‹ Le Climat Marin De Calais: Ses Indications ThérapeutiquesChapitre 23 sur 33 · HAINS DE MER — MODE D'ACTION · texte numérisé non relu

HAINS DE MER — MODE D'ACTION

A l’estran de Calais, divers éléments d’inégale importance confèrent au bain de mer un certain nombre d’effets physiologiques ainsi que des possibilités éventuelles de traitement :

D'abord, la basse température habituelle du bain — de 15° à 20° au maximum — occasionnant, chez le sujet immergé, les réactions biologiques du « bain froid » (dont le caractère favorable vient, tout dernièrement encore, d’être discuté), réactions variables, d’ailleurs, avec la température de l’air, les vents, avec

la durée du bain et les conditions inhérentes au sujet lui-même.

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L'effet du bain froid sur l’organisme se traduisant principalement par la déperdition de calorique entraînée, les réactions biologiques étant, globalement, les suivantes

Dès l’immersion du sujet, se produit une vaso-constriction des téguments qui pâlissent et se refroidissent; cette vaso-constriction périphérique s’accompagne d’une vaso-dilatation centrale entraînant fréquemment une certaine gêne respiratoire ainsi que de la tachycardie.

Vaso-constriction primitive allant de pair avec un frisson, le frisson initial du bain. Peu à peu, se produit la réaction inverse : à la vaso-constriction périphérique succède une vaso-dilatation; la température centrale tendant alors à baisser, l’organisme réagit vigoureusement par une augmentation des échanges nutritifs et des combustions organiques. De cette stimulation, résulte une sensation de bien-être, d’activité accrue, constituant la réaction recherchée en thérapeutique.

Tels sont, de façon un peu schématique, les effets physiologiques du « bain froid »; la durée de celuici y apportant, d’ailleurs de sensibles différences (Aubert). Ils ne sont pas spécifiques du bain de mer.

La composition chimique même de l’eau de mer interviendrait dans l’action biologique du bain; quelques auteurs ont attribué, dans cette action, une cer- {aine part à l’iode, au brome, au magnésium et calcium, en particulier. Pour Pech, lélectro-négativité

de la peau vis-à-vis de l’eau de mer (— 5,5 à 15°) se-

rait de nature à favoriser l'absorption directe de quelques-uns de ces éléments chimiques.

Il n’est pas improbable que cette influence soit négligeable au cours de bains prolongés. Mais durant des bains courts (et en nombre total assez restreint), tels qu’ils paraîtraient devoir être utilisés à Calais, de la facon la plus habituelle, aussi bien en raison des conditions climatiques locales (température peu élevée de l’eau et de l’air, vents) que de la « dureté » de la lame, il semble que l’influence attribuable aux principes chimiques soit, surtout, celle, tonique, d’une eau chlorurée sodique forte.

L’importante densité du milieu marin ralentit le refroidissement du corps immergé.

Mais il est vraisemblable qu'ici, l'influence prépondérante du bain est due aux qualités physiques résultant du mouvement incessant de la mer, aux vagues, dont l’action mécanique entraîne des effets stimulants nettement plus marqués qu’au cours de baïn en mer calme, « Les mouvements de la mer, massant ou percutant les téguments et créant de multiples alternatives d’exposition du corps à l’air ou à l’eau ». (Giraud).

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