‹ Le climat du CongoChapitre 91 sur 97 · TENANT DE · texte numérisé non relu

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Vivi et Matadi sont les deux stations les mieux situées pour juger des changements périodiques du niveau du Congo : le fleuve coule là entre deux murailles de roche sans trouver la moindre plaine pour y écouler son trop- plein et rendre moins sensibles ses mouvements; au contraire, son lit y est rétréci è une largeur de 1000 mètres environ, ses rives y sont Uiillées è pic et le moindre changement, à peine appréciable dans les parties élargies de son cours, se traduit ici dans une proportion très marquée.

On peut regretter que Texemple de von Danckelman n*ait pas été suivi; les observations du niveau d'un cours d*eau sont à la portée de tout le monde et ne demandent qu'une simple échelle graduée et... la volonté de les faire. Espérons que cette lacune sera bientôt comblée et qu'au lieu d'en être réduit è chercher quels sont U*s caractères des changements de niveau du Congo, nous pourrons donner le diagramme complot des fluctuations du grand fleuve africain.

De mai 188i à mai 1883, von Danckelman releva les modiGcations suivantes : Dans la première décade de mai, le fleuve se mit i baisser jusqu'aux premiers

jours de juin, puis il resta stationnaire jusqu^au 8 juillet; il remonta ensuite un peu du 8 au IS juillet pour baisser de 75 centimëlres du 16 au 31. Le 1^ août il se releva r(^gulièrement ju$qu*au S décembre, dans les condiiions suivantes : Du 1*^ nu 22 août, il gagna 75 centimètres; du 11 au 24 septembre, la crue fut très rapide; le 19 octobre le fleuve était à 3 mètres au-dessus de son étiage. Eo novembre, la crue continua, et les eaux furent à leur niveau maximum le S décembre; elles s*y maintinrent jusqu*au 15.

Le 16 décembre commença une baisse légère, qui s*accentua en janvier au point que le niveau était, le 31, de2"'25 plus bas que le 1*'; la baisse continua jusqu*au 15 février, puis les eaux restèrent très basses jusqu'au 20 mars, date à laquelle le fleuve recommença son ascension, pour arriver le 21 avril i plus de 3 mètres au-dessus de son étiage; il ne resta guère h ce niveau, et le 11 mai la chute était déjà bien accentuée.

Le Congo présente donc deux crues bien marquées, qui sont sous Tinfluence : celle du commencement de Tannée, de Tapporl exclusif des affluents de gauche en même temps que du Lualaba et du Luapula; celle du deuxième semestre, de rapport des affluents de droite, pour être continuée en novembre par Tintervention des rivières de Thémisphère S.

Siy maintenant que nous avons passé en revue bon nombre de stations (i) pour lesquelles nous avons des relevés pluviométriques qui permettent de caractériser la saison des pluies dans les deux hémisphères, nous voulons tenir compte de Tirrégularité que présentent parfois deux saisons consécutives, nous en conclurons qu'il n*est guère possible de donner une grande fixité aux époques des changements de niveau, pas pins qu aux limites dans lesquelles ceux-ci oscillent.

La baisse qui se produit en janvier doit être régulière et se continuer tout le mois : cela résulte du ralentissement que. les pluies subissent généralement à cette époque; en janvier 1890, le D' Dupont signale cependant que le fleuve se miti monter dans la deuxième quinzaine du mois.

En février les pluies sont moins régulières et parfois moins fortes qu'en janvier; aussi trouvons-nous moins de régularité dans les changements de niveau des eaux. La baisse se continue parfois pendant tout le mois, mais d'autres années accusent une crue assez rapide dans la deuxième décade.

En mars, les pluies sont fortes et nombreuses, le fleuve monte alors rapidement, et atteint parfois, mais rarement, son niveau le plus élevé, comme il arrive aussi qu'il ne commence son ascension que dans la dernière décade.

En avril, c'est l'époque des fortes crues et du niveau maximum.

En mai, les pluies diminuent dans Thémisphère S. et cependant on signale en 1891, à Équateurville, que la hausse s'y continua jusque dans les premiers jours de juin.

Pendant le premier de ces mois, les affluents du N. commencent déjà è apporter

(i) Nous revcDons ici sur la qaeslIOD des changements de nWeaa da Congo, nn grand mmibre de documents nous étant parvenus après Timpression de la première partie de notre Rapport.

un contingent assez volumineux au grand fleuve, mais la chute des tributaires du S. étant alors très brusque, cVst leur mouvement qui remporte, et Ton peut dire, d*une façon générale, que rabaissement du niveau commence dans la première quinzaine de mai.

En juin, les affluents de gauche sont è leur ëtiage et ceux de droite ne sont guère plus volumineux qu*en mai; il en résulte que le fleuve reste généralement stationnaire, è un niveau bas qui est Tétiage, ou monte un peu dans les derniers jours.

En juillet débute parfois une petite crue, mais elle disparait rapidement; nous avons vu en eflet que dans Thémisphère M. les pluies subissaient un ralentissement assez régulier, mais il faut arriver aux derniers jours du mois ou dans la première décade d août pour voir se caractériser la crue due aux affluents de droite.

En septembre et en octobre, Tascension s*accentue et s'accélère.

En novembre, Tapport des affluents de Thémisphère S. devient très important; il empêche le fleuve de se ressentir de la chute très brusque qui se manifeste généralement, dans la première décade, chez TUbanghi, et la crue que les affluents du N. avaient provoquée en août se continue. Cependant il arrive que les fortes pluies sont un peu retardées, que novembre est peu pluvieux ou que la première partie de la saison pluvieuse est pauvre en précipitations; dans le premier cas, il y a une chute momentanée en novembre et le fleuve remonte en décembre, dans le second la baisse se poursuit en décembre et le fleuve, dans les derniers jours de Tannée, atteint un niveau très bas.

En général cependant, les premiers jours de décembre accusent un niveau très élevé et dans la seconde quinzaine il s^aflaisse lentement.

La crue la plus forte est celle d avril, due aux affluents du S., dont le bassin couvre une aire presque double de celle des rivières de droite. L^étiage suit cette crue et se montre généralement en juin.

Tels sont, à ce jour, d*après les renseignements que nous possédons, les mouvements que Ton peut attribuer au niveau du Congo, en aval de Vivi. Il est bien certain que ces mouvements doivent être modifiés légèrement pour les stations du haut fliuve, comme Basoko ou Liranga, situées à Tembouchure des deux grands affluents de droite, de même que pour Isanghi et Kwamouth, qui sont au confluent des grands tributaires de Tliémisphère S.

N. B. — Dans les tableaaz qal saiveot, les moyennes on les totaux annuels sont relatifs à la période mai iSëS-aTril 1883.

Rémmi des observations nUtéarologiqum

MOIS

PRESSION ATMOSPHÉRIQDE.

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Août . .

Septembre Octobre. .

NoTeonbre.

Décembre.

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Avril .

Mai. .

Juin (i).

Juillet.

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(1) Noyennea de 33 ou de 24 joara.

bites à Vwi par A. von Danckelman.

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