CHLORURE DE SODIUM
Longtemps, on a cru que l’air marin renfermait, en suspension, une forte quantité de sel. On trouve cette idée encore exprimée, dans des ouvrages remontant à moins d’une cinquantaine d'années, à peu près sous la forme suivante :
« Si l’on se promène pendant quelque temps sur le rivage et que l’on passe la langue sur les lèvres, on éprouve une sensation spéciale due à des particules salines qui se sont déposées sur la muqueuse labiale ».
A l'heure actuelle, à la suite des observations faites
par différents auteurs, il semble que, sur ce point, on
ATV
puisse considérer comme plus exactes les données suivantes :
Le chlorure de sodium n’existerait jamais dans l’air marin aux quantités fortes que l’on pensait; directement conditionnée par le vent et l’état d’agitation des vagues, sa proportion serait, de ce fait, assez variable &ans l’air d’un même estran — et très différente selon les littoraux — ce n’est pas, en suspension dans Pair, qu’il se rencontrerait.
La quantité de sel dans l'air marin ne dépasserait guère, en effet, 15 mgr. par m° d’air. Armand Gauthier l'y a trouvé à la dose de 5 à 15 mgr., seulement, par m°.
À la suite d'expériences minutieuses à Middelkerke, sur ce sujet, Casse conclut à peu près de la façon suivante : pour que l’air marin contienne du sel, une première condition est nécessaire : c’est que la mer soit agitée et que les vagues se brisent.
« L’eau de mer qui s’évapore sans agitation retient toutes les matières fixées et, par conséquent, le, chlorure de sodium. C’est tout simplement de la vapeur d’eau pure qui s’est échappée comme dans le phénomène le plus élémentaire de la distillation.
« Quand donc la mer est calme, sans vagues, la vapeur d’eau qu’elle émet dans l’atmosphère est vierge de corps solides et, par conséquent, de sel marin ».
Selon lui, en efft, c’est l’eau de mer pulvérisée par le brisement des vagues et contenant du sel en solution qui, entraînée par les vents — seconde con-
dition — confère à lair du littoral une certaine teneur