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un intense refroidissement du corps. Ici, le degré hygrométrique élevé apporte, très vraisemblablement, à cette action un effet correctif, diminuant dans de fortes proportions cette évaporation cutanée, ainsi que la perte de chaleur qui s’en suivrait.
« Cette humidité remédie aux inconvénients d’une Cvaporation excessive ». (Claisse).
Il apparaît consécutivement que leur action desséchante, très excitante, se trouve « amortie » pour ainsi dire d’une façon très sensible par cette humidité élevée, ainsi que par l’absence de chutes brusques de pression barométrique, constituant, dans ce climat, des éléments de sédation.
Il est fort probable qu’un climat hypothétique, avec de grands écarts thermiques, un degré hygrométrique instable et habituellement faible, où souffleraient des vents secs avec la force qu’ils connaissent généralement, à Calais, serait parfaitement inhabitable.
La pose des indications thérapeutiques de ce climat nous paraît être dominée par cette notion clinique sous les influences combinées étroitement liées les unes aux autres, des éléments toniques de ce climat (air marin, grande activité actinique, éventuellement bains de mer dont l’action, de même ordre, peut être considérée comme de complément), les différents appareils de l’organisme (organes hématopoïétiques, S, circulatoire, osseux, musculaire, S. nerveux, endocrinien) reçoivent une impulsion forte.
C’est un « vigoureux coup de fouet » pour ainsi
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dire, appliqué à toutes les fonctions, entraînant l’activation nette de la croissance, à la mer (où par exemple, les phanères : ongles cheveux, barbe, poussent nettement plus vite). |
L'action biologique globale, résultant de ces multiples effets toniques, pouvant s’exprimer ainsi :
— Stimulation organique totale; — Stimulation forte, profonde.
Il apparaît que, grâce à cette stimulation profonde (imprimée à l’érythropoiïèse et à la nutrition osseuse, en particulier), l'effet physiologique d’ensemble de ce chmat sera non seulement tonique, mais bien régénérateur, « reconstituant », au sens littéral du mot — exerçant en premier lieu, du fait d’une nutrition plus intense, non seulement une amélioration nette de l’état général, mais bien une modification de base, profonde, du « terrain », en renforçant les défenses naturelles de celui-ci.
Nous indiquerons ici quelles nous paraissent être, dans leurs grandes lignes, les principales affections susceptibles d’être améliorées, ou aggravées, d’autres guéries par le climat marin de Calais, compte tenu de ses différents effets physiologiques, aussi bien que des résultats obtenus dans les stations médicalement organisées du littoral de la Mer du Nord, en France, Belgique et Hollande, possédant toutes une action biologique de fond, commune, vis-à-vis d’états morbides bien déterminés (lymphatisme et rachitisme notamment). Sans doute, selon les caractéristiques propres à chacun de ces différents climats, certains cas seront-ils plutôt justiciables de tel ou tel, parmi eux d’une même « parenté biologique », pour ainsi dire; mais dans l’ensemble, leurs indications et contre-indications apparaissent voisines, sensiblement identiques.
Précisons, par ailleurs, que notre exposé suivant des indications et contre-indications ne saurait prétendre à la valeur absolue d’un quelconque « règlement », puisqu’en climatologie comme en clinique, «il n’y a pas de maladies; il n’y a que des malades ».
Ainsi, par exemple, tel cardiaque, même mal com-
pensé, pour lequel, en principe, ce climat serait contre-indiqué, y trouverait, au contraire une amélioration de son état. Tel adolescent anémié qui semblerait devoir bénéficier grandement des effets très toniques de ce climat, au contraire y perdrait tout appêtit, éprouverait des troubles digestifs, ne pourrait dormir, présenterait un amaigrissement rapide, parce qu’il serait en même temps un nerveux excitable.
Tel enfant lymphatique, porteur d’adénite cervicale, et justiciable électivement, pour ainsi dire, d’un tel climat, devait être au contraire, éloigné de la mer parce que ce climat marin aggraverait une lésion pulmonaire associée, déjà existante.
D’une manière générale, donc, découlant des différents effets physiologiques étudiés précédemment, les indications thérapeutiques principales apparaissent les suivantes :
Les états anémiques simples, consécutifs à une intoxication ou à une infection (sauf l’anémie du rhumatisme articulaire aigu et de la Tuberculose pulmonaire), seront susceptibles d’une grande amélioration (stimulation de l’hématose et de la régénération globulaire — augmentation des échanges nutritifs — meilleure assimilation). Une foule d’anémiés, de débilités, sinon prétuberculeux, du moins facilement tuberculisables, trouveraiïent, ici, le « coup de fouet » bienfaisant, salutaire effet préventif, que réclame leur état.
Jeunes citadins anémiés par suite de mauvaises conditions d'hygiène urbaine — « inadaptés urbains ».
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-— Jeunes gens retardés dans leur croissance et leur développement; d’autres, au contraire, à organisme débilité par une croissance trop rapide.
Jeunes filles, chlorotiques, aménorrhéiques — écoliers, étudiants surmenés à la suite de concours — jeunes ouvriers et ouvrières, sous-alimentés, travaillant dans des locaux insalubres -— convalescents de maladies générales asthéniantes.
(Parmi tous ceux-ci, ne seraient pas justiciables de ce climat, en particulier les sujets atteints d’affection cardiaque ou de bacillose pulmonaire évolutive).
Les anémies aplastiques, dont l’anémie pernicieuse de Biermer, sembleraient ne pas devoir se trouver influencées favorablement.
Les lymphatiques.
Par l’accélération des échanges organiques, l’amélioration nette de la nutrition, il apparaît que ce climat dispose d’une action pour ainsi dire élective sur le « lymphatisme », « constitution morbide », plutôt que maladie, due, semble-t-il, à des échanges nutritifs déficients, ralentis, une assimilation défectueuse, et « lit de la tuberculose ganglionnaire ». |
De ses effets de « stimulation organique totale », sera à même de tirer des avantages très appréciables, le « terrain » des jeunes lymphatiques, des « adénoïdiens » : amorphes, apathiques, au teint mat, chairs pâles et molles, bouffis, aux cheveux secs et cassants,
généralement blonds, très souvent porteurs de grosses
amygdales et de végétations adénoïdes, ainsi que de ganglions lymphatiques volumineux, sous maxillaires, et inguinaux. Une très heureuse influence de ce climat marin, en particulier, sera dans bien des cas, une résorption progressive de l’hypertrophie amygdalienne, résultat infiniment préférable, semble-t-il, à l’ablation dont la première conséquence immédiate paraît être, surtout, la suppression d’un organe lymphoïde, d’une première barrière de défense anti-microbienne, placée à l’entrée de l’arbre respiratoire.
Il semble que ce soit surtout en Belgique qu’on ait le mieux compris cette influence éminemment favorable des climats de la Mer du Nord, pour les enfants lymphatiques; on y considère, d’ailleurs, d’une facon générale, que le bord de la mer constitue le milieu dans lequel devraient être élevés la plupart des enfants. Et nous voulons citer, ici, ces quelques lignes dues à M. Terwagne, président de la Ligue Anversoise contre la tuberculose :
« À toutes les périodes de son développement, l’enfant se trouve admirablement de la cure maritime. Par elle, tous les enfants qui souffrent sont soulagés. On peut dire à bon droit qu’il n’existe pas pour l’enfant débile de reconstituant plus prompt et plus énergique; on peut dire aussi que c’est pour l’enfance la médication la plus agréable, car la plage est le paradis | des enfants. Menez aux « sables de la mer, aux sables de la vie », comme disent les Anglais, un enfant qui souffre, pâle de figure, manquant d’appêtit et de gaicté, et en quelques jours, souvent en quelques heures, un
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changement radical se produit. Le pauvre petit se met a gambader, rentre à la maison avec une figure réjouie, et attaque son repas avec une furia qui remplit d’aise les mamans, jusque là désespérées; c’est, en effet, une transformation instantanée qui s’accemplit en peu de temps, transformation physique avec son retentissement naturel sur le moral ».
Dans le même ordre d’idée, ce climat apparaît susceptible d'exercer une influence très favorable dans les cas de fuberculose ganglionnaire, (« germée », pourrait-on dire sur « terrain lymphatique »), constituant un agent curatif important pour toutes les adénopathies tuberculeuses. — L'ancienne « scrofule » ; dans bien des cas, les adénites cervicales, en particulier, les anciennes « écrouelles », seront susceptibles de se résorber, peu-à-peu, ou de se ramollir (possibilité de ponction), évitant ainsi l’opération toujours mutilante, laissant cicatrice et, surtout, n’empêchant pas les récidives d’adénite.
Les rachitiques.
La fixation, meilleure, du phosphore et du calcium, la stimulation, profonde, de l’ostéogénèse, l’augment a-tion du pouvoir de reminéralisation, dus, ainsi que nous l’avons précédemment constaté, à l’air marin (richesse en iode) et aux radiations chimiques (U. V. en particulier) confèrent encore à ce climat une influence bienfaisante très marquée sur le « Rachitisme » (déséquilibre du métabolisme minéral — perturbation
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de la nutrition osseuse — paraissant, en partie, liés à la carence en vitamine D}, la tétanie et les états spasmophiliques.
Les résultats surprenants obtenus, dans ce domaine, à Berck, en particulier, ainsi qu’à Zuydcoote, témoignent des effets remarquables et quasi-spécifiques des climats Manche, Mer du Nord, sur cette affection dystrophique.
D'une façon générale, la cure marine sur ce littoral (aérothérapie, actinothérapie, éventuellement bains de mer) exerce des effets très favorables sur les multiples déformations ou déviations osseuses de nature rachitique : genu varum et valgum — déviations du sternum et de la cage thoracique — poitrine en bateau — poitrine de poulet — scoliose et cyphose rachitiques, etc...
Chez les sujets très jeunes, jusqu’à 3 ans environ, le redressement des membres, déjà déformés, encore malléables, peut être obtnu ; chez les enfants plus âgés, les possibilités de redressement diminuent grandement; cependant, les effets de ces chmats marins préviennent radicalement l’apparition de nouvelles déformations.
C’est encore par ses effets, de base, bienfaisants sur la nutrition du tissu osseux, en favorisant les processus de recalcification, que ce climat apparaît également susceptible d’un effet curatif marqué dans les cas de fuberculoses osseuses et ostéo-articulaires (coxalgie, arthrites et tumeurs blanches (genou, pied,
bras), mal de Poît, etc.) permettant aux moyens
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orthopédiques et chirurgicaux éventuels d’être apphqués dans des conditions optima.
Pour ces différents cas, les remarquables résultats de Berck, soulignent encore l'influence éminemment favorable, presque souveraine, du littoral Nord dans toutes les atteintes du système osseux.
Les tuberculoses cutanées (lupus de la face, etc), semblent également pouvoir bénéficier de l’intensité des conditions actiniques.
Telles paraissent être les indications fondamentales de ce climat.
D’autres cas apparaissent encore susceptibles d’être heureusement influencés par les effets de stimulation imprimés au système nerveux et symphatique :
Malgré l’adage que « le séjour au bord de la mer ne convient pas aux nerveux », et si ce climat paraît, évidemment, contre-indiqué à ceux d’entre eux aisément excitables, faisant facilement de l’insomnie, etc, certains cependant en paraissent justiciables :
___ Certains déprimés, asthéniques, hypotendus;
—— Certains psychasthéniques;
— Ainsi que Va bien monéré Laignel-Lavastine, certains vagotoniques, à réflexe solaire inversé ou nul, seraient améliorés par cette stimulation vive du sympathique.
Parmi les mentaux, il semble également que certaines formes de mélancolie simple, non anxieuse (dans lesquelles les symptômes physiques : hypo-
rte
tension, diminution de toutes les sécrétions, ralentissement organique, paraissent l'emporter sur les symptômes psychiques (idées d’auto-accusation, etc...) pourraient être favorablement influencées.