CONTRE-INDICATIONS
Dans ses grandes lignes, ce climat est contre-indiqué, en premier lieu, dans la plupart des formes de tuberculose pulmonaire, évolutive, fébrile (formes ulcéro et fibro-caséeuses, surtout) chez lesquelles la stimulation forte des fonctions respiratoire, circulatoire, ainsi que du système nerveux, entraînetait augmentation de la toux, de la fièvre, amaigrissement rapide, hémoptysies, etc.
Au contraire, il semble que dans certains cas de tuberculose pulmonaire, torpide, apyrétique, fibreuse, cicatricielle, une amélioration de l’état général puisse résulter de ses effets très toniques.
Contre-indiqué également, dans l’ensemble, aux sujets porteurs d’affections cardio-vasculaires, même bien compensées, semble-t-il ; sans doute leur état trouverait-il avantages dans la stabilité thermique et
barométrique, dans la richesse de l’air en ozone, en
me
absence de poussières et de micro-organismes, mais la stimulation apportée à l'appareil vasculaire, l’influcnce des vents, en particulier, entraînerait probablement une aggravation de leur état: palpitations, ‘oppression, etc. chez les aortiques en particulier. Même contre-indication pour les hypertendus, les affections rénales (néphrite tuberculeuse, excepté). Nettement contre-indiqué au— basedowiens (influence de l’iode), aux tachycardiques, aux sujets atteints de névroses cardiaques, surtout comportant l’hyperactivité du sympathique (excitation trop vive résultant de la grande ventilation) ; contre-indiqué aux sujets
atteints d’affections organiques gastriques et intesti-
nales — aux dyspeptiques douloureux, hypersthéniques — aux hépatiques, lithiasiques, goutteux, rhumatisants.
La plupart des « nerveux », excitables, insomniques,
supporteraient mal la stimulation constante de ce climat. Il paraît plus particulièrement défavorable aux déséquilibrés du sympathique — surtout lorsque ce trouble de l’innervation neuro-végétative, porte sur le sympathique viscéral, — aux cœlialgiques — bien des troubles intestinaux (particulièrement fréquents chez la femme) : spasmes douloureux, ballonnements, flatulences, constipation de l’entéro-colite, diarrhées de la « colite », à l’origine desquels semble exister très souvent, plutôt qu’un élément hépatique, un dysfonctionnement du sympathique viscéral, tendraient plutôt à s’exacerber sous l'influence de ce climat.
CLIMATOTHÉRAPIE
Nous n'avons pas la prétention, en terminant cette étude, de penser à établir les directives précises d’une technique éventuelle de cure marine à 1a plage de Calais — à l’heure actuelle, ne comportant ni hôpitaux, ni cliniques maritimes, elle n’est fréquentée que par les touristes.
En supposant que, dans l’avenir, elle s'organise médicalement pour le traitement des maladies qui en seraient justiciables, les principes d’une pratique elimatothérapique rationnelle seraient à déterminer et à préciser (quant aux périodes d’acclimatement, d’adaptation, de sursaturation marine, aussi bien qu’en matière d’hêlio et balnéothérapie) selon les différents cas, leur état, leurs réactions individuelles, dans le cadre même des notions acquises sur ces différents points (Mercier des Rochettes, Trélat-Richet, Barraud, Lalesque, Giraud, Rollier).
Il serait donc fallacieux et complètement illusoire, en l’état actuel des choses, de s’efforcer à énoncer les règles d’une technique de cure judicieusement appro-
priée et adaptée, aussi bien aux-conditions climatiques
particulières de la plage qu'aux réactions personnelles des différenis malades éventuels.
Nous nous proposons seulement de dire, ici, quelles conséquences nous paraîtraient devoir découler des conditions bio-climatiques propres à l’estran de Calais, quelles tendances les facteurs météorologiques exerceraient en thalassothérapie.
Dans une cure marine éventuelle, le moyen d’action fondamental, pour ainsi dire, serait vraisemblablement obtenu de Faérothérapie et de l’actinothérapie, grâce aux « Vertus » marquées de l'air marin, de l'intensité du « Climat Chimique » et de leur possibilité d'utilisation thérapeutique une grande partie de l’année.
(Après la période d’acclimatement, sujet traité, porleur d’un vêtement léger, le corps en mouvement le plus près possible de la mer, sur zone paramarine). Par contre, même en plein été, la température n'étant jamais très élevés, une héliothérapie générale, corps allongé, entièrement découvert, ne saurait guère être pratiquée de façon favorable, semble-t-il, que 2 mois de l’année seulement : juillet et août (la moyenne thermique n’excédant pas 18°).
En raison, encore de la température peu élevée et surtout de la ventilation continuelle, même en été, il semble que la séance héliothérapique la plus longue, au cours de ces 2 mois utilisables ne puisse guère dépasser, sans risques, 1 heure au maximum, corps immobile, entièrement découvert — (les très longues
séances de cure solaire, de plusieurs heures, telles
Lg =
qu’elles sont possibles dans Les cliniques héliothérapiques de la Côte d’Azur, ou à Leysin ne seraient pas praticables ici, même fin juillet, sans dangers — enfin la pluviosité relativement abondante, à la belle saison, empêécherait de réaliser une cure d’insolation très régulière et continue — c’est dire assez les modestes possibilités d’une héliothérapie générale, ici — il en irait différemment d’une héliothérapie partielle, segmentaire, pouvant être pratiquée de façon bien moins limitée et susceptible, vu l’activité actinique, intense, à cet estran, de constituer un précieux auxiliaire thérapeutique de l’aérothérapie.
La bainéothérapie, dont les effets généraux de stimulation de même « lignée », pour ainsi dire, que ceux des moyens thérapeutiques précédents, pourraient être utilisés concuremment à ces derniers, afin d'obtenir un moyen d’action plus complet (chez les jeunes lymphatiques et rachitiques, en particulier) apparaît soumise aux mêmes conditions, météorologiques, que la cure solaire.
En été, la température relativement basse du flot (ne dépassant pas 20°), celle, peu élevée, de l’atmosphère (18°), la ventilation constante ne permettant guère, semble-t-il, une balnéothérapie utile plus d’1 mois 1/2, par an, (fin juillet et août).
Ces mêmes raisons ainsi que la « dureté » habituelle de la lame, inclnent à faire penser que des bains de mer courts seraient généralement, les plus favorables, dans un but thérapeutique.
En résumé, il apparaît que dans une pratique thalas-
aetre
sothérapique éventuelle, à l’estran de Calais, les moyens d'action grandement efficaces seraient surtout ceux de l’aérothérapie, actinothérapie, héliothérapie partielle.
Le caractère saisonnier, assez limité d’une héliothérapie générale, et de la balnéothérapie, pouvant les faire envisager comme agents de second plan : médi- Cation adjuvante, de complément, d’effets, cependant, non négligeables.