ACTE TROISIÈME
HENNEBAUT.
Alors dites-moi vivement ce qui vous amène.
PELAVOIX.
Dam! il y a longtemps que nous ne nous sommes vus. J’ai des ordres’ à vous demander, et des comptes à vous rendre !
HENNEBAUT.
La tête n’est pas encore bien solide... J’irai prochainement chez vous. Quant à mes ordres, voyons?
PELAVOIX, fenilletant ses papiers.
Le cabaretier Gervais redoit encore trois cent septante francs nonante centimes.
HENNEBAUT.
Un exécrable payeur. Poussez-le ferme.
PELAVOIX.
Mais il vient d’avoir un petit héritage, qui ne se réalisera qu’à la Noël, et, moyennant une délégation, qu’il offre , on serait certain...
HENNEBAUT.
Non... non...
CATHERINE
Mais, puisqu’on serait certain?...
HENNEBAUT.
Certain, on est toujours certain.
CATHERINE
Jusqu’à la Noël.
HENNEBAUT, après nn temps.
Allons... va pour jusqu’à la Noël... Ensuite?
PELAVOIX.
Le père Ledet, votre locataire, auquel j’ai fait sommation d’avoir à déguerpir de la ferme, vous supplie d’attendre jusqu’à la cueillette des pommes. Il en a beaucoup cette année, et naturellement...
HENNEBAUT.
Tant mieux, ça nous reviendra... qu’il déguerpisse I...
CATHERINE
Un si brave homme I Et quatre petits enfants!
HENNEBAUT.
Des enfants! des enfants! Pourquoi qu’il a des en... (Catherine insiste.) Allons va pour jusqu’aux pommes, mais c’est tout, n’est-ce pas... car elle me ruinerait...
61 L,$CU>S-POMMIER
PELA VOIX
C’est tout. Au revoir, monsieur Hennebaut. Madame Pacôme... (Bas oa se reürant.) Je dirai à ces pauvres gens ce qu’ils doivent à votre bon cœur, et iis vous béniront.
CATHERINE
Gardez-vous-en bien, et que ce soit cette maison qu’ils bénissent!