étranger à cette intensité particulière des coups de venl.

De même que les pluies, les orages se montrent dans l'après-midi, et surtout à la soirée et dans la première partie de la nuit. A ce point de vue, on peut regretter que le pluviomètre n'ait pas été relevé plusieurs fois par jour.

Le nombre de jours de pluie atteint le chiffre énorme de iS7, dans lequel on compte 49 jours où Ton a récolté moins de 3""" d'eau. Le mois d'avril donne un maximum de 21 jours, avec 1S jours de 3"" ou plus. Quant au mois de décembre, où Ton remarque une diminution, il donne encore 121"'"'2 en 10 jours, soit, à 9°"" près, autant qu'octobre en 17 jours. Avril a le maximum de précipitation avec 26S'""'8.

La plus forte pluie en vingt-quatre heures n'a pas dépassé 62'"'". Cette hauteur a été aueinte une fois en mars, le 7, par une pluie de nuit; une fois en avril, le 36, de IVtë'^ à SI*" (par tme pluie avec tonnerre); une fois en novembre, le 3 (pluie et orage de nuit durant jusqu'à 9 heures).

En juin deux fortes pluies, dont une accompagnée d'orage, la seconde de tonnerre, sont évaluées par le D' Nense à 40"" environ.

La hauteur totale de la précipitation annuelle est voisine de IKOO"""".

Nébulosité.

La nébulosité ne diffère pas sensiblement de celle des stations du bas Congo en général; le jour se lève sous un ciel couvert ou fortement nuageux, dont le voile se dissipe dans. la matinée; puis il se couvre de nouveau partiellement à la soirée, pour se dégager line heure oti deux après la tombée de la nuit.

En saison des pluies,, cet éclaircissement de la matinée est manifeste, mais, vers 14 ou 1 S heufes, parfois ayant, de gros niiages viennent à nouveau augmenter le degré de nébulosité. Les pluies qui tombent l'après-midi ont pour effet de dégager le ciel.

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