‹ Le clos des féesChapitre 19 sur 24 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

Il agite en ses mains le thyrse parfumé Dont l'odeur sans pareille ensorcelle le monde; Il dit : « Éveillez-vous, rousse, brunette ou blonde! Honte à qui peut dormir avant d'avoir aimé! »

Et la fleurette au cœur joli qui vient de naître, La source d'argent clair qui pleure au fond du bois. L'oiselet qui soupire et s'égaie à la fois, Dans la pure lumière ont reconnu leur maître.

Les belles qu'il enjôle en les troublant un peu Sont prêtes à sa vue à crier : « O merveille! » Et voici qu'en leur âme, ingénument, s'éveille On ne sait quoi de tendre et d'infiniment bleu.

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E ciel pesait très bas et la campagne lasse Respirait à grand'peine en cet air étouffant, Quand le soleil fendit la nue et, triomphant, Illumina soudain l'infini de l'espace.

O joie, ô délivrance, ô rêves de clarté! Voici que se découvre un jardin de lumière, Et, comme aux jours divins de l'aurore première. L'horizon radieux me semble illimité.

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