NOHBBE DE JOURS DE
Tonnerre
ou
orage.
Pluie.
VenlW.
Vent E.
à SE.
Venl altematifement E.elW.
Avantmidi SE.,
aprèsmidi W.
Vent injgalier.
AoùliSaS
Septembre
Octobre
Novembre
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Année. •
iS
id
9 En septembre i882, la chaleur était insupportable; pendant les premiers jours, le vent était changeant; il y eut peu de tendance à Forage. Les orages devinrent plus fréquents pendant la seconde décade; pendant la troisième, la sécheresse fut grande, et le vent constamment è TW. Les pluies furent rares et toujours accompagnées d'orage.
» Les phénomènes électriques devinrent encore plus fréquents au mois d^octobre; mais il n*y eut pas de pluie abondante avant le 22. Dans la nuit qui suivit ce jour-là, une pluie fine et persistante tomba, sans orage, et fut très salutaire à la végétation ; c'est pourquoi la population la célébra par des danses. Pendant la troisième décade, les matinées furent généralement U-istes et brumeuses; un vent d'W. soufflait pendant le jour, et l'après-midi on entendait régulièrement le tonnerre.
» Le mois de novembre fut riche en pluies et en orages; le vent changea souvent de direction. Les dix premiers jours de décembre furent secs, excepté le
premier; ce jour-là il tomba une forte pluie, sans décharge d'électricité; Pogge crut que la petite période de sécheresse avait commencé; mais le restant du mois amena beaucoup de pluie et beaucoup d'orages.
» Les deux mois de janvier et de février furent plus secs et plus pauvres en orages, surtout ce dernier, qui fut appelé par Pogge un mois agréable, pas brûlant et peu pluvieux. Le voyageur fait remarquer que les mois de la fin de la période de grande sécheresse et du commencement de la période des pluies, donc les mois d'août, de septembre et d'octobre, furent très chauds et très désagréables, et que, sous ce rapport, la température de janvier et de février se comporta bien mieux.
» Pendant la troisième décade de février, il y eut des périodes constantes de vent d'E., et plusieurs jours de pluies générales, qui durèrent longtemps.
» La sécheresse relative continua jusqu'au 17 mars, et jusqu'au 2t les orages observés ne furent pas violents. Mais la fin du mois fut humide et orageuse. Entretemps, les nuits étaient devenues plus fraîches que pendant les mois précédents, et la rosée tomba plus abondante qu'auparavant.
> Le mois d'avril fut très nuageux, étouffant et très humide. Les nuages furent nombreux et le vent violent. Le 10 mars, on aperçut le premier brouillard sec, et le 22, on vit les premiers incendies d'herbes.
> Le mois de mai, jusqu'au 23 inclusivement, fut entièrement sec; le 4 et le 19 seulement, quelques gouttes de pluie tombèrent, et l'on entendit un peu de tonnerre. Avant midi, un vent frais, quelquefois même violent, soufilail du SE.; après midi, ou après le coucher du soleil, il tournait à l'W., ou tombait au calme. Pendant le jour, le ciel était trouble, à cause des nombreux incendies d'herbes; les soirées éuiient fraîches, les nuits presque toujours claires.
» Les cirrhus étaient très fréquents. Du 24 au 29 mai, il y eut une période de pluies et d'orages.
• Tout le mois de juin fut semblable à la première partie de mai. Ce fui le seul mois où l'on n'observa ni pluie ni orage. Ce fut un véritable temps de cacimbOf avec un vent SË.-W. qui, pendant la dernière décade, tournait le soir à rW. et au NW. Les incendies d^herbes furent nombreux.
» Ce temps se maintint jusqu'au 7 juillet; alors éclata le premier orage, amenant la première pluie. Le temps devint remarquablement plus chaud pendant la seconde décade, il sembla même plus chaud à Pogge que pendant la saison des pluies, surtout le soir. Le 18, il y eut de nouveau un orage, accompagné d'une forte pluie. Le vent fut irrégulier pendant la seconde moitié du mois, tantôt au SE., tantôt à rW.
» Au mois d'août 1883, le temps était nuageux, pauvre en pluie; le vent était k l'W., excepté pendant les orages. Dans la première moitié du mois, ceux-ci n'étaient que faibles; la dernière décade seulement amena quelques fortes pluies d*orage«
> Au mois de septembre, les pluies d'orage furent plus abondantes; avant midi le temps était souvent couvert, le vent généralement à l'W.
» A Mukenghe, les orages arrivent en grande majorité de TE., et le vent souffle toujours du centre de Torage. Lorsque celui-ci passe d'un côté du ciel à un autre, le vent tourne du côté correspondant. Très souvent, dans ces occasions, le vent devient si violent, qu*il occasionne des dommages considérables aux champs de mais, de tabac et de millet, ainsi qu*aux bananiers; c*est ce qui arriva particulièrement en avril et en mai 1883.
» Les vents dominants de toute Tannée sont les vents d* W.; les vents secs et persistants du SE. (vents alizés) ne soufflent réellement quVn mai, juin et au commencement de juillet. Pendant le reste de Tannée, les vents d'E. ne sont que des vents d*orage, peu persistants et amenant principalement la pluie. Les orages et les pluies venant de TW. sont très rares ; cependant il tombe parfois une légère bruine, aussi souvent par un vent d*W. que par un vent d'E. Lorsque pendant la saison des pluies le vent d*W. souffle avec persistance, il en résulte une période de sécheresse, c*est-à-dire de manque de pluie.
> Le soir du 8 mars i883 (i), à 9 heures, il y eut k Mukenghe un tremblement de terre très appréciable.
9 On sait que de vifs crépuscules furent observés sur toute Tétendue de la Terre pendant la seconde moitié de Tannée 1883; il est intéressant de faire remarquer à ce propos que Pogge ne signale qu'une seule fois ce phénomène, et cela précisément dans la période critique, le soir du 98 août 1883; il en parle comme d*un magnifique et grandiose crépuscule jaune et rouge.
» Cest un fait incontesté que, pendant la saison des pluies, dans Tinlérieur de TAfrique occidentale, les pluies abondantes ne font jamais défaut (s)- L'interprète Bizera, qui a passé à peu près toute sa vie à Lunda^ Kioko et ici, et d'après les dires duquel je relate beaucoup de choses, ne se rappelle pas avoir vu un manque de pluie dans ces pays, mais il sait très bien quelles conséquences désastreuses la sécheresse a souvent eues pour les moissons dans le Cassange et le Malange.
> Ici le climat est réellement sain, et je puis assurer que pendant une période de deux ans que j*ai passés dans la région à Touest du Kasaï, je ne me suis senti indisposé qu'une seule fois, et cela dans le Nyangwe^ qui, d'après mon expérience personnelle, est Tendroit le moins salubre de Tintérieur du continent. Il fait certainement chaud, car le thermomètre marque d'une manière assez constante, le matin, au lever du soleil, de 19 à ^l""; à midi, de 27 à 30<^; i 2 heures, de 29 à 32''; et le soir, au coucher du soleil, de 21 à 25^ Mais le temps
(i) Noas devons rappeler que dès le conimencemeDt de leur expédition, Pogge et Wissmann se sont trompés sur les daies : eu arrivant à Tabora, Wissmann se Irouva être en arrière d*an Jour, et Pogge marque le 28 juillet comme étant un dimanche; or c'était an vendredi.
(i) P. PoGGB, Rapport concernant la station de Mukenghe, dans Mithiil. Afrik. Gesells., 1884, pp. 194 à 196.
est agréablement rafraîchi, pendant la saison des pluies, par de légères brises d*W., et, pendant la période de sécheresse, par de forts vents d*E.
> La saison des pluies a duré cette année-ci jusqu'au commencement de juin. Alors commença la période de sécheresse; elle dura jusqu'au milieu de juillet. Pendant cette dernière période de sécheresse, des vents de la région £. soufflèrent sans relAche, et assez régulièrement du SE. Entretemps le tbermomèure ne descendit que très peu; le matin, au lever du soleil, il marquait 18 i 20^; à midi, 26 à 28^ à 2 heures, 28 à 30*; et le soir, au coucher du soleil, 21 à 23*.
» Le matin, je n'ai pas toujours régulièrement observé; quelquefois seulement j'ai trouvé la colonne de mercure au-dessus de 18®; la température exacte ne peut donc pas être déterminée; cependant, d'après mon appréciation, la température n'est jamais descendue au-dessous de 16*.
• Vers la fin de mai, le vent sauta à l'E. pendant la moitié de la journée, et repassa à l'W. pendant l'autre.
» Dès le commencement de juin, il se maintint à l'E., et soufiSa de cette direction jusqu'au milieu de juillet; la plupart du temps, le ciel était clair, d'un bleu grisAtre et vaporeux ; un cercle de vapeur è l'horizon m'empêchait souvent de voir aussi loin que d'ordinaire.
» Au milieu du mois de juin le vent tourna un moment à l'W., puis revint i l'E.; le ciel devint plus nuageux, le tonnerre se fil entendre à l'orient. Les premières pluies d'orage vinrent ensuite, et le venl se maintint à l'W. Les pluies sont amenées par tous les vents et accompagnent toujours des orages, mais le plus souvent elles viennent de la direction E. et le plus rarement de l'W.
" Souvent la pluie est amenée par une tempête violente, qui ne dure généralement que dix è quinze minutes. Les fortes pluies battantes ne sont pas non plus de longue durée; mais à une pluie battante de quinze à trente minutes succède ime pluie douce et régulière, qui dure souvent plusieurs heures. Une fois l'orage passé, le venl retourne régulièrement à l'W. L'abaissement de température produit par l'orage est très variable; souvent la chute thermométrique aueint de 10 à 12*.
» Les orages donnent lieu fréquemment à des éclairs terribles et à des coups de tonnerre violents, mais ils semblent moins dangereux que dans nos pays d'Europe. J'ai rarement entendu parler ici de malheurs causés par la foudre. Je n'ai jamais vu de grêle. >
N'DBKBSSB.
Latitude, 3* 17' S.; longitude, 20* 15'; altitude» 350 mètres.
Station du district du lac Léopold II, fondée en 1896, sur la Lukenie, à la rive, sur le versant d'une colline, en pays de plaines, forêts et savanes, sur sol sablonneux.
Le climat de cette station doit se rapprocher de celui de Lussambo. On signale ici des pluies persistant souvent pendant toute une journée, avec de rares éclaircies vers midi; ces pluies sont rarement torrentielles, et, lorsqu'elles le deviennnent, elles durent peu, mais la journée reste pluvieuse.
Il y a beaucoup d'orages lointains; très peu cependant éclatent au-dessus de la station.
Les tornades sont violentes, mais sans pluie.
Des brouillards s'observent tous les jours en saison sèche.
La rosée est abondante et fréquente.
Les vents d'orage et les tornades arrivant du NE., mais les vents dominants sont du NNW. Ils sont généralement peu intenses, avec tendance à augmenter vers le milieu du jour.
N'DEMBO.
Latitude, e^" 5' S. ; longitude, 18* 38'; altitude, 650 mètres.
Mission de la Compagnie de Jésus, installée dans le district du Stanley-Pool, à TE. de Kisantu, aux environs de la ligne de partage des eaux du bassin de rinkisi et de la Zelai.
Le pays est très accidenté et couvert de forêts.
Nous devons à Tobligeance du R. P. De Hert le relevé de trois mois d'observations, dont nous donnons ci-après le résumé :
Température.
Octobre. Novembre (i). Décembre (t).
Maximum moyen d0e4 98o9 39e6
Minimum moyen . 18,9 48>4 18,3
Moyenne Ufi 23,6 23^9
Variation moyenne 11,IS 10,5 11,3
Maximum absolu '. . 33,5 31,7 31,2
Minimum absolu 16,5 16^ 163
Variation absolue 17,0 14,9 14,4
Pins petit maximum 26,8 21,9 26,3
Plus baui minimum 20,1 20,4 19,6
Nombre de jours à maxiui. de «iO» ou plus. 20 9 13
Nombre de jours à minim. de 20o ou plus .6 1 0
Eau tœnbée,
ma. mm. mm.
Hauteur totale de pluie 151,1 290,5 459,4
Maximum en un jour 31,5 64,8 139,5
Nombre de jours de pluie 11 16 12
(i) Pour 23 jours d'observations de température. (i) Pour 20 jours d*observ»tioiis.
ITGUPURU.
Latitude, 4*50' N.; longitude, 23*53'; altitude, 480 mètres. Poste situé sur la rive gauche du M'Bomu, en pays peu accidenté, couvert de brousse et de forêts.
Températnre. — Elle ne parait pas s*écar(er de celle relevée dans les autres stations; elle a cependant une tendance à se maintenir un peu au-dessus de la moyenne générale, et è se montrer irrégulière dans ses périodes de hausse et de baisse. L'année 1897 donne des températures plus élevées que cellos de 1896, au moins d après ce que nous montrent les mois d'avril et de mai.
laSS. 1897.
Avril.
Mai.
Arril.
Mfti.
Moyenne à 6 h.. . .
Moyenne à 44 h.. . .
Moyenne à 90 h.. . .
20oO 31,5 22,2
Moyenne diurne . . ,
Cette augmenuition proviendrait donc, non de la plus forte chaleur à 14 heures, mais bien d*une élévation se produisant aux extrêmes de la journée, réduisant ainsi à un minimum la variation diurne.
Ici, la période de plus haute température coïncide avec Tépoque de sécheresse relative, de décembre à mars, période qui serait immédiatement suivie d'une baisse asseï nuirquée : mars, iS^S; avril, ^T^"?.
La plus haute température relevée à 14 heures est 3S<», et la plus basse le matin, 17^
Le jour le plus chaud accuse une moyenne de SI"" 3, en mars 1897, tandis que le moins chaud donne seulement 21* 3, en août 1896.
PUêiei. — Cette station appartient encore, malgré sa latitude assez élevée, à la région des pluies continues, où Ton ne trouve qu*une rémission de courte durée, affectant principalement le mois de janvier, qui comprend parfois trois ou quatre semaines exemptes de toute précipitation (i). Décembre d*un côté, janvier eC février de Tautre, qui forment en quelque sorte les mois de transition, ont déjà reapectivement huit, un et sept jours de pluie, et la gradation ainsi commencée arrive à donner plus de vingt jours de pluie i certains mois : notamment à Juin 1897, qui accuse vingt- trois jours de précipiUition, et i août 1896, qui en fournit vingt et un. Aussi, onze mois d'observations (juillet, qui manque, est un mois de fortes pluies) donnent-ils cent vingt-huit jours.
Cette particularité de Tannée entièrement pluvieuse en un point situé à près de S* de réquateur, constitue un phénomène digne d'attirer l'attention dos météorologistes. Faut-il y voir Tinfirmation de la théorie de Tanneau équatorial des nuages,
(i) « Du 13 novembre, à Baso, Jusqu'au 2 mars, i Kuria, je u'ai pas va une goutte de pluie. • (Steoobaxt, UUrt* sur l'Ubanghi , dans le Mouvement g^ooraphique, 1806, d* 20, col. 24Ô.)
ou la grande proportion de pluies provenant de la rechute directe du produit de révaporation, entretenue à son maximum par la présence de la grande forêt? Et encore, si nous nous en tenons aux limites que M. A.-J. Wauters donne à cetle tatti du centre africain, N*Gufuru serait à la limite NW.; il ne participerait donc à Ift rediiile que grAcc à la prédominance des vents d*ESE. et de S. Les pluies am une fréquence marquée pendant la nuit et à la soirée.
Les orages sont noaukreux; leur fréquence suit celle des pluies. Us sont souvent très violents et acrowptguéa de manifestations électriques intenses; les éclairs en particulier se répètent emip mt coup et sont presque ininterrompus. Souvent aussi les orages sont accompagnés de tmmades.
Les brouillards sont très fréquents en toute saisQa, et leur intensité est en général assez forte; ils se lèvent avec le soleil et se dissipent entre 8 et 9 heures, trè« rarement après.
Nous ajouterons aux renseignements qui précèdent les considérations sun qui ont trait au Sultanat de Bangaso, c'est-à-dire à la contrée qui se trovve sur la rive droite du M'Bomu :
« Le sol est généralement argileux. Toutefois, il est sablonneux aux environs de Kuru. Dans la zone Bakuma, Baso, State, le sol est semé de fragments de roches et de cailloux ferrugineux.
» La température maximum varie entre 38<^ et 41 ^ Elle présente peu de variations horaires dans In journée, mais dès le déclin du jour la température baisse assez sensiblement jusqu'au lever du soleil.
» L*air est généralement pur. Le matin, le soir, la nuit, il y a beaucoup d'humidité dans Tatmosphère. Pendant la saison sèche, il règne parfois un brouillard fort épais le matin.
» L'année se divise en deux saisons : la saison des pluies, qui commence vers la fin de mai pour finir vers le IS novembre, et la saison sèche. La transition entre ces deux périodes se fait assez brusquement. Pendant la saison des pluies, de violentes tornades éclatent presque chaque jour dans toutes les directions.
» Les nuages, rares pendant la saison sèche, sont généralement bas. Les vents sont toujours frais et chargés d'humidité. Leur force considérable brise les arbres les plus résistants. Les arcs-en-ciel se voient rarement. Le crépuscule et l'aurore ne durent que huit à dix minutes.
» Pendant la saison des pluies, le courant des eaux est très violent. Il y a un étiage de quatre à cinq mètres, souvent plus. Pour donner une idée de la force du courant, il suffira de dire qu'au mois de juin une pirogue met huit jours pour faire le trajet de Bangaso à Baso sur le haut Bali, et quatre jours pour en revenir, tandis qu'au mois de septembre, il en faut vingt-trois pour aller et un seul pour revenir (i). »
(i) Lieutenaut Lalisux, Le sultanat de Bangasso (Mouvement ctiocBAPaïQUE, 1896, n* 7, col. 79-80.)
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