‹ Le clos des féesChapitre 7 sur 24 · LEPETIT MARCHAND · texte numérisé non relu

LEPETIT MARCHAND

Or, la reine, un beau matin, L'entendit de sa fenêtre ; Comme oiseau qui vient de naître Tremblait son joli tétin.

Et son cœur! Un diablotin!

11 lui fallait tout connaître.

— « Qu'as-tu là, bel enjôleur?

Montre-moi ton étalage. »

— « J'ai, madame, un pucelage Pris d'hier, à la chaleur:

J'ai l'oiselet, j'ai la fleur Qui charme la plus volage. »

Vite, la reine appela

Son vieux roi qui toujours tremble :

— « Voyez, Sire, que vous semble

Du marjolet que voilà ?

Turlurette et tralala!

Nous ferons affaire ensemble.

« Montez, gentil damoiseau, Montez dans la chambre close.

Je vous prendrai quelque chose, Une amusette, un fuseau :

Je veux entendre l'oiseau.

Je veux respirer la rose! »

Notre homme était diligent, Il fut bientôt dans la chambre. Ah! Dieu! tout y fleurait l'ambre Comme herbe de la Saint-Jean!

Tout y ruisselait d'argent Comme foret en décembre!

Et le matois étala Sa joyeuse marchandise :

— « Voici fine mignardise, Voici collet de gala!

Regardez : Voici, voilà!

Prenez tout : C'est friandise! »

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