PAU
en chlorure de sodium. C’est là un fait constant dans les mers à marées.
Sur le Détroit, en particulier, l’agitation est à peu près continuelle, les tempêtes fréquentes — par suite du choc des vagues entre elles, aussi bien que sur le rivage, l’eau de mer, finement pulvérisée, à l’état vésiculaire, constitue lembrun salé, poussé par les vents.
Ainsi, à l’estran de Calais, l'air contiendrait du chlorure de sodium à la dose moyenne de 8 mgr. 5 environ, par m° d’air; quantité assez variable, d’ailleurs, elle serait plus forte par vents du N. O0. — N. — N. E., ayant passé directement sur les vagues; moins élevée lorsque, soufflant du Sud-Ouest, ils arrivent parallèlement à la côte.
Les deux conditions auxquelles nous faisions allusion précédemment : mouvement de la mer, vents. expliquent, semble-t-il, les différences très -appréciables que présente la teneur en sel de l'air marin,
selon les littoraux.
Ainsi, cette teneur serait maxima, de façon permanente, dans l'air du littoral de l'Océan (près de 20 mgr. par m') (Bretagne — Biarritz) (Vagues fortes se brisant contre les rochers —— Vents habituels d’ouest ayant passé sur les flots).
Au contraire, l’air de la Méditerranée, mer calme, sans marées, ne renfermerait que des quantités infimes de chlorure de sodium.
Jusqu'à quelle distance du flot Fair contiendrait-il
du sel marin, en solution ? Certains auteurs, dont
Der FAR
Claisse, admettent que l’embrun en porterait jusqu’à 500 mètres du rivage, Casse, qui a analysé le NaCI déposé sur les oyats des dunes voisines, ne pense pas qu’il soit transporté .« à plus de 70 mètres, 100 mètres au maximum ». La force des vents, très probablement, modifiant un peu les distances de propagation. C’est dire, en tout cas, que lair de 12 côte ne contient guère de sel marin que sur la largeur de l’estran.
Signalons qu’il renfermerait encore des bromures alcalins, en très petites quantités.
* De même que pour l’état bactériologique de l'air, sa teneur en ozone, c’est un nouvel élément, vis-à-vis duquel le climat, à la plage, est différent de celui de la plaine côtière.
Iode.
Parmi les principaux éléments chimiques contenus dans l’atmosphère de ce littoral, nous devons encore mentionner l’iode, en quantité assez importante, et paraissant exercer une certaine action physiologique.
L’air est particulièrement riche en iode, en pleine mer (pour 1.000 litres d’air, 0,0170 d’iode), ainsi qu’à la côte, bien qu’en la moindre quantité.
L'atmosphère dé cet estran en renfermerait aux environs de 0,016 pour 1.000 litres d’air; à Paris 0.0013 environ.
Armand Gauthier, pour qui liode existerait, à la
mer, en proportion 12 fois plus forte que sur le con-
HAGRES
tinent, a montré que celui-ci se trouverait dans l'air marin non pas à l’état libre, comme le pensait Chatin, mais sous forme organique, fixé sur des micro-organismes végétaux d’origine marine (algues, spongiaires, zooglées, constituant le « plankton >» de la heute-mer), transportés à grande distance par les vents.
Notons, par ailleurs, que de la silice, à l’état colloïdal, a été décelée dans lair de Berck par Robin
qui lui attribue une action reminéralisante.
IV° CONDITIONS ACTINIQUES — LUMINOSITE
Les conditions actiniques, à l’estran de Calais, sont particulièrement marquées. Si, comme nous allons le constater, songeant au « pâle soleil amical » de Taine, le nombre global annuel d'heures de plein soleil est relativement bas; si, de ce fait, la « façon » de la lumière directe n’a pas, ici, la splendeur méridionale, « éternel printemps sous un ciel toujours bleu »; par contre, la lumière diffuse et la lumière réfléchie, dont le pouvoir actinique est intense, connaissent l’une et l’autre une importance de tout premier plan.
1° Lumière directe — Soleil.
La forte nébulosité, constante, fait qu’à l’estran de Calais le nombre annuel d'heures de plein soleil n’est pas très élevé. Même pendant les mois d’été, l'insolation n’y prend pas une ampleur très marquée; c’est dire qu'ici la lumière directe n’a qu’un taux assez limité.
Ainsi, voici un tableau mettant, approximativement, en parallèle le nombre des heures de soleil sur ce littoral, celui de l’Océan, celui de la Côte d'Azur.
pre
Nombre d'heures de soleil par mois
TPS MA, MSI INA SES ROAQNED PRAHIER Littoral de Calais : 700550 MAS TN 20252 ibn, 7407: Littoral Océan : Si LS ETS NI S A 71 1686 Litt. Côte d'Azur : 164 216 278 340 215 142 2710
De cette mise en parallèle, ressortent plusieurs constatations :
1). Le nombre annuel d’heures de soleil, sur le littoral calaisien (1704), considérablement plus faible que celui de la Côte d'Azur (2710), est cependant plus élevé, d’une manière générale, que celui de l'Océan (1686).
2) Pendant la belle saison, juillet-août, où le total des heures ensoleillées passe par son maximum, celui de Calais est le plus faible (202 seulement, contre 211 à l'Océan, 340 sur la Côte d'Azur.
3. Dans ce domaine encore, le caractère d’uniformité que nous avons constaté pour les autres composantes climatiques, encore plus marqué ici qu’à l'Océan. Aïnsi :
M.A. MAO J'Ao Littoral de Calaïs : 155 487 202 Littoral Océan 2 148 475 211
À Calais, juillet ne connaît, approximativement, que 47 heures de soleil de plus que mars.
A lOcéan, environ 63 heures de soleil de plus en juillet qu’en mars,
Il résulte de ceci qu’à l’estran de Calais le taux global des radiations calorifiques est assez moyen; non pas du fait d’un manque d'intensité (les rayons so-
to Ta
laires, contrairement à ce que l’on croyait, étant presqu’aussi chauds à la mer qu’à l’altiture. Vallot a montré qu’il n’existe qu’1/4 de calorie d’écart entre 0 et 1.500 mètres). mais par suite de leur durée relativement faible.
2° Lumière diffuse.
La grande fréquence des ciels nuageux, à Calais, confère à la lumière diffuse, à l’inverse de la lumière directe, une importance caractérisée.
Les ciels couverts, en effet, s’ils arrêtent les radiations calorifiques, accroissent, au contraire, la quantité de lumière diffusée; celle-ci variant peu, par ailleurs, avec la distance du soleil au zénith, contrairement à la lumière directe.
« Les nuages et les simples brumes, s’ils diminuent la quantité de lumière directe qui arrive au rivage, augmentent au contraire, fortement, le taux de la lumière diffuse ». (G. Giraud).
Abbot estime qu’en haute-mer, la lumière diffusée apporte une quantité de radiations qui équivaut à 32 % de celle de la lumière solaire directe, alors qu’elle en contient 7,2 % à l’altitude. .
Ici, la transparence des couches supériettfres de lP’atmosphère, du fait de l’absence de poussières, de fumèes, ainsi que l’extrême rareté de brouillards opaques (Bartoli et Stracciati) favorisent la valeur de cette lumière diffuse; elle atteindrait environ 20 %
de celle des rayons directs.
NE
Cette très grande importance, quantitativement, de la lumière diffusée — dans laquelle, d'autre part, les rayons bleus, violets, ultra-violets, sont plus nombreux que dans la lumière directe — constitue, ici, un premier facteur dans la richesse actinique de l’atmosphère marine, sur cet estran.
(L'apparition, assez fréquente, d’érythèmes solaires, même par temps couvert, est un test de la grande ac-
tivité actinique des ciels nuageux).
3° Lumière réfléchie.
Il semble que les conditions actiniques, très marquées, sur cet estran (richesse en radiations ultraviolettes, surtout) soient attribuables à la lumière réfléchie, plus encore qu’à la lumière diffuse.
« Reverbération » intense, en effet, sur toute la surface marine, ainsi que sur le sable mouillé de la plage, constituant comme deux larges miroirs.
Hall a bien montré qu’au cours de cette réflexion, un certain « triage » des radiations se produirait : les rayons infrarouges et rouges seraient absorbés par la mer dans une proportion assez forte; au contraire, la plus grande partie des rayons jaunes, bleus, violets, ultra-violets, serait réfléchie.
(Pour Tyndall, les molécules de vapeur d’eau contenues dans l’atmosphère, avant leur concrétisation en nuages, Joueraient également un rôle réflecteur, surtout à l’égard des rayons bleus).
Cette prépondérance, ici, des lumières diffuse et
ne
réfléchie y explique l’abondance des radiations chimiques, ultra-violettes en particulier. L’abondance de celles-ci est d'autant plus marquée que l’atmosphère, ainsi que nous l'avons noté précédemment, est à peu près exempte de poussières et de microbes qui, en effet, les absorbent.
D. Berthelot a constaté, d’autre part, que la quanüté en ultra-violets était favorisée par l’uniformité des conditions météorologiques.
Une cause importante intervient encore ici, qui tend à ne pas diminuer cette abondance d’ultra-violets c’est l’absence ou à peu près, de végétation, quelque paradoxal que ceci paraisse.
Duclaux a, en effet, montré que « la richesse en pouvoir actinique sur le littoral est d'autant plus importante qu’y est rare la présence de germes et de végétation, c’est-à-dire des matières organiques oxydables attirant et absorbant la plus grande partie des rayons ultra-violets ».
Appartenant, de ce fait, à la catégorie des « plages ues » dont celle de Berck est le type, la plage de Calais et de celles où le « climat chimique » (Fonssagrives) atteint une intensité très accusée.
Toutes ces données, immense étendue de ciel visible, très grande pureté atmosphérique, richesse en radiations actiniques, expliquent que la plage de Ca- Jais connaisse, malgré le nombre des heures de plein soleil, au total, assez limité, une luminosité constamment très forte, devenant intense en Juillet-Août (les
lignes se détachent alors de façon vive, très contra:-
LEA Re
tée). (En photo, la nécessité d’un temps de pose extrémement court, mêine par temps gris, en hiver, atteste cette forte luminosité).
Les étoffes s’y décolorent, s’y « mangent ». Les fleurs acquièrent un coloris en relation avec les radiations actiniques reçues.
« On a souvent voulu comparer l’héliothérapie d’altitude et l’héliothérapie marine. Il semble que le pouvoir actinique solaire s'exerce au maximum à la
mer ». (Barbier).
ESQUISSE THALASSOLOGIQUE
En surface, la température moyenne de la mer, sur le rivage de Calais, naturellement moins élevée que celle de la Méditerranée, est plus basse que celle de l'Océan. |
«< Mer froide > même pendant les mois d’été, elle ne dépasse guère 20°, variant approximativement de 15° à 20°; celle de l’Atlantique de 17° à 24°; celle de la Méditerranée de 18° à 28° (se maintenant encore aux environs de 17°, en Mai et Novembre).
I exïisterait une différence atteignant jusqu’à 5° et 6°, entre la température de Peau à marée haute et à marée basse, où elle serait la plus faible (Buchan). Marées habituellement fortes; le plus souvent agitée, houleuse; vaguës côtières et lames.
« Eau chlorurée sodique forte, mais, dans sa composition complexe, reproduisant l’image du milieu vital des animaux du type le plus élevé ». (Baudouin- Hallion). En l'absence de voisinage immédiat d’estuaires, sa salinité totale serait d'environ 35 grammes par litre (dont 25 gr. de chlorure de sodium); celle
de la Méditerranée de 38 gr. environ (dont 29 gr. de NaCl), celle de l’Atlantique de 36 gr. à peu près.
La majeure partie des substances dissoutes serait constituée par le sodium et le chlore : 54 % de chlore, 30 %, de sodium, puis, soufre (7 % — en sulfates, surtout).
Magnésium (3,5 %) — Potassium (2 %) — Calcium (92720
Corps rares dosés : 2 % (Iode (composés organiques iodés), brome, bore, silicium, phosphore, fluor).
Presque tous les métaux (fer, manganèse, cuivre, nickel, argent, strontium, baryum, etc.) y existeraient à l’état de traces. (Quinton).
Ici, la densité de l’eau de mer serait de 1027 environ.